En laissant traîner ses oreilles et en engageant la conversation là où il le fallait, Idriane avait réussi récolter quelques informations complémentaires sur sa destination. Rien d'extrêmement neuf, mais quelques données qui complétaient utilement le tableau qu'elle commençait à dresser à propos de Port-Ponant.
L'aasimar pensait avoir exploité les pistes les plus intéressantes. Elle aurait aimé en savoir plus sur le capitaine du navire sur lequel elle avait enquêté, de même que sur ses contacts. Mais l'information était probablement sensible et Verlus semblait avoir des préoccupations plus immédiates, ce qui était bien compréhensible si l'archimage locale était absente...
Pour l'heure, la jolie ensorceleuse avait décidé de passer la nuit au "Grand Magicien". Reprendre la route en soirée ne lui plaisait guère et cela laisserait au capitaine le temps de la contacter s'il faisait une découverte intéressante.
Avant de gagner sa chambre, elle décida de jouer un peu de musique dans la grande salle de l'auberge. C'était là une habitude qu'elle avait dû prendre assez tôt pour masquer la nature de ses pouvoirs. Mais la musique était devenue plus qu'une simple couverture et Idriane y avait réellement pris goût. La pratique musicale s'était progressivement imposée comme une manière de se détendre et de tisser des liens avec des inconnus.
Elle s'installa dans un coin de la grande salle, sortit sa harpe et ses doigts se mirent à glisser sur les cordes de l'instrument. Elle fredonna en accompaganant la mélodie les paroles d'une chanson qu'elle avait apprise lors de son passage à Riatavin :- Dans les brumes du Nord, sous les cieux de la Côte des Épées,
J’ai quitté les feux d’argent de ma vieille maisonnée.
Le vent portait l’odeur des pins de la Haute Forêt,
Et les cloches de mon village pleuraient dans le brouillard épais.
J’ai vu les tours de Mirabar mourir dans le matin,
Les mines et les marteaux s’effacer au loin.
Mon cheval boit l’eau noire des rivières sans nom,
Et chaque étoile étrangère alourdit ma chanson.
Les routes de la Marche sont longues comme les âges,
Les bardes dans les tavernes parlent d’anciens ravages.
Mais nul ne chante assez fort pour couvrir dans mon cœur
Le souvenir des collines où dormaient mes jeunes heures.
Oh, Terre lointaine, sous la lune d’hiver,
Tes chemins vivent encore dans la poussière de mes vers.
Et même au bout du monde, sous les dragons du levant,
Je porte ton nom sacré dans le souffle du vent.
Oh, Terre ancienne, au-delà des grands bois,
Chaque feu que j’allume me ramène vers toi.
Mais les dieux tracent nos vies comme des runes dans la pierre,
Et la route est un serment qu’on ne défait guère.
J’ai dormi sous les remparts de la fière Eauprofonde,
Écouté les marins jurer que la mer était ronde.
J’ai traversé les marais où les feux follets dansent,
Et les ruines oubliées mangées par le silence.
Dans les déserts d’Anauroch, la nuit mord comme un fer,
Le sable cache les os des rois et des sorcières.
Parfois je crois entendre, dans les tempêtes de cendre,
La voix de ma mère au loin qui m’appelle à reprendre…
Oh, Terre lointaine, sous la lune d’hiver,
Tes chemins vivent encore dans la poussière de mes vers.
Et même au bout du monde, sous les dragons du levant,
Je porte ton nom sacré dans le souffle du vent.
Les prêtres disent souvent que nul foyer ne dure,
Que les royaumes eux-mêmes deviennent poussière obscure.
Mais je garde au fond de moi, comme un trésor ancien,
Une poignée de terre enfermée dans ma main.
Quand viendra le dernier soir sous les étoiles pâlies,
Que Kelemvor ouvrira les portes de la nuit,
Qu’on chante encore une fois, près du feu vacillant,
L’histoire d’un voyageur qui regardait toujours devant.
Oh, Terre perdue, si loin derrière mes pas,
Les années sont des fleuves qu’on ne remonte pas.
Mais tant qu’un cœur se souvient au milieu des hivers,
Aucun exil n’efface la lumière d’hier.
Et quand tombera ma lame au bord d’une route grise,
Que les vents des Royaumes emportent ma devise :
“Loin des miens, loin des tours où mon enfance dormait,
Je n’ai jamais cessé d’aimer.”
L'artiste s'arrêta, quelque peu fatiguée par sa performance qui concluait une longue journée. Elle jeta un coup d'oeil à l'assemblée pour voir si son morceau avait réussi à capter l'attention d'une partie de la salle et s'apprêta à rejoindre ses appartements pour s'y reposer.
Si rien à ajouter, Idriane va se coucher. Elle prend soin de bien fermer sa porte à clé et de disposer ses affaires de manière à être prête en cas de fuite ou de départ anticipé. Si rien de spécial pendant la nuit et le début de matinée, elle fait sa toilette et mange un petit quelque chose avant de prendre la route vers Port-Ponant.
Lancers...
Idriane - Jet de compétence : Représentation : 7(d20) +1(deg) +5(Cha) = 13
La musique et la magie se ressemblent plus qu'on ne pense...