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Eléasis (VIII) 1373, 2ᵉ chevauchée
   

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> Chapitre 2 - Là où le Chant devient trace
écrit le : Hier à 06h35 par Adlareth
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Le vain espoir de trouver encore un instant pour négocier une issue pacifique s’était brisé net. Non — il avait éclaté comme un craquement de tonnerre, brutal, irrévocable. Ce temps‑là ne leur serait plus accordé.

Force était de constater qu’il n’y avait plus de round d’observation. Les attaques se succédaient sans répit, implacables, méthodiques. Même s’il s’y était refusé jusqu’à présent, Aël’Telàwërith ne pouvait plus nier l’évidence : on cherchait à les éliminer, purement et simplement. Et cela ne pouvait être lié qu’à la raison même qui les avait réunis ici, en cet instant précis.

Les craquements qui déchiraient l’air n’étaient que les symptômes d’un arrachement plus profond : l’espace et le temps se fissuraient sous la volonté de leur assaillant. Toujours invisible, toujours fuyant, celui‑ci convoquait une nouvelle épreuve, refusant obstinément tout affrontement direct.

Cette impuissance, goutte après goutte, pesait sur les nerfs du Seigneur de Mythdaë. Aussi paradoxal que cela fût, cette énième offensive fut accueillie comme un soulagement. L’ennemi ne leur laissait plus le choix. Il n’y avait plus de bonnes ou de mauvaises décisions : seulement la nécessité de combattre pour survivre.

Sur le pont, l’équipage s’était mobilisé comme un seul homme. Ils étaient abordés ; il fallait défendre leur territoire coûte que coûte. Le prêtre‑mage comprit d’instinct que cette fois, l’ennemi ne se tromperait pas de cible. Alors autant que la cible soit prête.

Aël’Telàwërith Eowëlathaèldir du clan Aëryndra, Seigneur de Mythdaë, Armathor de Thüldae, Faern‑suoress de Corellon Larethian, dégaina son arkerym et la brandit vers le ciel. Son regard, empli d’une détermination farouche, se fixa sur la menace. Il avait fière allure. Le dernier descendant de son clan semblait plus grand, plus lumineux, comme si l’héritage des Aëryndra se manifestait à travers lui. Les regards se tournèrent irrésistiblement vers sa silhouette.

Alors, usant de cette capacité toute elfique de manifestation, il lança d’une voix forte et assurée :


- Pour la Cité Blanche ! Pour les Gardiens Sylvestres ! Que nos lames répondent, que nos flèches chantent ! À moi, enfants de Mythdaë ! Hei‑Corellon shar‑shevelu !


Un frisson parcourut le pont comme une onde de choc. À l’instant même où les mots du Seigneur de Mythdaë claquèrent dans l’air, les marins devenaient, des archers et des soldats qui se redressèrent d’un seul mouvement, comme si une force ancienne venait de les traverser.

Les regards, un instant perdus dans la panique, retrouvèrent une clarté farouche. Les mains tremblantes se raffermirent sur les hampes des lances, sur les gardes des sabres, sur les cordes des arcs. On entendit le raclement métallique des lames tirées trop vite, le claquement sec des carquois qu’on referme, le souffle court de ceux qui reprenaient courage.

Puis un cor de brume répondit dans la nuit.

Un appel profond, vibrant, presque vivant, jaillit du gaillard d’avant. Il roula sur les planches, fit vibrer les cordages, s’engouffra dans les voiles comme un vent de bataille. Il réveilla quelque chose de plus ancien que la peur, plus puissant que le doute.


Fidèle et fraternel hurla un marin. — Pour Mythdaë ! répondit un autre. — Hei‑Corellon ! Hei‑Corellon ! scandèrent les elfes en levant leurs arcs.

L’équipage entier se resserra autour d’Aël’Telàwërith, formant un cercle de fer et de volonté. Les araignées géantes, sortant de la déchirure, hésitèrent un battement de cœur — comme si elles percevaient que quelque chose venait de changer.

Ce n’était plus une proie qu’elles avaient devant elles. C’était un peuple rassemblé. Un peuple prêt à mordre, à frapper, à survivre.

Et au centre, le Seigneur de Mythdaë brandissait “Thal’Baeli’Ath’L’nu”, la Gardienne d’espoir vers la lune. Il était devenu le phare de son peuple.

Il lança l’antique cri de guerre elfique, celui que seuls les héritiers des lignées les plus anciennes osaient encore prononcer, et qui sonnait l’heure de l’Hallali.


— Elegard Aquilar !!!

Le cri claqua comme une lame d’argent dans l’air saturé de magie. À cet instant précis, Aël’Telàwërith cessa d’être seulement un Seigneur : il devint l’écho vivant de ses ancêtres, le bras armé de Corellon, la volonté pure d’un peuple qui refusait l’extinction.

Sans attendre la riposte, il entama son incantation, alors que les flèches commençaient à fendre les airs à la recherche de chaires à mordre. Les syllabes anciennes roulèrent sur sa langue comme un torrent de lumière, et son corps se dissipa dans un frémissement d’irréel. En un souffle, il quitta le plan matériel.

Le monde devint translucide, silencieux, comme suspendu dans une éternité de brume. Dans l’éther, les contours du navire n’étaient plus que des ombres pâles, et les araignées géantes, encore en train de se hisser hors de la déchirure, ressemblaient à des silhouettes d’encre, lourdes et menaçantes.

Il marcha dans les airs, léger comme un souvenir, s’éloignant de sa position initiale sans laisser la moindre trace. Chaque pas le portait plus haut, plus loin, jusqu’à ce qu’il domine la scène, prêt à fondre sur sa proie.

Il voulait jouer à cache‑cache. Très bien. Ils allaient jouer à cache‑cache.

Mais cette fois, ce serait lui qui choisirait le moment où le voile se déchirerait. Lui qui déciderait où frapper. Lui qui ramènerait la lumière dans ce chaos.

Et lorsque Aël’Telàwërith reviendrait dans le monde matériel, ce ne serait pas pour fuir. Ce serait pour frapper avec toute la force d’un héritier d’Aëryndra.


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« Tourmenteurs d'esprits Tel’Quessir, craignez la colère de Corellon Larethian.

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écrit le : Aujourd’hui à 00h24 par Azur'ael
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Sur le pont, quelque chose d’invisible venait de se stabiliser non pas une menace encore présente, mais une intention déjà lancée ailleurs, plus haut, plus loin, hors de portée des sens ordinaires.

Vëla le sentit en premier : une dissonance fine, comme une corde trop serrée dans la trame du réel. Aël’Telàwërith, lui, perçut l’instabilité de l’air autour de sa propre présence, comme si le monde hésitait à continuer de le reconnaître comme une cible stable.

Et puis… il y eut l’impact.

La flèche, elle n’arriva pas comme une flèche ordinaire. Le choc de la flèche ne fut qu’un instant. Mais cet instant suffit à faire basculer tout le pont dans la guerre. L’impact sur Aël’Telàwërith Eowëlathaèldir résonna comme un coup porté directement à la structure du combat. Même debout, même conscient, sa silhouette vacilla un court instant entre deux états du réel, trahissant la violence de la frappe. Le sang et la lumière se mêlèrent brièvement à son aura elfique, preuve que l’attaque avait franchi des protections que peu auraient cru contournables.

Les ordres fusèrent, clairs, secs. Les archers se déployèrent le long des rambardes, ajustant leurs arcs vers les hauteurs des mâts et les zones d’apparition des créatures. Les premiers traits sifflèrent aussitôt dans l’air humide du pont. Plusieurs se perdirent dans les cordages, mais d’autres trouvèrent leur cible : une araignée fut transpercée en plein saut, son corps convulsant avant de s’écraser sur les planches dans un éclat de chitine brisée. Une autre, touchée à l’abdomen, tomba lourdement contre le gréement, blessée mais encore vivante, ses pattes griffant le bois dans un spasme frénétique.

Dans le même mouvement, de nouvelles fissures s’ouvrirent dans l’air.

Quatre présences supplémentaires se détachèrent des hauteurs impossibles du mât principal, comme si la réalité elle-même se déchirait à nouveau pour les laisser passer. Des silhouettes arachnéennes aux membres longs et noirs émergèrent, descendant le long de fils invisibles avec une coordination inquiétante, immédiatement projetées vers les zones les plus exposées du pont.

Le combat venait de s’intensifier.

Sur le pont central, Seledra Shaelara réagit sans attendre. Son regard se fixa une fraction de seconde sur le prêtre-mage ennemi, repérant l’origine du chaos invoqué. Sans prononcer davantage qu’un souffle de prière, elle dégaina son épée longue d’un mouvement net, la lame captant immédiatement la lumière des lanternes et des éclairs résiduels.

Elle s’élança.

Pas dans la fureur aveugle, mais dans une progression déterminée, fendant le champ de bataille avec une précision de combattante entraînée. Chaque pas la rapprochait du prêtre-mage tandis que les araignées tentaient de s’interposer, leurs trajectoires croisant celles des défenseurs.

Autour d’elle, l’équipage forma des poches de résistance spontanées : certains marins engageaient les créatures au corps à corps, d’autres couvraient sa progression en maintenant un rideau de projectiles et de fer.

Sur le flanc opposé, Eryndor continuait de chanter. Il s’était stabilisé au milieu du pont comme s’il avait toujours appartenu à ce chaos. Ses longs cheveux bleu argenté accrochaient les éclats de lumière, et sa tenue de marin-barde, élégante malgré les traces de sel et de corde, semblait presque flotter dans le mouvement du combat. Son luth vibrait encore contre lui, mais sa voix portait désormais quelque chose de plus profond : une harmonie structurée, presque magique.

Autour de lui, les effets de son chant se répandaient comme une pulsation. Les mouvements des alliés semblaient plus sûrs, les attaques plus nettes, les hésitations s’effaçant dans une coordination instinctive.

Et tandis que Vëla tenait la ligne face aux créatures, les araignées restantes se réorganisaient déjà, profitant du chaos pour frapper à nouveau, pendant que les nouvelles arrivantes prenaient position au-dessus du mât, comme une seconde vague prête à s’abattre sur le navire.

Le champ de bataille n’était plus une escarmouche. C’était une convergence. Et quelque part, dans l’ombre entre les voiles et les plans, le tireur invisible observait toujours, recalculant silencieusement la suite du combat.


hrp.gif Il y a maintenant 6 araignées. Aël’Telàwërith ne perçoit ni trajectoire ni sifflement : l’impact survient comme si l’espace s’était refermé sur lui. La sensation évoque une force brute, proche de la magie de force, mais sans signature arcanique identifiable. Tout semble avoir été ajusté avec une précision impossible, comme si quelque chose avait choisi l’instant exact où frapper la structure même de sa présence. (perte de 51 PV)

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Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel
MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
 
 
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