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Eléasis (VIII) 1373, 2ᵉ chevauchée
   

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> Chapitre 2 - Là où le Chant devient trace
  écrit le : Dimanche 04 Janvier 2026 à 14h40 par Azur'ael
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_____ Là où le Chant devient trace _______


Lorsque le Chant s’élève, ce ne sont pas toujours les voix que l’on entend en premier mais les silences qu’il laisse derrière lui...

Date : 1373 C.V — nuit sans lune
Lieu : Cormanthor oriental, bras supérieur de la rivière menant à Thalanthir
Moment : Nuit profonde, entre la troisième et la quatrième veille
Temps : Brume basse sur l’eau, forêt immobile, air saturé de résine et de feuilles humides
Température : ~17°C


Le fleuve reprit son cours. Sans heurt. Sans miracle visible. Comme si rien, absolument rien, n’avait changé.

Et pourtant.

Le Marcheur Ailé glissait désormais dans un silence différent, non plus celui d’un monde paisible, mais celui d’un monde attentif. Les rives du Cormanthor semblaient se tenir un souffle en retrait, comme si la forêt elle-même retenait son jugement. Les arbres n’étaient plus de simples témoins : ils observaient.

Le voyage vers Thalanthir se fit sans parole inutile. Chacun, à sa manière, portait encore l’écho du Chant, non comme un son, mais comme une pression intérieure, une résonance persistante qui refusait de s’éteindre. Chez certains, elle vibrait comme une promesse. Chez d’autres, comme un avertissement.

Les jours passèrent. Les nuits, elles, s’épaissirent. À mesure que le navire progressait, la lumière du ciel se faisait plus avare sous la canopée. Le feu semblait hésiter à brûler trop vivement, les ombres s’allongeaient au-delà de ce que dictaient les flammes, et certains bruits — pourtant familiers — arrivaient avec un léger retard, comme s’ils traversaient une eau invisible avant d’atteindre l’oreille.

Vëla le sentit très tôt. Non comme une menace, mais comme une attente. Sa prière du soir se faisait plus intérieure, plus ramassée. La Rose en elle ne flamboyait pas : elle veillait, braise contenue, prête à être appelée. Même dans le repos, sa main ne s’éloignait jamais vraiment de la garde de son épée longue, comme si le métal lui-même comprenait qu’ici, la vigilance était une forme de foi.

Siliriel Naïlo fut la première à changer ouvertement ses habitudes. Sans un mot, elle doubla les rondes nocturnes. Ses déplacements devinrent plus lents, plus circulaires, comme ceux d’un prédateur conscient d’entrer sur le territoire d’un autre. Ses yeux verts, striés d’or sombre, ne quittaient plus longtemps les hauteurs — les branches, les entrelacs de feuilles, les zones où la nuit semblait trop dense pour être honnête.

Seledra, quant à elle, passait de longues heures penchée sur les cartes anciennes et les relevés du Maître des Livres Oubliés. Certaines annotations prenaient enfin sens : des détours imposés, des passages volontairement évités, des mentions effacées qui ne parlaient pas de ruines… mais de regards.
De choses que l’on ne devait pas attirer.

Quant au prêtre-mage… Quelque chose autour de lui avait changé. Ce n’était ni visible ni mesurable. Mais le cristal qu’il portait ne vibrait plus de manière erratique : il répondait désormais. Parfois à la lune. Parfois à l’eau. Parfois… à rien de perceptible. Et surtout il y avait cette impression persistante.
Celle d’être devenu un point fixe dans un monde en mouvement. Non pas suivi. Mais repéré.

La quatrième nuit après le Chant, le Marcheur Ailé trouva refuge dans une anse étroite, presque dissimulée sous les racines démesurées d’un frêne ancien dont les branches semblaient vouloir boire la rivière. Les amarres furent posées avec soin. Aucune torche ne fut allumée à découvert. Les voix restèrent basses.

La forêt se tut plus tôt que de coutume. Les insectes cessèrent leur complainte avant minuit. Même le fleuve sembla ralentir son souffle. Siliriel s’immobilisa soudain. Un genou à terre. La main levée. Elle ne regardait ni Seledra, ni Vëla.
Son attention était entièrement tournée vers la proue… Vers là où se tenait habituellement le prêtre-mage. Son expression ne trahissait ni peur ni urgence.
Seulement une certitude froide, animale. Quelque chose, dans l’obscurité, venait de choisir. Il n’y eut pas de cri. Pas de sifflement audible. Pas même le claquement sec que l’on attendrait d’une attaque. Juste… une rupture.

Siliriel se projeta. Pas en avant. Pas vers l’ennemi. Mais vers lui. Son corps heurta violemment celui du prêtre-mage dans un mouvement désespérément précis, calculé au souffle près. Une fraction de seconde plus tard, un choc mat résonna contre le bois du bastingage. Quelque chose s’y était fiché, profondément, là où il se tenait encore un battement de cœur auparavant.

La chasseuse elfique eut un souffle court, brutal. Ses doigts se crispèrent convulsivement dans le tissu qu’elle avait agrippé. Puis son corps se raidit.
Ses jambes cédèrent, et elle s’effondra contre lui, tout son poids soudain mort, étrangèrement lourd. Ses yeux, encore ouverts, cherchaient quelque chose qu’ils ne semblaient plus parvenir à saisir.

Aucun assaillant ne se montra. Aucune voix ne triompha. La forêt demeura parfaitement immobile. Et dans ce silence absolu, Siliriel tenta de bouger une dernière fois… Mais son corps refusa d’obéir.



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HRP – Informations immédiates

La blessure est minuscule et extrêmement précise ; le projectile n’est plus visible. Il n’y a pas d’hémorragie, mais la zone est anormalement froide et la circulation semble bloquée. Siliriel est consciente, mais son corps ne lui obéit plus correctement. La blessure ne réagit ni comme une atteinte physique normale, ni comme un sort actif. Il n’y a pas d’aura magique perceptible, mais quelque chose entrave la réponse naturelle du corps, comme une loi interne altérée.

Le tir provient d’un angle impossible à déterminer.



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Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel
MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
 
 
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écrit le : Dimanche 04 Janvier 2026 à 19h04 par Vëla
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Le contact de la main d’Aël’Telàwërith sur son épaule eut sur Vëla un effet plus profond qu’aucun serment brandi ou qu’aucune vision céleste. Jamais un elfe ne l’avait touché. Quelque chose, en elle, se posa.

La paladine resta immobile un instant, laissant les paroles du théurge descendre jusqu’au fond d’elle-même. Lorsqu’elle releva enfin le regard pour croiser celui de l’elfe, il n’y avait ni défi, ni soumission, ni ferveur excessive. Seulement une lucidité nouvelle et une acceptation rare, soutenue et véridique. Sur une teinte douce…


- Vous avez raison. - Dit-elle doucement. Sa voix n’avait plus la résonance vibrante du serment solitaire. Elle était plus basse, plus ancrée, presque fraternelle, puis elle poursuivit…- Toute ma vie, j’ai marché avec le « je ». Je protège. Je combats. Je tombe. Parce que c’est ainsi que l’on forge un paladin… et ainsi que l’on survit quand on est humain qui devient un être-humain. -

Elle posa à son tour sa main sur celle d’Aël’Telàwërith, geste lent, délibéré, empli d’affection et de respect. Non pour renverser un rapport, mais pour l’équilibrer.- Mais ce que le Chant m’a montré… ce n’est pas une voie de héros, c’est une trame et une trame ne tient pas sur un seul fil, aussi solide soit-il. -

Elle sentit des regards se poser, des souffles passer dans la cale. La rose, en elle, ne brûlait pas plus fort, elle s’accordait. Sa voix était devenue diaphane, en harmonie, simple, précise.

- Je ne vous suivrai pas comme une protégée et je ne vous demanderai pas de me suivre comme un seigneur. - Elle inclina très légèrement la tête, non pas une révérence, mais en signe de reconnaissance. Vëla ajoutait… - Si nos destinées sont liées, alors je marcherai avec vous. Je penserai en termes de « nous ». Je porterai les conséquences de vos choix comme vous porterez les miennes. -

Son regard glissa vers Seledra, puis vers Siliriel, embrassant le cercle entier. Investi entièrement, son aura pulsait doucement au même rythme que son cœur puis elle répétait les paroles du moine de l’Ordre du Corbeau, paroles qui avait été à la base de son apprentissage…- Le chœur n’est pas une addition de voix. C’est un renoncement commun à être seul. -

Elle se redressa les épaules, un peu plus, plus présente, plus réelle pour poursuivre…- Forcer la brèche serait trahir ce « nous » avant même qu’il n’ait existé. Je m’y opposerais, non par peur… mais par fidélité à ce que nous venons de fonder ici.-

Enfin, son attention revint vers Seledra et Siliriel.- Si l’étoile n’est pas une clé, mais une reconnaissance, alors elle ne s’imposera pas au seuil.
Elle demandera à être entendue. Comme « nous ». - Un mince sourire, presque imperceptible, passa sur son visage et son regard revint vers celui d’Aël’Telàwërith.- Alors oui. Allons à Thalanthir. Apprenons à parler juste… avant d’oser ouvrir. -

Et pour la première fois depuis longtemps, Vëla de Torm ne se sentit ni élue, ni égarée, ni seule.

Elle se sentit partie prenante.

Le temps passait et la jeune femme profitait de chaque inspiration dans cette forêt comme si cela était une bénédiction. Elle apprenait des elfes, devenant investis plus que jamais auparavant. Tous ses sens semblaient décuplés, tranquillement elle devenait le lieu. Siliriel aux sens plus développés savait, Vëla l’observait et apprenait et soudain, un souffle. Un seul, puis le monde reprit, non pas son cours, mais sa densité. Siliriel tombait, elle, qui était la chasseresse, avait été chassée.

Vëla était déjà en mouvement, sans cri, sans ordre lancés, sa vision du juste se fit en partant de l’endroit où un choc mat avait résonné contre le bois du bastingage puis instinctivement sa main allait sur la poigne d’Ô Sainte pour occire, mais quoi… l’œil humain ne lui permettait de voir l’invisible prédateur, il fallait espérer que celui de Torm le puisse. Elle était déjà à genoux avant même que le corps de la chasseuse n’ait fini de toucher le pont. Sa main quitta la poigne de l’épée pour se poser, ferme, à la base du cou de Siliriel. Un instant, deux. Le pouls était faible, mais étrangement régulier, comme contraint à une cadence qui n’était pas la sienne. Elle étudiait le pouls.


- Un poison. - Dit-elle en continuant d’observer à l’aide de son amant.

La rose en son cœur répondit par une douleur sourde, presque respectueuse. Quelque chose ici venait d’avertir, ceci observait plus que de vouloir tuer. Il fallait maintenant le voir pour ensuite décider de la suite, guérir Siliriel ou anéantir l’agresseur.

Vëla, dans un murmure à Siliriel…
- Ne lutte pas. - Dit-elle doucement. - Pas encore. –

Sa tête se relevait en déposant doucement la tête de Siliriel au sol, soit pour en appeler aux forces de Torm ou à Ô Sainte.




Perception du mal.Action libre.
Si elle voit quelque chose de mal avec la vision du juste, elle va attaquer avec Ô Sainte à deux mains, avec un châtiment du mal et don dévotion de la loi +4CA.

Si elle ne voit rien elle fait le sort 4niv. Neutralisation du poison sur Siliriel.



Je suis la chevalière Solitaire, non pas par peur des humains mais par respect des humains, par respect du silence des humains, par respect de l'intégrité des humains. Je m'achemine jour après jour vers le temple de mon coeur et le soleil s'y trouve, s'y féconde la Rose qui se déploie Chevalier d'O. Je regarde la Source, je devient Source, je coule Source... Telle est ta répétition mantrique, chevalière Solitaire.
Faire quelque chose à contre-coeur c'est faire quelque chose à contre courant; alors que être au coeur des Choses, c'est toujours être au courant.

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Fiche Vëla


1-Bénédiction*, Sacrifice divin, protection contre le mal*.
2-Éveil du péché*, Précision bénie*, Force du taureau*.
3-Soins modéré.
 
 
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PM

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