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> Chapitre 2 : Courants contraires
  écrit le : Dimanche 22 Février 2026 à 19h09 par La Goualeuse
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1373, Kythorn – première décade, cinquième jour
Cormyr - Ville de Wheloune
Hall des Récoltes (rive est de la ville)



C'était à nouveau sous le vieux saule, là même où Joran leur était tombé dans les bras, que les trois compagnons s'étaient réunis en cette fraîche matinée printanière. Orienas avait proposé la taverne paternelle, le vent ayant sensiblement forci depuis la veille ; mais Asterious, dont la méfiance avait grandi au fil de leurs découvertes, avait insisté pour un lieu à l'écart des oreilles indiscrètes.

Les événements du manoir Ormantrel auraient tourné au désastre si Bremma n'avait, contre toute attente, survécu au choc qui l'avait terrassée. Pressée de questions, Else avait relaté à ses compagnons les faits dans les moindres détails. Le tumulte avait éclaté aussitôt. Arelle, après un cri perçant, s'était jetée au chevet de sa maîtresse, les mains tremblantes, incapables de se fixer sur le corps inerte. L'indignation l'avait brièvement emporté : elle avait accusé l'intruse d'avoir causé ce malheur, avant que la raison ne reprenne le dessus et qu'elle ne s'en remette à la prêtresse pour tenter de la secourir.

Joran, figé au seuil, avait compris sans vraiment comprendre qu'il était au cœur de la catastrophe. Les paroles des adultes glissaient sur lui ; son visage s’était vidé de toute joie.

Selanna, elle, n'avait ni crié ni reproché quoi que ce fût. Le regard assombri, elle avait gagné l'étage d’un pas vif et secondé Else avec une efficacité remarquable, ordonnant qu'on ouvre les volets, qu'on apporte de l'eau fraîche, qu'on fasse circuler l'air.

Après de longues minutes d'efforts, Else avait du se rendre à l'évidence : il ne s'agissait ni d'un mal mystérieux ni d'un empoisonnement, mais d'un effondrement brutal d’un organisme déjà trop affaibli. Un rapide examen de la desserte pharmaceutique au pied du lit avait révélé quelques fortifiants, mais surtout des somnifères et diverses drogues réputées calmer les nerfs, combattre l'anxiété, endormir l'esprit. Bremma n'avait vraisemblablement pu supporter d'entendre la voix de celui qu'elle croyait mort. Le repos était la seule prescription possible.

Tystarn avait reconduit les visiteurs vers l'entrée. Arelle pleurait en silence. Joran, blotti dans les bras du vieil homme, ne prononçait plus un mot. Selanna, seule à conserver une froide maîtrise, avait assuré qu'on les ferait prévenir au Hall des Récoltes dès que Dame Ormantrel serait en état de les recevoir. Il n'était toutefois pas exclu que la garde, dont la venue promettait d'être éprouvante, les précédât puisqu'ils avaient la légitime intention d'informer les autorités.




Le lendemain, Orienas s'était présenté au poste de garde dès l'aube. Holveth Marstor, capitaine de la milice, l'avait reçu aussitôt qu'il avait appris que le petit Joran Ormantrel avait été retrouvé vivant. D'une quarantaine d'années, les tempes déjà grisonnantes, l'homme dissimulait son embonpoint sous une tenue soignée ; il avait davantage l'allure d'un administrateur scrupuleux que d'un soldat aguerri. La nouvelle avait laissé sans voix le milicien de faction que le demi-elfe avait d'abord rencontré, et il avait fallu insister pour qu'on consente à le conduire jusqu'au capitaine. L'affaire mettait la milice dans une position délicate : n'étaient-ce pas des gardes qui avaient retrouvé le corps de l'enfant, l'avaient identifié, puis restitué à sa mère ? Comment une telle erreur avait-elle été possible ?

Preuve de l'importance qu’il accordait à la situation, Marstor avait assuré que le seigneur Sarp Redbeard serait personnellement informé. Deux enquêtes seraient ouvertes : l'une, interne, pour éclaircir l'origine de la méprise ; l'autre, en ville, pour retrouver les ravisseurs. Il avait noté avec soin le témoignage d'Orienas, la description précise des deux faux serviteurs, et avait évoqué la nécessité d'interroger Joran - tâche délicate, qui requerrait peut-être la présence de l'un de ses bienfaiteurs. Il s'était renseigné pour les joindre :
la Choppe Bien Accordée, ou le Hall des Récoltes.

À la mention de "Solatha", la plume du capitaineavait manqué lui tomber de la main. Une enfant de ce nom s'était noyée quelques jours plus tôt lors de l'effondrement d'une cargaison de vin sembien sur les quais. Le dossier, classé à la hâte, devait désormais être rouvert.

Orienas avait quitté le corps de garde avec l'impression d'avoir mis deux grands coups de botte dans une fourmilière. L'entretien, bien que demeuré courtois, s’était rapidement tendu. L'impression que le capitaine Marstor, doué pour contenir sa colère, ne lui avait pas tout dit le taraudait. Il crut l'entendre beugler les noms de deux subalternes avant même d'avoir franchi le seuil.

Un passage sur les docks avait permis de dater plus précisément la disparition de Solatha : le premier jour de Kythorn. La fillette laissait derrière elle une mère brisée, dont la présence fantomatique au bord du fleuve ces derniers jours avait marqué les esprits. Quant au symbole perverti de Kelemvor, nul n'avait pu lui en expliquer l'origine. Les plus avisés y avaient vu un avertissement, ou l'annonce d'un équilibre rompu, voire une dette à payer.




Else, de son côté, avait d'abord dû répondre de son absence auprès du grand prêtre Harrandave Donohar. Manquer aux travaux des champs était bénin ; négliger les offices l'était moins. Après l'avoir écoutée, le vieil homme l'avait réprimandée avec une sévérité teintée d'affection : rien de ce qui touchait le Hall des Récoltes ne devait lui échapper. En pénitence, elle avait participé aux semailles puis assuré les rites garantissant la fécondité des terres. Personne, aux champs, n'avait entendu parler d'une Solatha. Les quelques frères et sœurs interrogés n'avaient pu éclairer davantage le symbole dévoyé de Kelemvor, sinon pour rappeler qu'il était très périlleux de profaner ainsi les signes divins.

La journée semblait perdue lorsque, contre toute attente, le père Donohar était venu la trouver. Les troubles qu'elle avait évoqués avaient éveillé sa curiosité. Après quelques questions discrètes, il avait appris qu'Alma, scribe du Temple, connaissait une Solatha : son fils Calem, docker, avait assisté au drame. Il demeurait convaincu qu'il ne s'agissait pas d'un simple accident ; aucun corps n'avait été retrouvé.

Intrigué, et touché de voir Else troublée par l'affaire, le haut prêtre lui avait accordé jusqu'à la fin de la décade pour enquêter, à la condition expresse qu'aucune prière ne fût négligée, où qu'elle se trouve.




Else retenue au Hall des Récoltes par ses fonctions, Astérious s'était trouvé pour ainsi dire livré à lui-même. Il avait pris plaisir, sans doute, à vagabonder un peu entre les cultures qui entouraient le temple de la Grande Mère : la renaissance de la nature, chaque printemps, était un spectacle dont il ne se lasserait jamais. Mais la saison en était encore à ses premiers frémissements.

Il avait pris ensuite le chemin du manoir Ormantrel, partagé entre l'inquiétude et les soupçons. Un danger se dissimulait dans l'ombre de la bâtisse. Il ne le voyait pas - mais il l'avait senti. L'intuition d'un druide le trompait rarement ; il devait la transformer en certitude.

Il avait d'abord patrouillé aux alentours de la propriété, l'observant à distance, surveillant les allées et venues. Arelle s'était rendue au lavoir, tandis que Tystarn avait vaqué à des occupations aussi diverses que fendre du bois, puiser de l'eau ou sortir les ordures. Il les avait salués de loin, Cornichon jappant gaiement alors qu'ils agitaient la main. Le petit Joran était demeuré invisible et la dame n'avait reçu aucune visite.

Le début d'après-midi avait été plus calme encore. Le gnome se souvenait qu'Arelle avait coutume de faire la sieste. Lui-même, confortablement adossé contre son fidèle compagnon, allait lui fermé les yeux lorsqu'il avait aperçu le vieillard se faufiler hors du manoir et se diriger vers une petite dépendance de pierre, à l'écart : le caveau familial. Il faisait confiance à Tystarn. Pourtant, ce détour vers le caveau l'avait alarmé. Se relevant à la hâte, il s'était empressé de le suivre.

Le caveau était un édifice sobre : un porche de vieilles pierres gravées du blason de la famille Ormantrel - un O et un L délicatement entrelacés - abritait des escaliers s'enfonçant sous terre. Tystarn ne s'était pas montré confus du tout lorsqu'Astérious l'avait surpris, torche à la main, penché au-dessus du petit cercueil de bois qu'il venait de retirer de sa niche funéraire. "Ça me trottait dans la tête depuis hier", s'était-il expliqué, "tant et tant que je ne pouvais pas dormir...". Et pour cause : si Joran était vivant, qu'avait rendu la milice à sa mère ?

Ils avaient fait sauter ensemble le panneau de bois. À l'intérieur ne reposait aucun enfant, mais la carcasse d'un agneau, soigneusement décharnée, grossièrement découpée. Fallait-il en informer la milice lorsqu'elle viendrait, comme on pouvait s'y attendre, constater la présence de Joran ? Tystarn, sans hésiter, avait déclaré qu'il suivrait la décision d'Astérious...



Lancers...



Trêve de jacasseries !
 
 
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PM
écrit le : Dimanche 01 Mars 2026 à 21h22 par Orienas
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Difficile de croire que deux jours seulement c'étaient écoulé depuis la dernière fois que les trois amis c'étaient retrouvés au pied de ce vieux saule tant l'ambiance avait changée. Oubliées leurs insouciantes discussions en dégustant les petits pains apportés par Else le dos réchauffé par les doux rayons du soleil de printemps. Le temps à l'unisson de l'humeur du trio s'était bien rafraichi.

Le col de son manteau remonté pour se protéger du vent mordant, Orienas alluma sa pipe puis entreprit de narrer sa journée de la veille à ses deux amis.

- "Voilà vous savez tout" conclut-il après leur avoir raconté son entretien avec le capitaine de la garde et ses recherches sur les docks.

- Le capitaine Mastor n'a pas aimé mon récit mais il n'e s'est pas défilé. Je pense qu'il prend désormais cette affaire au sérieux : maintenant que la garde s'est fourvoyée une première fois, il aura à cœur de redorer son blason, d'autant que dans l'enquête sur la disparition de la petite Solantha ils ont également conclu trop vite à la mort de l'enfant. J’espère qu'il ne tentera pas de nous tenir à l'écart.
Deux enfants enlevés à une décade d'intervalle et dans les deux cas, les ravisseurs ont eu tôt fait de faire croire à la mort de leur victime.
Je ne sais pas sur quoi nous sommes tombés, mais j'ai très peur que Joran et Solantha ne soient pas les seules victimes. Ces enlèvements m'ont l'air trop bien mené pour être le fait d'amateurs ou d'opportunistes.

- Et vous qu’avez-vous réussi à découvrir hier ? L'un de vous a-t-il pu trouver la signification du symbole tracé sur la porte du manoir De ce côté, j'ai fait complètement chou blanc.


 
 
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écrit le : Jeudi 05 Mars 2026 à 13h18 par Asterious
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Astérious demeura longuement silencieux devant le petit cercueil ouvert. L’odeur sèche du bois mêlée à celle, plus âcre, des ossements lui soulevait le cœur, non par dégoût, mais par colère contenue. Sa voix était basse, ferme. Pas tremblante. Il aida le vieil homme à replacer le panneau, puis posa une main sur son bras.

- N’en parlez à personne. À personne, Tystarn. Pas à Arelle. Pas à la milice. Pas même à Dame Ormantrel, pas tant que nous ne comprenons pas ce que cela signifie.

Il plongea son regard dans celui du serviteur.

- Si la nouvelle se répand, on dira que nous fouillons trop profondément. Que nous inventons des ombres. Ou pire ceux qui ont fait cela sauront que nous avons découvert leur subterfuge, que nous continuons à investiguer.

Il désigna d’un léger mouvement de tête le caveau.

- Ce n’est pas une erreur. Ce n’est pas un acte précipité. Quelqu’un a pris le temps de substituer un corps. Quelqu’un savait que la milice identifierait l’enfant sans l’examiner longuement. Cela demande du sang-froid et des complicités.

Son expression se durcit.

- Nous marcherons prudemment. Comme dans une forêt où l’on sait qu’un piège est posé, mais où l’on ignore encore où.


Plus tard, sous le vieux saule, Astérious exposa les faits à Orienas et à Else. Il ne chercha ni à dramatiser, ni à minimiser.

- Le cercueil ne contenait pas Joran. Il contenait les restes d’un agneau. Décharné. Préparé. Cela signifie que Joran n’était pas une victime d’opportunité. On l’a choisi. On l’a pris. On a préparé sa mort sans le tuer.

Il passa une main sur sa barbe, pensif.

- La question n’est plus seulement : qui l’a enlevé ? La question devient : qui bénéficie de sa disparition ? Et combien d’autres enfants ont disparu sans que personne ne vérifie ce qu’il y avait réellement dans leurs tombes ?

Il pensa à Solatha.  Au symbole dévoyé de Kelemvor. Si l’on a pris tant de peine pour maquiller la mort d’un enfant alors ce n’est pas un simple rapt. C’est Un réseau. Peut-être local. Peut-être plus vaste.

- Comment savoir s’il y a d’autres victimes ? Nous devons reprendre les morts récentes d’enfants. Les accidents. Les disparitions classées trop vite. Et découvrir qui avait accès aux corps.

Il releva les yeux.

- La milice enquête. Très bien. Mais si elle est impliquée… ou infiltrée… nous ne pouvons pas tout lui livrer. On ne remplace pas un enfant par un agneau par caprice. Cela ressemble à un symbole. Un sacrifice inversé. Une dette détournée.

Et plus bas :

- Si c’est un réseau… alors il ne s’arrêtera pas de lui-même.



Niveau 0:
- Soins superficiels: Rend 1 pv à la cible.
- Illumination: Éblouit la cible (–1 aux jets d’attaque).
- Assistance divine: +1 à un jet d’attaque, jet de sauvegarde ou test de compétence.

Niveau1:
-Flammes: 1d6 points de dégâts, +1/niveau, contact ou lancer.
-Morsure magique: Une arme naturelle du sujet gagne +1 aux jets d’attaque et de dégâts.


"Les racines comme conductrices de résonance du vivant..."
 
 
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écrit le : Jeudi 05 Mars 2026 à 22h53 par Else
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Else s’était rendue compte, bien trop tard, que toute cette histoire l’avait tellement intriguée et bouleversée qu’elle en avait oublié ses devoirs cléricaux. Elle prit la remontrance du grand prêtre avec contrition. Elle s’excusa, et effectua sa pénitence avec ferveur. Celle-ci était peut-être autant dû à l’embarras qu’elle ressentait qu’au besoin de réfléchir et d’analyser les événements récents par un travail manuel.

Elle avait parlé autour d’elle, à ses consœurs et confrères, de ce qu’il était arrivé à Joran. Elle cacha certains détails, par pudeur pour la famille Ormentrel, mais plus elle en parlait, plus elle pourrait glaner des informations et potentiellement des nouveaux éléments qui lui permettraient d’en savoir plus. Elle pensait à Solatha, et espérait que la garde arriverait à la retrouver. La petite fille était dans toutes ses prières à Chauntéa. Elle était déçue que personne ne puisse l’éclairer quant au symbole profané de Kelemvor. Plus elle y pensait, plus son mauvais présentiment grandissait.

Lorsque le père Donohar, la convoqua à nouveau, elle avait peur que ce soit parce que, après réflexion, il ne l’avait pas réprimandée assez sévèrement. Elle fut surprise et soulagée quand, au contraire, il l’autorisa à continuer son enquête le temps d’une décade, en la délivrant de ses travaux aux champs. Elle lui promit qu’elle serait exemplaire et assidue dans ses prières, le remercia chaleureusement, et alla tout de suite trouver Alma.


Elle toqua doucement à la porte en bois, et entra dans la salle d’écriture. Elle n’y allait pas souvent, mais appréciait cette ambiance calme et douce, avec l’air qui sentait le parchemin et l’encre.
Elle se dirigea vers la femme d’un âge mature, et, après s’être assurée qu’elle ne la dérangeait pas trop, la questionna sur l’histoire que lui avait raconté son fils. Elle lui demande si elle pouvait éventuellement le rencontrer, au cas où certains détails lui seraient revenu, ou qu’il n’aurait pas juger digne d’être racontés.




Plus tard, Else écoutait attentivement les récits de ses deux amis. Elle fut rassurée de savoir que la garde prenait l’affaire au sérieux, puis stupéfaite quand Astérious raconta ce qu’il avait trouvé dans le caveau. En effet, cela ne pouvait être une coïncidence…

- J’ai moi aussi essayé de me renseigner sur le symbole de Kelemvor. Malheureusement, personne ne l’a déjà vu, ou a entendu parler d’une telle façon de profaner ce symbole. J’ai cependant eu le contact d’une personne se trouvant sur les docks au moment de la disparition de Solatha. Il s’agit du fils de notre scribe, et je lui ai demandé la permission d’aller lui parler. Je propose que l’on y aille tous les trois, afin d’en savoir plus, peut-être, sur ce qu’il s’est passé ! Qu’en pensez-vous ?



Niveau 0 :
- Création d’eau : jusqu’à 8L
- Assistance divine : bonus +1 (attaque, JdS, test de compétence) – toucher, 1 action
- Lumière : rayon de 6m

Niveau 1 :
- Soins légers : + 1d8+1 de PV
- Détection du mal

Sort de domaine : Sanctuaire
 
 
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écrit le : Vendredi 06 Mars 2026 à 21h00 par Orienas
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Concentré sur le récit de ces 2 amis, Orienas avait laissé sa pipe s'éteindre.
Else n'apportait pas de nouveaux éclairages sur les deux affaires mais grâce au témoin qu'elle avait trouvé ils allaient pouvoir se pencher sur la disparition de Solatha. Si les dieux leurs souriaient, le jeune homme aurait remarqué quelque chose qui les mettrait sur la piste des ravisseurs.
Les paroles d'Asterious en revanche le troublait plus profondément. Les soupçons du gnome rejoignaient en partie les siens.

Avant de répondre à la proposition de la prêtresse, il s'adressa au druide :

- Je pense comme toi Asterious qu'il y a un réseau organisé derrière ces enlèvements mais je n'avais pas jusqu'à présent imaginé qu'il puisse avoir des complices haut placé.
La soi-disant restitution de la dépouille de Joran m'a intrigué mais j'imaginais qu'une dépouille d'enfant en piètre état sur laquelle on aurait déposé un objet ou un vêtement appartenant à l'enfant aurait suffi confondre la garde qui n'aurait pas cherché plus loin.
Ta découverte éclaire cet épisode d'une bien plus sombre lumière. Personne n'aurait pu confondre la carcasse d'animal que tu nous as décrit avec le corps d'un enfant. Il y donc nécessairement eu des complices à cette supercherie.

Posant la main sur l'épaule de son compagnon, il ajouta :
- La garde va forcément découvrir le pot-aux-roses maintenant, mais pour l'instant du moins grâce à ta discrétion personne ne sait que nous sommes au courant. Cela nous sera peut-être utile.

Puis se tournant vers la jeune femme, il reprit :
- J'espérais qu'un sein du temple, tu aurais plus de chance que moi de trouver quelqu'un qui puisse nous renseigner sur cet inquiétant symbole, mais décidément il reste bien mystérieux.
C'est quand même toi qui nous apportes la piste la plus prometteuse. Allons donc rencontrer ce jeune homme, j'espère qu'il aura des choses intéressantes à nous raconter !


 
 
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écrit le : Dimanche 08 Mars 2026 à 17h17 par La Goualeuse
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A l'ombre du vieux saule, récapitulations des faits, révélations surprenantes et premières hypothèses se succédaient, entrecoupées de lourds silences. De nombreux éléments, plus qu'ils n'interpelaient, inquiétaient franchement dans cette affaire dont les ténèbres ne faisaient que s'épaissir à mesure qu'ils les sondaient.

A plusieurs reprises, la désagréable sensation d'être épiés s'empara des compagnons. Cornichon, alangui paisiblement dans l'herbe, demeurait pourtant parfaitement placide ; ses sens affûtés ne l'auraient pas trompé. Sombraient-ils lentement dans la paranoïa ?



1373, Kythorn – première décade, cinquième jour
Cormyr - Ville de Wheloune
Bac de transbordement (rive est de la ville).


Rejoindre les docks ne leur prit guère longtemps.

Le bac de la Wiverne était en pleine activité, en dépit du vent mordant qui balayait la rive.

La large plateforme flottante, solidement amarrée à un câble tendu au-dessus du fleuve, était en pleine traversée. Des bateliers criaient des ordres tandis que des chevaux luisant sous l'effort tiraient deux lourdes charrettes vers la rampe de bois détrempée, prêts à réceptionner la marchandise. Derrière eux, un chariot chargé de tonneaux attendait déjà son tour, bloquant la file de voyageurs et de marchands.

Sur le fleuve lui-même, l'activité était incessante. Plusieurs barges plates, venues du nord, dérivaient lentement dans le courant sombre de la Wiverne. La première d'entre elles dont le gouvernail grinçait sous les efforts du timonier, venait de s'amarrer contre un quai : une longue embarcation chargée de charbon. Un tel convoi ne pouvait venir que d'Arabel ; il avait bravé le tumulte du fleuve pour que les artisans et les ateliers du sud du Cormyr restent bien approvisionnés au sortir de l'hiver.

Les dockers s'activaient autour de l'embarcation comme une nuée de fourmis. De robustes paniers et d'épais sacs de toile circulaient de main en main, vidés ensuite dans les charrettes alignées sur la berge. Chaque geste soulevait un nuage de poussière sombre qui se mêlait à l'odeur humide du fleuve. Les hommes, noircis jusqu'aux coudes, juraient entre deux charges tandis qu'un contremaître vociférait des ordres du haut d'un tas de sacs.

Au milieu de cette agitation, le bac continuait sa traversée sans relâche, reliant les deux rives comme il le faisait jour et nuit depuis des générations. Alors qu'il gagnait lentement la berge, les trois compagnons purent y distinguer des ballots de laine, des caisses de poterie et des corbeilles de fruits secs - sans doute des produits sembiens arrivés par la route depuis l'autre rive.

Et quelque part dans ce tumulte, Calem travaillait.



Trêve de jacasseries !
 
 
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PM
écrit le : Mercredi 11 Mars 2026 à 18h47 par Calem
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Quelque part rassuré par les nouvelles que lui avait rapporté Alma, Calem avait passé une nuit moins troublée que les précédentes. La mère de Solatha était apparemment bien entourée et le temple de Chauntéa se chargerait des recherches que la milice semblait incapable d'entreprendre. L'environnement familier des docks et le travail finirait de chasser de son esprit ce qui demeurerait à l'avenir un mauvais souvenir : le jour où il aura eu l'infortune d'être témoin d'un "accident", la disparition d'une enfant. Toujours était-il convaincu que Chauntéa guiderait ces ouailles vers la vérité, aussi sordide soit-elle, et peut-être bien vers un heureux dénouement. Ce fut donc empli d'optimisme que le jeune docker commença sa journée de labeur, déchargeant les barges venues du fleuve et alourdissant en retour quelques caravanes terrestres. L'effort se mêlant au tumulte et le caractère répétitif de l'exercice le plongèrent dans une douce léthargie, si bien qu'il pouvait presque se voir agir comme s'il n'était que spectateur de ses mouvements, l'habitude guidant chacune de ses actions. Plusieurs heures s'écoulèrent ainsi et seule la soif arracha le jeune homme à sa tâche.

Ce ne fut qu'une fois désaltéré que Calem sentit le masque de poussière et de sueur qui enveloppait son visage, la crasse perlait aux coins de ses lèvres fraichement humides. Il balaya cette dernière à l'aide de son avant bras, sachant son geste vain. Alors qu'il s'étirait avant de retourner à son poste son regard se porta comme souvent sur le fleuve, plus particulièrement là où le bac qui reliait les deux rives déposait ses passagers. Ce fut ainsi qu'il vit accoster un étrange trio composé notamment d'une prêtresse de Chauntéa. Ne croyant que peu aux coïncidences Calem se dit qu'il ne pouvait s'agir que d'Else, la jeune femme dont lui avait parlé Alma la veille. L'enquête débutait logiquement là où Solatha avait disparu, sur les quais, et le jeune homme en sa qualité de témoin aura finalement bien vite été rattrapé par ces mêmes événements qu'il avait tenté de fuir. Par sens du devoir mais aussi par résignation, Calem prit les devants et se porta à la rencontre des enquêteurs. Une fois suffisamment proche d'eux il interpella la servante de Chauntéa :


- Else ? l'interrogea-t'il avec une certaine familiarité, ne connaissant après tout que son prénom. Calem, fils d'Alma, poursuivit-il. Mère m'a informé hier de l'ouverture d'une enquête et force est de constater une nouvelle fois la dévotion que porte les servants de Chauntéa à leurs fidèles ! Vous voilà déjà à la tâche je présume...

Le jeune homme n'en dit pas plus, bien que confiant dans ses suppositions les affaires du clergé ne concernaient probablement pas toutes les oreilles présentes sur les docks et il serait fâcheux de contrarier la prêtresse à peine s'était-il présenté.


 
 
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écrit le : Hier à 19h14 par Else
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Quand les trois compagnons se mirent en marche en direction des docks, Else ressentit un mélange d'appréhension et d'excitation. Elle était soulagée et heureuse d'être avec ses amis pour enquêter sur cette histoire, même si elle aurait préféré se passer d’enquêter sur cette histoire sombre et inquiétante.

Plus ils avançaient vers les docks, plus l'agitation était intense. Else n'avait pas l'habitude de ce genre de tumulte. Ils travaillaient dur aux jardins du temple, mais pas dans cette agitation. Elle ne connaissait ni les bruits, ni les odeurs des docks, et, un instant, elle se sentit un peu submergée.
Alma lui avait donné des indications pour trouver Calem, mais elle n'avait absolument anticipé ce qui ressemblait, pour un œil non habitué, à un chaos de gens, de cris et de marchandises qui défilaient en continu. Elle se demandait bien comment ils allaient retrouver le jeune homme. Elle porta, comme à son habitude dans des moments plus difficiles, la main à l'épi de blé brodé sur son écharpe et implora la déesse.


¤Chauntéa, guide moi¤

Ce fut à ce moment-là qu'elle entendit clairement l'interpellation de Calem. Hasard ou signe divin ? Cela la fit sourire.


- Bonjour Calem ! Je suis ravie de vous rencontrer. Je vous présente Asterious et Orienas, ainsi que Cornichon, dit-elle en désignant tour à tour ses compagnons. Heureusement que vous nous avez trouvés, j'aurais eu bien du mal à vous reconnaître.

La parcimonie de Calem lui avait mis la puce à l’oreille.


- Vous êtes en plein travail et nous ne souhaitons pas vous déranger, mais, comme Alma a dû vous le dire, nous aurions aimé discuter avec vous ... Y aurait-il un endroit un peu plus au calme où nous pourrions parler ?



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