Quel est votre nom, voyageur ?
Eléasis (VIII) 1373, 2ᵉ chevauchée
   

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> Chapitre 1 : Pleurs printaniers
écrit le : Samedi 07 Février 2026 à 16h41 par La Goualeuse
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Else

Il faisait bien trop sombre dans cette demeure endeuillée pour s'aventurer à l'aveugle. Les rares fenêtres étaient non seulement closes par des volets de bois, mais encore étouffées par d'épaisses tentures. Else n'eut d’autre choix que d'invoquer l'aide de la Déesse afin de faire naître une lueur au cœur de ces ténèbres. Un simple mot de pouvoir suffirait à dissiper le sort si besoin était.

Son intuition se confirma. La porte de la pièce attenante, plus petite, s'ouvrit sur une chambre d'enfant. Sous la clarté surnaturelle apparut un petit lit, couvert d'un épais édredon de laine brune, sur lequel reposaient deux poupées de chiffon.

Le mobilier était massif, sans recherche ni fioriture : un coffre entrouvert où s'entassaient des figurines de bois clair ; un bureau supportant un encrier et quelques feuillets ; deux tabourets ; une lourde armoire à linge. Un vaste tapis sombre étouffait les pas. Au-dessus du lit, un portrait de famille représentait les époux Ormantrel enlacés, protégeant dans leur étreinte un tout jeune blondinet. Un détail attira l'attention de la prêtresse : les riches habits des parents portaient, brodé de fil d'or à la manche, un même blason. Un O et un L délicatement entrelacés ; motif que l'on retrouvait également sur le couvre-lit.

La chambre ne comportait qu'une seule fenêtre. L'huisserie était intacte, solide. Si un enlèvement violent ou un drame sanglant avait eu lieu ici, il n'en subsistait plus la moindre trace.



Asterious

Selanna ne paraissait guère à son aise, mais cela n'avait rien d'étonnant en de telles circonstances. Elle semblait sur ses gardes, presque méfiante. Asterious, quant à lui, se savait plus apaisé ; pourtant, la véhémence de ses paroles passées flottait encore entre eux comme un malaise persistant.

Elle acquiesça silencieusement à ses explications, levant les yeux vers l'étage lorsqu'il évoqua Else.


Selanna
- Je ne connais pas Bremma depuis très longtemps, dit-elle en s'approchant des escaliers, avant de s'arrêter au pied de la première marche. Notre amitié est récente... mais elle s'est imposée avec une force que je n'aurais pas soupçonnée.

Elle remonta son châle sur ses épaules, comme saisie par un frisson. Drapée de pourpre et de noir, Selanna fixa le druide d'un regard au sérieux presque troublant. Dans la pénombre du vestibule, ses bijoux d’améthyste captaient la lumière d'un éclat singulier, presque surnaturel.

- Les drames resserrent les liens, voyez-vous. Elle marqua une pause, puis ajouta d'une voix plus basse : Et puisqu'il me faut encore me justifier... sachez que j’ai, moi aussi, connu la douleur.

Elle détourna brièvement le regard.

- Aujourd'hui, je considère Bremma comme ma sœur.

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Cette femme d'une trentaine d'années est d'une beauté sombre et renversante. Sa voix, comme chacun de ses gestes, semblent comme ralentis par une douce langueur.



Orienas

Tystarn était de ces hommes d'une bonhomie si franche qu'on les aurait crus incapables de mentir, même animés des intentions les plus pieuses.

- Oui, de bonnes nouvelles, sourit-il en posant aussitôt la main sur la chevelure de Joran. Personne ne semble être entré. Ce n'est qu'un peu de rouge sur la porte... une mauvaise farce, sans doute. Je vais laver ça à grande eau !

Son ton se voulait léger, mais son visage était trop grave pour que ses paroles sonnent juste. Orienas comprit sans peine qu'il ne s'agissait pas d'une simple plaisanterie.

- Dame Ormantrel reçoit votre amie prêtresse en ce moment même.

À ces mots, Joran releva la tête, les yeux encore gonflés de larmes.

- Elle pourra bientôt tous nous retrouver.

Il invita le demi-elfe à le suivre vers le manoir. Mais n'était-ce pas trop tôt ?



Trêve de jacasseries !
 
 
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PM
écrit le : Jeudi 12 Février 2026 à 21h54 par Orienas
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Bien que conscient que le domestique avait volontairement forcé la légèreté de son propos pour rassurer Joran, il poussa intérieurement un profond soupir. Aussi inquiétantes que soient les marques qui profanaient la porte du manoir, il n'était rien arrivé à ses occupants !

- Quel soulagement ! répondit-il avec entrain, se mettant au diapason du vieil homme. Les mystères qui entourent toute cette histoire nous sont montés à la tête, nous avons tout de suite craint le pire en apercevant ces traces sur la porte.

Ajustant la position du jeune garçon dans ces bras, il poursuivit sur le même ton :
- Sèche donc tes larmes, mon garçon, tu as entendu Tystarn : tu vas bientôt retrouver ta maman.

Suivant l'invitation du domestique, il se dirigea vers la porte d'entrée ouverte à travers laquelle on devinait dans la pénombre du vestibule la silhouette gracile de Dame Selanna et celle plus menue d'Asterious. Sentant la proximité de son fidèle compagnon, Cornichon le précédait d'une longueur.

Arrivant à proximité du battant il vit pour la première fois de près l'inquiétant symbole qui les avait tous mis en alerte. Il ajusta légèrement sa direction pour que l'enfant ne puisse pas le voir.
Malgré les nouvelles rassurantes apportées par le domestique, il restait sur ces gardes, parcourant du regard les alentours de la porte à la recherche d'un autre signe qu'aurait pu laisser derrière eux ceux qui l'avait tracé.


 
 
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PMEmail Poster
écrit le : Vendredi 13 Février 2026 à 12h09 par Asterious
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Astérious soutint le regard de Selanna sans défi, mais sans s’effacer. Il inclina légèrement la tête, en signe d’apaisement.

- Ne vous méprenez pas, Dame Selanna. Vous n’avez rien à justifier.

Sa voix était plus posée qu’auparavant, débarrassée de toute véhémence.

- Nous sommes maîtres de ce que nous taisons et esclaves de ce que nous disons. Je n’ignore pas que mes paroles ont pu vous heurter. Il est naturel que vous demeuriez méfiante à mon égard. Je le comprends et je le respecte.

Il marqua une pause, cherchant ses mots non dans l’orgueil, mais dans la vérité.

- Dites-moi… cela vous est-il déjà arrivé de sentir votre propre sang vous trahir? De percevoir, au cœur même de ce qui devrait être pur, une faille… une corruption? Dans la nature, cela existe. La sève peut s’altérer. L’eau la plus claire peut se troubler. Et parfois, c’est au sein des humanoïdes que l’ombre s’insinue.

Son regard se fit plus grave, mais non accusateur.

- Face à la détresse d’un enfant, face à sa fragilité. Comment voudriez-vous que les gardiens n’aiguisent pas leurs sens ? Qu’ils ne montrent pas les crocs ? Nous nous méfions de ce que nous ne connaissons pas, non par orgueil mais par devoir. Vous ne me connaissez pas. Pas plus que je ne vous connais. Et je ne vous demande pas de me faire confiance. Faites confiance à ce que votre instinct vous murmure de mes intentions. Mon dessein est simple : protéger Joran et tous ceux que l’ombre pourrait menacer.

Une lueur plus farouche traversa brièvement ses yeux.

- J’ai la tête dure comme la roche. Je peux être abrupt comme un sentier de montagne. Mais si l’on fait du mal aux plus fragiles alors oui, je me déchaînerai comme la tempête...



Niveau 0:
- Soins superficiels: Rend 1 pv à la cible.
- Illumination: Éblouit la cible (–1 aux jets d’attaque).
- Assistance divine: +1 à un jet d’attaque, jet de sauvegarde ou test de compétence.

Niveau1:
-Flammes: 1d6 points de dégâts, +1/niveau, contact ou lancer.
-Morsure magique: Une arme naturelle du sujet gagne +1 aux jets d’attaque et de dégâts.


"Les racines comme conductrices de résonance du vivant..."
 
 
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PMEmail Poster
écrit le : Samedi 14 Février 2026 à 16h00 par Else
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Else, après avoir fait un tour de la chambre et observé la fenêtre, afin de s'assurer qu'aucun indice n'avait été négligé, resta quelques instants dans la chambre d'enfant, afin de s'imprégner de l'ambiance. Elle ne connaissait Joran que depuis ce matin, mais elle arrivait quand même à imaginer le bambin jouer dans la pièce.

Puis, elle sortit et hésita. Elle avait très envie de jeter un œil aux autres pièces du manoir, tout en sachant pertinemment que cela était malpoli et ne serait pas apprécié par Arelle, si d'aventure Else n'était pas revenu avant que la servante ne sorte de la chambre. Elle se résigna à ne pas plus explorer les chambres, mais voulu quand même regarder dans les couloirs, voir s'il y avait éventuellement des fenêtres par lesquels quelqu'un aurait pu s'introduire. Elle se doutait bien que l'affaire était plus complexe que ça, mais par acquis de conscience, elle voulait vérifier cette possibilité.

Lorsqu'elle finit son tour, elle revint devant la porte de la chambre de dame Ormentrel, et se prépara mentalement à la rencontrer, et à lui annoncer les nouvelles concernant Joran. Elle savait qu'elle allait devoir se montrer patiente mais aussi convaincante. Elle ne voulait pas la brusquer, mais elle se dit que Joran était déjà bien impatient lorsqu'ils cheminaient ensemble, et elle se doutait que son impatience ne faisait que grandir, et qu'il ne devait pas comprendre pourquoi on ne le conduisait pas directement à sa mère. Un juste équilibre à trouver, donc. Elle prit quelques grandes inspirations afin de faire revenir sa concentration, et chasser la peur qui l'avait saisie lorsqu'elle avait vu le symbole inquiétant.



Niveau 0 :
- Création d’eau : jusqu’à 8L
- Assistance divine : bonus +1 (attaque, JdS, test de compétence) – toucher, 1 action
- Lumière : rayon de 6m

Niveau 1 :
- Soins légers : + 1d8+1 de PV
- Détection du mal

Sort de domaine : Sanctuaire
 
 
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PMEmail Poster
écrit le : Samedi 21 Février 2026 à 21h31 par La Goualeuse
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Orienas

Orienas, ne s'attardant pas devant le sinistre symbole pour mieux le soustraire à la vue de Joran, ne découvrit pas le moindre indice. Cornichon, en revanche, flairait le sol avec une insistance d'autant plus surprenante que la voix de son maître, certes indistincte mais parfaitement perceptible, aurait dû l'entraîner à l'intérieur du manoir. La tête relevée et les oreilles couchées, il gronda sourdement, avant de replaquer le museau sur la terre. Qu'avait-il senti, ou reconnu ?

La promesse d'enfin retrouver sa mère avait redonné de l'entrain au garçonnet, qui se débattit aussitôt le seuil franchi pour mettre pied à terre.



Asterious

Selanna, belle et froide comme le marbre, en partageait aussi l'inflexibilité : elle soutint à son tour le regard du druide, sans se dérober. Asterious la savait trop intelligente pour ne pas entendre l'accusation voilée sous ses métaphores champêtres. L'arche délicate de son sourcil gauche trahissait pourtant moins l'indignation ou la surprise que l'attention. Elle ne semblait ni offensée, ni intimidée, mais profondément concentrée.

Un silence plana - lourd des nouveaux avertissements, pour ne pas dire menaces, proférés par le gnome - avant qu'elle ne réponde.


Selanna
- Vous parlez en sage. Sa voix était douce, mais sans mollesse. La sève corrompue, l'eau troublée... Oui, cela existe. La nature des humanoïdes, grands ou petits, n'est pas plus à l'abri des vices que celle des forêts.

Elle inclina légèrement la tête, comme en écho au geste par lequel il avait initié leur joute verbale.

- Mais l'ombre ne s'insinue pas toujours là où l'on croit. Elle naît souvent de la peur, de la méfiance, ou d'une vigilance qui finit par voir des fissures jusque dans la pierre la plus saine.

Son regard, d'un noir aussi intense et profond qu'une nuit sans étoiles, ne l'avait pas quitté. Elle faisait preuve d'un sang-froid et d'un à-propos redoutables.

- Vous avez sans doute raison d'être un gardien. Ne le suis-je pas un peu moi-même à ma façon ? Les enfants, comme les veuves, ont besoin de crocs dressés autour d'eux.

Une ombre de sourire effleura ses lèvres, alors que la rumeur confuse des voix d'Orienas et de Tystarn affleurait du côté de la porte. Asterious ignorait tout de Selanna : il devinait néanmoins à leur échange qu'elle n'avait rien d'une femme ordinaire.

- Je n'aurai pas votre confiance : vous l'avez dit, votre tête est dure comme la roche. Je vous demande seulement de ne pas confondre votre instinct et votre crainte. Les tempêtes sont parfois nécessaires... Mais elles choisissent sans discernement leurs victimes. Et Bremma comme moi avons assez souffert.

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Cette femme d'une trentaine d'années est d'une beauté sombre et renversante. Sa voix, comme chacun de ses gestes, semblent comme ralentis par une douce langueur.



Orienas et Asterious

Tystarn, ignorant tout de la joute verbale qui venait d'avoir lieu, entra dans le vestibule alors que Selanna achevait sa phrase.

- La porte de derrière était bien barrée, déclara-t-il d'un ton rassurant. Rien à craindre de ce côté-là.

Orienas franchit le seuil à son tour. Dans ses bras, Joran se débattait avec une énergie surprenante ; Cornichon les suivait de près, truffe haute, toujours aussi alerte.

Le regard de Selanna se fixa aussitôt sur l'enfant. Une tension perceptible traversa ses traits. N'avait-elle pas averti du danger d'un choc trop brutal ? Le manoir était encore un lieu de deuil. Qu'adviendrait-il si la voix de l’enfant, chéri puis pleuré, résonnait soudain entre ces murs assombris ?

À force de se contorsionner, Joran glissa des bras d'Orienas et retomba sur ses pieds. Déjà il s'élançait vers l'escalier, le sourire aux lèvres, comme si rien ne pouvait plus l'arrêter.


- Maman ! hurla-t-il à pleins poumons, avec toute l'énergie que lui conférait sa joie naïve.


Else

Le temps était compté. Prudente, Else referma discrètement la porte de la chambre d'enfant et, à pas de velours, rebroussa chemin. Aucune des fenêtres qu'elle croisa ne semblait constituer une faille dans la sécurité du manoir ; par ailleurs très relative, un couple de vieillards en assurant la seule et unique garde au rez-de-chaussée. A bien y réfléchir, la prêtresse se rendait compte qu'il était finalement facile de s'introduire dans la bâtisse, peut-être plus en journée que de nuit. Wheloune était une ville sûre, sous étroite garde de la milice et des soldats du Roi ; les habitants leur faisaient pleinement confiance. D'ailleurs, un enlèvement comme celui de Joran était pour le moins inhabituel - exceptionnel, même.

Arelle avait fait vite. Les portes de l'endeuillée s'ouvrirent au moment précis où la jeune femme arrivait, quelques secondes à peine après avoir mis fin à son divin sortilège.

La chambre était vaste, disproportionnée même, pour une femme qui n'en occupait plus qu'un recoin. Deux volets seulement avaient été entrouverts pour la visite ; une lumière timide filtrait à travers les tentures lourdes, découpant des rais obliques dans la pénombre. Un feu somnolait dans une petite cheminée encastrée, dispositif courant dans les manoirs du Cormyr malgré les risques qu'il comportait. Les braises rouges diffusaient une chaleur inégale, plus symbolique que véritablement réconfortante. Il faisait bien trop chaud.

Le mobilier était riche sans ostentation. A droite de l'entrée, un espace aménagé pour recevoir : fauteuils capitonnés, table basse et tapis épais aux motifs fanés témoignaient d'un rang ancien, qui n'avait nul besoin d'en faire étalage. Plus loin, séparée par un léger changement de tapis, la partie nuit s'ouvrait autour d'un grand lit à baldaquin dont les rideaux, tirés à demi, retombaient en plis lourds. Une haute armoire à linge, une coiffeuse au miroir piqué de taches sombres, un paravent laissant deviner un nécessaire de toilette installé près de la cheminée complétaient l'ensemble.

Mais ce qui attira surtout le regard de la prêtresse était la desserte placée au pied du lit. Elle croulait sous les pots de faïence, les fioles de verre teinté, les sachets de toile noués de cordelettes, les mortiers encore poudreux. Certaines bouteilles contenaient des liquides ambrés ou opalins ; d'autres, presque vides, laissaient deviner qu'on en faisait grand usage. L'odeur de camphre dominait, âcre et pénétrante, mêlée à celle de baumes résineux et d'herbes écrasées. Elle imprégnait l'air au point d'en altérer le goût ; Else fut prise à la gorge et dut lutter un instant pour contenir un haut le cœur.

La vieille servante, maugréant, l'air soucieux, conduisit l'intruse auprès de sa maîtresse. Bremma Ormantrel reposait au milieu des oreillers, adossée avec précaution. Arelle avait fait de son mieux, sans parvenir à masquer l'évidence : les cheveux, autrefois sans doute épais et brillants, étaient tirés en arrière et maintenus par une attache discrète ; un peignoir de linge fin, soigneusement noué, dissimulait la maigreur excessive de ses épaules. Elle était d'une pâleur presque cireuse. Les pommettes saillaient sous une peau trop fine ; les lèvres, décolorées, semblaient privées de sang. Ses mains, posées sur la couverture, étaient si graciles qu'on eût dit qu'elles n'appartenaient plus tout à fait à ce monde. Ses yeux, cernés d'ombres violacées, se levèrent vers Else avec une lenteur douloureuse.

Elle comprit aussitôt que la vie ne la retenait plus que par un effort douloureux. Selanna n'avait pas exagéré la fragilité de son amie ; au contraire, elle avait échoué à en communiquer toute l'étendue.

Arelle s'écarta respectueusement, laissant la prêtresse avancer. Bremma tenta un faible mouvement de tête, comme pour saluer son hôte, mais l'effort sembla déjà trop grand. Sa voix, quand elle parla, n'était qu'un souffle éraillé :


Bremma Ormantrel
Vous êtes... la prêtresse... ?

Else eut à peine le temps de se présenter, puis d'introduire prudemment le motif de sa visite.

Un cri d'enfant jaillit du fond des escaliers, irrépressible, étonnamment puissant :
"Maman !" Le son, à peine étouffé par les murs, traversa la chambre comme une lame.

Bremma se figea. Ses yeux s'écarquillèrent d'une manière presque inhumaine. La dernière trace de couleur quitta ses lèvres, qui s'entrouvrirent dans une expression indécise - sourire ou grimace ? Un souffle court, étranglé, lui échappa et sa main se crispa sur la couverture.


- Non... murmura-t-elle.

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Cette femme n'est plus que l'ombre d'elle-même. D'une pâleur extrême, elle a le visage creux et les traits épouvantablement tirés. Tout semble lui coûter : la moindre parole, le plus petit geste, et même jusqu'à sa respiration.


Son regard chercha autour d'elle, puis alla vers la porte, pour finalement se perdre dans le vide, incapable de fixer quoi que ce soit. Son corps, si fébrile déjà, sembla vaciller de l'intérieur. Sa tête bascula sur le côté, les paupières battant quelques secondes, puis se fermant.

Bremma Ormantrel, la maîtresse du manoir, venait de défaillir.



Trêve de jacasseries !
 
 
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PM

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