
Lorsque les compagnons revinrent à Mythdaë, ils ne retrouvèrent pas exactement l’île qu’ils avaient quittée. Ou plutôt, l’île n’était plus exactement la même pour eux.
Ils avaient quitté une terre encore étrangère pour descendre dans les galeries d’Inaë’wel, affronter les gobelins, les derros, l’entité que ceux-ci tentaient de faire apparaître, les esclavagistes et cette étrange architecture souterraine qui semblait relier des endroits séparés par des distances que nul d’entre eux ne pouvait encore mesurer.
Ils revenaient avec des survivants, des cartes, pour certaines complètes et d’autres incomplètes, des informations sur les passages souterrains et surtout la certitude que Mythdaë reposait sur un monde infiniment plus ancien qu’eux.
Les autorités avaient reçu les premiers rapports de Sylvanôr par ses pantins de brindilles, mais rien ne remplaçait le récit de ceux qui avaient vécu les événements. Les pertes avaient été importantes, mais le sauvetage avait réussi et plus d'une douzaine d'humains avaient été libérés. Les galeries avaient également été nettoyées en profondeur, tandis qu'un portail lié à Vud demeurait sous surveillance.
Désormais, pendant deux mois, ils allaient pouvoir respirer, du moins le croyaient-ils.
Le premier mois fut pour réapprendre à vivre en communauté. Dormir sans surveiller la porte. Les premiers jours furent presque entièrement consacrés au repos et, pour certains, ce fut difficile. Euskara fut probablement celle qui ressentit le plus fortement le contraste. Après avoir vécu enfermée, poursuivie et menacée, elle découvrait de nouveau la chaleur d'une cheminée, les odeurs d'une cuisine, le bruit des gens dans une rue et surtout l'absence de nécessité immédiate de regarder derrière elle. Le retour à l'Hermine accueillante lui fit du bien et réalisait combien elle fut marquée psychologiquement par ce qu'elle venait de vivre les semaines auparavant.
Pendant plusieurs jours, elle dormit beaucoup, mais ce sommeil n'était pas toujours paisible. Certaines nuits, elle se réveillait persuadée d'entendre le bruit des chaînes. D'autres fois, elle croyait entendre les cris des prisonniers et parfois, elle se réveillait simplement parce qu'il n'y avait aucun bruit. Ce silence-là était presque plus difficile à supporter.
Pierre de Pourpoint devint alors une présence régulière pour elle. Il ne la pressait pas, ne lui demandait pas de raconter. Il s'asseyait simplement avec elle. Cette présence silencieuse allait progressivement prendre une importance considérable.
Pour Sylvanôr, le repos fut presque impossible. Il avait passé sa vie à survivre, même lorsque le danger disparaissait, son corps continuait à le chercher.
Le premier matin où il dormit jusqu'au lever du soleil, il se réveillait brusquement, une main déjà sur son arme, puis il se rappelait où il était. Mythdaë, non pas dans les galeries ni en Outreterre, non, il était à Mythdaë.
Il sortit, marcha, observa les gardes, les entrées, les sorties, les chemins, les arbres, les gens, puis il se rendit compte qu'il faisait exactement ce qu'il faisait toujours lorsqu'il ne savait pas quoi faire… il cherchait un danger. Cela allait devenir son premier véritable problème pendant ces deux mois. Il devait apprendre à vivre dans un endroit où il n'était pas nécessaire d'être constamment le prédateur.
Sylvanôr avait accepté cette mission comme une épreuve, un test envers les autorités de l’île pour qu'il apprendre à diriger, malgré son passé et sa difficulté à considérer les humains autrement que comme une menace. Mythdaë allait donc devenir sa seconde épreuve, car il y avait eu à son retour, une ombre qu’il avait aperçue à la forge, Isabelle Stayanzoba, dite Forge-Voix.
C'est durant cette première semaine que quelque chose commençait véritablement. Le premier contact avait déjà eu lieu au retour. Isabelle avait observé Sylvanôr depuis l'entrée d'I Lirë Yaisä. Elle avait souri en le voyant vivant et Sylvanôr, qui avait toujours eu du mal avec les enfants, s'était même surpris à jouer avec eux pour attirer leur attention avant de repartir faire son rapport, puis, lorsqu'il avait levé les yeux vers la forge, Isabelle avait disparu dans l'ombre. Le rôdeur-roublard avait pourtant senti sa présence. Il lui avait souri, sans la voir et il s'était signé vers elle.
Leur première véritable conversation fut trois jours plus tard, Sylvanôr avait passé devant la forge. Il n'avait aucune raison particulière d'y aller, du moins aucune qu'il aurait accepté d'avouer. Isabelle travaillait, comme toujours, laissant le bruit du marteau frapper le métal qui résonnait dans la rue, puis silence, aucun autre frappement, Sylvanôr s'arrêtait sans entrer.
Elle le vit, sans lui demander pourquoi il était là, continuant simplement son travail elle dit sur un ton amuser…
-Vous avez encore cette habitude de regarder derrière vous? -Sylvanôr tourna légèrement la tête en demandant…
-Quelle habitude? -
La voix d’Isabelle se fit plus douce… -Celle de vérifier si quelque chose vous suit. -
Se retournant pour lui faire face, il la vit. Toute souriante, puis elle ajoutait… - Voilà. -
L’ex-exclave restait silencieux un instant, puis, à la surprise de la Forge-Voix… -Vous aussi, vous regardez derrière vous. -
Elle posa son marteau et intrigué elle dit… -Moi? -
Le jeune bâtard répondit… - Vous m'observiez lorsque je suis revenu. -
Le silence s'installait et Isabelle ne chercha pas à nier, répondant avec une nouvelle joie intérieure… - Oui et parce que je ne savais pas si vous reviendriez. -
Cette phrase touchait Sylvanôr beaucoup plus profondément qu'elle ne l'aurait voulu. Il ne sut pas quoi répondre. Alors, il fit ce qu'il faisait toujours lorsqu'une émotion lui échappait… il changeait de sujet.-Votre forge fonctionne bien. – Demandait-il nerveusement.
Elle éclatait de rire et ce fut probablement leur première vraie complicité.
À la deuxième semaine, Mythdaë découvrit ses héros. Les compagnons commencèrent à sortir davantage. L'île les connaissait désormais. Les enfants racontaient leurs exploits, ajoutant naturellement quelque chose qui, selon eux, était la vérité : Euskara avait combattu des armées entières; Gunlann parlait directement aux dieux; Hrilna avait détruit une prison à mains nues; Jacinthe pouvait devenir invisible; Kleli pouvait voler sur un goéland géant; Khor commandait des rats sanguinaires; Kor pouvait tuer un ennemi à cinquante mètres; Ollayee avait parlé à un élémentaire ancien; Pierre de Pourpoint avait terrassé un monstre vampire en allumant sa pipe et Sylvanôr, lui, avait tué vingt gobelins, seuls.
La réalité était moins spectaculaire, mais les légendes étaient déjà nées.
Kleli fut probablement celle qui profita le plus immédiatement de cette période, n’ayant pas participé pour la dernière expédition dans les galeries, mais elle avait commencé à voler avec Gloumsh le terrible, ne laissant personne de l’île indifférent à ses prouesses.
La jeune hin, depuis les airs, avait découvert une zone rocheuse au nord qui semblait être reliée aux profondeurs. L’endroit même où nos héros étaient sortis, elle avait investigué et transformait progressivement ses vols en véritables reconnaissances.
Elle cartographiait, avec l’aide de Gunlann : les cours d'eau; les chemins; les zones forestières; les reliefs; les accès côtiers; les secteurs inhabités; les endroits où la forêt semblait anormalement dense. Elle découvrit aussi que son sentiment d'être observée depuis les galeries n'avait pas complètement disparu. Parfois, en plein vol, Sheelie devenait nerveuse et lorsque cela arrivait, Kleli évitait instinctivement certains secteurs. Sans comprendre pourquoi.
Gunlann transformait son séjour en véritable période d'étude et de labeur, lorsque Kleli lui permettait. Elle voulait comprendre Mythdaë, pas seulement sa population, mais son sol. Elle passait plusieurs journées avec des gens qui travaillaient la terre, les plantes et les forêts. Étudiant les endroits où poussaient les plantes médicinales avec l’aide de Dame Euskara. Ensemble, elles établirent les premières zones où certaines espèces pourraient être cultivées. Gunlann s'intéressait également aux rapports entre les eaux souterraines et les galeries d'Inaë'wel qui l’avait intrigué fortement, découvrant qu’il se réalisait une forme de pompe mécanique, et ce, tout naturellement dû à un système ingénieux de passe étroite et de végétation qui laissait passer l’eau d’un côté et la retenait de l’autre; une forme de valve naturelle qui s’était formée par un quelconque hasard.
La hin du nord commença surtout à méditer sur les paroles reçues : « L’unité et la diversité font la force. » Ces mots avaient déjà accompagné les événements de l'expédition. Gunlann commença à comprendre qu'ils ne concernaient peut-être pas seulement que les Trois Déesses. Ils semblaient étrangement correspondre à Mythdaë elle-même. Des elfes, des humains, des nains, des gnomes, des hin, des créatures venues de régions différentes. Tous réunis sur une même île.
Elle commença alors à considérer Mythdaë non comme un refuge temporaire, mais comme un lieu susceptible de devenir une communauté.
Euskara passa beaucoup de temps près de l'eau; une île est propice à cela. Elle marchait regardant les familles, les enfants, les artisans, les bateaux. Elle se surprenait parfois à sourire sans raison, car intérieurement, un travail s’effectuait, elle commençait à considérer Mythdaë comme un endroit où sa famille pourrait éventuellement prospérer, notamment en raison du port, des terres et des plantes médicinales.
Durant ces deux mois, cette pensée devint de plus en plus concrète. Elle commença à se demander… *Et si je restais? * Pierre ne lui posait jamais cette question. Il n'en avait pas besoin. Il était simplement là. Ils commencèrent à marcher ensemble. D'abord quelques minutes, puis une heure, puis parfois toute une matinée. Il lui racontait des choses simples. Aucun de ses exploits ni de la guerre, seulement des choses insignifiantes. Ce qu'il aimait manger, les endroits qu'il avait visités, les choses qu'il trouvait belles.
Dame Euskara découvrit alors quelque chose qu'elle n'avait pas prévu; sa compagnie était plaisante.
Pour Hrilna, les deux mois furent beaucoup plus spirituels. Elle n'arrivait pas à oublier ce qui s'était produit dans les galeries. Elle avait ressenti la présence d'Aurile. Le dernier derro avait même subi une manifestation glaciale qui dépassait tout ce qu'elle aurait normalement pu expliquer.
À Mythdaë, Hrilna passa donc du temps près de l'eau et dans les espaces ouverts. Elle se sentait étrangère, mais elle commençait à apprécier les habitants, surtout ceux qui n'avaient pas peur d'elle. Les enfants, évidemment, l'adorèrent. Elle devint rapidement une sorte de géante protectrice pour eux et cela lui fit découvrir une sensation étrange: être utile sans avoir à tuer.
Jacinthe, elle, ne changea presque pas, du moins en apparence. La kobold continuait à se déplacer silencieusement, à observer, à disparaître, à réapparaître derrière les gens, mais elle commençait à connaître l'île mieux que certains habitants. Elle découvrit les meilleurs endroits pour disparaître.
Les toits, les arbres, les passages étroits, les murs, les endroits où l'on pouvait observer sans être vu, n’avaient plus aucun secret pour elle et avec Sylvanôr, elle continuait à avoir cette complicité presque inquiétante déjà visible dans les galeries. Ils formaient un tandem particulièrement efficace dans les opérations furtives et le rôdeur-roublard en fit une mission. Durant les deux mois, Jacinthe devint donc officieusement les yeux de Sylvanôr dans Mythdaë et les alentours proches, mais elle développa également une relation particulière avec Isabelle.
La Forge-Voix la fascinait. Jacinthe aimait les gens capables de transformer une matière brute en quelque chose d'utile. Elle passait plusieurs heures à observer le travail du métal et Isabelle finit par lui apprendre quelques gestes simples. Était-ce une manigance de Sylvanôr? Seul lui pourrait l’affirmer.
Khor et Kor, les deux frères de Jacinthe devinrent rapidement populaires. Très populaires, voire, trop populaires. Ils apprirent rapidement que les habitants leur donnaient parfois de la nourriture lorsqu'ils racontaient leurs aventures. Ils commencèrent donc à raconter des histoires. De plus en plus invraisemblables, puis ils se mirent à imiter Ollayee.
Ce qui fut une erreur, parce qu'Ollayee les encourageait. Ils devinrent les deux petits conteurs officieux de Mythdaë, mais, derrière les plaisanteries, quelque chose changeait. Les deux frères commencèrent à considérer l'île comme leur maison. Pour la première fois, ils pouvaient dormir sans attendre une attaque, ils pouvaient courir sans devoir fuir et cela eut une influence profonde sur Jacinthe qui devenant la chef de leur clan, le temps qu’ils retrouvent Vud.
Ollayee, naturellement, fut incapable de rester tranquille. Il se mit à chanter sur les prisonniers sauvés, les galeries, l'élémentaire de l'eau, les gobelins, les derros. Dame Euskara, Pierre, Gunlann, Hrilna, Kleli, les deux frères, Jacinthe et Sylvanôr. Bien évidemment, sur lui-même.
Son rôle devint rapidement beaucoup plus important qu'un simple amusement. Il faisait circuler les nouvelles, rapprochant ainsi les gens. Il connaissait les marchands, les gardes, les voyageurs, les pêcheurs et, bientôt, Sylvanôr comprit quelque chose: Ollayee était un réseau d'informations à lui tout seul.
Cela expliquait également pourquoi le barde avait pu connaître aussi rapidement l'existence de l'expédition. Il avait entendu parler de leurs activités avant même d'être officiellement intégré au groupe. Sylvanôr commençait donc à lui faire davantage confiance, mais jamais totalement. Pas encore.
Le deuxième mois fut différent. Le premier avait été celui de la récupération. Le second devint celui de l'intégration. Les compagnons commencèrent à avoir leurs habitudes. Ils ne mangeaient plus nécessairement tous ensemble. Ils avaient leurs occupations, leurs lieux, leurs relations et surtout, leurs attaches.
Sylvanôr et Isabelle, leurs relations devinrent évidentes. Le changement le plus visible fut celui de Sylvanôr. Il commençait à passer régulièrement devant la forge. Au début, Isabelle le taquinait…
- Vous avez encore besoin de quelque chose? -Non. -Alors pourquoi êtes-vous là? - Je passais. - Vous passez souvent. -La rue est pratique. -
Elle riait, puis, un jour, elle lui demandait, s’il voulait apprendre en lui tendant un marteau, Sylvanôr hésitait, car il avait toujours été doué pour détruire, pour chasser, pour tuer, mais fabriquer quelque chose? Il prit le marteau. Le premier coup fut mauvais, le deuxième pire. Isabelle éclatait de rire. Il la regardait sévèrement, puis elle vit quelque chose qu'elle n'avait probablement jamais vu chez lui: Sylvanôr souriait.
Il recommençait, jour après jour, il apprit à chauffer le métal. à écouter son changement de son, à frapper sans brutalité, à laisser la matière répondre et cette activité eut sur lui un effet presque thérapeutique. La forge devint le seul endroit où il pouvait être silencieux sans être en alerte.
Une relation naissait, une reconnaissance mutuelle, une chaleur nouvelle, une curiosité et une attirance qui commençait à peine. Le premier regard du retour contenait déjà cette « lumière », cette « chaleur » et cette reconnaissance. Isabelle devenait progressivement la personne devant laquelle Sylvanôr n'avait pas besoin de prétendre être fort et c'était probablement ce qui lui faisait le plus peur.
Sylvanôr eut d’autres relations, aussi basé sur son évolution, avec celle qui demeuraient la personne à plus de contribués à faire évoluer son regard sur les humains; Dame Euskara.
Sylvanôr avait accepté cette mission notamment parce qu'il devait mettre sa répugnance envers les humains de côté et qu'Euskara était devenue pour lui l'exception démontrant que tous les humains n'étaient pas semblables. Durant ces deux mois, cette relation devient presque celle d'une mère spirituelle involontaire.
Euskara comprit Sylvanôr, sans vouloir le changer. Elle lui parlait, le corrigeant parfois et surtout, elle lui montrait qu’un homme peut être fort sans toujours être dangereux. Sylvanôr, de son côté, devenait extrêmement protecteur envers elle. Non pas de façon possessive, mais plutôt comme quelqu'un qui a enfin trouvé une personne dont il refuse de voir souffrir. Pierre aimait être présent avec eux et Sylvanôr put aller plus profondément dans sa guérison.
Avec Gunlann il eut cette relation qui le confrontait le plus intellectuellement. Elle avait continuellement contesté ses décisions, ses méthodes, son rapport à la violence et parfois même son rapport aux humains. Elle avait remis son rapport qui n’allait pas dans le sens auquel il s’était attendu.
Ils se disputèrent à la suite de ce rapport, souvent, mais leurs disputes devinrent productives. Gunlann lui apprenait à réfléchir au-delà de la mission. Sylvanôr lui apprenait à considérer les conséquences pratiques d'une décision. Ils finirent par devenir complémentaires.
Kleli représentait l'autre côté de sa personnalité, lui apportant de la légèreté. Elle le forçait parfois à sortir. Elle l'embarquait dans des vols avec Gloumsh. Au début, il refusait, puis finit par accepter et découvre Mythdaë depuis le ciel. Cela devient un moment important parce qu'il voit enfin l'île comme un territoire à protéger, et non comme une zone à surveiller.
Entre Jacinthe et Isabelle se formait une forme de symbiose, car Isabelle ne voyait pas Jacinthe comme une créature étrange ou dangereuse, non, elle la voit comme une personne habile. Elle lui montre les outils. Jacinthe apprend à entretenir une lame, puis à aiguiser, à reconnaître les métaux.
La Forge-Voix découvre rapidement que la kobold possède une patience surprenante lorsqu'elle travaille avec ses mains. Jacinthe, elle, découvre quelque chose d'inédit : une adulte qui lui enseigne sans lui demander de devenir quelqu'un d'autre.
Pierre de Pourpoint, durant ces deux mois, ne reste jamais loin de Dame Euskara. Il la laisse retrouver son équilibre. Pierre le comprend, ne forçant rien et paradoxalement, cette absence de pression est précisément ce qui permet à Euskara de réaliser la bonne intention du paladin. À la fin du deuxième mois, elle commence à attendre ses visites et, lorsqu'un matin il ne vient pas... elle remarque qu'il lui manque, comprenant alors que quelque chose avait changé, mais quoi?
Maintenant, si Kleli connaît désormais les alentours de l'île depuis le ciel, possédant de nouvelles habitudes avec Gloumsh et commence à considérer les vols comme une véritable fonction de reconnaissance. Que Jacinthe se soit rapprochée de la forge et, surtout, qu’elle considère désormais Mythdaë comme un lieu qu'elle pourrait défendre, soit en surface ou dans les galeries. Que Khor et Kor sont devenus des personnages connus des enfants. Ils font des bêtises. Beaucoup, même, mais ils commencent surtout à comprendre ce que signifie avoir un endroit où revenir.
Qu’Ollayee est devenu la voix officieuse des aventures de Mythdaë, et probablement son meilleur diffuseur d'informations.
Que Pierre dans son attente, ne forçant rien, mais espérant, est devenu une présence régulière auprès d'Euskara.
Qu’adviendra-t-il de Gunlann, de Dame Euskara, d’Hrilna et de Lou-Will?
Ce dernier qui cherchait la bibliothèque, pas nécessairement pour y entrer, mais pour savoir si elle existait. Il avait développé avec Pierre une habitude commune, se retrouvant régulièrement le soir, parfois sans même avoir prévu de se rencontrer. Deux silhouettes assises quelque part près de l'eau, deux pipes, deux hommes qui parlaient rarement directement de ce qui les préoccupait. Lou-Will apprit aussi qu’entrer dans la bibliothèque de Mythdaë, n’était pas pour tous, il y avait des règles sévères à suivre. Une fois à l’intérieur, il avait découvert qu’elle n’avait rien à voir avec son rêve, cependant, à un moment, dans un reçoit de celle-ci, il reconnaît une architecture, pas exactement, mais suffisamment. Une colonne, une orientation, une vieille pierre et surtout... un symbole. Il comprend alors que son rêve n'était peut-être pas une vision aléatoire. Quelque chose à Mythdaë correspondait réellement à ce qu'il avait vu dans son rêve.


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