| |
|
Chapitre 2 - Là où le Chant devient trace
|
|
Soeur-Ours
Chambre 36
Aucune gemme
|
| |
| |

Vëla s’était arrêtée à mi-descente lorsqu’elle entendit les mots faibles de Siliriel remonter jusqu’à elle. * …pas… seule…*
La paladine leva la tête. Juste assez pour voir la rôdeuse entre les racines et la silhouette de Seledra penchée sur elle. Le sens des mots ne lui échappa pas, mais suffisamment pour que son regard change.
Elle observa Aël’Telàwërith quelques instants. Les yeux du théurge étaient encore baignés de cette lueur subtile propre à ceux qui voient la magie. Cela lui suffisait, il avait trouvé quelque chose dans la forêt, maintenant…
- Seigneur Aël’Telàwërith, Dame Siliriel dit ne pas être seul, alors ce qui est en elle, vous pouvez le voir avec votre vision magique? –
Demandait-elle directement. Elle posa enfin sa main sur l’épaule de Siliriel. La chaleur discrète de l’imposition des mains passa, juste assez pour renforcer la vie, soutenir le moral de celle qui c’était pris la flèche puis elle observait avec attention la réaction de Siliriel lorsqu’elle lui passait la guérison divine et elle demandait…
- Elle dit qu’elle n’est pas seule, c’est alors soit magique ou une maladie. J’ai voulu lui enlever la maladie, sur le pont, mais vous m’y avez empêché, je comprends votre réaction, mais sachant qu’elle n’est pas seule, me laissez-vous tenter de lui expulser la possible maladie ou vous êtes certaine que cela ne sera pas utile? –
Vëla savait que les elfes étaient des êtres qui ne faisaient confiance qu’en très peu d’autre race et elle avait compris l’empressement de Seledra de s’occuper de Siliriel elle-même, mais le seigneur avait bien dit « Nous » dans le navire, alors elle qui n’avait pas les compétences magiques ni la connaissance de toute l’histoire elfique, prenait sa place parmi eux et avait osé demander.
La jeune femme attendait d’en appeler à Torm.
Imposition des mains. Délivre des soins. Premier secours. Étudie la réaction de Siliriel lors de l'imposition des mains pour y comprendre si c'est une maladie ou pas. Si Vëla à l'accord, elle fait Guérison des maladies.

Je suis la chevalière Solitaire, non pas par peur des humains mais par respect des humains, par respect du silence des humains, par respect de l'intégrité des humains. Je m'achemine jour après jour vers le temple de mon coeur et le soleil s'y trouve, s'y féconde la Rose qui se déploie Chevalier d'O. Je regarde la Source, je devient Source, je coule Source... Telle est ta répétition mantrique, chevalière Solitaire. Faire quelque chose à contre-coeur c'est faire quelque chose à contre courant; alors que être au coeur des Choses, c'est toujours être au courant. Fiche Vëla 1-Bénédiction*, Sacrifice divin, protection contre le mal*. 2-Éveil du péché*, Précision bénie*, Force du taureau*. 3-Soins modéré.
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Seigneur de Mythdaë
Chambre 7
2 gemmes
|
| |
| |

La vision qui s’offrit à lui était d’une beauté presque irréelle.
La nature, ici, semblait respirer la magie — ou peut-être était-ce la magie elle-même qui se nourrissait de la nature. Difficile de dire où commençait l’une et où s’achevait l’autre.
Dans les yeux du théurge mystique, le monde changea.
Les lignes de force affleuraient désormais à la surface du réel comme des rivières de lumière. Elles serpentaient entre les racines colossales, grimpaient le long de l’écorce millénaire des arbres, puis s’élevaient dans l’air nocturne avant de se mêler aux étoiles. Des filaments d’énergie aux teintes changeantes — azur profond, vert émeraude, violet incandescent — s’entrecroisaient, se nouaient, se séparaient, parfois fusionnaient en pulsations plus intenses.
C’était comme si l’univers entier était devenu un gigantesque métier à tisser.
Chaque filament vibrait d’une note invisible, chaque croisement produisait une harmonie silencieuse. La trame magique du monde se révélait dans toute sa splendeur, brillante comme un vitrail vivant dans l’obscurité de la nuit.
Et au cœur de cette tapisserie lumineuse, certaines présences brillaient davantage.
Seledra, penchée sur Siliriel, irradiait une lumière douce et dorée. Les pouvoirs de la Couronne d’Arvandor pulsaient autour d’elle comme un halo protecteur, tentant de maintenir la vie accrochée au corps de la rôdeuse.
Les enchantements portés par chacun de leurs compagnons se dévoilaient eux aussi.
Vëla, en particulier, apparaissait comme une véritable constellation vivante. Sa chemise de mailles, ses gants, sa cape, jusqu’à ses armes, tout autour d’elle flamboyait de puissants enchantements. Les auras se superposaient, se renforçaient, dessinant autour de la paladine une silhouette presque solaire.
Seledra n’était pas en reste.
Et Siliriel… même dans cet état, la ranger portait elle aussi l’empreinte de nombreuses magies anciennes.
Mais Aël’Telàwërith ne se laissa pas distraire par la splendeur du spectacle.
Toute son attention se concentra sur celle qui reposait à ses pieds.
Et ce qu’il vit confirma ses craintes.
Les pouvoirs divins de la prêtresse s’épuisaient contre un mur invisible. Ils se heurtaient à quelque chose de différent, de fondamentalement étranger à leur nature.
La magie à l’œuvre était profane.
Et pire encore.
Elle était sournoise.
Un voile sombre, presque imperceptible, serpentait à travers les flux lumineux entourant Siliriel. Il ne s’agissait pas d’une force brute, mais d’une présence insidieuse, une énergie pernicieuse qui s’accrochait aux fibres vitales de la ranger comme une racine parasite.
Le doute s’insinua dans l’esprit de l’Ar’Tel’Quessir.¤ Si tout cela n’était qu’un test… il était d’une cruauté inouïe.¤ Siliriel n’avait survécu que grâce à sa constitution exceptionnelle. Beaucoup d’autres auraient déjà succombé.
Et lui… Lui qui était probablement la cible première…
Il aurait peut-être été tué sur le coup.
Un test ?
Ou une tentative d’assassinat ?
Ils étaient observés depuis des jours. De cela, il en était désormais convaincu. Mais cette attaque brutale changeait tout.
Quelqu’un s’opposait-il déjà à leur quête ?
Et si tel était le cas… qui ?
Les questions se pressaient dans son esprit comme une tempête.
Heureusement, le Faern-Suoress n’avait nul besoin de concentration pour maintenir sa vision. Elle était devenue aussi naturelle que la respiration.
La voix de Seledra rompit le silence, trahissant l’inquiétude de ceux qui se heurtent à une impuissance insupportable.
Aël’Telàwërith ne répondit pas immédiatement.
Il continuait d’observer.
Car il y avait autre chose.
Quelque chose de bien plus subtil.
Là, dans l’ombre des flux lumineux… un second phénomène se révélait peu à peu. Une magie différente. Presque invisible tant elle était fine.
Une magie parasite.
Elle ne détruisait pas Siliriel.
Elle l’habitait.
Comme une graine noire qui aurait trouvé refuge dans un corps vivant pour s’y développer lentement.
L’elfe doré fronça imperceptiblement les sourcils.
Pourquoi ?
Pourquoi déployer une magie aussi délicate… si la première attaque était censée tuer la cible ?
La question restait suspendue.
Mais l’urgence était ailleurs.— Oui, Seledra. Je vois. Sa voix demeurait calme.— Si vous n’y parvenez pas, c’est parce que vous n'avez pas cherché au bon endroit. Il s’agit de magie profane. Et… elle soulève beaucoup de questions. Nous y reviendrons à bord. À cet instant précis, Siliriel bougea.
Ses lèvres tremblèrent.
Deux mots s’en échappèrent dans un souffle fragile.
"Pas… seule…"
Aël’Telàwërith inclina légèrement la tête.— Non, en effet. La paladine de Torm intervint à son tour, proposant son aide.
Une aide noble… mais vaine.— Avez-vous compris qu’elle n’était pas seule… ou que nous ne l’étions pas ? Son regard bleuté se leva vers elle.— Votre analyse est juste, servante de la Furie Loyale. Deux magies profanes sont à l’œuvre. La première aurait pu la tuer. Ou moi. La seconde est plus insidieuse. Il posa doucement sa main près du visage de la ranger.— Siliriel n’est pas seule, parce que cette magie s’installe en elle. Elle s’y développe. Et elle n’a pas les mêmes besoins que son hôte. Il marqua une pause.— Elle a seulement besoin qu’elle reste en vie. Les yeux auréolés de lumière du prêtre-mage se posèrent sur Vëla, et il lui offrit un sourire empreint de gratitude.— Ce n’est pas une maladie. Vos dons de guérison ne pourront rien contre cela. Seule la magie peut espérer contrer la magie. Restait à savoir s’il en aurait la puissance.
Il possédait les connaissances nécessaires. Mais face à un sort d’un tel raffinement…
La réussite n’était pas garantie.
Devait-il attendre ? Observer encore ? Apprendre davantage sur l’auteur de cette œuvre perverse ?
La curiosité d’un mage aurait pu l’y pousser.
Mais la vie d’un enfant de Corellon Larethian n’était pas un terrain d’expérimentation.
Il n’hésita plus.— Bien… je vais tenter quelque chose. Si cela fonctionne, nous devrions retrouver notre Siliriel… en pleine possession de ses moyens. Son regard s’assombrit légèrement.— Et quelque chose me dit que nous allons en avoir besoin… très bientôt. Le théurge mystique commença son incantation.
Ses doigts fins se mirent à tracer dans l’air des figures anciennes, gestes précis hérités d’antiques traditions arcanes. Dans la trame lumineuse qu’il percevait, ses mouvements prenaient une dimension nouvelle : il semblait réellement saisir les fils du monde pour les déplacer, les croiser, les délier.
Il tissait sa propre magie dans la tapisserie universelle.
Un sort de dissipation suprême.
Une lame invisible destinée à trancher les liens occultes qui enserraient la ranger.
Les dernières syllabes s’échappèrent de ses lèvres.
Puis le silence retomba.
Aël’Telàwërith demeura immobile.
Son regard fixé sur Siliriel.
Dans la vision magique, les flux d’énergie ondulaient encore autour d’elle. Les filaments parasites frémissaient… hésitaient… résistaient peut-être.
Ou cédaient.
Impossible de le dire encore.
Dans le silence suspendu de la nuit, le prêtre-mage murmura une courte prière à Corellon Larethian.
Si le Père des Elfes pouvait influer sur le cours des choses… c’était l’instant.
Derrière lui, la voix de la capitaine Sîlath parvint jusqu’à eux, apportant des nouvelles rassurantes sur l’équipage.
Aël’Telàwërith les entendit à peine.
Tout son univers tenait désormais dans un seul souffle.
Dans ce corps étendu à ses pieds.
Dans l’espoir fragile que la magie cède.
Que la ranger ouvre les yeux.
Et que la guerre qui venait de commencer ne lui ait pas déjà coûté l’une des siens. Cliquez ici pour dérouler le parchemin... Aël’Telàwërith lance dissipation suprême sur Siliriel

|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Conteur des étoiles
Chambre 3
Aucune gemme
|
| |
| |

Le sort fut lancé avec une précision parfaite. Dans la trame du monde, Aël’Telàwërith ne se contenta pas de dissiper. Il cibla. Il isola. Il frappa exactement là où la magie étrangère s’était ancrée. Pendant un instant tout sembla céder. Dans sa vision, le filament sombre vibra violemment, prêt à rompre. Les flux environnants se déformèrent sous l’impact, aspirés, distordus, tendus à l’extrême. Puis quelque chose répondit. Pas une défense brutale. Une réaction. Le filament se rétracta. Comme une chose vivante fuyant la lame. Puis il s’enfonça plus profondément encore dans les flux vitaux de Siliriel. Le sort glissa. L’échec fut net.
Et Vëla le sentit. Sous sa main, alors que l’énergie de Torm soutenait encore la vie de la rôdeuse, quelque chose opposa une résistance claire. Pas une maladie. Pas une blessure. Une volonté d’accroche. Quelque chose refusait d’être arraché. Siliriel se cambra soudain dans un spasme violent. Ses yeux s’ouvrirent brusquement. Et cette fois Vëla le perçut aussi. Pas comme un sort. Pas comme une illusion. Mais comme une présence. Quelque chose regardait à travers elle.
Froid. Lointain. Lucide. Puis tout disparut. Siliriel retomba, haletante. Mais différente. Sa respiration n’était plus seulement soutenue. Elle était… maintenue.
Seledra, elle, ne recula pas cette fois. Au contraire. Elle se pencha immédiatement sur la blessure, ses doigts effleurant à peine la peau, mais sa magie plus contenue, plus précise cherchant autre chose qu’une guérison brute. Son regard changea. Plus analytique. Plus ancien.- Ce n’est pas une simple intrusion. C’est une structure. Elle leva les yeux vers Aël’Telàwërith.- Vous avez raison. Ce n’est pas seulement une magie offensive. C’est… incomplet. Cette chose ne devait pas rester. Elle s’est adaptée. Puis, après un court silence :- Si vous tentez de l’arracher de force, vous risquez de déchirer ce à quoi elle s’est liée. Et ce à quoi elle s’est liée… c’est elle. Ses yeux glissèrent brièvement vers Vëla.- Vos pouvoirs ne sont pas inutiles, Dame. Ils la maintiennent en vie… et ils ralentissent ce que cette magie tente de faire. Continuez. En contrebas, le signal du Tymaeron réapparut. Mais cette fois, il fut suivi d’un mouvement. Une silhouette se détacha sur le pont. Puis une autre. Un marin leva le bras, pointant vers la berge. Vers eux. Non. Au-dessus d’eux. Un troisième signal. Différent. Plus nerveux. Puis enfin, une voix — basse, portée par l’écho du fleuve :- Capitaine ! Mouvement dans les hauteurs ! Un second marin enchaîna, plus tendu :- Pas un animal ! Ça… ça se déplace entre les branches ! À cet instant précis, Aël’Telàwërith perçut de nouveau un frémissement dans la trame magique. Plus net cette fois. Plus proche. Pas une attaque. Pas encore. Mais quelque chose venait de se repositionner. Près de lui, Siliriel murmura à nouveau. Un souffle à peine audible.- …il… voit… Puis, plus faible encore :- …pas… fini… La forêt restait figée.
Mais ce n’était plus du silence. C’était une attente. La voie de descente était toujours là. Le Tymaeron était accessible. Mais désormais quelque chose évoluait dans les hauteurs du Cormanthor. Quelque chose qui observait, s’adaptait et venait peut-être de comprendre que sa proie… résistait
Seledra releva lentement la tête.- Nous devons choisir, Rester ici… et tenter de comprendre. Ou redescendre… avant que ce qui nous observe ne décide d’agir. Lancers... Aël’Telàwërith - Jet de niveau : 1(d20) +14(niveau) = 15

Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Soeur-Ours
Chambre 36
Aucune gemme
|
| |
| |

Oui, quelque chose en Siliriel demeurait, ce qui aurait dû la tuer pour ensuite possiblement se transformer, avait échoué et cela résistait, car à tout moment Siliriel pouvait mourir et cette chose en elle prendrait forme pour exécuter ses sombres desseins. Sans en être certains, Vëla ressentait cette avidité de vouloir percer l’enveloppe pour vivre autrement. Le spasme survint et Vëla n’enlevait pas sa main de l’épaule de l’elfe, son instinct lui dictait de continuer de lui transmettre de la force vitale curative et les paroles de Seledra vinrent lui confirmer.
L’avertissement qu’elle redoutait survint. Les paroles de Siliriel furent lourdes pour la jeune femme humaine et cela déclenchait quelque chose de profondément ancré en elle. La Rashéménienne en elle, celle qui se relevait toujours, répondit simplement. -Oui, il voit, alors qu’il regarde bien. -
Joignant l’acte à la parole, Vëla de Torm prit sur ses épaules Siliriel en position ventre contre ses épaules lui tenant un bras et une jambe tout en continuant de lui imposer l’aide curative au compte-goutte puis répondit de façon fortement déterminée à Seledra. - On ne reste pas ici, ce terrain est à lui. Il nous voit mieux ici que nous ne le verrons jamais. Nous descendons. –
Elle se relevait d’un mouvement fluide, démontrant que ce n’était pas la première fois qu’elle se déplaçait avec un poids sur les épaules puis s’avançait vers la pente qu’elle avait repérée auparavant et s'armait de la vision du juste. Ils avaient déjà que trop attendu. Contrairement aux elfes, le temps lui manquait.
Au passage, la paladine regardait le seigneur de Mythdaë et dit dans un presque silence… - On ne dévoile pas nos forces, on ne lui offre pas le temps de comprendre…et s’il veut voir à travers elle, alors il verra ce que je décide de lui montrer. Siliriel est la cible et entre elle et lui, il me trouvera. –
La chevalière divine se déplaçait tel un soldat expérimenté et rien ne viendrait s’interposer entre elle et sa charge, ses mouvements étaient précis, maitrisés, chaque appui était testé avant de continuer, car elle emportait avec elle, non seulement une vie fragile… mais aussi le regard de ce qui les observait. Si ce qui avait frappé Siliriel avait de la volonté, elle aussi en avait, doublé de sa vigueur et de son entêtement purement Rashéménienne. Son mantra ne cessait et elle le susurrait à qui voulait l'entendre...
-Je m'achemine jour après jour vers le temple de mon coeur et le soleil s'y trouve, s'y féconde la Rose qui se déploie Chevalier d'O. Je regarde la Source, je devient Source, je coule Source...-
Vëla de Torm se fortifiait, elle devenait rempart, armure et bras armé du juste.
Présentement pour la preux chevalière, Siliriel devenait sacré, ensemble ils devenaient une ancre vivante, obligeant la chose en elle à coexister avec une volonté plus pure et plus stable, car peu de personnes avaient réellement connu la discipline de la paladine, mis à part Elion d’Alusaire qui ne l'avait jamais quitté. Elle savait garder ses réactions mesurées, jamais de panique et évitait d’utiliser ses capacités les plus spectaculaires. Ce qui les observait était asymétrique, il observait sans être vu, ayant l’avantage informationnel et c’était justement sur cela que Vëla le forçait à changer de posture et elle resterait constante, présente et refuserait de céder Siliriel. S’il la voulait, il devrait venir lui prendre dans les mains, Vëla resterait droite dans ce monde tordu et c’était elle qui lui donnait un choix… cette chose fermerait sa lumière, mais jamais, au grand jamais que la Rashéménienne l’autoriserait à la tamiser, puis elle s’adressait à ce qui se trouvait en Siliriel avec seulement sa compétence social du verbe…
-Regarde, elle vit…et tu n’y es pour rien…tu t’accroches, mais tu n’as pas de prise sur elle…tu observes, tu mesures, tu attends…moi aussi…si tu la veux…ose venir la chercher. -
Ce qui observait, était maintenant invité.
Imposition des mains de façon constante à 1pv du coup. Don:Grâce divine de façon constante. Détection du mal. Compétence: Social pour la dernière phrase à la Chose qui observe.

Je suis la chevalière Solitaire, non pas par peur des humains mais par respect des humains, par respect du silence des humains, par respect de l'intégrité des humains. Je m'achemine jour après jour vers le temple de mon coeur et le soleil s'y trouve, s'y féconde la Rose qui se déploie Chevalier d'O. Je regarde la Source, je devient Source, je coule Source... Telle est ta répétition mantrique, chevalière Solitaire. Faire quelque chose à contre-coeur c'est faire quelque chose à contre courant; alors que être au coeur des Choses, c'est toujours être au courant. Fiche Vëla 1-Bénédiction*, Sacrifice divin, protection contre le mal*. 2-Éveil du péché*, Précision bénie*, Force du taureau*. 3-Soins modéré.
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Seigneur de Mythdaë
Chambre 7
2 gemmes
|
| |
| |

Les fines épaules de l’elfe du soleil s’affaissèrent imperceptiblement.
Ce n’était pas un effondrement, non — mais un relâchement infime, presque invisible, que seuls ceux qui le connaissaient vraiment auraient pu percevoir. Le sort avait échoué.
Et pourtant…
Il avait tout fait.
Chaque mot avait été prononcé avec justesse. Chaque inflexion maîtrisée. Chaque geste — aussi subtil fût-il — avait été exécuté avec la précision d’un artisan façonnant une œuvre parfaite. Rien n’avait été négligé. Rien n’avait été laissé au hasard.
Et pourtant…
Rien.
Il y avait pire qu’un échec.
Il y avait l’incompréhension.
Il avait senti la Corellon Larethian répondre à son appel. La Couronne d’Arvandor avait bien été invoquée. Le lien s’était établi… mais la réponse n’avait pas été celle attendue.
C’était comme si la Tapisserie elle-même lui avait été refusée.
Non pas arrachée.
Non pas rompue.
Refusée.
Comme si la réponse avait été écrite avant même qu’il ne pose la question. Comme si, en cet instant précis, il n’était pas destiné à briser ce mal.
Pas maintenant.
Un frisson silencieux traversa son esprit.
L’espace d’un battement de cœur, il comprit.
Observer.
Comprendre.
Plonger plus profondément encore dans cette magie étrangère, en percer les secrets, remonter jusqu’à son origine… apprendre. Apprendre sur celui — ou celle — qui les traquait.
C’était la volonté du Premier de la Seldarine. C’était également la seule solution viable à envisager.
Ce n’était pas une épreuve.
Ce n’était pas un test.
On les avait attaqués.
Et leur adversaire… avait de l’avance.
Au moins deux coups.
Les paroles de ses compagnes résonnèrent en lui avec une clarté nouvelle. Rester ici, sur ce terrain choisi par l’ennemi, n’était pas seulement imprudent.
C’était peut-être déjà une erreur.
La paladine de Torm ne perdit pas de temps. D’un geste assuré, elle hissa la ranger sur son dos, comme si le poids n’était rien face à sa détermination.
Vëla cherchait le combat.
Le vrai.
Celui où l’on voit son ennemi.
Celui où l’on peut croiser le fer, lire l’intention dans le regard, opposer sa volonté à celle d’un adversaire tangible.
Mais ici…
Il n’y avait rien à frapper.
Rien à défier.
Rien d’autre qu’une présence invisible, insaisissable.
Et cela semblait lui être insupportable.—                       je suis navré. La voix d’Aël’Telàwërith était basse, presque intime. — J’espérais… en vain. Il semblerait que la volonté divine soit autre que celle que nous avions envisagée. Il se redressa lentement, retrouvant toute sa hauteur, toute sa prestance. Son regard lavande glissa vers le Tymaeron, en contrebas, immobile entre les racines géantes.
La descente ne serait pas aisée.
Ni rapide.— Vous avez raison. Nous ne devons pas rester ici. Son regard revint vers Vëla et Seledra. — S’il observe… alors il faut lui refuser la vue. Une brève hésitation. — Pardonnez-moi Seledra… mais bandez les yeux de votre amie. Et je nous suggère de garder le silence jusqu’au navire. Nous parlerons là-bas. Puis—
Un frisson parcourut la Tapisserie.
Subtil.
Mais indéniable.
Quelque chose venait de changer.
Un appel monta des flots, relayé par un marin. Une présence. Une apparition.
Il était là.
Sans être visible.
Mais son empreinte… elle, ne trompait pas.
Aël’Telàwërith leva lentement les yeux.
Non pas vers le ciel, pourtant constellé des larmes de Séluné.
Mais au-delà.
Dans la trame invisible du monde.
Là où les flux d’énergie se tordaient, se contractaient, comme perturbés par une présence étrangère.
Quelque chose s’était manifesté.
Quelque chose de puissant.
Très puissant.
La provocation de Vëla avait-elle porté ses fruits ?
Peut-être.
Ou peut-être avaient-ils simplement franchi une limite invisible.
Grâce aux dons qu’il avait acquis au prix de sacrifices anciens, Aël’Telàwërith plongea son regard dans les couches cachées du réel. La magie lui apparaissait, vibrante. L’invisible ne lui résistait pas.
Il chercha.
Entre les racines.
Dans les hauteurs.
Dans les interstices du monde.
Quelque chose bougeait.
Ou observait.
Peut-être les deux.
Sans détourner son attention, il donna le signal. — Bien… il est là, on bouge !                . La petite troupe se mit en mouvement, en file indienne, progressant avec précaution sur les racines démesurées.
Chaque pas comptait.
Chaque bruit pouvait trahir leur position.
Et pourtant, malgré la tension, l’esprit du théurge restait en mouvement.
Les paroles de Vëla lui revinrent.
Et avec elles, une pensée plus froide.
Plus lucide.
¤ S’il voit à travers elle… alors il verra ce que je décide de lui montrer. Entre elle et lui… il me trouvera. ¤
Un instant, il observa la paladine.
Son courage était indéniable.
Sa volonté, inébranlable.
Mais elle portait encore le poids du « je ».
Dans une situation comme celle-ci… ce n’était plus suffisant.
Ici, chaque décision engageait bien plus qu’une seule vie.
Siliriel n’était pas la cible.
Elle était le prix.
Le prix de son propre geste.
Le prix de sa loyauté.
Le véritable objectif… c’était lui : Aël’Telàwërith.
Mais ce n’était ni le moment des débats, ni celui des révélations.
Ils devaient survivre.
Mentalement, le Faern-Suoress transmit ses ordres à la Capitaine Sîlath par l’intermédiaire de Ry.             .                      .                              . Son regard alternait sans cesse.
Le sol — pour éviter la chute.
Les hauteurs — pour traquer l’ombre.
Sa respiration se fit plus lente. Plus maîtrisée.
Il cherchait le calme.
Il cherchait le Chant.
Mais sous cette maîtrise parfaite…
La tension montait.
Car désormais, ils savaient une chose.
Ils n’étaient plus seuls.
Et cette fois… l’ennemi les regardait. Cliquez ici pour dérouler le parchemin... Aël'Telàwërith utilise perception sous l'effet de vision de la magie et vision de l'invisible.
Donne l'ordre d'appareiller dès que tout le monde est à bord. Il essaie de ressentir le Chant.

|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Conteur des étoiles
Chambre 3
Aucune gemme
|
| |
| |

La descente s’engagea avec méthode. Sous les pas assurés de Vëla, le monde retrouvait une forme de réalité tangible. Le bois sous ses appuis, la rugosité des racines, le poids vivant de Siliriel sur ses épaules… tout redevenait concret. Chaque geste était mesuré, chaque prise testée avant d’y engager le corps. Rien n’était laissé au hasard. Et pourtant… quelque chose avait changé.
Lorsque la paladine invoqua sa perception du mal, elle ne rencontra aucune présence franche. Aucun foyer d’hostilité, aucune aura qu’elle aurait pu nommer ou affronter. Mais il y avait autre chose. Une résistance diffuse. Une impression troublante, comme si quelque chose refusait d’être désigné, échappait volontairement à toute lecture directe. Sur son dos, Siliriel fut traversée d’un spasme plus violent que les précédents. Son souffle se coupa brutalement, puis revint dans une inspiration saccadée. Et dans ce souffle retrouvé… quelque chose passa. Pas une voix. Pas encore. Mais une intention. Une direction. Les mots de Vëla, lancés avec cette détermination nue, ne se perdirent pas dans le silence de la forêt. Ils furent entendus.
Dans la vision altérée d’Aël’Telàwërith, la trame réagit aussitôt. Les flux ne se rompirent pas, ne s’agitèrent pas, ils s’écartèrent. Subtilement. Comme si quelque chose venait d’occuper un espace précis… en réponse. Et cette fois, il le perçut. Pas une silhouette. Pas une créature. Mais une distorsion cohérente. Quelque chose qui ne suivait pas les lois naturelles de la magie, quelque chose qui ne se contentait pas d’exister… mais qui se positionnait. Au-dessus d’eux. Dans l’enchevêtrement des racines. À contre-jour. Puis plus rien.
Un cri monta depuis les niveaux inférieurs.
- Contact ! …non— !
- Trop rapide !
- C’est quoi ça ?!
- Pas une bête !
Les marins n’étaient pas en proie à la panique. Mais la certitude tranquille qui les animait plus tôt s’était fissurée. Trois d’entre eux, encore affaiblis par la brume, tentaient de décrire ce qu’ils avaient aperçu : une forme fine et allongée, mais instable. Comme une ombre qui ne tenait pas sa propre cohérence. Et surtout…une sensation : celle d’être regardé.
Seledra Shaelara suivait le mouvement sans ralentir, sans protester. Mais son attention ne quittait pas Siliriel. Jamais. Lorsque Vëla évoqua à nouveau la possibilité d’agir davantage, la réponse vint immédiatement.
- Non.
Le ton n’était pas dur. Mais il ne laissait aucune place au doute.
- Ce que vous lui transmettez la maintient en vie. Continuez. Mais ne tentez pas de l’expulser.
Son regard se posa brièvement sur Aël’Telàwërith.
- Pas tant que nous n’aurons pas compris ce qui regarde en retour.
Puis, plus bas, presque pour elle-même :
- Ce n’est plus une simple intrusion… c’est une interface.
À cet instant, Siliriel entrouvrit les yeux. Juste assez. Et cette fois… elle regarda. Pas Vëla. Pas Seledra. Mais Aël’Telàwërith. Ses lèvres tremblèrent, cherchant les mots à travers la douleur.
- …proche…
Un souffle difficile.
- …change… quand… tu vois…
Sa main esquissa un mouvement infime, désignant le vide. Et dans la trame… cela répondit. Aël’Telàwërith le sentit avant même de le comprendre. Le Chant.
Mais pas celui qu’il connaissait. Pas harmonieux. Pas pur. Présent… mais dissonant. Quelque chose essayait. Apprenait. Imitait peut-être. Puis une rupture.
Un bruit sec au-dessus d’eux. Une masse chuta. Rapide. Silencieuse. Précise. Elle ne visa ni Vëla, ni Aël’Telàwërith. Mais un marin. L’impact fut brutal. L’homme fut projeté contre une racine, le souffle coupé, avant de s’effondrer lourdement. Quand les regards se levèrent, il n’y avait rien.
Mais le marin vivait. Son torse se soulevait de façon erratique. Ses yeux, grands ouverts, fixaient un point inexistant.
- …j’ai vu…
Un spasme.
- …c’est pas… seul…
Le silence retomba. Plus lourd. Plus vrai. Dans la vision d’Aël’Telàwërith, l’évidence se forma enfin. Ils n’étaient pas face à une présence unique. Mais à plusieurs points. Multiples. Coordonnés. Mobiles. Et quelque chose venait de franchir un seuil.
Seledra releva lentement la tête, ses yeux dorés fixant les hauteurs, puis revenant vers eux.
- Il s’adapte plus vite maintenant. Et il ne se contente plus d’observer.
Le vent glissa entre les racines, plus froid qu’auparavant. Et pour la première fois depuis le début… une certitude nette s’imposa. Ils n’étaient plus en train d’être testés. Ils étaient en train d’être approchés...

Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Soeur-Ours
Chambre 36
Aucune gemme
|
| |
| |

Vëla ne s’arrêtait pas, elle restait immuable, stoïque, même après cette certitude nouvelle qui s’imposait comme une lame froide dans l’esprit de chacun. Elle continuait de descendre avec Siliriel sur les épaules en délivrant au compte-goutte l’essence de vie que l’elfe avait besoin, pas plus, pas moins, toujours constant, sans s’épuiser.
Sa vigilance était à son maximum, s’attendant à une attaque à tout moment, car elle avait invité ce qui étudiait et elle aussi étudiait le comportement de ce qui se cachait en se laissant savoir que c’était présent. * Comme ce qui était dans le bois avant le pont, serait-ce un autre gardien? * Se demandait-elle intérieurement. Patient, chaque signe, chaque craquement, était une compréhension de plus. Le spasme de Siliriel venait de parler à la place de cette chose qui refusait d’être désignée qui échappait volontairement à toute lecture directe.
Pour la paladine tout ceci était nouveau, elle n’avait jamais connu une telle Chose, ce n’était pas différent, c’était inconnu et véritable. Elle était dans un monde d’Elfe et elle comprenait plus que jamais, ce monde subtil, fin, perspicace, presque malicieux. La paladine sut de par la réaction de Siliriel que l’invitation qu’elle avait lancée, n’avait pas été perdue, non, ils avaient été entendus, mais cela hésitait quelque chose la faisait hésiter… * Pourquoi? * Se demandait la guerrière divine. Cependant, maintenant elle savait... que cela écoutait et entendait. L'arme utile venait d'être choisi.
Venant de plus bas, des indications. Vëla patientait toujours, chaque chose en son temps. La Rashéménienne était une fille d’action, le mal fonctionnait rapidement, mais ceci était plus sournois, sinueux. La missive de Seledra était claire et cela apportait une forme d’éclaircissement à la guerrière divine; elle n’était pas chez elle, elle n’était qu’un accessoire utile, elle devait garder son rôle de maintenir la vie dans Siliriel. Le tempérament de la Nordique en prenait un coup, puis des paroles sortirent sur son dos et un bruit sec au-dessus de son dos.
Vëla se retenait de tout son être, gardant son rôle et paré à recevoir un coup sans répliquer, juste à protéger ce qu’elle c’était garanti de faire, cependant ce fut un marin qui écopait la charge sournoise suivit de mots révélateurs… * …c’est pas… seul… *. La paladine approchait le marin et diffusait un peu d’essence de vie en lui pour qu’il puisse se relever et continuer.
La maitresse de Torm eut un sourire; ces choses étaient manipulables, elle avait réussi à les faire approcher et agir, ils faiblissaient déjà, maintenant ce n’étaient plus qu’eux qui contrôlaient la situation. Alors la guerrière divine, ayant trouvé l’arme qui les faisaient agir l’utilisait de nouveau et avec détermination et tact elle parlait à haute voix...
– Donc, vous êtes plusieurs, vous apprenez, étudiez, testez... alors, apprenez ceci... tant qu’elle respire, vous ne l’aurez pas. –
Ensuite, stable, implacable, comme une frontière, Vëla sans menace, ni défi, mais de beaucoup plus dangereux elle ajoutait ferme... – Vous frappez les marins, pas moi... alors, venez! -
Son ton était calme parce que la guerrière divine la jouait tactique, chirurgical, elle se donnait comme cible, elle forçait à choisir, elle contrôlait, car c’est elle qui offrait un choix.
Relevant le marin, elle l’aidait à continuer à avancer, comme s’il avait juste manqué un pas et non comme une victime d’une attaque. La marche vers le bas continuait et Vëla offrait à ce qui les étudiait une grande valeur, une vérité immuable... celle de faire face.
Compétance: Social.

Je suis la chevalière Solitaire, non pas par peur des humains mais par respect des humains, par respect du silence des humains, par respect de l'intégrité des humains. Je m'achemine jour après jour vers le temple de mon coeur et le soleil s'y trouve, s'y féconde la Rose qui se déploie Chevalier d'O. Je regarde la Source, je devient Source, je coule Source... Telle est ta répétition mantrique, chevalière Solitaire. Faire quelque chose à contre-coeur c'est faire quelque chose à contre courant; alors que être au coeur des Choses, c'est toujours être au courant. Fiche Vëla 1-Bénédiction*, Sacrifice divin, protection contre le mal*. 2-Éveil du péché*, Précision bénie*, Force du taureau*. 3-Soins modéré.
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Seigneur de Mythdaë
Chambre 7
2 gemmes
|
| |
| |

Aussi vertigineuse et périlleuse que fusse la descente vers le navire, ce n’était pas ce qui inquiétait Aël’Telàwërith. Ni même la Chose qui rodait, observait et frappait à sa guise.
Non… ce qui le rongeait était bien plus insidieux.
C’était le poids écrasant de ses décisions.
Chaque choix était une lame suspendue au-dessus de tous. La moindre erreur se paierait rubis sur l’ongle. Seledra et Vëla étaient libres de leurs actes. Siliriel, sous l’emprise du parasite magique, ne l’était plus. Quant au loyal équipage du Thimaeron, il se trouvait désormais enchaîné à chacune de ses décisions.
Cette pensée le glaçait. Elle le terrifiait et menaçait de le paralyser.
C’était lui qui avait ordonné l’appareillage de la pinasse pour cette quête.
Lui encore qui avait donné l’ordre de quitter le navire, de se disperser — espérant ainsi éviter une attaque de masse.
Éclatés, ils étaient vulnérables. Réunis, ils l’étaient peut-être davantage encore.
Et voilà qu’à présent, il les rappelait tous à bord.
Le Seigneur de la Cité Blanche ne savait toujours pas si ses choix avaient été les bons.
Pire que la peur de se fourvoyer, cela faisait naître le doute.
Sournois et vicieux comme la Chose qui s’en prenait à eux. Le doute paralysait. Il l’empêcherait d’agir, retardant l’action au plus mauvais moment. Il le savait aussi, si l’équipage ressentait son doute, il se mettrait lui aussi à douter de son chef.
Dans une bataille, il y avait pire qu’une mauvaise décision. C’était de ne pas en prendre du tout.
Aël’Telàwërith inspira lentement, forçant son esprit à se discipliner.
Il avait scruté la Tapisserie, s’attendant à la voir se froisser, se tordre, se déchirer sous l’influence de cette présence. Mais rien. Rien de tout cela.
La Chose était là. Indéniablement. Et pourtant… elle ne perturbait rien. Comme si elle appartenait à ces flux. Comme si elle en était l’origine même. Ils étaient chez elle. Et elle maîtrisait son domaine.
Mais cette attaque… n’était pas une destruction aveugle.
C’était une manifestation. Une preuve.
Cette entité était liée à ce lieu. Donc… en s’en éloignant…
L’idée resta suspendue. Car une autre question, plus profonde encore, s’imposait à lui.
Ce n’était pas de savoir ce que cette Chose était. Ni l’étendue de son pouvoir. Ni même ses faiblesses.
Mais “pourquoi”.
Quel était son but, son mobile ? Quel sens avait cette offensive ?
Là… peut-être… se trouvait la véritable issue.
Et avec cette question en vint une autre, plus périlleuse encore :
Comment faire pour obtenir cette information et envisager une négociation ?
Seledra lui offrit la réponse avant même qu’il ne la formule.
Et elle avait raison. Siliriel était devenue, bien malgré elle, le seul et unique canal de communication possible. Et pour le confirmer, Siliriel lui adressa un message.
“Proche”
Il n’en doutait pas. Il ne pouvait ni voir cette Chose, ni la discerner dans la magie… mais il la ressentait. Partout autour d’eux.
Puis vinrent ces mots :
“Change quand tu vois”
Ces mots étaient une énigme. Le genre de prophétie que l’on pouvait mettre des siècles avant d’en percer le sens.
Puis, il y eut cette sensation auditive. Ils l’avaient négligé, mais le Chant était là, omniprésent. Il n’avait pas l’harmonie de celui que produisait Vëla et lui quand ils étaient à l’unisson, plus ancien, plus vaste… étranger et dissonant.
Une idée commença à germer dans son esprit. Fragile. Incomplète.
Puis la Chose frappa de nouveau.
Brutale. Invisible. Implacable, inarrêtable.
Un marin fut projeté en arrière comme s’il avait été percuté par une force sans corps. Son cri se perdit dans l’air lourd tandis qu’il s’effondrait.
Cette fois, l’urgence balaya toute réflexion.
Vëla fut la première à agir, diffusant l’énergie vitale que lui conférait sa foi. Aël’Telàwërith se précipita à son tour, aidant le marin à se redresser. — Ça va, matelot ? Reprends ton souffle… Dis-moi, qu’as-tu vu ? Son regard, lui, scrutait déjà la blessure. Il redoutait d’y trouver la même corruption que celle qui avait frappé Siliriel.
Mais non.
Le marin était conscient. Présent.
Un souffle d’espoir.- Vous avez raison Seledra... murmura t’il. Ça ne se contente plus d’observer. Je crois que ça veut communiquer. Tout semblait vouloir s’assembler.
Ils ne fuyaient pas une chose. Ils étaient entrés en contact avec elle.
Le Seigneur de Mythdaë avait hâte de retrouver le navire. Le pont du Thymaeron lui paraissait soudain terriblement loin… et pourtant essentiel. Il voulait tenter quelque chose. Il souhaitait vérifier dans les meilleurs délais si son intuition était juste.
Vëla l’avait dit. Elle avait réveillé quelque chose et visiblement ce quelque chose les avait retrouvés. Ou, à la lumière des dernières révélations, ils les avaient retrouvés.
Et pour être honnête, l’elfe du soleil ne voyait aucune façon de leur échapper. — Hâtons-nous, lança-t-il. Je vais vous expliquer.
Sa voix gagnait en assurance à mesure que sa pensée prenait forme.— Je ne crois pas qu’elle cherche à nous détruire. Sinon, nous serions déjà morts. Je crois… qu’elle tente de communiquer. Mais pas avec des mots. Il marqua une pause, cherchant leurs regards.— J’étais la cible initiale… parce que je peux entendre le Chant. Vëla, votre armure vous protège. Vous étiez hors d’atteinte. Elle avait besoin… d’une Voix. L’idée, désormais, tenait debout. Ou du moins… assez pour être tentée. Peut-il cherchait-il désespérément une logique là où il n’y en avait aucune. En tout état de cause, ça méritait d’être tenté. Mais une condition s’imposait.
Et elle était redoutable.— Pour que cela fonctionne… nous devons être en paix. Ces mots lui coûtèrent.— Vëla… par l’amour de Corellon Larethian et la sagesse de Torm… trouvez votre calme. Je cherche le mien. S’il vous plait, cessez vos défis guerriers. Peut-être avons-nous mal interprété ses intentions. Le Chant vibrait plus clairement à présent, mais toujours aussi faux. — Concentrez-vous… dites-moi si vous l’entendez. Entendez-vous le Chant de cette entité ? Le navire se rapprochait.
Et avec lui… quelque chose d’inattendu.
L’espoir.
La distance qui les séparait du navire diminuait peu à peu. Et plus cette distance rapetissait, plus l’espoir dans son cœur grandissait. - Une fois à bord, Vëla la valeureuse, nous devrons trouver suffisamment de paix, de quiétude et d’harmonie pour chanter avec eux. Nous communiquerons par le truchement Silidriel. - Comme nos Voix qui se sont apprivoisées l’une l’autre pour s’unirent en un Chant unique. - Comme le cristal confié par le Maître des Livres Oubliés,Ranaeril Daedithas a fini par se mettre à notre diapason. - Il nous faudra accorder nos Chants, car je crois que nous sommes arrivés sur un Seuil. Et nous ne le franchirons pas par la force. A moins que ce ne soit ce que vous avez réveillé avant notre rencontre. Sa voix s’éleva, plus ferme :                         Un bref silence.
Puis, plus doucement : —      

|
|
|
| |
|
|
|
|
Suivre ce sujet
Pour recevoir une notification par e-mail lorsqu’une réponse est faite dans ce sujet et que vous n’êtes pas présent sur les forums.
S’abonner à ce forum
Pour recevoir une notification par e-mail lorsqu’un nouveau sujet est créé dans ce forum et que vous n’êtes pas connecté.
Télécharger / Imprimer ce sujet
Télécharger ce sujet dans différents formats ou afficher une version imprimable.
|
|
|