Quel est votre nom, voyageur ?
Eléasis (VIII) 1373, 2ᵉ chevauchée
   

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> Chapitre 2 : Courants contraires
écrit le : Mercredi 22 Juillet 2026 à 14h45 par Asterious
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Astérious suivit du regard la jeune femme qui s’éloignait vers la demeure de Kathyl. Tout son instinct lui criait de ne pas la laisser partir, de lui barrer une nouvelle fois le passage et d’obtenir enfin les réponses qu’elle semblait leur refuser. Pourtant, il dut se rendre à l’évidence : Calem avait raison. Ils étaient observés et, dans cette ruelle, deux hommes acculant une femme terrorisée contre un mur ne tarderaient pas à devenir les coupables aux yeux du voisinage.

Il ravala donc sa frustration et rejoignit Calem de quelques pas, faisant signe à Cornichon de le suivre.

- Tu as raison.

Il baissa suffisamment la voix pour que lui seul puisse l’entendre.

- Éloignons-nous. Laissons-la croire que nous avons abandonné.

Astérious jeta un dernier regard vers la porte de Kathyl.

Avec un peu de chance, elle nous conduira elle-même là où ses paroles refusent de nous mener.

L’idée lui convenait bien davantage. Pas de confrontation. Pas de cris. Ils observeraient à distance, suivraient la piste sans la piétiner et découvriraient peut-être enfin qui était cette mystérieuse femme, où elle vivait ou, mieux encore, qui elle irait retrouver après sa visite. Il s’apprêtait à suivre Calem lorsqu’il l'a vu se pencher pour ramasser quelque chose.

Une pomme. Astérious fronça immédiatement les sourcils. Il avait à peine eu le temps de comprendre ce que le jeune homme comptait en faire que celui-ci l’épousseta contre lui et la porta à sa bouche. Les yeux d’Astérious s’écarquillèrent. Astérious se précipita vers lui et fixa successivement la pomme, puis Calem, comme s’il s’attendait à le voir s’effondrer d’un instant à l’autre.

- Mais qu’est-ce que tu fais ?

Le druide scruta immédiatement le visage de Calem. Ses pupilles. Sa respiration. La couleur de sa peau. Sa manière de se tenir. Il cherchait le moindre signe inhabituel : vertige, nausée, engourdissement, confusion ou faiblesse soudaine. Son cœur battait désormais beaucoup trop vite. Peut-être n’était-ce qu’une pomme. Il espérait de toutes ses forces que ce ne soit qu’une pomme. Mais après tout ce qu’ils avaient découvert, les enlèvements, les faux cadavres, les mensonges et les drogues retrouvées au chevet de Dame Ormantrel, Astérious n’était plus disposé à considérer quoi que ce soit comme innocent simplement parce que cela en avait l’apparence.



Niveau 0:
- Soins superficiels: Rend 1 pv à la cible.
- Illumination: Éblouit la cible (–1 aux jets d’attaque).
- Assistance divine: +1 à un jet d’attaque, jet de sauvegarde ou test de compétence.

Niveau1:
-Flammes: 1d6 points de dégâts, +1/niveau, contact ou lancer.
-Morsure magique: Une arme naturelle du sujet gagne +1 aux jets d’attaque et de dégâts.


"Les racines comme conductrices de résonance du vivant..."
 
 
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écrit le : Mercredi 22 Juillet 2026 à 16h08 par Else
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Lorsqu’ils sortirent du bureau du Grand Prêtre, Else poussa un petit soupir de soulagement. Elle se rendit compte qu’elle avait été en tension tout du long de cet entretien, afin de ne rien oublier, et que revivre tous ces évènements l’avait de nouveau bouleversée. Grâce aux précisions d’Orienas, le récit qu’ils firent au Grand Prêtre était le plus complet possible et il avait clairement pris pleine conscience de la gravité de l’affaire.

- Je suis rassurée de savoir que le Grand Prêtre Donohar viendra lui-même au manoir. On pourra peut-être enfin savoir quel mal ronge Dame Ormentrel. Et avec son appui, l’enquête pour retrouver Solatha va peut-être pouvoir s’accélérer.

Avec la tension qui quittait son cœur, la prêtresse se rendit compte qu’elle avait faim : entre les travaux pour aider Tystarn et le sort qu’elle avait utilisé, elle n’avait plus beaucoup d’énergie en réserve. Elle était très tentée de se diriger vers le réfectoire, où un repas simple mais rassasiant l’attendait. Néanmoins elle se tourna vers Orienas :

- Je me demande ce qu’Astérious et Calem ont trouvé de leur côté. J’aurais pensé qu’Astérious serait rentré au temple avant nous… Est-ce que tu penses qu’il a pu leur arriver quelque chose ? On devrait peut-être aller à leur rencontre, tu ne penses pas ?

Elle fit un petit détour pour aller prendre deux pommes dans la réserve, en offrit une à son ami.



Niveau 0 :
- Création d’eau : jusqu’à 8L
- Assistance divine : bonus +1 (attaque, JdS, test de compétence) – toucher, 1 action
- Lumière : rayon de 6m
- Détection de la magie

Niveau 1 :
- Soins légers : + 1d8+1 de PV
- Détection du mal
- Mauvais augure

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écrit le : Jeudi 23 Juillet 2026 à 20h37 par Orienas
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L'attitude et les paroles du Grand Prêtre confortèrent Orienas dans sa conviction qu'ils avaient mis les pieds dans une affaire sérieuse autant qu’inquiétante. Néanmoins, ils avaient désormais un allié de taille. Ses pouvoirs réussiraient peut-être à percer le mystère de la sinistre aura qui baignait le manoir des Ormantrel.

Les premiers mots prononcés par son amie à la sortie du bureau du dignitaire lui confirmèrent que son amie pensait de même.


Les quelques minutes qu'il mirent à parcourir les couloirs pour retourner dans le grand hall lui furent nécessaire pour se défaire de la tension accumulée mais lorsqu’Else lui tendit une des pommes qu'elle avait pioché en passant, il se sentait à nouveau en pleine forme et croqua dans le fruit avec enthousiasme.


- Moi aussi je me demande ce que nos amis ont appris. S'ils ne sont pas encore revenu au temple, c'est qu'ils ont dû trouver des pistes à suivre. J'espère qu'il n'ont rien croisé d'aussi terrible que ce que tu as ressenti.
Si tu veux nous pouvons partir à leur recherche. Laissons cependant un mot ici pour les prévenir. Préfères qu'on leur demande de nous attendre ici ou qu'on leur donne rendez-vous chez de mon père ?


 
 
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écrit le : Vendredi 24 Juillet 2026 à 22h03 par La Goualeuse
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Astérious et Calem

L'inconnue pressa le pas, dans un froissement d'étoffes, sans plus se retourner. Elle tambourina à la porte de Kathyl, l'implorant de lui ouvrir sans délai, puis disparut.

Calem et Astérious, bien obligés de s'avouer battus, s'éloignèrent pour ne pas attirer plus encore l'attention. Ils pensaient néanmoins déjà à leur prochain coup, cherchant une ruelle ou un renfoncement d'où guetter la sortie de la mystérieuse femme, qu'Astérious persistait à reconnaître comme l'une des ravisseurs de Joran.

Volets et portes demeurèrent clos à leur passage. Ce ne fut qu'une trentaine de mètres plus loin qu'ils trouvèrent enfin un abri : une traverse s'ouvrait entre deux habitations, permettant de gagner le fleuve sans faire le tour de l'îlot. Elle était assez large pour laisser passer une charrette à bras. Calem avait déjà croqué à plusieurs reprises dans sa pomme lorsque Astérious s'en aperçut. Bon gré mal gré, il se prêta à l'examen inquiet du druide dont l'obstination confinait à la paranoïa : que le fruit eût un goût et une texture parfaitement ordinaires - ainsi que s'en défendait Calem - ne suffisait pas à l'innocenter. Force fut de constater néanmoins, au bout de quelques minutes, que le jeune homme allait parfaitement bien.

Guettant à tour de rôle au coin du bâtiment, l'un et l'autre échangèrent leurs impressions tandis que Cornichon reniflait consciencieusement le sol. L'allée était peu passante, surtout en plein milieu d'après-midi, mais dame Tymora leur sourit : une vieille femme, donnant le bras à un adolescent, remontait du fleuve. D'abord méfiante à la vue d'Astérious, sur l'accoutrement duquel ses yeux myopes restèrent longtemps plissés, elle se dérida peu à peu en découvrant que Calem était un gars du coin. Voisine de Kathyl, chez qui elle vivait avec sa fille, son gendre et son petit-fils, elle était bien placée pour les renseigner...

Kathyl et Solatha étaient arrivées là quelques mois auparavant, après la mort de son époux. La jeune mère avait d'abord fait mauvaise impression, parce qu'elle "fsait la fière" au milieu des autres pauvres gens, mais une fois ses petites économies mangées, elle trouva à se montrer "plus aimabe". Elle survivait, comme tant d'autres, grâce à de maigres travaux : elle reprisait des vêtements, lavait du linge, tressait des cordes... La noyade de Solatha, avait-elle expliqué avec une sincère affliction, c'était comme si on lui avait "arraché l'cœur" : "la ptite, c'était tout c'qu'elle avait. Sans elle, elle se serait laissée crever d'faim y a bien longtemps d'ça". Aussi le voisinage s'était-il inquiété : une "bonne femme" avait dormi chez elle la nuit du drame, "des fois qu'elle aille elle-aussi au fleuve" ; puis on s'était relayé pour la veiller et lui porter à manger. L'inconnue dont ils lui firent le portrait était de ses "bonnes gens" qui s'occupait d'elle, et pour ainsi dire les avait remplacés, puisqu'elle s'était rapidement chargée de tout. C'était, lui avait-on dit, une ancienne connaissance, une fréquentation de sa vie d'avant ; elle, elle avait "des moyens pour la charité", ce qui semblait avoir accommodé tout le monde. Elle lui rendait visite chaque jour et ne partait que plusieurs heures après le coucher du soleil - un homme venait la chercher pour la reconduire, avait complété l'adolescent, auquel son aïeule n'avait pas encore laissé l'occasion d'en placer une.



Else et Orienas

Après avoir laissé un mot à l'intention de leurs compagnons, au cas où ceux-ci passeraient au Hall des Récoltes sans les croiser, Else et Orienas coupèrent à travers les cultures qui entouraient le temple afin de gagner plus rapidement les quais. Kathyl habitant près du fleuve, ils trouveraient sans doute quelqu'un pour les renseigner en remontant la berge.

Alors qu'Orienas, réfléchissant tout haut, multipliait les hypothèses sur la menace qu'ils avaient commencé à entrevoir, Else se figea. Errant sur les champs qui les entouraient, sur la terre fraîchement retournée, sur les sillons réguliers où pointaient les premiers semis du printemps, son regard s'était soudain arrêté sur un épouvantail. Le mannequin de paille que les frères et sœurs du Hall coiffaient d'ordinaire d'un large chapeau de toile, brodé du soleil bienveillant de la Grande Mère et couvert, au fil des semaines, des fleurs que les enfants venaient y piquer, avait changé de "visage". À la place du chapeau flottait un fichu rouge, d'où s'élevaient deux longs andouillers noirs : le symbole de la Dame Funeste, dont on osait prononcer le nom qu'en le chuchotant. Beshaba.


Lancers...



Trêve de jacasseries !
 
 
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écrit le : Vendredi 21 Août 2026 à 13h51 par Calem
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Si Calem était peu habitué à guetter, il était en revanche très patient. Astérious était plutôt bavard ce qui aidait à passer le temps, d'autant plus qu'aucun ne savait combien de temps allait durer leur entreprise. Un couple pour le moins inattendu se présenta alors à eux, dans le courant de l'après-midi. Des gens simples, par conséquent curieux et fort généreux en mots, mais hélas bien moins en noms. Le récit de l'ainée n'étonna guère Calem, bien qu'il piqua sa curiosité. Comment le décès de son époux avait pu mener Kathyl à entièrement changer de vie et basculer dans la pauvreté et la pauvreté ? Et plus important encore, sa bienfaitrice n'avait-elle aucun intérêt pour elle avant la disparition de l'enfant ? Elle aurait bien eu besoin de son soutien suite à la perte de son conjoint vu les circonstances et le déménagement qui sonnait quelque part comme un exil ?

Les derniers mots de l'adolescent intriguèrent le jeune homme, d'une part car ils compromettaient ses plans de filature et... car le gamin devait probablement en savoir davantage. Ainsi posa-t'il sa main sur l'épaule de ce dernier avant de pousuivre :


- La prudence est une vertu, qui sait ce qu'abritent les rues de Wheloune au cœur de la nuit. Saurais-tu à tout hasard jusqu'où ils vont ou le nom de cette dame qui peut s'offrir une escorte ?

Il doutait d'avoir une réponse, d'autant plus que le petit n'était peut-être plus supposé être dehors à cette heure, mais qui ne tente rien n'a rien. Cette question en appellerait peut-être une autre, ou offrirait une réponse inattendue mais tout aussi intéressante. L'un comme l'autre de leurs clients avaient l'air d'avoir la langue bien pendue et l'œil vif. Si jamais il tombait dans une nouvelle impasse il s'en remettrait au druide pour revoir leur plan. Peut-être que leurs compagnons auront été plus aptes à trouver des réponses et que les retrouver leur profiterait à tous...


 
 
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écrit le : Dimanche 30 Août 2026 à 17h34 par Else
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Dès qu’elle le vit, Else reconnu immédiatement le symbole. Beshaba, la déesse de l’infortune et de la malchance. Elle ne pût s’empêcher de penser au pire.

- Orienas, dit-elle doucement, regarde. Penses-tu que ce soit... Une menace ? Le symbole de Besha la Noire, si près du temple, alors que nous sommes en train d’enquêter sur cette sombre histoire, ça ne peut être une coïncidence !

Instinctivement, elle regarda rapidement autour d’elle, afin de voir si elle n’apercevait personne, si la personne responsable de cette perversion n’était pas encore proche. Cela avait dû être fait récemment.
Puis, doucement et précautionneusement, elle s’approcha de l’épouvantail. Elle cherchait des traces quelconques, des indices qui aurait pu lui donner des éléments sur qui avait pu faire ça, et quand. En même temps, elle essayait de se souvenir de tout ce qu’elle avait lu concernant cette divinité.

Quand ils eurent fini leur inspection, elle déclara :


-Je ne peux pas laisser cela en place.

Elle défit la coiffe avec les bois de cerfs, et l’a mis sur le côté.

- Il faudrait avertir les autres au Temple, mais je pense que retrouver nos compagnons est de plus grande urgence.



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écrit le : Lundi 31 Août 2026 à 10h39 par Asterious
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Astérious avait écouté la vieille femme avec une attention grandissante. À mesure qu’elle parlait, quelque chose le dérangeait davantage encore que la présence quotidienne de l’inconnue auprès de Kathyl. Elle était arrivée après le drame. Elle avait progressivement remplacé les voisins. Elle restait des heures auprès d’une femme brisée, isolée, presque incapable de distinguer l’espoir du désespoir. Et chaque soir, quelqu’un venait la chercher. Le druide échangea un bref regard avec Calem. Il y avait là trop de régularité pour qu’il puisse considérer cela comme une simple œuvre de charité.

Lorsque le docker eut terminé d’interroger l’adolescent, Astérious s’accroupit légèrement pour être moins imposant malgré son âge et sa mine naturellement bourrue.

- Dis-moi, petit… tu as l’air d’avoir de bons yeux.

Il désigna discrètement du menton la maison de Kathyl. Il plissa légèrement les yeux, réfléchissant.

- Et quand la bonne femme, elle vient, elle apporte toujours à manger comme aujourd’hui ?

- Des pommes, du pain, des pot, toujours les mêmes choses ?

- Est-ce que tu l’as déjà vue apporter autre chose ? Des bouteilles, des plantes, des petits paquets, quelque chose d’un peu inhabituel ?

La présence des somnifères et des drogues auprès de Dame Ormantrel lui revint immédiatement à l’esprit. Il se garda cependant d’en souffler mot.

Il marqua une courte pause avant d’ajouter, avec une curiosité volontairement innocente :

- Et l’homme qui vient la chercher le soir, tu l’as déjà vu de près ?

- Il est grand ? Petit ? Jeune ? Vieux ?

- Il porte quelque chose de particulier ? Une cape, une arme, un uniforme, une cicatrice ? Il vient toujours seul ?

Astérious s’arrêta là. Il ne voulait pas transformer l’enfant en témoin soumis à un interrogatoire. Quelques souvenirs spontanés pouvaient leur apprendre davantage qu’une avalanche de questions.

Puis, tandis que Calem continuait d’écouter leurs deux interlocuteurs, le gnome se rapprocha discrètement de lui. Il attendit que la vieille femme et l’adolescent aient l’attention tournée ailleurs avant de murmurer à peine, les lèvres presque immobiles :

Un léger mouvement des yeux désigna la maison de Kathyl.

- On attend celui qui vient la chercher.

Un sourire à peine perceptible se dessina sous sa barbe.

- Deux pistes pour le prix d’une.

Puis, plus sérieusement :

- S’ils se croient seuls et qu’ils ont l’habitude de faire ce trajet chaque soir, ils seront moins méfiants. On les laisse prendre de l’avance et on suit.

Son regard descendit vers Cornichon.

- Très loin derrière. Pas de chien qui court, pas de vieux gnome qui fait claquer son bâton sur les pavés, pas de héros qui cherche à leur respirer dans la nuque.

Il releva les yeux vers Calem.

- Cette fois, nous sommes des ombres.

Une brève hésitation, puis il ajouta avec une pointe d’ironie :

- Et si tu trouves encore quelque chose par terre pendant qu’on les suit évite de le manger, s'il te plaît.



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écrit le : Lundi 31 Août 2026 à 20h51 par Orienas
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Pris dans son discours, Orienas ne remarqua pas immédiatement que sa compagne s'était arrêtée. Ce n'est que lorsqu'elle s'adressa à lui presque en chuchotant qu'il reporta pleinement son attention sur elle puis sur la funeste apparence de l’épouvantail.

- Il y a si peu de temps que nous avons quitté le manoir après ta découverte. Si c'est un avertissement, alors c'est que nos adversaires nous surveillent de très près !

Se joignant à la prêtresse, il chercha aux alentours des traces de ceux qui avait pu revêtir l'inoffensif mannequin de ces atours de mauvais augure.
Après qu'ils eurent investigué il tenta de rassurer un peu son amie :


- Pense à ce qu'a dit le grand prêtre : nos adversaires cherchent à brouiller les pistes et à semer la confusion pour nous empêcher de remonter jusqu'à eux. Quoi de plus logique que d'essayer de nous effrayer en semblant invoquer sur nous la dame de l'infortune. Sans négliger ce que nous venons de voir, il ne faut pas qu'on se laisse détourner de notre chemin.

Pendant qu'Else déposait au sol la coiffe et les bois, il regarda dans les champs alentours s'il n'y avait personne qu’ils eussent peu charger de porter un message au temple pour qu'on vienne les enlever au plus vite.

- Je suis d'accord avec toi, allons rejoindre nos amis.


 
 
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écrit le : Mercredi 02 Septembre 2026 à 17h26 par La Goualeuse
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Else et Orienas

Après avoir échangé un regard lourd de sens, Else et Orienas balayèrent les environs du regard, avant de baisser les yeux à la recherche d'empreintes sur le sol.

Hélas, l'auteur de cette profanation ne semblait plus se trouver sur les lieux de son forfait... et il avait de toute évidence pris soin de ne laisser aucune trace exploitable. La terre, entre chaque sillon, avait été tassée par les travailleurs, si bien qu'il avait probablement suffi au coupable de placer son pas dans ceux qui l'avaient précédés.

Les paroles d'Orienas ne manquaient pas de bon sens : il pouvait tout à fait s'agir d'une nouvelle manœuvre de leurs adversaires pour les intimider ou les mener sur une fausse piste, comme l'avait suggéré le Grand Prêtre à propos du symbole dévoyé de Myrkul. Ces considérations allégèrent peut-être quelque peu l'esprit de la prêtresse tandis que, sur la pointe des pieds, elle tirait sur les andouillers pour défaire le symbole de la Dame Funeste. Il valait mieux que son compagnon et Harrandave Donohar aient raison, car un tel geste était loin d'être anodin et pourrait lui attirer de lourds malheurs. Elle ne put s'empêcher de frissonner.

En rebroussant chemin, Orienas trouva sans difficulté un Frère à qui s'adresser. Le pieux homme, une grimace aux lèvres, l'assura qu'il débarrasserait le champ des sinistres atours de l'épouvantail, puis en référerait aussitôt au Grand Prêtre. Lui-même n'avait aperçu personne de suspect plus tôt dans la journée, mais cette parcelle, plantée depuis plusieurs jours, ne les avait plus occupés depuis longtemps. Il poserait toutefois quelques questions autour de lui :quelqu'un avait pu voir quelque chose...

Pressés de retrouver Astérious et le jeune Calem, nouvellement enrôlé dans leur enquête, ils hâtèrent le pas en direction de la ville. Ils longèrent le fleuve quelques instants, puis s'engouffrèrent dans la modeste rue qui remontait vers le centre. Les habitants de ces demeures sommaires, alignées en contrebas des quais contre les ateliers et les entrepôts de la berge, avaient longtemps compté parmi les plus modestes de Wheloune. Ce n'était plus le cas depuis que les réfugiés d'Arabel étaient venus couvrir de leurs abris de fortune la rive occidentale. Ces demeures, faites de planches épaisses et mal ajustées, tenaient davantage de la cabane que de la maison.

La rue était déserte à cette heure avancée de l'après-midi. Ils hésitaient à frapper à une porte au hasard pour trouver quelqu'un qui puisse les renseigner quand, furtivement, la petite silhouette d'Astérious surgit au loin pour disparaître aussitôt après leur avoir fait signe.

La discrétion semblait de mise... Que pouvait-il bien avoir découvert ?



Calem et Astérious

Le regard de l'adolescent alla de sa grand-mère, aux lèvres serrées et à l'œil noir, à la main que Calem gardait sur son épaule. Il hésitait... ce qui confirma à Calem que son intuition était la bonne. Une légère pression des doigts, accompagnée d'un sourire encourageant, le décida à parler.

- C'est Niro, tout le monde le connaît ici, lâcha-t-il en s'écartant de la vieille. Niro Callendar.

Un tel nom ne disait rien à Calem, bien qu'il ait grandi à Wheloune. La ville était grande et sa population nombreuse ; lui avait surtout côtoyé les pêcheurs, dockers et autres travailleurs des quais. Pressé de nouvelles questions par Astérious, le gamin tourna à nouveau la tête vers son aïeule :

- Le ptit a mal dit et ça va nous coûter. C'pas sûr, mais ça peut... Elle tendit la main, son visage se fendant d'un sourire édenté et pourtant carnassier. Parler ici ça coûte.

Elle attendit que l'un d'eux mette la main à sa bourse.

- Pas d'cuivre, mes brave gens... l'cuivre ça vous serre la mâchoire. D'l'argent, la parole c'est d'argent.

Elle ricana de son bon mot, puis empocha sa pièce. La vieille et son petit-fils ne furent pas avares de mots et leur confièrent tout ce qu'ils savaient, sans cependant satisfaire la curiosité pointilleuse du gnome.

Niro Callendar était un artisan verrier dont l'atelier se trouvait de l'autre côté de la rue, sur les quais. C'était un homme d'âge mûr, de forte carrure comme nombre de "bonshommes de Wheloune", fier de son métier et de son tablier. Il avait fermé boutique depuis bientôt un an ; le sable et le charbon étaient devenus trop chers et la concurrence étrangère trop grande. Alors il s'était mis à boire et à se bagarrer, puis s'était soudainement rangé "comme si l'froid d'l'hiver, ça l'avait remis toutes les idées en place". Contre une pièce supplémentaire, le petit avait montré à Astérious la porte de son atelier, l'air de rien, lors d'une innocente promenade où ils avaient feint de suivre Cornichon...

Les deux compagnons avaient repris leur surveillance depuis un bon moment lorsque les silhouettes d'Else et d'Orienas se découpèrent au bout de la rue. C'était étrange : ils arrivaient dans la direction opposée à celle du manoir Ormantrel.


Lancers...



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