Quel est votre nom, voyageur ?
Eléasis (VIII) 1373, 2ᵉ chevauchée
   

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> Prologue (Idriane) : Inquiétant courrier
écrit le : Vendredi 27 Mars 2026 à 12h07 par Phineas
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Verlus passa de l'étonnement, à la terreur puis à un sens de l'organisation tout militaire.

- On descend.

Il poussa sa probable fille et Idriane vers les quais avec une vitesse et une discipline honorable avant de se laisser aller à une part de visible nervosité.
Pour autant, il ne s'arrêta pas, il marcha vers le bout du quai et agita un drapeau, visiblement à destination du navire de la marine cormyrienne, avant de traverser à nouveau le ponton dans l'autre sens vers son collègue.


- Abelard, trouve moi deux gabarres de remorquages. Réquisitionne des navires marchands si il faut, il faut sortir ce truc de là.

- Capt'ain le cons...

- J'en ai rien a foutre du conseil, bouge ton cul ou c'est ma trique derrière ton crâne.

La menace, qu'elle soit réelle ou non fit son effet, et le sympathique quoique peu hygiénique Abelard parti précipitamment accomplir sa mission. Enfin, Verlus revint vers Idriane, et la fit s'éloigner encore, posant une main protectrice sur l'épaule de sa fille.

- Foutus ponantais… c'est un bâteau incendiaire, c'est de la folie. Si ce truc s'était mis à brûler au milieu de la baie…

Il regardait le navire avec un regard dur. Un regard qu'il avait déjà vu ce genre de stratégie à l'œuvre, sur mer ou ailleurs.

- Heureusement, et visiblement, ça semble au moins en partie raté… à mon avis, ce rafiot est jamais parti de Telflamme, et tout ces trucs précieux… c'est la meilleure façon d'attirer l'œil ailleurs. T'es qu'un couillon Verlus…

Il se morigéna verbalement, sa fille lui tapota le bras.

- Ca m'étonnerait qu'il visait Pros. Ca fait trop de préparation et de fric pour un aussi petit port. Par contre, si ils arrivaient à l'envoyer foncer droit dans les quais de Suzail ou Marsembre… je sais pas tout, mais les connards de Port-Ponant détestent tous le Cormyr. Et plus encore ceux qui sont plein d'oseil.

Alors qu'il parlait, derrière lui, le vaisseau cormyrien lançait une barque à l'eau qui se mit à avancer vers le quai.



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écrit le : Mardi 31 Mars 2026 à 12h34 par Ahuizotl
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Idriane sentit peu à peu son inquiétude refluer. Verlus, en professionnel aguerri qu'il était, avait immédiatement pris les choses en main, tout en confirmant à l'ensorceleuse qu'il s'agissait probablement d'un brûlot.

¤ Voilà qui pose le décor... Ces Ponantais seraient donc capables d'infliger d'aussi atroces souffrances à leurs semblables, y compris des enfants innocents, des voyageurs et des marins qui n'ont aucun lien avec le conflit qu'ils entretiennent avec le Cormyr ? ¤

Une attitude aussi cruelle et perverse choquait profondément l'aasimar. Le capitaine ayant pris l'initiative, elle se sentait désormais quelque peu inutile. Elle l'interrogea :

- Qu'allez-vous faire du vaisseau ? Le couler précautionneusement loin du port ?

L'ensorceleuse se demandait quelle serait la suite des opérations. Se remémorant son passage à bord, elle ajouta :

- Ne pensez-vous pas qu'il serait utile de réinterroger le capitaine ? Quand j'étais dans le navire, c'est d'abord une perturbation dans le roulis qui m'a mis la puce à l'oreille... Je n'ai pourtant que peu navigué en comparaison d'un capitaine capable de piloter un tel bateau...



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écrit le : Vendredi 17 Avril 2026 à 09h07 par Phineas
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- Mon offre de tracter votre navire tiens toujours, Verlus.

Un homme d'une quarantaine d'année, les cheveux coupés à ras, une petite barbichette probablement taillé au strict autorisé, était arrivé derrière eux. Il avait tout d'un chondathan : cheveux bruns, grand et sec, yeux noisettes. Il était accompagné de quatre soldats de marines. Tous portaient la livrée bleue de la marine cormyrienne au dessus d'armure de cuir. Celui qui venait de parler, probablement le capitaine, portait en plus un manteau pourpre. Tous étaient propres, mais leurs tenues comme leurs visages avaient ce traits particulier des marins : tannés, comme si ils finissaient par ressembler aux cordes qu'ils maniaient toute la journée. Armée cormyrienne peut-être, mais marins tout de même.

- Comme celle que l'un de mes mages n'examine ce raffiot.

- Vous savez bien que ça ne dépend pas de moi, Harold. Le Conseil refuse pour le moment que votre navire approche plus ou que vos mages ne débarquent.

Verlus soupira, visiblement en désaccord avec la décision de ses employeurs.

- Dame Idriane, Harold Mors-Scoril, capitaine de la Wyverne. Capitaine, Idriane est une enquêtrice extérieure qui semble enquêter sur la raison du navire. Et je crois que ses capacités de détection de la magie vienne de me faire comprendre ce qu'il y a la dedans.

Il hocha la tête vers le vaisseau meurtrier.

- Vous avez raison Idriane, le capitaine du navire n'a pas pu ignorer ce que vous venez de me dire. Mais je crois comprendre d'où vient le roulis. Les navires de contrebandes ont régulièrement des doubles coques, pour cacher la marchandise… sauf que dans celui là, elle n'est pas remplie avec de l'or. Je vais en effet aller ré-interroger le capitaine du navire.

Il observa si son second trouvait un navire pour remorquer le brûlot.

- Enfin, une fois que nous aurons trouvé une méthode diplomatiquement acceptable de l'écarter, effectivement.

Le capitaine cormyrien une un petit sourire a la fois amusé et compatissant.

- Les commissaires de port ont les mêmes soucis partout Verlus.



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écrit le : Mardi 21 Avril 2026 à 17h48 par Ahuizotl
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Idriane était rassurée que Verlus envisage un nouvel interrogatoire du capitaine du vaisseau, cela lui semblait aussi élémentaire que capital pour conduire une enquête digne de ce nom. Elle avait plus d'une fois entendu parler de sortilèges capables d'arracher la vérité de la bouche de fieffés coquins, et elle ne doutait pas que la ville soit dotée d'interrogateurs de talent.

Le reste ne relevait pas directement de son ressort, c'était au capitaine de prendre en charge l'évacuation du brûlot et la gestion de ses implications sur les activités portuaires. L'ensorceleuse n'estimait pas être suffisamment au fait de la politique de Teziir pour pouvoir l'aider en quoi que ce soit.

Elle déclara poliment :


- Bien, je pense que je ne vous serai plus d'aucun secours pour le moment. A moins que je ne puisse encore vous aider, je vais rentrer à mon auberge. Je loge au Grand Magicien, vous pourrez m'y retrouver si vous avez besoin de mes services. En retour, je serais bien curieuse de savoir ce que pourrait vous dire le capitaine...

La jolie aasimar chassa une mèche de cheveux rebelle de son champ de vision et s'apprêta à prendre le chemin du retour, à moins que son interlocuteur ne la retienne.



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écrit le : Mercredi 13 Mai 2026 à 08h45 par Phineas
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hrp.gif J'ai pris le pli de te faire lancer un jet de renseignement, vu que c'était la logique (tu avais le choix au début d'aller fouiner dans les tavernes). On oublie souvent renseignements ! hrp.gif

Les deux hommes hochèrent la tête, et, alors qu'Idriane s'éloignait, reprirent une discussion qui avait probablement un intérêt pour quiconque s'intéressait directement aux lois locales.

Quelques heures plus tard...

Le soir tombait tranquillement sur Teziir. Idriane était rentré à l'auberge, avait erré un peu, se demandant que faire. Elle était, sur le chemin, passé par plusieurs tavernes et autres cantines de port. Remonter jusqu'à son auberge lui avait pris deux bonnes heures se faisant, mais elle avait réussi à réunir quelques informations. A l'Étrange Sirène, sur le port, une grande cantine en plein air, elle en appris beaucoup. Une fois passé le premier étonnement - la tenancière était effectivement une demie-sirène, les fées aquatiques, ce qui avait clairement l'air de jouer dans la popularité du lieu - elle avait pu récupérer un certain nombre d'informations venant d'elle. D'abord parce que la jeune femme - en apparence - semblait apprécier une discussion avec une autre demie-planaire, et aussi parce que, tout simplement, Idriane était une femme, ce qui était relativement rare dans sa clientèle. Puakena - Kena pour ses amis, qu'Idriane sembla devenir instantanément - lui appris que Verlus, célibataire endurci et vétéran d'une guerre qu'elle ne connaissait pas de l'autre côté du continent, était un peu bloqué dans la situation. D'un côté le Conseil faisait tout pour éviter d'ébruiter la situation - intérêt commercial oblige -, de l'autre si le navire cormyrien semblait une solution facile - il pourrait sans difficulté tracter le brûlot hors de la baie et le faire exploser - c'était contracter une dette envers le Royaume Forestier, dette qui visiblement venait se rajouter à une montagne d'autres, déjà existante. L'affaire, selon Kena, aurait été rapidement réglée si Azala, l'archimage locale, était en ville, mais la demie-fée, qui semblait connaître tout le monde, semblait savoir de source sûre que l'arcaniste se trouvait actuellement à Hautelune.

De Kena, et de Pelamon, un marchand itinérant qu'elle rencontra un peu plus tard à la Lanterne Marine, si la détestation de Port-Ponant était de toute cohérence, l'homme donna quelques détails. La situation commerciale était un peu plus complexe que la situation sociale. La ville criminelle restait un partenaire commercial. Notamment parce qu'elle n'avait pas toujours été une ville criminelle, ou tout du moins, pas avec autant d'évidence. D'ailleurs, il doutait clairement que cette attaque, si c'en était une, avait été validée par les autorités ponantaises, quelqu'elles soient. Sa réponse avait la précision qu'apportait le cynisme marchand : Port-Ponant était une société criminelle, c'était un type de société, qui avait les mêmes règles que les autres a commencer par le fait de ne pas trop donner à ses voisins de raisons de les rayer de la carte. Surtout quand l'un des voisins en question était l'une des plus grande force militaire du continent. Par contre, et Idriane n'en obtint pas plus mais c'était déjà ça, Pelamon n'avait aucun mal à imaginer que les jeux de pouvoirs particulièrement violents à l'intérieur même de la villes avait bien pu conduire à ce genre de stratégie.

Idriane, donc, était revenue à l'auberge, et devait décider que faire. Rester à Teziir, sans avoir beaucoup de possibilités de récupérer plus d'informations vu le peu de contact qu'elle avait. Soit aller à Port-Ponant et espérer trouver quelque chose qui pourrait l'aider.


Lancers...



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écrit le : Vendredi 15 Mai 2026 à 22h20 par Ahuizotl
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En laissant traîner ses oreilles et en engageant la conversation là où il le fallait, Idriane avait réussi récolter quelques informations complémentaires sur sa destination. Rien d'extrêmement neuf, mais quelques données qui complétaient utilement le tableau qu'elle commençait à dresser à propos de Port-Ponant.

L'aasimar pensait avoir exploité les pistes les plus intéressantes. Elle aurait aimé en savoir plus sur le capitaine du navire sur lequel elle avait enquêté, de même que sur ses contacts. Mais l'information était probablement sensible et Verlus semblait avoir des préoccupations plus immédiates, ce qui était bien compréhensible si l'archimage locale était absente...

Pour l'heure, la jolie ensorceleuse avait décidé de passer la nuit au "Grand Magicien". Reprendre la route en soirée ne lui plaisait guère et cela laisserait au capitaine le temps de la contacter s'il faisait une découverte intéressante.

Avant de gagner sa chambre, elle décida de jouer un peu de musique dans la grande salle de l'auberge. C'était là une habitude qu'elle avait dû prendre assez tôt pour masquer la nature de ses pouvoirs. Mais la musique était devenue plus qu'une simple couverture et Idriane y avait réellement pris goût. La pratique musicale s'était progressivement imposée comme une manière de se détendre et de tisser des liens avec des inconnus.

Elle s'installa dans un coin de la grande salle, sortit sa harpe et ses doigts se mirent à glisser sur les cordes de l'instrument. Elle fredonna en accompaganant la mélodie les paroles d'une chanson qu'elle avait apprise lors de son passage à Riatavin :


- Dans les brumes du Nord, sous les cieux de la Côte des Épées,
J’ai quitté les feux d’argent de ma vieille maisonnée.
Le vent portait l’odeur des pins de la Haute Forêt,
Et les cloches de mon village pleuraient dans le brouillard épais.

J’ai vu les tours de Mirabar mourir dans le matin,
Les mines et les marteaux s’effacer au loin.
Mon cheval boit l’eau noire des rivières sans nom,
Et chaque étoile étrangère alourdit ma chanson.

Les routes de la Marche sont longues comme les âges,
Les bardes dans les tavernes parlent d’anciens ravages.
Mais nul ne chante assez fort pour couvrir dans mon cœur
Le souvenir des collines où dormaient mes jeunes heures.

Oh, Terre lointaine, sous la lune d’hiver,
Tes chemins vivent encore dans la poussière de mes vers.
Et même au bout du monde, sous les dragons du levant,
Je porte ton nom sacré dans le souffle du vent.

Oh, Terre ancienne, au-delà des grands bois,
Chaque feu que j’allume me ramène vers toi.
Mais les dieux tracent nos vies comme des runes dans la pierre,
Et la route est un serment qu’on ne défait guère.

J’ai dormi sous les remparts de la fière Eauprofonde,
Écouté les marins jurer que la mer était ronde.
J’ai traversé les marais où les feux follets dansent,
Et les ruines oubliées mangées par le silence.

Dans les déserts d’Anauroch, la nuit mord comme un fer,
Le sable cache les os des rois et des sorcières.
Parfois je crois entendre, dans les tempêtes de cendre,
La voix de ma mère au loin qui m’appelle à reprendre…

Oh, Terre lointaine, sous la lune d’hiver,
Tes chemins vivent encore dans la poussière de mes vers.
Et même au bout du monde, sous les dragons du levant,
Je porte ton nom sacré dans le souffle du vent.

Les prêtres disent souvent que nul foyer ne dure,
Que les royaumes eux-mêmes deviennent poussière obscure.
Mais je garde au fond de moi, comme un trésor ancien,
Une poignée de terre enfermée dans ma main.

Quand viendra le dernier soir sous les étoiles pâlies,
Que Kelemvor ouvrira les portes de la nuit,
Qu’on chante encore une fois, près du feu vacillant,
L’histoire d’un voyageur qui regardait toujours devant.

Oh, Terre perdue, si loin derrière mes pas,
Les années sont des fleuves qu’on ne remonte pas.
Mais tant qu’un cœur se souvient au milieu des hivers,
Aucun exil n’efface la lumière d’hier.

Et quand tombera ma lame au bord d’une route grise,
Que les vents des Royaumes emportent ma devise :
“Loin des miens, loin des tours où mon enfance dormait,
Je n’ai jamais cessé d’aimer.”

L'artiste s'arrêta, quelque peu fatiguée par sa performance qui concluait une longue journée. Elle jeta un coup d'oeil à l'assemblée pour voir si son morceau avait réussi à capter l'attention d'une partie de la salle et s'apprêta à rejoindre ses appartements pour s'y reposer.

hrp.gif Si rien à ajouter, Idriane va se coucher. Elle prend soin de bien fermer sa porte à clé et de disposer ses affaires de manière à être prête en cas de fuite ou de départ anticipé. Si rien de spécial pendant la nuit et le début de matinée, elle fait sa toilette et mange un petit quelque chose avant de prendre la route vers Port-Ponant. hrp.gif

Lancers...



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