Quel est votre nom, voyageur ?
Flammerige (VII) 1373, 2ᵉ chevauchée
   

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> Chapitre 1 : L'héritage
écrit le : Vendredi 26 Novembre 2021 à 20h09 par Iskender
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Dès qu'il perçut les premiers bruits de la course du garçon, Iskender s’était immédiatement replié sur le groupe, rappelé son chien d’un sifflement et encoché une flèche... dans cet ordre ! C’est avec soulagement qu’il avait vu qu’il n’y avait aucun danger. Il était un peu trop sur les nerfs mais compte tenu de ce qu’on leur avait raconté, il préférait en faire trop que pas assez. C’est d’ailleurs le conseil que lui avait donné Volubilis : « Mieux vaut être trop prudent que pas assez !». Et il était loin des endroits qu’il avait l’habitude de fréquenter.
Les paroles du jeune garçon ne lui avait pas permis de reconnaitre la créature qu'il décrivait, mais Iskender était persuadé que le garçon disait la vérité. Peut-être que les traces qu'il avait vu étaient celle de Thiol ?


¤ Si ce Thoil joue avec le garçon, il ne doit pas être dangereux. Enfin, à voir… ¤

La proposition du nain lui parut raisonnable, autant pour avoir des informations sur le domaine que sur les dangers de la forêt.


- Si nous voulons aller voir les parents du garçon, il faudrait trouver un chemin pour y aller avec la charrette, dit-il en s’adressant au groupe.

Il attendait la décision du groupe pour interroger le jeune sur un chemin possible pour aller chez ses parents. Et peut-être qu'ils pourraient rencontrer Thiol pour savoir de qui il s'agissait : Il était vraiment curieux de le savoir



"L’amour, c’est ne pas pouvoir empêcher le cœur de piétiner l’intelligence."
 
 
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écrit le : Samedi 27 Novembre 2021 à 16h29 par La Goualeuse
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L'Amnien était-il bien ce qu'il prétendait être ? Kald, méfiant, en doutait au terme de sa laborieuse tentative d'accompagner Jafert dans le déchiffrement du parchemin. Il fallait reconnaître qu'il était un pédagogue sévère et peu patient, dont les sèches instructions guidaient avec agacement et condescendance son infortuné élève. Les lignes arcaniques finissaient toujours par se confondre pour le novice, incapable de les suivre assez longtemps pour découvrir les schèmes complexes emprisonnant le sortilège. L'audacieux personnage avait fort bien pu mentir sur ses talents magiques pour se faire engager. Après tout, il n'avait jamais encore lancé de sort et semblait avant tout compter sur son arbalète pour le défendre...

- As-tu bien fini tes classes ? l'interrogea-t-il en roulant la feuille de vélin avant de la replacer dans son sac.

Comme à son habitude, le Sossrim fut peu disert au coin du feu, écoutant ses camarades deviser d'un air distant. Il s'était isolé quelques instants pour rendre hommage à Saukuruk, rituel auquel ses compagnons ne l'avaient encore jamais vu déroger. Jeanne s'en souvint peut-être, la Déesse du Glacier inspirait un respect mêlé de crainte chez ses initiés. Peut-être était-ce pour cela qu'il se montrait si assidu ? Il n'était pas non plus impossible que le Frère du Gel tire ses pouvoirs de ce recueillement nocturne, tel Falrin qui priait aux premières lueurs du jour.

Au matin, ils reprirent leur voyage bien plus sereins que la veille. Leurs yeux s'habituaient déjà aux reliefs ombrageux de la forêt, comme leurs pieds aux hasards de la route, et dégager une roue des ornières, à force de répétition, était presque devenu une formalité. L'ensorceleur tenait la bride du canasson quand les éclaireurs, quelques mètres au-devant, se figèrent. Un sifflement retentit - Iskender rappelait son chien - alors que Jeanne, sur la défensive, s'apprêtait à retirer sa lame de son fourreau. Il freina le cheval, reculant de quelques pas afin de tirer le mors en arrière. Lorsqu'il releva la tête vers ses compagnons, un gamin avait surgi des bois.

Kald emboîta le pas à Falrin, qui avait déjà dépassé la charrette pour aller aux nouvelles. S'il arrivait trop tard pour l'entendre se présenter, il put en revanche écouter les pleurnicheries de l'enfant et la description de Thoïl.


*Un dragon-fée ?* pensa-t-il spontanément, identifiant la créature à sa taille modeste et à ses ailes de papillon. Le caractère espiègle de Thoïl, friand de jeux, correspondait parfaitement, ainsi que son talent pour se dissimuler.

Il n'y avait de bon dragon qu'un dragon mort pour les Sossrims, aussi ne valait-il mieux pas partir en chasse... Hélas Falrin cédait déjà à la requête larmoyante du geignard, rapidement rejoint par Iskender, sous le regard attendrie de la paladine dont il devinait déjà qu'elle se porterait au secours de l'orphelin (quand bien même il avait des parents qui, eux, ignoraient à raison ses lubies). Le clin d'œil du nain rencontra le regard glacé de Kald qui, sans surprise, était resté de marbre devant les malheurs de Tipeur.


- As-tu cherché dans la crypte du manoir, gamin ?demanda-t-il en s'avançant, le visage impassible, ignorant la proposition du trappeur. C'est là-bas que nous allons, pour un travail urgent - il insista sur ce mot, son regard passant du petit à Jeanne puis aux autres - qui ne peut être retardé. Des affaires d'adultes...

Il était visiblement coûteux à l'ensorceleur de faire usage de tant de diplomatie, l'impatience perçait à chaque phrase.

- C'est une très, très, bonne cachette. On regardera pour toi si Thoïl y est.



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écrit le : Lundi 29 Novembre 2021 à 15h49 par Jafert
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Jafert toujours à l’arrière du convoi écoutait les propositions de chacun. La condescendance sympathique dont faisait preuve le glacial ensorceleur tira un sourire au visage de Jafert. L’aubergiste de manquait pas de tendresse pour le bout de choux aux joues roses mais il fallait avouer que les aventuriers avait des choses bien plus importantes à faire qu’à raccompagner un enfant chez ses parents pensait l’amnien.

Les provisions de la troupe étaient encore conséquentes et la discrétion de leur arrivée pouvait être un atout au cas où le manoir serait à nouveau habité. D’un autre côté, il pouvait être utile d’obtenir des dernières indications et recommandations avant d’aller s’engouffrer dans ce manoir qui pouvait aussi être en ruine. Pour la discrétion c’était un peu raté, le bavard petit garçon aurait sitôt raconté sa rencontre à ses parents, lui qui ne devait pas rencontrer tant de passant par ici. Il valait mieux prendre les devants :


- Allons rencontrer ses parents. Ils pourraient répondre à certaines de nos questions si ce n’est pas nous guider jusqu’au manoir. Inutile d’éveiller la méfiance des locaux, allons-nous présenter, mais ne perdons pas trop de temps.


La voie de Jafert, mettait Kald un peu plus en minorité dans le groupe. L’ensorceleur froid et direct semblait vouloir en finir le plus vite possible alors que Jafert profitait de l’instant, lui qui n’avait nul autre avenir à Athkatla. Sa relation avec Kald restait réduite au minimum, non pas que le Sossrim y mettait de la mauvaise volonté mais cet enchanteur glacial n’avait pas manqué de douté des compétences du tavernier lors de son échec de décryptage de la magie. Jafert n’était pas susceptible mais son amour propre en avait pris un coup et il n’avait pas osé répondre à l’interrogation de son collègue. Lui qui s’imaginait déjà mage de renom, tombait des nu, il ne suffisait pas d’étudier à ses heures perdus pour être un magicien, car en effet il n’avait jamais suivit de cursus scolaire en la matière.


¤ Si je veux atteindre un niveau correct, il faut que je consacre plus de temps à l’étude des parchemins. J’ai besoin de calme et de temps pour apprendre, c'est incompatible avec cette vie de mercenaire, je pourrais bien m’établir par ici, dans l'Ouest. Profitant du butin amasser dans la crypte, pourquoi par ouvrir une auberge à Velen. Dans ce cas-là, je pourrais étudier les arts en même temps… et si le trésors est encore plus sérieux, je pourrais me consacrer pleinement à l’étude, pourquoi pas trouver un maitre ou rentrer dans une école. ¤



Sorts préparés :
Niveau 0 (3/j, reste 3) : Destruction des Mort-Vivants (1), Lumière (1), Manipulation à distance (1)
Niveau 1 (2/j, reste 1) : Hypnose (1), Mains brulantes (1)
 
 
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écrit le : Lundi 29 Novembre 2021 à 15h55 par Jeanne de Fleurrouge
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L'avancée avait été des plus frustrante. Entre le terrain accidenté et la prudence qu'elle jugeait excessifs d'Iskender, le groupe avait progressé trop lentement au goût de Jeanne. Leur retard les avait obligés à bivouaquer avant leur arrivée à destination. Cela mit la paladine de mauvaise humeur et le resta une bonne partie de la soirée. Elle ne se gêna pas pour faire une remarque, qu'elle voulait diplomatique, sur la façon de faire du rodeur. Elle savait qu'il avait la sécurité du groupe à coeur, mais à vouloir être parfait on pouvait faire pire.
Après la discussion, elle passa ensuite une bonne partie à entretenir arme et armure, plus pour se calmer que par réel nécessité. Elle en profita aussi pour décrotter ses bottes, la mousse et la terre qui s'y était accumulée rendaient parfois son pas glissant.

La chevaleresse se porta volontaire pour le premier tour de garde. Elle portait encore son armure et elle ne voulait pas perdre de temps à la retirer et l'enlevait plusieurs fois. Une fois son tour réalisé, elle ota sa protection de métal et alla se coucher un peu à l'écart du groupe. La jeune femme était toujours mal à l'aise à l'idée d'être trop exposée envers la compagnie. Elle avait toujours dormi dans un dortoir non mixte lorsqu'elle et Sir Thrynnar étaient stationnés à Riatavin. Son maître se montrait également très avenant lorsqu'ils s'arrêtaient dans une auberge, demandant une chambre séparée ou au moins qu'un paravent soit installé. Quand ils dormaient dehors, ses efforts étaient limités, mais ils essayaient toujours de respecter la pudeur de la jeune fille qu'elle était alors. La jeune fille qu'elle était appréciait ses intentions, mais elle avait confiance en lui pour ne pas prendre de précaution. Finalement, tous ces petits gestes ont fait que Jeanne était restée pudique, bien plus que d'autres femmes d'armes plus expérimentées, surtout que la confiance n'existait pas encore au sein du groupe.

Le lendemain, la compagnie se mit en route. La nouvelle journée promettait d'être identique à la précédente quand des pas pressés se firent entendre avant qu'un enfant surgisse d'entre les broussailles. Jeanne avait réagi, vite presque inconsciemment, et avait déjà porté sa main à son épée. Elle se détendit toutefois en voyant qu'il ne s'agissait que d'un enfant. Ce dernier était paniqué, surpris et effrayé. Il se demandait surement ce qui allait lui arriver lorsqu'il comprit qu'il était tombé nez à nez avec une compagnie armée. Il se calma relativement en voyant la chevaleresse. L'héraldique présent montrait le statut de la jeune femme et qu'on l'aime ou non, la noblesse a toujours représenté l'autorité, même si certain oubli volontairement les devoirs qui vont avec.
Afin de lui parler, la jeune noble mit un genou à terre, c'était contraire aux règles de l'étiquette, mais c'était également le droit des enfants de pouvoir s'y soustraire en certaines occasions. Le but était de se mettre à sa hauteur afin qu'il se concentre sur elle et s'ouvre plus facilement lorsqu'elle lui demanda qui il était et qui était ce Thoïl. La réponse fut vive et discourut, comme on pouvait s'y attendre de la part d'un enfant. Les informations rendirent Jeanne confuse. Elle pensait devoir gérer la disparition d'un ami humain, ou au moins humanoïde, pas d'une fée. En partant du principe que Thoïl existait, l'information l'inquiétait. Il y a tellement d'histoire, bonne ou mauvaise, sur les fées qu'elle ne voulait pas le laisser seul avec une de ses créatures.
Elle passa un peu trop de temps à réfléchir et tout le groupe avait pris sa décision. Elle ne fut pas surprise d'entendre Kald utiliser une manière détournée pour refuser d'aider l'enfant. De toute façon, son avis était sans importance. Elle était une noble du Téthyr et son devoir était de protéger son peuple, même si la protection demandée était insignifiante. Le gamin finirait par se faire tuer à force de chercher seul son ami, c'était une raison suffisante. Elle donna donc sa réponse au petit Tipeur.


- Bien sûr que nous allons t'aider, mais comme l'a dit mon compagnon il faudra d'abord aller voir tes parents. De toute façon, ton ami n'irait pas se cacher dans une crypte. Cela serait stupide et trop effrayant pour pouvoir y jouer tranquillement.

Après avoir rassuré l'enfant, Jeanne se releva et frotta négligement sa genouillère afin de retirer la boue qui s'y était incrusté. Elle se tourna vers le sorcier de givre.

- La crypte ? Vraiment ? Vous êtes bien trop intelligent pour y penser sérieusement. Je ne doute pas c'est l'objectif de la mission qui a dut embrouiller votre pensée. De plus, comme la fait remarqué Jaffert, ce détour nous permettra d'avoir des informations sur le secteur. En plus d'avoir une indication précise sur l'emplacement du manoir et de la crypte et ses éventuels occupants.

Jeanne se retint d'aller plus loin dans la provocation. Elle n'avait pas aimer que le jeune homme ignore aussi vite la requête du jeune garçon. Elle s'adressa ensuite à Iskender.

- Tipeur sera notre guide, il vaut mieux ne pas se séparer et partir trop en avant ou on risquerait de se perdre.



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écrit le : Mercredi 01 Décembre 2021 à 15h10 par La Goualeuse
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Un éclair de colère embrasa le regard de Kald lorsque l'Amnien prit parti contre lui, mais il réussit à tenir sa langue. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire narquois qui cachait mal sa déconfiture : la dernière phrase de Jafert, tout en contradictions, était un véritable chef-d'œuvre d'ineptie. La meilleure façon de ne pas éveiller la méfiance des bucherons n'était-elle pas de les éviter ? Et suivre le gamin ne leur ferait-il pas justement perdre du temps ? Le sens logique faisait tout à fait défaut à ce pauvre homme, qui ne pouvait décemment pas être un magicien.

La rage de l'impétueux enfant du Glacier explosa aux provocations de Jeanne.


Saukuruk temporte, toi et tous les imbéciles ! fulgura-t-il avec une vivacité que sa froideur habituelle ne laissait pas attendre.

Son poing serrant le bois de son bâton à l'en fendre, le visage tordu par la fureur, il s'efforçait de canaliser les flux magiques dont fourmillaient tous ses membres. Depuis son adolescence, les vives émotions s'étaient toujours accompagnées de terribles déflagrations magiques, qu'il avait longtemps peiné à maîtriser.


- Je vous croyais plus soucieuse du sort du seigneur Tantherim, Dame Fleurrouge, finit-il par articuler une fois la tempête apaisée. L'homme est pris à la gorge, mais peut-être a-t-il encore quelques meubles à liquider pour acheter un sursis. Une chasse aux papillons vaut bien que ce pauvre estropié dorme par terre, après tout...

De nombreux mots lui venaient encore, mais Kald était bien trop intelligent (il en convenait parfaitement avec la paladine) pour commettre l'erreur de surenchérir... Il n'avait hélas d'autre choix cette-fois que de se faire bête parmi les bêtes et d'abandonner la route pour rejoindre le troupeau de l'enfantin berger. Quant à savoir comment la charrette s'enfoncerait à travers les profondeurs sylvestres...





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écrit le : Mercredi 01 Décembre 2021 à 15h16 par Stor Mousseracie
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Les sourcils froncés, Tipeur secouait la tête devant les remarques, portant pleines de bon sens, qui lui étaient faites. Obstiné, il restait sourd à toute observations visant à minimiser la disparition de son ami.

Peurinn Boscalier
– Non, non, vous comprenez rien, c'est pas ça. Jamais Thoïl s'rait parti sans m'le dire avant. On était les meilleurs amis du monde, affirmait-il avec force avant de fixer Jeanne avec insistance, ayant identifié la jeune femme comme la plus susceptible de le croire. Et en plus, on allait pas jouer près du vieux manoir. Thoïl, il aimait pas les fantômes, même s'ils sont pas méchants. Non, on restait là pour jouer.

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Vif et l'air éveillé, cet enfant est un véritable moulin à paroles. Sa frimousse sympathique affiche néanmoins un petit air inquiet, comme si quelque chose le préoccupait vraiment.

Grimaçant, le gamin semblait réticent à amener les aventuriers jusqu'à ses parents, argumentant que cela ne servait à rien et que, de toute façon, son père n'aimait pas les étrangers. Devant la ferme insistance des adultes, Tipeur finit par accepter mais insista lourdement pour qu'ils ne leur parlent pas de Thoïl. Visiblement, le bucheron et sa femme étaient exaspérés par cette histoire et restaient persuadés que leur fils était victime de son imagination, ayant inventé cet ami pour justifier ses longues escapades dans les bois.

Spontanément, l'enfant avait saisi la main de Jeanne, s'accrochant à elle comme une huitre à son rocher. S'il trainait un peu des pieds au départ, il parut ensuite se résigner, guidant le petit groupe sur la piste cahoteuse. Véritable moulin à paroles, il avait, tout naturellement, repris son babillage, passant souvent du coq à l'âne. Il alternait la description d'un arbre particulièrement imposant sur le bord du chemin (
"On l'appelle le chêne de l'elfe, parce que des elfes, y'en a plein dans les bois, même si on les voit jamais.") à l'explication des différents jeux qu'il faisait avec Thoïl ("Il v'nait avec une grosse balle rouge qu'il cachait pour que j'la retrouve. C'était hyper dur, parce qu'il la cachait vach'ment bien à chaque fois.") en passant par le détail de plantes particulières ("Celle-là, faut la mâcher quand on a mal au ventre, et celle-là, faut la mettre quand on se coupe, ça arrête le sang. J'le sais, c'est ma maman qui me l'a dit."). Ce bavardage incessant avait de quoi porter sur les nerfs des aventuriers les moins patients, mais il avait l'avantage de faire passer le temps. Concentré sur son rôle de guide, Tipeur n'en oubliait pas pour autant de regarder fréquemment de droite à gauche, levant même souvent la tête à la recherche de quelque chose. L'enfant n'ayant pas l'air particulièrement inquiet, le petit groupe en déduisit qu'il ne craignait pas une quelconque menace mais recherchait toujours son ami.

Iskender, quant à lui, ne parvenait pas à complétement se détendre et imitait leur jeune guide dans son manège, observant avec un léger temps de retard, l'endroit précédemment inspecté par l'enfant. Heureusement, aucune menace n'était perceptible, si ce n'était ces irritantes empreintes, découvertes parfois au détour d'une ornière et qui conservaient toujours leur mystère.

Finalement, la hutte familiale n'était pas si loin que ça. Au bout d'une petite demi-heure de marche, après avoir abandonné la piste principal à la faveur d'une intersection, ils parvinrent à une clairière. Là, un homme d'une trentaine d'années, solidement charpenté, était en train de fendre du bois. Torse nu, le colosse interrompit son travail à l'arrivée des voyageurs. Posant la tête de sa cognée sur le sol, il s'appuya sur son manche, attendant que le petit groupe s'approche, les regardant intrigué. L'air de ressemblance avec Tipeur était flagrant, trahissant sans aucun doute leur lien de parenté, le gamin représentant une version miniature (deux fois moins haute et trois fois moins large) du bucheron.


- La bonne rencontre. Qu'est-ce qui vous amène par ici ? interrogea-t-il après avoir incliné brièvement la tête en signe de bienvenue. Je suis Peurinn Boscalier, j'espère que Tipeur n'est pas allé vous ennuyer avec ses histoires absurdes d'ami disparu. Ce gamin a beaucoup trop d'imagination.

Foudroyant son fils du regard, il coupa court à toute tentative de justification de la part de l'enfant, le sommant même de rentrer chez eux sur le champ et de ne plus en bouger. Alors que Tipeur ravalait ses larmes et disparaissait dans la hutte, une femme en sortit par la porte, s'essuyant les mains sur son tablier blanc.

Elle confirma les propos concernant l'imagination débridé de leur fils qui avait certainement inventé toute cette histoire. Leur plus proche voisin vivait à des kilomètres de là et, de toute façon, n'avait pas d'enfant susceptible de jouer avec Tipeur. Du coup, l'enfant s'était certainement créé de toutes pièces un univers imaginaire dans lequel il évoluait avec des amis tout aussi fictifs. Il fallait bien occuper ses journées, n'est-ce pas. La vie n'est pas facile pour un enfant vivant seul avec ses parents, lesquels n'avaient surement pas assez de temps à lui consacrer.

À leur demande, Peurinn père confirma aux visiteurs l'existence d'un grand bâtiment partiellement calciné, à deux-trois heures de marche. Personne ne se risquait dans les parages de cette propriété en ruine qui bénéficierait d'une protection spectrale à l'encontre de quiconque s'en approchant avec de mauvaises intentions.

Après avoir répondu de façon franche aux différentes questions, les Boscalier prétextèrent avoir encore du travail pour abréger la discussion. Si les aventuriers voulaient se rendre au manoir abandonné, ils auraient certainement le temps d'y parvenir juste avant la nuit mais l'obscurité rendrait certainement difficile son exploration. À moins que le but de l'expédition ne soit tout autre...

Silencieusement, dans le champ de vision du groupe, une fenêtre s'ouvrit sur le côté de la maison et une petite silhouette en sortit discrètement. Sautant souplement au sol, cette dernière gagna les buissons sans se faire remarquer de ses parents qui lui tournaient le dos.



Entrez dans la danse et complétez les paroles de la chanson. La ronde infernale ne s'arrête pas.
 
 
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écrit le : Jeudi 02 Décembre 2021 à 22h00 par La Goualeuse
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Marchant à l'arrière de la charrette, le Sossrim restait sur ses gardes et promenait des yeux vigilants sur les arbres. Il s'efforçait d'ignorer le lointain babil de Tipeur qui, suspendu à la main de son héroïque sauveuse, semblait absolument incapable de garder le silence plus de quelques secondes. Peut-être Thoil était-il parti faute de pouvoir endurer plus longtemps le verbiage étourdissant de l'enfant ? Non, bien sûr... Ce bavardage sans queue ni tête montrait bien que le gosse réclamait l'attention générale : il avait vraisemblablement inventé une histoire plus extravagante que toute autre pour raviver l'intérêt de ses parents blasés.

Il ne fallut pas longtemps au bucheron pour comprendre que le petit rusé avait mené en bateau les voyageurs. Kald, silencieux, n'avait pas manqué d'opiner de la tête pour confirmer le diagnostic du père sur l'imagination déréglée de son fils. D'ailleurs, il avait encore du mal à croire que six adultes aient mordu à l'hameçon d'un conte aussi fantaisiste... La mère, tout aussi lucide que son époux, confirmait l'évidence. Quiconque se tournerait vers l'ensorceleur se verrait gratifié d'un rictus goguenard, signe muet d'un "je vous l'avais bien dit" revanchard. Et quand bien même Tipeur aurait rencontré un dragon-fée, cela ne rendrait pas la vie à la famille Tantherim.

Le détour n'était pas tout à fait inutile néanmoins, car il leur permit d'apprendre que le manoir n'était désormais plus bien loin. Ignorant superbement la fuite du geignard, parti bouder dans la forêt, Kald revint à la charge.


- En laissant la charrette ici, on atteindra le manoir bien avant la nuit. Nous avons ramené sain et sauf le petit à ses parents, ne retardons pas plus notre voyage.



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écrit le : Jeudi 02 Décembre 2021 à 23h30 par Baelsul
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Ravi que le groupe ait pris la direction des bucherons, Falrin était impatient de retrouver un semblant de confort, peut être même à l’abris de la pluie et du vent. Quant à Kald, le nain le laissa bougonner dans son coin. Il se donnait ses airs comme ça mais il avait sûrement meilleur fond que ce qu’il voulait bien laisser paraître. Même si sa posture était encore parfois trop louche ou dissimulant d’autres intentions.

Dans le flux de paroles quasi ininterrompu du gamin, deux-trois informations intéressantes lui échappèrent. Falrin essaya de bien mémoriser les plantes qu’il avait mentionné et en recueilli même une feuille pour chacune qu’il glissa entre deux pages vierges de son livre de prières. Il savait que les guerriers avaient souvent besoin de soins et que parfois la magie s’épuisait plus vite que les blessures ne se refermaient. Une alternative plus végétale n’était jamais de trop ! Avec un peu de chance il pourrait même inscrire le nom de ces plantes et leurs effets en questionnant les parents de Tipeur. Son âme paysanne prenait plaisir à parcourir la nature et ayant côtoyé maints bucherons il sentait qu’il rentrerait dans une zone de confort pour lui.

Heureux des confirmations apportées par le père de l’enfant, Falrin le questionna sur le type de bois qu’il coupait et l’usage qu’il en avait. Sa pratique lui permettait de glisser 2-3 mots techniques, histoire de nouer le contact. Mais il ne souhaitait pas entrer dans le détail. L’information principale à retenir était la direction et la durée de marche jusqu’au domaine que cherchait le groupe. Abandonnant l’idée de dormir au chaud, le nain proposa alors de filer avant la tomber de la nuit et de laisser ces braves gens en paix. Avant de quitter la bâtisse, il questionna la mère du jeune gosse lui montrant les plantes qu’il avait ramassé afin d’en savoir plus mais brièvement sur leurs noms et leur usage.



Sorts niv 0 : assistance divine, détection de la magie, noir
Sorts niv 1 : sommeil, faveur divine, Arme magique (Domaine)
 
 
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écrit le : Hier à 15h42 par Iskender
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Iskender n’était pas d’accord avec le nain et le « visage pâle » : il aurait préféré rester près de la cabane du bucheron pour la nuit, quitte à partir tôt le matin. Trouver un bon lieu de campement à la nuit tombée n’était pas évident. Mais il préféra ne rien dire.
De toute façon, les propos du bucheron et de sa femme l’avaient quelque peu rassuré. Bien sûr, une embuscade était toujours possible, surtout si on ne faisait plus attention ou si on ne montait plus de garde de nuit. En fait, toutes les possessions du groupe réunis, cela faisait quand même une belle somme. Mais apparemment pas de danger important comme il se l’était imaginé, compte tenu de ce qui avait été dit par certains au départ.
Il était aussi très intrigué par les dires du petit, et ce malgré l’avis de ses parents. En le voyant sauter par la fenêtre, Iskender s’est dit qu’il avait peut-être la possibilité de connaître le fin mot de l’histoire.
Les traces qui l’intriguaient étaient, à son avis, probablement celles d’elfes qui normalement ne descendaient pas aussi bas. De toute façon, elles ne devaient pas venir de Thïol, qui, semble-t-il, volait.
Comme le danger semblait faible, Iskender pris la décision de suivre le petit.


- Si vous voulez continuez, allez-y, je vous rattraperai : j’ai un besoin pressant à satisfaire.

Sifflant son chien et ne prenant pas son sac à dos qui était dans la charrette, Iskender se mit sur les traces du petit. Il le suivait plutôt de loin afin de ne pas se faire repérer mais de façon à pouvoir l’apercevoir de temps en temps. La piste était facile à suivre, mais en cas de difficulté, Iskender savait pouvoir compter sur son chien.




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