Quel est votre nom, voyageur ?
Eléasis (VIII) 1373, 2ᵉ chevauchée
   

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> Chapitre 1 - La Confluence des Chants
écrit le : Mercredi 24 Décembre 2025 à 00h13 par Azur'ael
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La lanterne suspendue vacilla légèrement, comme sensible à ce qui venait d’être dit. Un souffle imperceptible parcourut la cale — ni courant d’air, ni mouvement du navire — plutôt une respiration étrangère, lente et profonde.

Seledra Shaelara était restée silencieuse tout au long du récit de Vëla et des explications d’Aël’Telàwërith. Silencieuse, mais pas immobile. Ses yeux clairs s’étaient peu à peu chargés d’une lueur intérieure, celle des prêtresses qui n’écoutent plus seulement avec l’ouïe, mais avec la Trame elle-même. À mesure que les noms étaient prononcés — Kazgoroth, Tharthël, Thalan Erymë, le Vigile, la Rose — sa main s’était posée sur la garde de son épée longue elfique, comme si le métal ancien reconnaissait ces syllabes oubliées.

Lorsque le théurge acheva et que le silence retomba, ce fut elle qui parla. Sa voix n’était ni douce, ni sévère. Elle était ancienne.


- Vous n’avez pas “réveillé” quelque chose, Vëla de Torm… Vous avez répondu.

Seledra se leva lentement. Le léger crissement de la lame glissant hors de son fourreau rompit le silence, pas une menace, mais un rite. L’épée demeura basse, pointe vers le sol, tenue à deux mains, comme on le fait lorsqu’on parle devant un seuil.

- Tharthël n’est pas un lieu. Pas exactement. C’est un état de passage. Un point où le monde devient perméable à la mémoire, à la veille, à l’intention.

Elle se tourna vers Aël’Telàwërith.

- Le temple de Thalanthir n’était pas seulement un sanctuaire. C’était un nœud ancien. Un ancrage entre les voies que les Marcheurs de la Lumière Silencieuse maintenaient ouvertes. Trois flammes. Trois fonctions.
Les Veilleurs tenaient le seuil.
Les Gardiens conservaient la mémoire.
Les Porteurs du Feu… ouvraient.

Elle inspira lentement.

- Lorsque l’Ordre est tombé, les seuils n’ont pas disparu. Ils ont été laissés sans chant. Sans regard. Sans choix.

Ses yeux se posèrent sur la broche de Vëla, puis sur le cristal d’Aël’Telàwërith.

- La brèche dans le fleuve n’était pas une invitation. C’était une résonance. Le monde a reconnu deux Voix capables de l’entendre.

Siliriel, adossée à une poutre, redressa légèrement la tête. Elle fit un signe bref et tendu : la forêt prêtait attention. Pas une présence immédiate mais une vigilance ancienne.

Seledra reprit, plus grave :


- Ce qui s’est éveillé dans le Cormanthor n’est pas un prédateur errant. C’est un ancien gardien privé de son chant, ou quelque chose qui s’est nourri de son abandon. Et désormais… il sait que le Chant a repris.

Elle planta alors doucement la pointe de son épée contre le plancher du navire. Le bois résonna une fois.

- Forcer la brèche maintenant est possible. Mais ce serait entrer sans cadre, sans préparation, sans rite de reconnaissance. Ce que vous avez touché, Vëla, vous a reconnue… mais il ne vous appartient pas encore. En revanche, nous savons où aller. Thalanthir est la clef suivante. Mon frère y est passé. Le Vigile l’a nommé. Le Chant y converge. Et si nous tardons trop, d’autres répondront à cet appel. Des entités qui n’ouvrent pas pour comprendre… mais pour consumer.

Un silence lourd s’installa. Enfin, Seledra conclut :

- Voici le choix qui s’offre à nous. Préparer l’ouverture en gagnant Thalanthir et en comprenant ce qui doit être chanté. Ou forcer la brèche maintenant, au risque de nous perdre… ou de libérer ce qui ne doit pas l’être. Le Chant est entier. La décision, elle, nous appartient encore.

Au-dessus d’eux, le Timaeron poursuivait sa course silencieuse. Et loin derrière, dans les profondeurs du Cormanthor, quelque chose écoutait.



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Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel
MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
 
 
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écrit le : Vendredi 26 Décembre 2025 à 16h57 par Vëla
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Vëla restait immobile, elle posait sa main gauche sur la broche du corbeau, comme on apaise une bête nerveuse puis posait sa main droite sur son cœur, là où sa rose brillait. Son souffle lent, profond la reposait. Quand elle parlait enfin, sa voix était calme, posée et réfléchie… - J’ai forcé des portes toute ma vie…- Dit-elle doucement. - Des portes de chair, de peur, de corruption, de mensonges. J’ai appris à frapper avant que l’ombre ne grandisse. C’était juste. C’était nécessaire. - Elle leva les yeux vers Seledra, puis vers Aël’Telàwërith, sans défi, sans hésitation.

- Cependant, ceci n’est pas une forteresse ennemie. Ce n’est pas une brèche à sceller à la hâte. C’est un seuil. Et un seuil ne se conquiert pas… - Elle cherchait à ce que ses paroles puissent avoir la vérité que les elfes possédaient… - Il se reconnaît. -

Sa main quitta la broche. Un infime frisson parcourut l’air, comme si quelque chose, quelque part, acceptait d’attendre. Torm veillait, elle l’entendait respirer dans ce frisson. - Si je force la brèche maintenant, ce ne sera pas par courage. Ce sera par peur de ne pas être à la hauteur de ce qui m’appelle. Et cela… je ne peux pas me le permettre. Ni pour vous. Ni pour ce qui veille encore. - La paladin prit une profonde inspiration…

- Thalanthir est la prochaine note du chant. Mon pas y est attendu, intérieurement l’harmonie me semble en accord, tout comme le vôtre. Si le monde doit s’ouvrir, il le fera avec sens, pas dans la panique, pas dans l’empressement. –

Puis, plus fermement, la guerrière divine réapparaissait, droite dans la foi, son aura de lumière éclairait légèrement plus, elle fermait les yeux et prit une grande inspiration se délectant de chaque parcelle de vie dans son souffle, et… -Je choisis de préparer l’ouverture, de marcher vers Thalanthir, d’apprendre ce qui doit être chanté avant d’oser ouvrir ce qui dort. -Elle posa le poing sur sa poitrine, sans fracas, un geste solennel, pieux, empreint d’honneur. - Par Torm, je ne jure pas de réussir, néanmoins, je jure de ne pas trahir le seuil en y entrant aveugle. -

Son regard se tourna vers la lanterne à son côté, de la lumière qu’elle dégageait, vers l’ombre mouvante des parois qu’elle réalisait, puis vers l’avenir invisible. Tout lui paraissait simple et lourd, mais elle savait maintenant, et ce, grâce à celui qui l’avait avalé… que l’Ombre existe grâce à la lumière, que le mal est au cœur de l’Amour.
Un sourire apparut sur son visage mélancolique, elle, une simple humaine devant une élite du beau peuple, c’était risible, cependant véridique. Elle sentit en son for intérieur qu’elle passait d’humain à Être humain. Se laissant glisser du hamac pour mettre un genou au sol, sa main sur le cœur tandis que l’autre sorti Ô Sainte de son fourreau, déposait la pointe sur les planches du pont puis se redressait sur ses deux jambes en joignant les deux mains sur la poigne, elle dit…
- Que ceux qui écoutent sachent ceci… je ne fuis pas. Je viens. J’ouvre. –

Maintenant, sa détermination ne pouvait pas faillir, car en porteuse du feu, elle connaissait sa fonction. Elle n’était pas un elfe ni une dirigeante, elle n’était pas reine, ni princesse, elle était ce que sa foi avait créé, une femme à l’écoute, une servante désintéressée qui œuvrait pour la gloire de tous, pour que le Chant puisse être entendu et que tous puissent être en harmonie.



Je suis la chevalière Solitaire, non pas par peur des humains mais par respect des humains, par respect du silence des humains, par respect de l'intégrité des humains. Je m'achemine jour après jour vers le temple de mon coeur et le soleil s'y trouve, s'y féconde la Rose qui se déploie Chevalier d'O. Je regarde la Source, je devient Source, je coule Source... Telle est ta répétition mantrique, chevalière Solitaire.
Faire quelque chose à contre-coeur c'est faire quelque chose à contre courant; alors que être au coeur des Choses, c'est toujours être au courant.

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Fiche Vëla


1-Bénédiction*, Sacrifice divin, protection contre le mal*.
2-Éveil du péché*, Précision bénie*, Force du taureau*.
3-Soins modéré.
 
 
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écrit le : Samedi 03 Janvier 2026 à 16h52 par Adlareth
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La pénombre de la cale enveloppait les silhouettes comme un linceul, et le visage fermé du théurge mystique suffisait à lui seul à mesurer la gravité de l’instant. Les révélations tombaient les unes après les autres, rapides, lourdes, presque aussi tranchantes que les serments prononcés avec une sincérité farouche.
Assis dans son hamac suspendu aux poutres du navire, le mage‑prêtre demeurait immobile. Il inspira profondément, glissant ses doigts longs et parfaitement entretenus dans sa chevelure couleur de blé mûr. Un soupir silencieux s’échappa de ses lèvres.

L’esprit du noble elfe tournait à plein régime, cherchant à démêler les ramifications de ce qui les attendait, pesant la portée de chaque choix, de chaque conséquence possible.

Aël’Telàwërith n’envisagea même pas l’idée de forcer la brèche. Pour lui — et pour tous ceux présents — cela relevait de la folie pure. Une telle violence ne pouvait engendrer que ruine et désastre. Il en était convaincu.
Et, au fond de lui, il doutait même d’être capable d’affronter ce qui pourrait se déchaîner si la brèche était contrainte. Les forces en présence étaient anciennes, puissantes, d’une antiquité que seuls les elfes pouvaient mesurer en ères plutôt qu’en siècles.

Pourtant, quelque chose dans les paroles de la paladine de Torm le troublait. Un réflexe, sans doute, hérité d’une vie entière passée dans la solitude. Il devait y mettre fin.

Le Seigneur de Mythdaë se leva enfin. Lentement, avec la grâce innée de son peuple, il posa son regard sur Vëla, l’arme dégainée, la pointe reposant contre le sol.

Il cherchait ses mots, conscient qu’il ne pouvait se permettre de faillir. La diplomatie n’avait jamais été son domaine, mais les mois passés à voir sa cité se remplir l’avaient forcé à en maîtriser rapidement les subtilités.

Il fit quelques pas, ses yeux lavande capturant la lueur vacillante de la lanterne. Le silence, presque assourdissant, n’était troublé que par les craquements du bois et le roulis du navire.


— Nous!!!

Il s’était retourné vers la jeune femme en armure. Son port altier, hérité de la noblesse Ar’Tel’Quess, se manifesta malgré lui. On n’effaçait pas un siècle d’éducation stricte d’un simple revers de manche.

Unique descendant du clan Aëryndra de Cormanthyr, né à Evereska, béni par Corellon, il avait grandi dans la certitude de sa supériorité. Les Tel’Quessir non solaires, et plus encore les autres races, lui avaient longtemps semblé inférieurs.
Mais la confrérie avait changé cela. Et les récents événements d’Evereska avaient prouvé que l’isolationnisme menait à la ruine. Sans l’aide des « races inférieures », la Maison Fortifiée serait tombée.

Il avait dépassé ces préjugés… ou presque. Son rang, son statut de Porteur du Croissant de Lune, tout cela lui imposait un devoir d’exemplarité.
Et voilà que Corellon Larethian lui imposait une nouvelle épreuve : renoncer à tout cela.

Il ne pouvait plus être le Seigneur de Mythdaë. Pas ici. Pas maintenant.
Pour que leur quête ait une chance d’aboutir, il devait n’être qu’une Voix du Cœur du Chant.


— Nous…

Ce mot était la clef.
Séparées, leurs Voix dissonaient. Ensemble, elles formaient le Chœur. Et c’était ce Chœur qui composait le Chant.

Pour retrouver le frère de Seledra, pour comprendre la nature de l’Ombre qui menaçait sa cité, ils devraient avancer unis. La perte de l’un d’eux condamnerait toute issue favorable.

Aël’Telàwërith avait promis sa protection à la paladine — en fait - il l'a lui devait. Tout comme elle lui devait la sienne. Leur destinée ne leur appartenait plus entièrement. Cette idée le poussait dans ses retranchements, réveillant de vieux réflexes aristocratiques.




Les forces à l’œuvre nous lient. Vous sans moi, moi sans vous… nous ne pourrions rien accomplir. Nos voix, isolées, résonnent de manière dissonante. Mais lorsqu’elles se rapprochent, elles s’harmonisent pour former le Chœur. Et c’est ce Chœur qui donne naissance au Chant.

Je le crains, Vëla : nos destinées sont désormais liées, jusqu’à ce que le Chant obtienne ce qu’il désire. Jusqu’à ce que nous retrouvions le frère de Seledra et que nous percions le mystère de l’Ombre qui nous menace.

Sa voix était calme, claire, bienveillante. Il ne s’agissait ni d’un reproche ni d’un recadrage, mais d’une vérité qu’il fallait accepter.

— N’y voyez aucune offense. Votre cœur est noble, vos intentions justes. Mais vous devez abandonner le « je ». Si nous voulons protéger ce qui nous est cher, nous devons renoncer au « je » au profit du « nous ».

- Aucune brèche ne s’ouvrira si le Chœur n’est pas complet. Les serments, aussi sincères soient-ils, ne sont que des mots emportés par le vent. Seuls comptent les engagements que nous prenons… ensemble.

Il laissa le temps à sa « moitié » d’assimiler la portée de ses paroles. Penser à deux serait un exercice difficile, peut-être même dangereux pour leurs esprits.

Puis, joignant le geste à la parole, Aël’Telàwërith Eowëlathaèldir — dernier de la lignée Aëryndra, Seigneur de Mythdaë, prêtre de Corellon, Porteur du Croissant de Lune, Amathor de Thüldae — posa sa main gauche sur l’épaulière de la paladine.

Il plongea son regard dans le sien et lui offrit un sourire complice.
Un geste simple, presque dérisoire… mais lourd de sens.

On ne regardait pas un noble Ar’Tel’Quess dans les yeux. On ne lui parlait pas sans y être invité. On ne le touchait jamais sans autorisation.

En posant sa main sur l’épaule de Vëla, il venait de lui accorder tout cela.

Il n’avait pas vraiment le choix. Et ce n’était qu’un début.

Il tenait la destinée de Vëla entre ses mains, et elle tenait la sienne. Plus aucune barrière ne devait subsister entre eux.

Les avis de Vëla compteraient autant que les siens — ce qui n’avait jamais été le cas à la Cité Blanche. Là-bas, il écoutait, mais décidait seul. Ici, avec elle, cela n’avait plus cours.


— Nous sommes donc d’accord. Forcer la brèche n’a aucun sens. Nous devons obtenir ses faveurs, la convaincre de nous laisser passer.
Nous avons toutes les pièces nécessaires. À nous de comprendre comment les utiliser.
Votre étoile, Seledra… Nous avions supposé qu’elle était une clé. Peut-être nous ouvrira‑t‑elle le passage vers Talanthyr.



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« Tourmenteurs d'esprits Tel’Quessir, craignez la colère de Corellon Larethian.

Réputation 1

PNJs : Aalric, Adlareth, Alyndra, Wefnesh
PJs : Dinenda, Elion d’Alusaire
 
 
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écrit le : Dimanche 04 Janvier 2026 à 14h43 par Azur'ael
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Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel
MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
 
 
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