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Chapitre 2 - Là où le Chant devient trace
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Seigneur de Mythdaë
Chambre 7
2 gemmes
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Le vain espoir de trouver encore un instant pour négocier une issue pacifique s’était brisé net. Non — il avait éclaté comme un craquement de tonnerre, brutal, irrévocable. Ce temps‑là ne leur serait plus accordé.
Force était de constater qu’il n’y avait plus de round d’observation. Les attaques se succédaient sans répit, implacables, méthodiques. Même s’il s’y était refusé jusqu’à présent, Aël’Telàwërith ne pouvait plus nier l’évidence : on cherchait à les éliminer, purement et simplement. Et cela ne pouvait être lié qu’à la raison même qui les avait réunis ici, en cet instant précis.
Les craquements qui déchiraient l’air n’étaient que les symptômes d’un arrachement plus profond : l’espace et le temps se fissuraient sous la volonté de leur assaillant. Toujours invisible, toujours fuyant, celui‑ci convoquait une nouvelle épreuve, refusant obstinément tout affrontement direct.
Cette impuissance, goutte après goutte, pesait sur les nerfs du Seigneur de Mythdaë. Aussi paradoxal que cela fût, cette énième offensive fut accueillie comme un soulagement. L’ennemi ne leur laissait plus le choix. Il n’y avait plus de bonnes ou de mauvaises décisions : seulement la nécessité de combattre pour survivre.
Sur le pont, l’équipage s’était mobilisé comme un seul homme. Ils étaient abordés ; il fallait défendre leur territoire coûte que coûte. Le prêtre‑mage comprit d’instinct que cette fois, l’ennemi ne se tromperait pas de cible. Alors autant que la cible soit prête.
Aël’Telàwërith Eowëlathaèldir du clan Aëryndra, Seigneur de Mythdaë, Armathor de Thüldae, Faern‑suoress de Corellon Larethian, dégaina son arkerym et la brandit vers le ciel. Son regard, empli d’une détermination farouche, se fixa sur la menace. Il avait fière allure. Le dernier descendant de son clan semblait plus grand, plus lumineux, comme si l’héritage des Aëryndra se manifestait à travers lui. Les regards se tournèrent irrésistiblement vers sa silhouette.
Alors, usant de cette capacité toute elfique de manifestation, il lança d’une voix forte et assurée : - Pour la Cité Blanche ! Pour les Gardiens Sylvestres ! Que nos lames répondent, que nos flèches chantent ! À moi, enfants de Mythdaë ! Hei‑Corellon shar‑shevelu ! Un frisson parcourut le pont comme une onde de choc. À l’instant même où les mots du Seigneur de Mythdaë claquèrent dans l’air, les marins devenaient, des archers et des soldats qui se redressèrent d’un seul mouvement, comme si une force ancienne venait de les traverser.
Les regards, un instant perdus dans la panique, retrouvèrent une clarté farouche. Les mains tremblantes se raffermirent sur les hampes des lances, sur les gardes des sabres, sur les cordes des arcs. On entendit le raclement métallique des lames tirées trop vite, le claquement sec des carquois qu’on referme, le souffle court de ceux qui reprenaient courage.
Puis un cor de brume répondit dans la nuit.
Un appel profond, vibrant, presque vivant, jaillit du gaillard d’avant. Il roula sur les planches, fit vibrer les cordages, s’engouffra dans les voiles comme un vent de bataille. Il réveilla quelque chose de plus ancien que la peur, plus puissant que le doute.— Fidèle et fraternel hurla un marin. — Pour Mythdaë ! répondit un autre. — Hei‑Corellon ! Hei‑Corellon ! scandèrent les elfes en levant leurs arcs. L’équipage entier se resserra autour d’Aël’Telàwërith, formant un cercle de fer et de volonté. Les araignées géantes, sortant de la déchirure, hésitèrent un battement de cœur — comme si elles percevaient que quelque chose venait de changer.
Ce n’était plus une proie qu’elles avaient devant elles. C’était un peuple rassemblé. Un peuple prêt à mordre, à frapper, à survivre.
Et au centre, le Seigneur de Mythdaë brandissait “Thal’Baeli’Ath’L’nu”, la Gardienne d’espoir vers la lune. Il était devenu le phare de son peuple.
Il lança l’antique cri de guerre elfique, celui que seuls les héritiers des lignées les plus anciennes osaient encore prononcer, et qui sonnait l’heure de l’Hallali.— Elegard Aquilar !!! Le cri claqua comme une lame d’argent dans l’air saturé de magie. À cet instant précis, Aël’Telàwërith cessa d’être seulement un Seigneur : il devint l’écho vivant de ses ancêtres, le bras armé de Corellon, la volonté pure d’un peuple qui refusait l’extinction.
Sans attendre la riposte, il entama son incantation, alors que les flèches commençaient à fendre les airs à la recherche de chaires à mordre. Les syllabes anciennes roulèrent sur sa langue comme un torrent de lumière, et son corps se dissipa dans un frémissement d’irréel. En un souffle, il quitta le plan matériel.
Le monde devint translucide, silencieux, comme suspendu dans une éternité de brume. Dans l’éther, les contours du navire n’étaient plus que des ombres pâles, et les araignées géantes, encore en train de se hisser hors de la déchirure, ressemblaient à des silhouettes d’encre, lourdes et menaçantes.
Il marcha dans les airs, léger comme un souvenir, s’éloignant de sa position initiale sans laisser la moindre trace. Chaque pas le portait plus haut, plus loin, jusqu’à ce qu’il domine la scène, prêt à fondre sur sa proie.
Il voulait jouer à cache‑cache. Très bien. Ils allaient jouer à cache‑cache.
Mais cette fois, ce serait lui qui choisirait le moment où le voile se déchirerait. Lui qui déciderait où frapper. Lui qui ramènerait la lumière dans ce chaos.
Et lorsque Aël’Telàwërith reviendrait dans le monde matériel, ce ne serait pas pour fuir. Ce serait pour frapper avec toute la force d’un héritier d’Aëryndra. Cliquez ici pour dérouler le parchemin... Aël'Telàwërith utilise manifestation elfique. Aël'Telàwërith lance clignotement suprême. Aël Telàwërith fait une action de mouvement en se déplaçant dans l'éther vers le haut des mats.

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Conteur des étoiles
Chambre 3
Aucune gemme
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Sur le pont, quelque chose d’invisible venait de se stabiliser non pas une menace encore présente, mais une intention déjà lancée ailleurs, plus haut, plus loin, hors de portée des sens ordinaires.
Vëla le sentit en premier : une dissonance fine, comme une corde trop serrée dans la trame du réel. Aël’Telàwërith, lui, perçut l’instabilité de l’air autour de sa propre présence, comme si le monde hésitait à continuer de le reconnaître comme une cible stable.
Et puis… il y eut l’impact.
La flèche, elle n’arriva pas comme une flèche ordinaire. Le choc de la flèche ne fut qu’un instant. Mais cet instant suffit à faire basculer tout le pont dans la guerre. L’impact sur Aël’Telàwërith Eowëlathaèldir résonna comme un coup porté directement à la structure du combat. Même debout, même conscient, sa silhouette vacilla un court instant entre deux états du réel, trahissant la violence de la frappe. Le sang et la lumière se mêlèrent brièvement à son aura elfique, preuve que l’attaque avait franchi des protections que peu auraient cru contournables.
Les ordres fusèrent, clairs, secs. Les archers se déployèrent le long des rambardes, ajustant leurs arcs vers les hauteurs des mâts et les zones d’apparition des créatures. Les premiers traits sifflèrent aussitôt dans l’air humide du pont. Plusieurs se perdirent dans les cordages, mais d’autres trouvèrent leur cible : une araignée fut transpercée en plein saut, son corps convulsant avant de s’écraser sur les planches dans un éclat de chitine brisée. Une autre, touchée à l’abdomen, tomba lourdement contre le gréement, blessée mais encore vivante, ses pattes griffant le bois dans un spasme frénétique.
Dans le même mouvement, de nouvelles fissures s’ouvrirent dans l’air.
Quatre présences supplémentaires se détachèrent des hauteurs impossibles du mât principal, comme si la réalité elle-même se déchirait à nouveau pour les laisser passer. Des silhouettes arachnéennes aux membres longs et noirs émergèrent, descendant le long de fils invisibles avec une coordination inquiétante, immédiatement projetées vers les zones les plus exposées du pont.
Le combat venait de s’intensifier.
Sur le pont central, Seledra Shaelara réagit sans attendre. Son regard se fixa une fraction de seconde sur le prêtre-mage ennemi, repérant l’origine du chaos invoqué. Sans prononcer davantage qu’un souffle de prière, elle dégaina son épée longue d’un mouvement net, la lame captant immédiatement la lumière des lanternes et des éclairs résiduels.
Elle s’élança.
Pas dans la fureur aveugle, mais dans une progression déterminée, fendant le champ de bataille avec une précision de combattante entraînée. Chaque pas la rapprochait du prêtre-mage tandis que les araignées tentaient de s’interposer, leurs trajectoires croisant celles des défenseurs.
Autour d’elle, l’équipage forma des poches de résistance spontanées : certains marins engageaient les créatures au corps à corps, d’autres couvraient sa progression en maintenant un rideau de projectiles et de fer.
Sur le flanc opposé, Eryndor continuait de chanter. Il s’était stabilisé au milieu du pont comme s’il avait toujours appartenu à ce chaos. Ses longs cheveux bleu argenté accrochaient les éclats de lumière, et sa tenue de marin-barde, élégante malgré les traces de sel et de corde, semblait presque flotter dans le mouvement du combat. Son luth vibrait encore contre lui, mais sa voix portait désormais quelque chose de plus profond : une harmonie structurée, presque magique.
Autour de lui, les effets de son chant se répandaient comme une pulsation. Les mouvements des alliés semblaient plus sûrs, les attaques plus nettes, les hésitations s’effaçant dans une coordination instinctive.
Et tandis que Vëla tenait la ligne face aux créatures, les araignées restantes se réorganisaient déjà, profitant du chaos pour frapper à nouveau, pendant que les nouvelles arrivantes prenaient position au-dessus du mât, comme une seconde vague prête à s’abattre sur le navire.
Le champ de bataille n’était plus une escarmouche. C’était une convergence. Et quelque part, dans l’ombre entre les voiles et les plans, le tireur invisible observait toujours, recalculant silencieusement la suite du combat.  Il y a maintenant 6 araignées. Aël’Telàwërith ne perçoit ni trajectoire ni sifflement : l’impact survient comme si l’espace s’était refermé sur lui. La sensation évoque une force brute, proche de la magie de force, mais sans signature arcanique identifiable. Tout semble avoir été ajusté avec une précision impossible, comme si quelque chose avait choisi l’instant exact où frapper la structure même de sa présence. (perte de 51 PV) Lancers... Grimm - Dé de vie montée de niveau : 11(d20) +26 = 37 vs DD18 ~ Réussite Grimm - Jet de dégât : [4+6+6+2+2+6](6d6)+13+[6+5](2d8)+1(d4) = 51

Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
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Soeur-Ours
Chambre 36
Aucune gemme
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Vëla ne bougeait pas immédiatement après l’impact. Autour d’elle, le pont sombrait déjà dans le vacarme, les cris des marins, les claquements des cordages fouettés par le vent, les frottements des pattes chitineuses sur le bois détrempé. Les araignées descendaient des hauteurs comme des pensées mauvaises tombant du ciel, et plus loin, Seledra fendait déjà la mêlée en direction du prêtre-mage, mais la paladine ne regardait ni les monstres ni les hommes. Elle tentait de regarder l’absence.
Même avec sa protection offerte au seigneur de Mythdaë, quelque chose venait de frapper Aël’Telàwërith sans traverser l’espace. Sans trajectoire, sans souffle, comme si le monde lui-même avait décidé, un instant, de le blesser et cela signifiait une chose. L’ennemi ne cherchait pas à gagner le combat, il voulait une exécution.
Le regard de la preux chevalière se posa sur Aël. Elle vit la lumière instable autour de lui, la façon dont sa silhouette semblait encore hésiter à demeurer entièrement présente dans le réel après l’impact. Le sang coulait déjà entre les fibres de ses vêtements elfiques, brillant brièvement sous les lanternes du pont. Là, la paladine comprit la vérité du champ de bataille; les araignées n’étaient pas la menace principale, le chaos n’était pas la menace principale, même le prêtre-mage n’était peut-être qu’un écran, car le véritable danger observait encore, quelque part au-dessus des voiles, entre les mâts et… peut-être entre les plans.
La guerrière divine inspirait lentement en attendant la seconde ouverture, puis elle se déplaçait d'un pas de placement sans précipitation ni dans la panique, seulement avec cette certitude terrible des guerriers qui ont déjà accepté le poids d’un sacrifice avant même qu’il ne soit demandé. Elle vint se placer entre Aël et les hauteurs du navire, ajustant instinctivement son angle pour réduire les lignes possibles d’attaque. Ô Sainte demeura comme un verrou et son corps entier devint une barrière vivante. Le bois gémi sous ses bottes tandis qu’elle adoptait une garde plus fermée encore au-dessus d’Äel qui devrait avaler sa fierté. Siliriel déposé au pied du seigneur, et la maitresse de Torm en défense totale au-dessus d’eux.
Chaque mouvement de son souffle ralentit et chaque détail du pont sembla se préciser dans son esprit; le balancement des lanternes, la tension des voiles, les ombres impossibles entre les cordages. Elle cherchait la dissonance, la faille, le moment exact où l’invisible redeviendrait réel. D’une voix claire qui traversait la tempête du combat, elle lançait comme une commandante de guerre…
- Personne ne rompt la ligne, brouillard autour d’Aël! Fermez les hauteurs! Archers, surveillez les mâts! L’attaque peut venir d’un autre plan! -
La voix de Vëla n’avait pas le ton de la peur, juste celui de la certitude et du contrôle de soi. Est-ce que les elfes l’écouteraient, surement pas, car qui était-elle, simple humaine au sein d’une élite. Cependant, elle ne céderait pas, elle resterait le rempart et ses yeux veillaient l’ailleurs, toujours vers l’absence, toujours vers cette chose qu’elle ne voyait pas encore, car elle savait désormais ce qui allait arriver, oui, elle le savait, quelque chose de plus grandiose en elle lui confirmait que le tireur invisible attendait qu’elle quitte Aël et qu’elle cède à l’instinct héroïque en poursuivant une menace visible en oubliant celle qui ne l’était pas.
Alors la preux chevalière fit exactement l’inverse de ce qu’attendait le prédateur, elle restait immuable, immobile au cœur du chaos, comme une porte fermée entre l’ombre et sa victime, comme une forteresse imprenable.
Défense total avec Dévotion à la loi +7 à la CA au dessus d'Aël. Continue Aura de bravoure et imposition des mains constant sur Siliriel.

Je suis la chevalière Solitaire, non pas par peur des humains mais par respect des humains, par respect du silence des humains, par respect de l'intégrité des humains. Je m'achemine jour après jour vers le temple de mon coeur et le soleil s'y trouve, s'y féconde la Rose qui se déploie Chevalier d'O. Je regarde la Source, je devient Source, je coule Source... Telle est ta répétition mantrique, chevalière Solitaire. Faire quelque chose à contre-coeur c'est faire quelque chose à contre courant; alors que être au coeur des Choses, c'est toujours être au courant. Fiche Vëla 1-Bénédiction*, Sacrifice divin, protection contre le mal*. 2-Éveil du péché*, Précision bénie*, Force du taureau*. 3-Soins modéré.
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Seigneur de Mythdaë
Chambre 7
2 gemmes
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La mobilisation fut totale. Comme un seul être, l’équipage se jeta dans la bataille, lames tirées, prières murmurées, sorts prêts à éclater. Aël’Telàwërith venait tout juste d’achever son incantation, prêt à bondir dans l’Éther pour y trouver un abri fugace… lorsqu’un choc inimaginable le frappa.
Il ne vit rien venir.
Pas une ombre. Pas un souffle. Pas même un frémissement dans l’air.
L’impact le cueillit comme un coup de tonnerre. Foudroyant. Absolu. Une violence qui transcendait tout ce qu’il avait connu. Lui qui avait déjà été enseveli sous des tonnes de roche et de glace… rien, jamais, ne l’avait frappé ainsi.
Le temps se déchira.
Une fraction de seconde s’étira en une éternité. Chaque battement de son cœur devint un glas. Chaque sensation, un gouffre.
Son souffle se coupa net. Une onde de force brute, sourde, implacable, le traversa de part en part. Son visage, habituellement si gracieux, se crispa en une grimace mêlant surprise, douleur… et une peur qu’il n’avait pas ressentie depuis des siècles. Ses yeux lavande s’écarquillèrent, incapables même de cligner. Aucun cri ne franchit ses lèvres.
Ses jambes cédèrent. Il posa un genou à terre, luttant pour retrouver l’air. Autour de lui, le monde devint lointain, comme noyé dans une brume épaisse. Les sons se déformaient, étouffés, distants. La scène se jouait au ralenti, comme si l’univers tout entier retenait son souffle.
Il tenta de reprendre prise sur la réalité. Tourna la tête. À travers les mèches de sa chevelure blonde, son regard — encore trouble — chercha ses compagnons.
La première silhouette qu’il distingua fut celle de Vëla. La paladine de Torm tenait la ligne, fidèle à son serment. Dans son armure, lame sainte au clair, elle avait la prestance d’une statue sacrée. Ce qu’elle fit ensuite lui arracha un tressaillement : elle souleva Siliriel et la déposa près de lui avant de reprendre une posture de garde, solide, résolue.
Mais ce faisant, elle exposait davantage l’elfe possédée. Et tous ceux qui s’approchaient de lui se mettaient en danger. Face à la précision surnaturelle de l’assaillant, face à sa magie dévastatrice, Aël’Telàwërith craignait que même la bravoure de la paladine ne suffise pas.
Son regard glissa ensuite vers Seledra. La prêtresse de Corellon, sa consœur, traversait le champ de bataille, sa lame en main, avançant avec la grâce d’un chant ancien. Elle fendait les flots d’ennemis comme l’étrave du Marcheur Ailé fendait les vagues.
Puis, soudain, l’air revint. Une grande goulée d’air frais, brutale, presque douloureuse. Le monde retrouva sa vitesse. Les cris, les ordres, le fracas des armes : tout reprit sa place, avec une normalité presque inquiétante.
En se redressant, il chercha encore l’ennemi invisible.
Il n’avait rien vu. Rien senti. Le projectile semblait avoir été tiré de nulle part… ou de partout à la fois. Le navire était pourtant protégé par un mur de force, mais cela n’avait rien empêché. À moins que le tir ne soit venu de l’intérieur même de la barrière. Impossible à dire.
Et il avait déjà presque sauté dans l’Éther : cela non plus n’avait rien changé. Une certitude s’imposait donc : il n’y serait pas davantage en sécurité. Toutes les manœuvres des araignées et de leur funeste renfort convergeaient vers un seul but.
Lui.
Et plus ses alliés se rassemblaient autour de lui, plus un unique sortilège de zone pourrait tous les faucher. Aël’Telàwërith reconnaissait la loyauté et le courage lorsqu’il les voyait. Il refusait d’être la cause de leur perte. Seigneur de haute lignée, Ar’Tel’Quess béni de Corellon, c’était à lui d’assurer leur protection, non l’inverse.
Il invoqua un nouveau sort, un bouclier de force qu’il connaissait presque par cœur. Peut‑être tiendrait‑il mieux cette fois. Peut‑être pourrait‑il enfin bouger. Il devait quitter cette zone, et vite. Nulle part il ne serait réellement à l’abri, mais ailleurs il y aurait peut‑être moins d’ennemis potentiels. Et ses compagnons pourraient se concentrer sur la bataille plutôt que sur sa survie.
L’elfe du soleil se redressa, une grimace de douleur aux lèvres. Juste avant de clignoter hors du plan matériel, il lança quelques mots :— C’est bon ! Ça va ! Je ne vous abandonne pas ! Battez‑vous ! Mais rien, dans tout cela, ne lui semblait normal. Le moment, l’endroit, la précision des assauts, l’ennemi invisible aux détections, la puissance des sorts… Tout indiquait que l’assaillant était bien plus fort que lui. Et surtout : il pouvait l’atteindre, alors qu’Aël’Telàwërith ignorait tout de son identité, de ses motivations, de son origine.
Tant de questions. Il lui fallait des réponses. Cliquez ici pour dérouler le parchemin... Aël’Telàwërith lance bouclier
Aël’Telàwërith clignote dans l’éther et se déplace
Aël’Telàwërith utilise art de la magie, connaissance des mystères, de la religion, de l’histoire, des plans. Bref, il mobilise tout ce qu’il peut pour tenter de pouvoir orienter l’identification de l’assaillant et peut-être en déduire ses capacités. Lancers... Aël’Telàwërith - Jet de compétence : Art de la magie : 19(d20) +16(deg) +6(Int) +2(conn. des sorts) = 43

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Conteur des étoiles
Chambre 3
Aucune gemme
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La bataille faisait rage sur le Marcheur Ailé.
Sous les ordres du Seigneur de Mythdaë, les marins elfes et demi-elfes tenaient la ligne avec une discipline remarquable. Les premières araignées invoquées furent accueillies par une grêle de flèches et d'acier. L'une d'elles s'effondra dans un craquement ignoble de chitine brisée avant même d'atteindre ses proies. Une seconde fut tailladée de toutes parts, laissant derrière elle une traînée d'ichor noirâtre sur les planches du pont.
Mais déjà de nouvelles déchirures apparaissaient. Des fissures sombres s'ouvrirent dans l'air lui-même, suspendues entre les haubans et les vergues supérieures. Puis quatre nouvelles araignées géantes surgirent presque simultanément. L'une descendit du grand mât. Une autre apparut directement sous une voile repliée. Deux autres émergèrent de brèches suspendues au-dessus du pont, tombant lourdement parmi les défenseurs. L'équipage recula d'un pas. Puis reprit le combat. L'ennemi ne cherchait plus à tester leurs défenses. Il cherchait à les submerger.
Au milieu du chaos, Seledra Shaelara avançait néanmoins vers Aël'Telàwërith. Sa lame longue brillait sous la lumière sacrée de Corellon tandis qu'elle franchissait les derniers mètres qui la séparaient du seigneur blessé. Puis le destin sembla se répéter. Aucun cri. Aucune trajectoire visible. Aucun signe avant-coureur. Simplement une brutale déformation de l'air. Et l'impact.
Le choc frappa la prêtresse de plein fouet. Son corps fut projeté contre le bastingage dans un craquement inquiétant de métal et de bois. Un instant, plusieurs membres de l'équipage crurent la voir mourir. Le sang éclaboussa les planches. Sa lame lui échappa presque des mains. Un silence horrifié traversa le pont. L'attaque avait été aussi violente que celle qui avait frappé Aël'Telàwërith. Peut-être davantage. Seledra chancela, mettant un genou à terre et le souffle coupé. Les traits étaient déformés par la douleur. Puis ses lèvres se mirent à murmurer une prière. Une lumière douce, argentée, descendit sur elle comme un voile protecteur. Les bénédictions de Corellon refermèrent une partie des blessures les plus graves, lui permettant de retrouver péniblement l'équilibre. Mais tous ceux qui avaient assisté à la scène comprirent la vérité.
Sans cette intervention divine immédiate...La prêtresse aurait probablement péri. Et le plus effrayant demeurait invisible. La seconde attaque était venue d'une direction différente de la première. Comme si le tireur pouvait changer instantanément de position. Ou comme si plusieurs tireurs agissaient de concert.
Ou pire encore. Comme si la notion même de distance n'avait aucun sens pour lui.
Dans l'Éther, Aël'Telàwërith observait la scène avec un regard nouveau. Les connaissances accumulées au cours de siècles d'études s'assemblaient peu à peu dans son esprit. Les ressemblances avec certains phénomènes de force étaient réelles. Mais quelque chose ne correspondait pas. Ces attaques semblaient contourner les règles habituelles de la magie. Comme si elles ne voyageaient pas véritablement dans l'espace. Comme si elles atteignaient directement leur cible. Un souvenir ancien remonta alors à sa mémoire : de vieux manuscrits oubliés et des récits provenant de contrées lointaines de Faerûn. Tous évoquaient des disciplines rares où l'esprit devenait arme. Où la volonté prenait forme. Où la pensée frappait avec une violence comparable aux plus puissants sortilèges. Le mot revint alors à sa mémoire : Psionisme.
Et soudain, une conclusion plus inquiétante encore s'imposa. Si cette hypothèse était exacte... Alors rester exposé sur le pont revenait à offrir des cibles à un prédateur capable de frapper presque n'importe où.
Au cœur du tumulte, Vëla ne céda pas un pouce de terrain. Alors que les araignées continuaient de déferler sur le pont, la paladine demeurait immobile au-dessus d'Aël'Telàwërith et auprès de Siliriel. Là où d'autres auraient cédé à la panique ou poursuivi une menace visible, elle restait concentrée sur celle qu'elle ne voyait pas. Sa posture s'était encore refermée. Chaque mouvement de son corps semblait calculé. Ô Sainte décrivait devant elle une garde presque parfaite tandis que son aura de courage continuait de rayonner autour des défenseurs les plus proches. Plusieurs marins, pourtant confrontés à des créatures qui auraient fait fuir bien des vétérans, retrouvèrent suffisamment de sang-froid pour maintenir leur position.
Aux pieds de la paladine, Siliriel respirait encore. Faiblement. Mais elle respirait. La lumière discrète de Torm continuait de circuler à travers les mains de Vëla, repoussant inlassablement les ténèbres qui tentaient d'emporter l'elfe. Puis la seconde attaque survint.
Et lorsque Seledra fut frappée à son tour, Vëla comprit immédiatement ce que cela signifiait. L'ennemi n'avait pas changé de cible. Il avait simplement démontré qu'il pouvait en choisir plusieurs. La certitude qui l'avait poussée à demeurer auprès d'Aël venait de trouver sa confirmation. Quelque part, dans l'obscurité ou au-delà même du monde visible, un prédateur observait encore. Et il cherchait toujours une ouverture.
Au cœur de cette décision, Vëla n’avait pas bougé.
Elle était restée ce point fixe au-dessus d’Aël’Telàwërith, verrouillant les angles, couvrant les hauteurs, refusant de céder à la tentation de poursuivre une menace visible. Sa garde ne s’était pas relâchée une seule seconde. Autour d’elle, l’aura de bravoure continuait de soutenir les défenseurs encore debout, tandis que la lumière de sa foi maintenait Siliriel hors de l’abîme.
Et c’est précisément cette posture immobile, fermée, inflexible qui avait donné l’ouverture nécessaire.
Eryndor, lui, n’avait pas crié. Il n’avait pas cherché à attirer l’attention. Il s’était déplacé comme on glisse sur un pont en pleine tempête, avec cette aisance étrange des marins qui ont appris à danser avec le roulis des vagues. Demi-elfe à la silhouette souple, il évitait les coups de panique et les mouvements brusques des combattants sans jamais perdre son équilibre. Ses longs cheveux bleu argenté, collés par l’humidité et le sel, accrochaient par instants la lumière des lanternes comme des éclats de lune brisée. Son visage, malgré le chaos, gardait cette beauté presque irréelle des traits elfiques mêlée à une chaleur plus humaine. Ses yeux bleus, eux, ne tremblaient pas.
À sa taille pendait son luth, protégé contre les chocs, instrument plus souvent associé aux rires des ports qu’aux cris de guerre. Pourtant, même ici, certains reconnaissaient encore en lui “l’Oiseau Bleu”, celui dont les chants calmaient les esprits et dont les notes accompagnaient parfois les blessés jusqu’au sommeil. Il ne regarda pas longtemps le champ de bataille.
Il choisit. Puis il porta la corne de brume à ses lèvres. Une note grave résonna à travers le navire. Aussitôt, un épais brouillard commença à se répandre autour de la position du Seigneur de Mythdaë. Une nappe blanche s'étira sur le pont, engloutissant progressivement les silhouettes, les cordages et les lanternes. Le navire sembla disparaître dans son propre fantôme. Les archers de l'équipage comprirent immédiatement l'idée. Les hauteurs furent abandonnées. Les lignes de tir rompues. Les marins se replièrent instinctivement vers des positions plus couvertes tandis que le brouillard gagnait encore du terrain.
Dans l’épaisseur grandissante du brouillard, Vëla ne distinguait déjà plus clairement les silhouettes, seulement des mouvements fragmentés, des sons étouffés et des présences qui se diluaient dans la nappe blanche. Pourtant, son esprit restait tranchant.
La brume protégeait, mais elle imposait aussi un délai avant de couvrir totalement les hauteurs du navire. Et dans cet intervalle encore ouvert, quelque chose demeurait certain : Eryndor venait de devenir l’un des rares acteurs encore capables d’agir sur le champ de bataille… et donc, potentiellement, une nouvelle ouverture pour l’assaillant.
Ce n’était pas une vision. C’était une déduction froide, née du rythme du combat et des intentions déjà observées.
Et le temps que la brume achève de tout engloutir, cette fenêtre restait dangereusement exploitable.

Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
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Soeur-Ours
Chambre 36
Aucune gemme
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Vëla sentit le changement avant même que la brume n'achève de recouvrir le pont. L'épais voile blanc se répandait entre les mâts, engloutissant peu à peu les silhouettes, les lanternes et les blessures. Les cris semblaient plus lointains. Les chocs d'acier devenaient sourds. Le monde se refermait sur lui-même.
Mais son attention ne quittait pas l'essentiel. L'ennemi frappait ceux qui comptaient. Siliriel, Aël. Seledra, et maintenant, Eryndor venait de modifier le champ de bataille.
Le barde avait agi avec intelligence. Peut-être même leur avait-il offert la seule défense réellement efficace contre ce prédateur invisible. Pourtant, en faisant cela, il venait aussi de se distinguer, car quelque part, dans l'ombre, quelque chose observait.
Quelque chose choisissait et, spontanément, Vëla refusait de laisser le choix lui appartenir. Elle posa un genou à terre près d'Aël'Telàwërith et de Siliriel. Son regard passa brièvement sur leurs blessures, laissant l’essence curative de ses mains circuler à dose calculée avant de revenir vers la brume grandissante. Elle tenait le rempart et ne cédait aucune ouverture. Sa voix se fit ferme, mais sans ordonner…
- Seigneur Aël, restez couvert. Ne cherchez pas à observer le tireur. C'est lui qui vous verra le premier. -
Elle demeurait calme, inébranlable. La guerrière divine faisait ce qu’elle savait faire, protéger, étudier la menace, comprendre, trouver la faille et terrasser, et ce, dans l’ordre. Elle en était encore à étudier la menace. Ce qui l’inquiétait le plus était la rapidité que le tireur avait pour se déplacer. Pour elle il devenait évident… il opérait d’un autre plan, donc il devenait impossible de l’atteindre, alors il fallait lui enlever les cibles possibles et le pousser à se manifester autrement. Une seule manière de faire lui vint; regrouper les cibles potentielles, maintenir le brouillard, multiplier les couverts, protéger Siliriel, Aël, Seledra, Eryndor et forcer l'ennemi à s'exposer ou à changer de tactique. L’ordre des choses lui paraissait ainsi.
Prestement, Vëla de Torm relevait la tête et lançait dans le brouillard… - Eryndor ! Rapprochez-
Cette fois c’était un ordre qui traversait l’épais manteau blanc. - Personne ne reste isolé! Approcher Dame Seledra avec vous. -
Autour d'elle, quelques marins encore proches se regroupèrent instinctivement. Vëla les guidait d'un geste bref en ajoutant plus ferme…- Boucliers vers l'extérieur. Formez un cercle. Gardez les blessés au centre. -
Ô Sainte décrivit un arc lent devant elle. La lame sacrée diffusait une lueur douce à travers la brume, semblable à un phare perdu dans une nuit de tempête, et elle vint la planter sur le pont pour qu’elle puisse ensuite faire appel à Torm, lui demandant une protection contre le mal qu’elle déposait sur Aël pour commencer, pour ensuite reprendre son rempart avec Ô Sainte en défense totale armée de sa grâce divine et de son aura de bravoure.
Vëla savait qu'elle ne pouvait pas arrêter une attaque dont elle ignorait encore la nature, cependant, elle pouvait compliquer chaque décision de son adversaire; le forcer à choisir; le forcer à s'exposer; le forcer à commettre une erreur. Patiente, elle veillait.
Alors ensuite, elle demeurait immobile au centre du dispositif, les sens tendus derrière le brouillard, attentif à la moindre rupture du silence, à la moindre déformation de l'air, à la moindre sensation semblable à celle qui avait précédé les deux impacts auparavant: c’était sa seule et véritable information qu’elle possédait, car désormais, elle ne cherchait plus seulement à protéger. Elle attendait l’erreur, elle attendait la prochaine réaction pour encore une fois étudier et lorsque le prédateur invisible frapperait de nouveau, Vëla en apprendrait un peu plus.
Sort: Protection contre le mal. Défense totale avec Dévotion à la loi +7 à la CA au-dessus d'Aël. Continue Aura de bravoure, imposition des mains constant sur Siliriel et ajoute don grâce divine.

Je suis la chevalière Solitaire, non pas par peur des humains mais par respect des humains, par respect du silence des humains, par respect de l'intégrité des humains. Je m'achemine jour après jour vers le temple de mon coeur et le soleil s'y trouve, s'y féconde la Rose qui se déploie Chevalier d'O. Je regarde la Source, je devient Source, je coule Source... Telle est ta répétition mantrique, chevalière Solitaire. Faire quelque chose à contre-coeur c'est faire quelque chose à contre courant; alors que être au coeur des Choses, c'est toujours être au courant. Fiche Vëla 1-Bénédiction*, Sacrifice divin, protection contre le mal*. 2-Éveil du péché*, Précision bénie*, Force du taureau*. 3-Soins modéré.
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Seigneur de Mythdaë
Chambre 7
2 gemmes
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Plongé dans les brumes de l’Éthéré, Aël’Telàwërith sentit son cœur se serrer. Ici, il n’y avait ni couleur, ni lumière, ni véritable horizon. Le monde matériel n’était plus qu’une succession de silhouettes fantomatiques, flottant dans une mer de gris pâle. Les sons n’étaient que des échos étouffés, comme s’ils provenaient d’un rêve lointain. La gravité elle‑même semblait hésiter : on ne tombait pas, on glissait, on dérivait, on existait simplement dans une suspension étrange.
Et dans cet entre‑deux, la révélation le frappa comme une gifle.
Ces êtres… ces psioniques… étaient extraordinaires au sens le plus littéral du terme. Ils n’avaient pas besoin de prières, ni de gestes, ni de mots. Leur esprit seul façonnait la réalité. Leur volonté brute devenait arme, bouclier, projectile. Ils utilisaient leur esprit, tout simplement.
Une peur profonde le traversa. Pas la peur de mourir — il avait déjà accepté cette éventualité depuis longtemps. Mais la peur de faillir.
La peur de voir son peuple souffrir de son incompétence. La peur de laisser Mythdaë affronter seule un péril qu’il n’aurait pas su comprendre. La peur de décevoir Corellon, lui, l’Ar’Tel’Quess béni, héritier de la lignée Aëryndra de Cormanthyr.
Mythdaë survivrait à sa chute — il le savait. Sa tante, baelnorn millénaire, veillait sur la bibliothèque cachée, joyau préservé comme une copie sacrée de Château‑Suif. Il avait passé des alliances, prévu des régences, anticipé l’avenir.
Mais rien ne pouvait apaiser cette crainte : que son peuple souffre parce qu’il n’aurait pas été assez fort.
Il en savait si peu sur les psions. Trop peu. Leur puissance, leur manière de frapper, leur façon de se dissimuler. La Confrérie avait déjà affronté l’un d’eux dans la Haute‑Forêt. Nirannor lui avait conté cette histoire — celle où il avait trouvé l’amour auprès d’une elfe sauvage. À présent, Aël’Telàwërith comprenait pourquoi Isorion avait accordé tant d’importance à cette affaire.
Mais pour lui, il était trop tard pour apprendre. Il devrait se battre avec ses maigres connaissances. Et cela l’effrayait plus que tout.
Vëla n’avait pas tort lorsqu’elle lui avait dit de ne pas chercher à voir l’assaillant. Et les mots du marin rescapé résonnèrent dans son esprit : « Ils sont plusieurs. » Plusieurs esprits invisibles, capables de frapper sans être vus, sans être entendus, sans être détectés.
La frustration montait, mais derrière elle, une autre émotion prenait racine : une inquiétude sacrée, celle d’un seigneur qui voit ses gens exposés à un péril qu’il ne comprend pas.¤ Par le luth de Corellon, je ne peux pas soigner la maladie ! Mais par la Couronne d’Arvandor, je peux au moins traiter les symptômes ! ¤ Le repli général lui offrait de l’espace, mais rendait l’équipage vulnérable à une attaque de zone. Une chose, toutefois, était commune aux psions, aux mages et aux prêtres : leur pouvoir n’était pas infini. Il fallait tenir. Il fallait les épuiser.
Dans l’Éthéré, la brume du barde ne le gênait pas. Et si le psion se trouvait lui aussi dans ce plan, il n’en serait pas gêné non plus. Invisible, silencieux, Aël’Telàwërith avança vers les boucliers qui se formaient en rempart de fortune. Les araignées apparaissaient comme des masses sombres, silhouettes floues, contours tremblants — mais bien présentes.
Il commença son incantation. L’air autour de ses doigts se chargea d’énergie, tandis que les paroles mystiques s’enchaînaient comme une mélopée draconique.
Il traversa les corps et les boucliers, glissant comme une ombre pour se retrouver devant eux.
Dans les limbes de l’Éthéré, il n’y avait ni haut ni bas. On ne tombait pas. On se laissait porter.
Alors Aël’Telàwërith se coucha — non pas comme on se couche, mais en pivotant sur lui‑même, se laissant descendre dans un mouvement sans gravité. Il cherchait un angle de tir ascendant, pour préserver le navire.
C’est à cet instant qu’il clignota pour revenir dans le plan matériel.
Sa main effilée, tendue vers l’araignée la plus menaçante, crépitait d’étincelles électriques. Le Seigneur de Mythdaë libéra toute la tension, la frustration et la colère qu’il peinait à contenir — mais derrière ces émotions, il y avait autre chose : la peur sacrée de ne pas être à la hauteur de son peuple.
Un éclair jaillit de sa main. Un éclair libérateur.
L’éclat illumina la scène nocturne où se jouait un drame à l’issue incertaine. L’air se chargea d’ozone. La foudre fila à une vitesse folle vers sa proie, déchirant le voile d’obscurité, réfléchissant sa lumière sur la nappe de brouillard, la rendant presque aveuglante.
Combien d’éclairs faudrait‑il pour que chaque araignée cesse d’être une menace ? Et tuer ces créatures ne pouvait que déplaire à leur reine maléfique.
Dès que l’éclair frappa, Aël’Telàwërith hurla, espérant couvrir le tumulte :— Un psionique ! Nos ennemis sont des psions !Puis il bondit aussitôt dans l’Éthéré, disparaissant à la vue de tous. Pour faire bonne mesure, il se laissa traverser le plancher, retrouvant une position gravitationnelle plus acceptable sur le plan matériel.
Sa stratégie immédiate était en place. Il pouvait libérer une partie de son esprit pour réfléchir à la suite : comment combattre un ennemi insaisissable, tapi dans l’ombre, capable de frapper à sa convenance, sans qu’on puisse profiter de ses attaques pour le localiser ?
Aël’Telàwërith était perdu. Démuni. Terrifié à l’idée de faillir. Il ne voyait pas par quel bout prendre le mortel problème qui les assaillait — et derrière chaque pensée, une seule crainte revenait :
Je ne comprends pas cet ennemi, et ce sont mes gens qui en souffrire. Cliquez ici pour dérouler le parchemin... Aël'TelàwËrith se déplace action de mouvement Aël'TelàwËrith cligne pour revenir dans le plan matériel Aël'Telàwërith lance un sort de réserve éclair dégât = 6d6 Aël'TelàwËrith clignote pour aller dans le plan éthéré Aël Telàwërith fait un pas de placement en traversant le plancher du pont pour se retrouver dans la cale.

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Conteur des étoiles
Chambre 3
Aucune gemme
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Le cri d’Aël traversa le chaos du pont. L’information était précieuse. Après avoir mobilisé ses connaissances des arts magiques, des plans et des anciennes théories arcaniques, le Seigneur de Mythdaë venait de mettre un nom sur ce qui les frappait. Ce n’était pas une magie inconnue, mais une forme de puissance rarement rencontrée : une force façonnée par l’esprit lui-même, sans les manifestations habituelles des lanceurs de sorts. Mais savoir à quoi ils avaient affaire ne rendait pas l’ennemi moins dangereux.
Dans l’Éther, Aël distinguait encore les silhouettes des créatures invoquées qui ravageaient le pont. Il choisit son moment. Une brève apparition dans le monde matériel, un éclair de magie libéré dans la nuit, et l’une des araignées s’effondra sous la décharge avant que le Seigneur ne disparaisse de nouveau hors de portée.
Sur le pont, la bataille continuait.
Les ordres de Vëla avaient trouvé leur place dans le chaos. Les marins tenaient leurs positions, protégeant les blessés et empêchant les créatures de rompre leur ligne. La paladine demeurait auprès d’Aël et de Siliriel, sa lame prête, son aura maintenant comme un rempart silencieux contre la panique.
Seledra Shaelara avançait toujours, lame en main, portée par sa foi en Corellon. Elle savait que l’ennemi véritable n’était pas devant elle, mais elle refusait de laisser les créatures invoquées décider du sort du navire.
Puis Vëla comprit ce qu’il fallait faire. La brume était leur seule chance de casser cette chasse invisible. Le barde comprit immédiatement son instruction. Il ne discuta pas. Tenant encore la corne de brume, il quitta sa position exposée pour rejoindre le groupe. Il n’était plus seulement un soutien derrière les lignes : il venait de devenir celui qui pouvait priver l’ennemi de son avantage. Et c’est précisément pour cela qu’il devint la cible. Avant même qu’il n’atteigne la protection du groupe, quelque chose changea dans l’air. Une sensation que les survivants commençaient à reconnaître. Pas un bruit. Pas un mouvement. Une intention.
Depuis une direction impossible à déterminer, un trait argenté fendit la nuit. Ce n’était pas une flèche ordinaire. Elle ne ressemblait à aucune arme connue de l’équipage. Sa trajectoire était trop parfaite, sa vitesse trop étrange, comme si elle avait été guidée davantage par la volonté que par un arc. Elle frappa Eryndor de plein fouet. L’impact fut violent. Le demi-elfe fut projeté au sol, le souffle arraché, la corne de brume lui échappant presque des mains. La puissance du tir ne laissait aucun doute : ce n’était pas une attaque destinée à blesser légèrement. C’était un coup capable de tuer.
Mais malgré la douleur, malgré le choc, Eryndor resta accroché à son rôle. La corne revint à ses lèvres. Une première note grave résonna. Puis une seconde. Et enfin, la brume commença à se répandre. Aussitôt, un épais brouillard commença à recouvrir le pont. La nappe blanche s’étira entre les mâts, engloutissant les lanternes, les cordages et les silhouettes. Le navire sembla disparaître dans son propre fantôme. Les archers comprirent immédiatement. Les hauteurs furent abandonnées. Les lignes de tir furent rompues. Les marins se replièrent vers des positions plus sûres, formant autour des blessés et des combattants un cercle plus difficile à atteindre.
La corne continua de résonner encore quelques instants, portée par le souffle obstiné du barde. La brume s’étendit progressivement sur le pont, avalant les derniers vestiges de la bataille jusqu’à envelopper entièrement le navire.
Puis, lentement, la brise marine reprit ses droits. Le brouillard commença à se déchirer par endroits, laissant apparaître les mâts, les voiles et les silhouettes fatiguées des survivants. Les dernières nappes blanches s’élevèrent peu à peu dans l’air nocturne avant de disparaître au-dessus du navire. Cela donna l'impression de durer une éternité mais il n'eut aucune nouvelle attaque.
Alors seulement, tous purent réellement voir l’état du pont. Les araignées avaient été vaincues. Les marins tenaient encore debout, malgré les blessures et l’épuisement. Le silence revenu n’avait rien d’une victoire éclatante : il ressemblait davantage au calme fragile qui suit une tempête.
Près du centre du dispositif, Eryndor était toujours là. La corne de brume reposait encore entre ses doigts. Mais lui ne bougeait plus. Le jeune demi-elfe gisait au sol, inconscient, le visage marqué par la violence du tir qu’il avait reçu. Il avait tenu jusqu’au bout. Jusqu’à ce que la protection soit suffisante. Jusqu’à ce que le navire disparaisse aux yeux de l’ennemi. Mais son corps, lui, avait fini par céder. Son visage avait perdu ses couleurs et son souffle était presque imperceptible, mais il était toujours là. Sa poitrine se soulevait faiblement. Une main trembla légèrement lorsqu’un marin s’approcha de lui, comme si même inconscient, le barde cherchait encore à reprendre son instrument.

Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
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Soeur-Ours
Chambre 36
Aucune gemme
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Les mots d’Aël'Telàwërith furent révélateurs, « Un psionique ! Nos ennemis sont des psions. »
La seule chose que la jeune femme de l’Ordre du Corbeau connaissait des psions, était qu’ils utilisent leur esprit, comme armure, arme, ils se cachent dans leur intelligence, ils vivent de leur esprit, alors c’était là qu’elle viserait.
La paladine ne changeait pas de position ni de tactique pour protéger ceux qu’elle protégeait, elle tenait le rempart comme un rock immuable et ce qui était encore plus immuable, était sa foi, car elle était la maitresse de Celui qui dit la Vérité et elle dirait simplement la Vérité.
Vëla de Torm, un genou au sol, Ô Sainte, haute, resplendissante tenue par sa main gauche sur la poigne, le front contre celle-ci, sa main droite qui continuait d’apporter vie à Siliriel, elle fit une prière, cependant passant par le Dieu du Devoir, elle s’adressait à l’esprit qu’elle voulait déstabiliser. La jeune femme allait chercher en elle toute la puissance maternelle, celle qui peut faire douter de la certitude du raisonnement pour en contrôler la situation.
L’ex-folle de Torm n’avait plus besoin de chercher l’adversaire, car elle savait exactement où son ennemi se trouvait maintenant, elle avait trouvé la faille. Sa voix demeura calme, douce, claire, ferme, portée par une autorité qui n'avait rien de théâtral, elle était juste vraie, fidèle et authentique. Tout comme lui, elle utiliserait la bonne arme, elle infecterait son raisonnement d'un doute dont il ne pourrait plus se défaire. Elle commençait par une prière silencieuse à son amant et dégainait son arme de volonté.
- Je sais que tu m'écoutes. Tu ne peux pas t'en empêcher. Tu veux comprendre ceux que tu tues. Tu veux mesurer leurs limites. Tu veux savoir quand ils cesseront d'espérer. – Elle laissait un silence glisser pour que les mots entrent parfaitement dans l’esprit adverse.
-Alors écoute bien. Tu crois que tu remportes cette bataille parce que tu frappes sans être vu. Tu te trompes. Tu as déjà perdu l'avantage que tu croyais posséder. Depuis ton premier tir, tu n'as plus été libre une seule fois. Chaque cible que tu as choisie nous a parlé de toi. Tu n'as pas frappé le plus fort. Tu n'as pas frappé le plus dangereux. Tu as frappé celui qui commandait, celle qui soignait, celui qui protégeait les autres, puis celui qui nous cachait à ton regard. Tu ne poursuis pas des ennemis. Tu poursuis notre volonté. –
Le timbre de sa voix était tissé d’opale, inébranlable, perçante et continuait…
- Tu croyais cacher ton visage, néanmoins, tu viens de nous montrer ton âme. Tu crains les chefs. Tu crains les protecteurs. Tu as peur de ceux qui inspirent les autres, parce que tu sais qu'un homme seul est facile à tuer, mais qu'un peuple uni ne l'est jamais. -
Le brouillard roulait sur le pont, mais sa voix, demeurait immobile, pur, sans faille.
-Dis-moi... depuis combien de temps réfléchis-tu avant chacun de tes tirs? Quelques secondes? Davantage? Tu recalcules sans cesse. Tu cherches la cible parfaite. Tu veux être certain. Toujours certain. Parce que tu ne supportes pas l'erreur. Et maintenant... maintenant je vis dans ton esprit. À partir de cet instant, avant chaque attaque, une pensée reviendra. « Et si la paladine avait raison? » Tu chercheras ce que nous avons découvert. Tu douteras de ce que tu croyais évident. Tu hésiteras. Et une hésitation... c'est un luxe que tu ne peux pas te permettre. -
Elle planta lentement Ô Sainte devant elle sur le pont.
-Tu crois que la plus grande force est un esprit sans faille, mon amant m’a enseigné autre chose. La plus grande force… est un esprit qui continue d'avancer malgré le doute. Le tien n'a jamais appris cela. Le nôtre, si. Alors, continue de nous observer. Continue de nous étudier. Continue de croire que tu maitrises cette bataille. Car chaque instant où tu réfléchis est un instant où nous nous préparons. Chaque choix que tu fais nous révèle un peu plus qui tu es. Et lorsque tu comprendras enfin que c'est toi qui es devenu prévisible... il sera trop tard, car tu ne combattras plus un équipage. Tu combattras des êtres qui auront appris à penser comme toi. Alors, tu découvriras ce qu'est réellement la peur. –
Restait maintenant à l’ennemie de lui prouver qu’elle avait tord et c’était précisément cette réaction que la paladine espérait provoquer.
Social +19 pour lui (leur) insufler le doute. Suite du sort précédant. Défense totale avec Dévotion à la loi +7 à la CA au-dessus des blessés. Continue Aura de bravoure, imposition des mains constant sur Siliriel et continue don grâce divine

Je suis la chevalière Solitaire, non pas par peur des humains mais par respect des humains, par respect du silence des humains, par respect de l'intégrité des humains. Je m'achemine jour après jour vers le temple de mon coeur et le soleil s'y trouve, s'y féconde la Rose qui se déploie Chevalier d'O. Je regarde la Source, je devient Source, je coule Source... Telle est ta répétition mantrique, chevalière Solitaire. Faire quelque chose à contre-coeur c'est faire quelque chose à contre courant; alors que être au coeur des Choses, c'est toujours être au courant. Fiche Vëla 1-Bénédiction*, Sacrifice divin, protection contre le mal*. 2-Éveil du péché*, Précision bénie*, Force du taureau*. 3-Soins modéré.
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Seigneur de Mythdaë
Chambre 7
2 gemmes
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Il avait été cet homme.
Oui, il l’avait été. Celui qui se glisse dans les ombres sans jamais troubler l’air. Celui dont la présence se devine trop tard, silencieux comme une brise de printemps, patient comme une pierre ancienne, immobile, observateur, attendant le moment exact où frapper. Une attaque vive, franche, nette, aussi discrète qu’un vol de papillon. Il avait été cet homme, autrefois, jusqu’à ce que Tymora, dans un geste de clémence envers un cas désespéré, lui offre une forme de rédemption.
Celui que l’on appelait jadis le Sil, pour son silence, avait été craint. Aujourd’hui, le Bout, commandant en second du Marcheur Ailé, goûtait ce que signifiait être de l’autre côté : celui où l’on se sent épié, observé par un prédateur invisible, tapi dans les ombres, attendant patiemment le moment de frapper. Ce sentiment d’impuissance lui rongeait les nerfs. La bataille lui avait offert un répit, une échappatoire temporaire, un adversaire tangible contre qui se battre. Mais maintenant, enveloppé dans la brume apaisante et protectrice, son stress revenait en force, comme une vague sombre qui remonte le rivage.
Il lui fallait agir. Faire quelque chose, n’importe quoi, mais agir.- Équipage du Marcheur Ailé ! Comptez‑vous !Une voix perça la brume : « un ». Puis une autre : « deux ». Et ainsi de suite, chaque chiffre tombant comme une goutte d’eau dans un silence tendu. Jlann regretta aussitôt son initiative. Faire le point sur les pertes était indispensable, mais l’attente du chiffre treize lui parut interminable, presque insupportable, et n’arrangea en rien son état nerveux.
Sous le plancher du pont, Aël’Telàwërith ignorait ce qui se passait au‑dessus. Il pouvait traverser la matière, mais non voir à travers. L’Éthéré ne lui offrait pas la vision du monde matériel : seulement ses silhouettes fantomatiques, ses contours flous, ses masses indistinctes. Il revint donc sur ses pas, réapparut à l’intérieur du cercle, retrouvant la protection sacrée de la paladine.
La brume commençait à sérieusement s’étioler. Elle se déchirait lentement, comme une étoffe trop fine que le vent emporte. L’avantage était que le Seigneur de Mythdaë pouvait constater la fin de cette bataille. La mauvaise nouvelle était que leur bouclier s’évaporait, et que les hostilités risquaient de reprendre dès que l’ennemi recouvrerait la vue.
L’équipage s’était rassemblé et achevait son décompte. Il fallait profiter de ce répit inespéré.
Aël’Telàwërith réapparut au beau milieu de la troupe. Son regard se tourna vers la lune, suspendue au‑dessus des palétuviers géants, comme un œil pâle observant la scène. Sa longue chevelure blonde cascadant sur ses épaules, il leva les bras et les ouvrit en grand. Alors il adressa sa prière à Corellon Larethian, Père des elfes, protecteur, dieu de la guerre et de la magie. La Couronne d’Arvandor ne les laisserait pas tomber.
Lorsqu’il abaissa les bras, son office terminé, il savait qu’il venait de remettre une grande partie de l’équipage en état d’affronter un second round.- Capitaine Siläth, on fait mouvement. Appareillez dès que possible, déployez les Voiles Toujours Pleine.
- Le Bout, organisez une défense. Armez la baliste.Il se tourna vers le barde. Son regard mêlait détermination et espoir.- Merci à toi, l’Oiseau Bleu. Pouvez‑vous le refaire ? Nous offrir votre protection, au moins le temps de reprendre la navigation ? Je ne veux pas que l’on reste immobile. Le théurge mystique en déduisait que le psion avait besoin d’une certaine proximité. Son esprit était puissant, indéniablement redoutable, mais il devait avoir ses limites. Il avait besoin de voir pour attaquer. Il choisissait ses cibles avec une précision chirurgicale : d’abord lui, pièce maîtresse du jeu ; puis Seledra, dont la traversée du pont avait révélé des talents rares ; enfin Eryndor, seule défense qui semblait réellement efficace.
Il fallait sortir de sa vue. Se cacher pour envisager une riposte. Rester sur le pont, c’était s’offrir comme cible. Une inquiétude le traversa : en se retirant, il exposait la Capitaine. Mais il n’y avait pas d’autre choix.- Il a besoin de nous voir pour nous atteindre. Tout le monde descend à fond de cale. - Kerynsuoress Vëla, aidez Seledra à mettre Siliriel en lieu sûr. Je suis navré, mais il faut lui cacher les yeux et lui boucher les oreilles. Il voit — et probablement entend — à travers elle. - Pour tous, profitez des dernières bribes de brume. Allez, exécution. On bouge. Il joignit le geste à la parole, se dirigeant vers l’échelle menant à la cale. Chemin faisant, il ajouta :- Capitaine, venez me retrouver à l’échelle. Il demanderait à Siläth de commander depuis cet endroit : à l’abri, mais capable de voir partiellement et de se faire entendre sans trop s’exposer.
Le reste du temps devait être consacré à rassembler les idées, à monter une stratégie de défense offensive et agressive. Si Eryndor leur offrait encore un peu de répit et qu’ils parvenaient à reprendre la navigation, l’ennemi lâcherait peut‑être prise. Aël’Telàwërith n’avait que faire de gagner cette bataille. Il ne l'avait pas cherché, la victoire à tout prix ne l'intéressait guère. En fait, il ne gagnerait rien par rapport à la quête qu'ils s'étaient tous fixés. Il voulait seulement poursuivre sa route et mettre ses sujets à l’abri.
Toutefois, il doutait que l’assaillant renonce. Certes il y avait un espoir : en mouvement, ils obligeraient le psion à les suivre, le sortant du terrain qu’il avait choisi. Peut‑être que cet être, si étroitement lié à cet endroit, ne chercherait‑il pas à les poursuivre. Et s’il le faisait, ils gagneraient du temps : pour reconstituer leurs forces, élaborer une stratégie, et — si Corellon le permettait — soigner Siliriel, la libérer du parasite qui la consumait. Cliquez ici pour dérouler le parchemin... Aël Telàwërith lance soins modérés de groupe (7m + 10,5 m : 2d8 + 14)

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