Quel est votre nom, voyageur ?
Eléasis (VIII) 1373, 2ᵉ chevauchée
   

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> Chapitre 2 - Là où le Chant devient trace
écrit le : Samedi 25 Juillet 2026 à 07h56 par Azur'ael
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La brume finit par se déchirer lentement sous l’effet de la brise marine. Par plaques successives, le pont du Marcheur Ailé réapparut dans la nuit. D’abord les silhouettes fantomatiques des mâts, puis les cordages humides, puis les lanternes vacillantes qui révélaient enfin l’ampleur des dégâts. Le navire était toujours là.

L’équipage aussi.

Mais la victoire avait un goût amer. Les dernières araignées invoquées furent achevées dans un ultime effort collectif. Les marins, guidés par les ordres de leur Seigneur, avaient tenu la ligne jusqu’au bout. Les lames avaient fini par avoir raison des créatures, laissant sur le pont des traces profondes dans le bois, des morceaux de carapace noire et une odeur âcre de magie dissipée.

Puis vint le silence.

Un silence lourd, presque irréel après la violence des derniers instants. Les regards se levèrent instinctivement vers les hauteurs du navire, vers les mâts, les voiles et l'obscurité du marais. Chacun attendait le prochain impact. Chacun se préparait à entendre de nouveau cette absence de bruit juste avant la mort.

Mais rien ne vint. Pas de nouveau trait. Pas de nouvelle déchirure dans l’espace. Pas de nouvelle créature. Seulement le vent, le clapotis de l’eau contre la coque et les respirations encore haletantes des survivants. Les assaillants avaient disparu.

Les soins de Corellon et de Torm permirent de stabiliser les blessés les plus graves. Les chairs se refermèrent, les souffles se firent plus réguliers, et même Eryndor, malgré la violence du coup reçu, demeurait en vie.

Le jeune demi-elfe reposait toujours inconscient sur le pont. La corne de brume était encore serrée contre lui, comme s’il avait refusé de la lâcher jusqu’au dernier instant. La blessure était terrible, mais les pouvoirs de guérison avaient fait leur œuvre. Son état restait préoccupant, mais il avait survécu.

L’Oiseau Bleu avait tenu sa promesse. Il avait protégé le navire. Mais son corps avait payé le prix de ce courage. Le bilan de l’équipage fut ensuite établi.

Un marin avait péri lors de l’attaque des araignées, frappé alors qu’il protégeait ses compagnons près du grand mât. Son corps fut recueilli avec respect et déposé à l’abri, en attendant les rites funéraires que les gens de mer accordaient aux leurs.

Plusieurs autres étaient blessés, certains grièvement, mais leurs jours ne semblaient plus menacés.

Pourtant, un malaise demeurait. Un nom manquait lors de l’appel. Un marin absent. Les recherches commencèrent immédiatement. On fouilla le pont, les cales, les coursives, les recoins du navire. On appela son nom encore et encore.
Aucune réponse. Aucune trace de lutte. Comme si, au milieu du chaos, quelqu’un avait été retiré du navire sans laisser de preuve.

Le moral des troupes était au plus bas.

Aël’Telàwërith put alors mieux observer les traces laissées par l’affrontement. La blessure infligée par la flèche qui l’avait frappé ne correspondait à aucune arme connue. Ce n’était pas un projectile enchanté au sens traditionnel du terme. Ce n’était pas une manifestation de l’Art classique.

Pourtant, quelque chose lui revenait. Des lectures anciennes. Des textes rares évoquant ceux qui n’avaient pas besoin de gestes ni de paroles pour modeler l’énergie magique : ceux dont la volonté seule pouvait devenir une arme.

Le psionisme.

Une forme de puissance mentale qui, sur Faerûn, n’était pas étrangère à la magie, mais qui suivait des chemins différents de ceux des mages et des prêtres. Une conclusion s’imposait alors : l’ennemi n’avait pas seulement frappé avec précision. Il avait compris leurs forces, observé leurs réactions et adapté ses attaques.

Au milieu du pont meurtri, Vëla de Torm demeurait encore immobile. Elle n’avait pas couru après l’ennemi invisible. Elle n’avait pas cherché à répondre à une menace qu’elle ne pouvait atteindre. Elle avait fait ce qu’elle savait faire : tenir. Son armure portait les marques du combat, sa lame était encore en main, et son regard restait tourné vers les hauteurs du navire, là où l’ennemi avait frappé sans jamais se montrer. Elle avait compris une chose essentielle : cette bataille ne se gagnerait pas en frappant plus fort, mais en refusant de donner à l’adversaire ce qu’il cherchait.

Une cible isolée. Une peur. Une réaction prévisible.

Le silence qui suivit l’affrontement ne lui apporta pas de réponse. Elle ne savait pas si ses paroles avaient atteint celui qui les observait. Elle ne savait pas si ses déductions étaient justes. Mais elle savait une chose. Ils avaient survécu parce qu’ils étaient restés unis. Parce qu’aucun d’entre eux n’avait abandonné l’autre. Et, pour une servante de Torm, cette vérité avait plus de poids qu’une victoire obtenue par la force.

Le capitaine Siläth observait silencieusement le pont meurtri. Le Marcheur Ailé pouvait encore naviguer. Mais à quel prix ? Les voiles étaient intactes. La coque tenait. Le navire pouvait poursuivre sa route. Pourtant, tous ceux qui avaient vécu cette attaque comprenaient une chose : l’eau ne leur offrait plus la sécurité qu’ils pensaient y trouver. Sur cette étendue ouverte, entourés par les ténèbres du marais, ils étaient visibles. Le navire était une cible. Un point fixe. Une proie que l’ennemi pouvait observer à distance, sans jamais révéler sa position. Et cette fois, ils avaient eu la chance d’avoir Eryndor.

La prochaine attaque pourrait viser quelqu’un d’autre. La prochaine flèche pourrait ne pas laisser de survivant. Le silence du marais semblait presque confirmer cette pensée. La question n’était plus seulement de savoir comment combattre cet ennemi.

Mais comment cesser d’être une cible. Le rivage, avec ses ombres, ses ruines et son couvert naturel, offrait peut-être ce que le pont du navire ne pouvait plus leur garantir : une chance de disparaître du regard de celui qui les traquait.



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Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel
MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
 
 
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écrit le : Samedi 25 Juillet 2026 à 13h48 par Vëla
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La brume se dissipait et aucune réponse, aucune action venant de l’ennemi, seul le silence perdurait. Il y avait maintenant un autre ennemi… ce même silence, celui qui doit cesser pour que le moral des troupes puisse se rétablir. L’ex-folle de Torm avait fait rempart, elle avait tenté de semer le doute dans l’esprit de l’ennemi, restait maintenant à renforcir leur rang et c’est ce qu’elle allait faire.

Le silence dura quelques instants encore, comme sa garde et sa protection, puis Vëla rengainait lentement Ô Sainte dans son fourreau dorsal.

Son regard parcourait les visages des survivants. Elle y lut la fatigue, la douleur, mais surtout cette inquiétude nouvelle que les plus vieux soldats connaissent bien, trop bien, celle qui naît lorsqu'on découvre un ennemi que l'on ne comprend pas.

Elle fit quelques pas jusqu'au marin tombé près du grand mât. Sans un mot, elle s'agenouilla. Elle posa une main gantée sur son front, puis referma doucement ses paupières et ce qu’elle aurait dû dire silencieusement, elle le fit de façon audible…
-Tu as tenu ton poste. Que Torm te reçoive comme le gardien que tu as été. -

Vëla de Torm se relevait. Cette fois, elle s'adressait à tout l'équipage, même si elle savait qu’elle n’était qu’une passagère qui n'appartenait pas à cette race sublime. Sa voix portait naturellement sur le pont… - Regardez autour de vous. Regardez. L'ennemi voulait autre chose que notre mort. Il voulait notre peur. Il voulait que nous courions chacun dans une direction différente. Il voulait que nous puissions oublier pourquoi nous nous battons. –

La paladin désignait Eryndor, toujours inconscient. - Regardez cet homme. Il savait qu'il deviendrait une cible… et pourtant, il a soufflé dans cette corne, parce qu'il a choisi de sauver les autres avant lui-même. -

Son regard se posait ensuite sur Aël. - Regardez votre Seigneur. Il est revenu sous le feu ennemi pour continuer à combattre alors qu'il savait être la première cible. -

La guerrière divine les regardait tous et.... -Regardez-vous! Vous avez tenu, non pas parce que vous étiez les plus forts, non, parce que vous êtes restés ensemble. -

Le silence, cette autre arme, elle la laissait effectuer son travail, puis elle reprit... - Aujourd'hui, le psion a appris quelque chose, ce dernier croyait combattre un navire, cependant il a découvert un équipage, solide, fort, tenace et soudé. Il croyait trouver des victimes, il a trouvé des frères et des sœurs d'armes. -

Thorm la fit regarder un instant vers les marais. Elle prit une grande inspiration, remerciant silencieusement son amant, puis…-Qu'il nous observe nous suit, qu'il prépare déjà son prochain coup. Nous aussi, nous avons appris et la prochaine fois... c'est lui qui ignorera ce que nous sommes devenus. –

Vëla de Torm ne niait ni la peur ni les pertes, mais elle venait de transformer la dernière épreuve en résolution collective. De prouver aux marins que c’était en restant unis qu’ils réussiraient à vaincre l’ennemi. Ainsi, ce dernier ne partait pas seulement après avoir échoué à détruire le navire, non, il repartait en ayant involontairement renforcé la cohésion de ceux qu'il voulait briser. Elle était là, l’arme que Vëla avait trouvé que Torm lui avait inspirée.
Les soins physique et moral venaient d’être répartis, il fallait maintenant tenir un conseil pour définir la suite.




Social +19 pour remonter le moral des troupes. Aura de bien et de loi.



Je suis la chevalière Solitaire, non pas par peur des humains mais par respect des humains, par respect du silence des humains, par respect de l'intégrité des humains. Je m'achemine jour après jour vers le temple de mon coeur et le soleil s'y trouve, s'y féconde la Rose qui se déploie Chevalier d'O. Je regarde la Source, je devient Source, je coule Source... Telle est ta répétition mantrique, chevalière Solitaire.
Faire quelque chose à contre-coeur c'est faire quelque chose à contre courant; alors que être au coeur des Choses, c'est toujours être au courant.

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Fiche Vëla


1-Bénédiction*, Sacrifice divin, protection contre le mal*.
2-Éveil du péché*, Précision bénie*, Force du taureau*.
3-Soins modéré.
 
 
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