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> Chapitre 2 : Courants contraires
écrit le : Mercredi 18 Mars 2026 à 19h11 par Calem
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Davantage concentré sur l'instant présent et sentant les regards de l'escorte d'Else peser sur lui tout comme leurs silences, Calem gratifia le vieux gnome et le demi-elfe d'un salut de la tête franc quand la prêtresse les nomma. Sa mémoire était aussi bonne que sélective et les noms n'avaient en général que rarement les faveurs de cette dernière. Si celui de Solatha avait marqué son esprit celui de sa mère n'était en revanche déjà qu'un vague souvenir, un murmure lointain. Le jeune homme se connaissait ce défaut et ne manquait pas d'astuces ni d'imagination pour nommer un visage connu. Le temps et quelques impairs faisaient en général le reste pour qu'il les retienne.

- N'ayez crainte, je m'accordais justement quelques instants de répits et il serait étonnant que le contremaître me reproche de répondre aux questions d'une servante de Chauntéa, Mère aimée de tous ici à Wheloune, déclara Calem d'un ton posé et qui se voulait rassurant.

La matinée touchait à sa fin et les docks étaient comme en effervescence, trouver un endroit tranquille ne serait pas chose aisée à moins de s'éloigner des abords du fleuve.


- Un endroit plus au calme dîtes vous... Allons vers les ruelles, dit-il en les invitant à le suivre d'une main et désignant la ville qui se dessinait face aux quais de l'autre.

Arrivé à proximité du même muret où il avait confronté le vieux pêcheur quelques jours plus tôt le jeune docker s'arrêta. Il y aurait certes un peu de passage mais la vue était dégagée et les environs bien plus apaisés. La venue de la prêtresse ne faisait que peu de mystère et cette dernière ne laissa que place à l'ambiguïté, elle venait interroger Calem en sa qualité de témoin et désirait en savoir davantage sur la disparition de la petite Solatha. Le jeune homme décrit donc ce qu'il avait vu et cru voir le jour de l'accident.


- Pour dire vrai je n'ai pas vu grand chose, tout s'est passé si vite et la confusion était de mise, commença Calem un brin hésitant avant de poursuivre et gagner en assurance. Un cordage a dû lâcher et de la marchandise, des barriques de vin, sont venues s'exploser sur un ponton. Les dommages ont été plutôt importants. La mère de l'enfant a été projetée à l'eau, elle s'agrippait à ce qu'il restait d'un poteau quand je l'ai vu au milieu de la poussière, luttant pour sa propre vie et hurlant le nom de son enfant. Ses cris se mêlaient à ceux de douleur d'un collègue blessé par l'accident, à ceux de tous en réalité. Le jeune docker se concentrait pour n'oublier aucun détail, mais ils se faisaient déjà rares dans son esprit, ce dernier ayant été surtout marqué par la douleur de la mère, la disparition de l'enfant et le conflit avec le vieillard. La dame était paniquée, elle regardait aussi bien le quai que les eaux encombrées de débris. J'ai beau eu scruter la surface je n'ai vu ni la fillette ni un signe quelconque laissant penser qu'elle serait tombée dans le fleuve. Il hésita une nouvelle fois, en revanche j'ai retrouvé sur la terre ferme, à bien des mètres de l'eau, un jouet que la petite tenait quelques instants avant l'accident. Mon sentiment est qu'apeurée elle a pris la fuite ou que... que quelqu'un l'ait enlevée, conclut-il gravement.

Si Solatha était tombée à l'eau la Wiwerne aurait recraché son corps, Calem en était persuadé. Aucun corps n'ayant été retrouvé jusqu'ici il avait la conviction que l'enfant était toujours à Wheloune, morte ou vive. Coupant court à d'éventuelles questions, bien lancé dans un récit qu'il s'était répété maintes fois la nuit précédant sa convocation à la Garde, il reprit rapidement :

- Un vieux pêcheur attira alors mon attention, il était assis contre ce muret, presque là où nous nous trouvons et, il désigna les docks de la main, comme vous pouvez le voir le bougre avait pignon sur rue comme qui dirait. Je suis donc allé l'interrogé sur ce qu'il avait vu mais n'ait rien pu tirer de lui sinon une convocation à la Garde en essayant de l'arrêter quand il a tenté de fuir. Calem se gratta la tête, ayant le sentiment d'avoir omis un point important. Ah oui ! Pourquoi je suis allé embêter ce pauvre homme ? Et bien parce que j'ai vu quelqu'un, dissimulé sous cape et capuche, lui remettre une bourse que la milice jugea par la suite bien trop garnie pour être celle d'un simple pêcheur. Le vieillard prit peur puis s'énerva avant de fuir quand je lui ai demandé s'il avait vu la fillette... ou plutôt quand j'ai affirmé qu'il avait forcément vu ce qui était arrivé à la pauvre petite. Il ne cracha pas un mot ! Il a même essayé de me menacer puis de me soudoyer à mon tour pour que je le laisse aller... Preuve de sa complicité ! L'altercation a fini par attirer la Garde qui l'arrêta aussitôt et le jugea dès l'aube suivante.

Le jeune homme releva la tête fièrement, il restait calme mais on pouvait sentir dans sa voix une certaine frustration et presque du mépris.

- Ces lourdauds m'avaient d'ailleurs convoqué en tant que témoin pour le procès, mais, bien qu'arrivé à l'heure, le jugement ne m'avait lui pas attendu. J'ai perdu ma matinée et ai rapidement compris sur place qu'aucune enquête sérieuse ne serait menée par nos chers protecteurs. Et vous voilà quelques jours après, bien heureusement, au service de la Grande Mère et au secours de l'une de ses enfants, finit-il avec le sourire.


 
 
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écrit le : Dimanche 29 Mars 2026 à 17h37 par Asterious
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stérious écouta le récit sans interrompre, les bras croisés sous ses manches, le regard tantôt posé sur Calem, tantôt perdu vers les quais agités. Chaque détail semblait trouver sa place dans un ensemble de plus en plus inquiétant.

Un enfant disparu. Un autre qu’on croit mort. Un témoin payé pour se taire. La même ombre encore. .

Il releva lentement les yeux vers le jeune docker.

- Je voudrais savoir ce qu’il est advenu de ce pêcheur.

Sa voix était calme, mais plus grave qu’à l’accoutumée.

- Est-il encore en vie ? Si c’est le cas… il se peut qu’il ait vu plus qu’il ne l’a laissé entendre. Ou qu’il ait été forcé de se taire.

Astérious serra légèrement la mâchoire.

- S’il respire encore, alors il peut encore parler. Et s’il parle il pourrait nous rapprocher de ceux qui tirent les ficelles.

Il fit un pas, se rapprochant légèrement de Calem, sans agressivité mais avec une intensité contenue.

- Accepteriez-vous de nous accompagner ? Vous l’avez vu. Vous lui avez parlé. Vous saurez le reconnaître mieux que nous. Et si ce que vous dites est juste alors cette affaire vous concerne déjà, que vous le vouliez ou non.

Un léger mouvement de tête vers les docks, puis vers la ville.

— Il est temps de suivre le courant jusqu’à sa source.



Niveau 0:
- Soins superficiels: Rend 1 pv à la cible.
- Illumination: Éblouit la cible (–1 aux jets d’attaque).
- Assistance divine: +1 à un jet d’attaque, jet de sauvegarde ou test de compétence.

Niveau1:
-Flammes: 1d6 points de dégâts, +1/niveau, contact ou lancer.
-Morsure magique: Une arme naturelle du sujet gagne +1 aux jets d’attaque et de dégâts.


"Les racines comme conductrices de résonance du vivant..."
 
 
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écrit le : Lundi 30 Mars 2026 à 21h31 par Orienas
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Profitant d'un mur qui le mettait à l'abri de la bise, Orienas ralluma sa pipe en écoutant le récit de Calem. Le jeune homme rapporta les faits dont il avait été témoin avec calme et clarté. On sentait à la manière dont les mots s’enchainaient qu'il avait déjà dû se prêter à l'exercice plusieurs fois.
Orienas senti toutefois sa frustration à la fin, lorsqu'il narra le procès expéditif auquel il n'avait même pas eu l'occasion de témoigner et qui révélait le peu de cas que la garde faisait de cette affaire.

Il comprenait mieux à présent la colère que le capitaine Marstor avait tenté de dissimuler lorsqu'il avait évoqué le nom de la fillette et indiqué que les deux affaires étaient liées.

Une fois que Calem eu terminé, le druide fut le premier à prendre la parole. Déjà tendu vers l'action et déterminé à retrouver le pêcheur témoin et probablement devenu complice de l'enlèvement de Solatha, Asterious semblait prêt à repartir. Orienas posa la main sur l'épaule du gnome pour le retenir.


- Attend un peu mon ami. Rendons donc la politesse à Calem et racontons-lui à notre tour les péripéties qui nous ont menées jusqu’à lui.
S’adressant au jeune homme, il poursuivi : "J’ignore ce que ta mère t’a appris de nos aventures, je vais donc repartir du début …"

Et à son tour il narra à Calem les évènements de cette étrange journée, du moment où un garçonnet dépenaillé et terrorisé avait interrompu leur collation jusqu’aux retrouvailles de Joran avec sa mère qui avaient bien failli être fatale à la dame si affaiblie. Il lui raconta aussi son entrevue avec le capitaine de la garde, insistant malicieusement sur l’embarras de la garde confronté non pas à une mais à deux disparitions d’enfants qu’elle avait trop promptement considérée comme définitive.

Une fois son récit terminé, il partagea ses premières pensées avec ses 3 acolytes.


- Joran a été enlevé en pleine nuit, dans la demeure de sa famille et sans qu’aucune trace suspecte n’ait été retrouvée. Il s’agissait de toute évidence d’un coup bien organisé. Au contraire, l’enlèvement de Solatha semble bien plus opportuniste. Même en admettant que ces ravisseurs aient provoqué l’accident pour profiter du chaos pour s’emparer de l’enfant, ils ne pouvaient pas savoir qu’elle se trouverait là à ce moment. Les modes opératoires sont bien différents et si Joran n’avait pas cité le prénom de la fillette, j’aurais du mal à croire que les deux affaires soient liées.

- Il est possible que cuisiné avec insistance et à l'abri des regards, le pécheur puisse nous donner quelques indications sur les ravisseurs et cette piste mérite d'être creusée. Cependant, je pense que nous devrions aussi tenter d'en savoir plus sur ces sombres et fatalistes aphorismes que nous avons entendu dans la bouche de Joran. Combinés au symbole que nous avons trouvé sur la porte du manoir, ils me font furieusement penser à une sorte de secte et comme nous l'avons déjà évoquée nous avons probablement affaire à un réseau. L'une pourrait bien nous mener à l'autre.

S'adressant à nouveau directement au jeune homme, il lui récita de mémoire les quelques phrases étranges sur l’ombre, le silence, la nuit et la lumière prononcées par l'enfant que celui-ci affirmait avoir entendu ses geôliers prononcer à maintes reprises.


 
 
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écrit le : Mercredi 01 Avril 2026 à 20h24 par Else
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Else remercia Calem après son récit, la mine assombrie.

Elle était bien d’accord avec ses eux, les actes et paroles de ce pêcheur étaient on ne peut plus suspects. Elle regrettait que ni Calem, ni la garde n’aient réussi (si tant est que cette dernière ait vraiment essayé) à lui soutirer plus d’informations.

¤Que la Grande Mère nous guide, si même la Garde nous met des bâtons dans les roues, nous n’allons pas pouvoir avancer…¤

Après la prise de parole d'Astérious et Orienas, elle eut une idée qu'elle partagea au groupe :

- Nous connaissons la situation familiale de Joran. Que savons-nous sur celle de Solatha ? Peut-être un lien pourra être tiré si nous en savons plus sur sa famille, qui pourrait nous conduire à la raison derrière ces enlèvements ? Peut-être pourrions-nous parler avec sa mère ? Je me doute que l'état dans lequel elle se trouve actuellement est proche de celui dans lequel était dame Ormentrel, et je ne veux en aucun cas ajouter à son malheur, mais la moindre piste me semble bonne à explorer. Peut-être a-t-elle également vu ce symbole. Calem, est-ce que vous avez des informations à son sujet ? Si non, nous devrions bien trouver quelqu’un dans ce port qui la connaisse, l’affaire est sans doute encore dans tous les esprits.

- Mais en attendant, je suis d’accord avec vous, il serait en premier lieu très intéressant de rencontrer à nouveau ce pêcheur. Calem, pensez-vous pouvoir le retrouver ? Ou bien nous donner des indications pour que nous puissions le faire ?



Niveau 0 :
- Création d’eau : jusqu’à 8L
- Assistance divine : bonus +1 (attaque, JdS, test de compétence) – toucher, 1 action
- Lumière : rayon de 6m

Niveau 1 :
- Soins légers : + 1d8+1 de PV
- Détection du mal

Sort de domaine : Sanctuaire
 
 
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écrit le : Lundi 06 Avril 2026 à 13h33 par Calem
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Appuyé sur le muret, aussi attentif que silencieux, le jeune docker écouta l'étrange trio d'enquêteur. Certains éléments étaient troublants, inquiétants même, mais rien ne lui parut évident pour autant. Quelque chose se tramait, grandissait dans l'ombre de Wheloune. Plus le récit du demi-elfe s'étirait et plus l'intuition de Calem se transformait en certitude. Satisfaction et soulagement se mêlèrent en lui quand il apprit que le jeune rescapé, Joran, avait côtoyé Solatha avant de parvenir à s'enfuir. La petite n'avait donc pas été avalée par la Wiverne, mais bien happée par l'appétit malsain des hommes...

Les questions se succédèrent tout aussi rapidement que leurs auteurs, si bien que le jeune homme en fut un peu confus. Les informations avaient été nombreuses, les pistes et hypothèses également. On attendait visiblement beaucoup de lui, bien plus que d'un simple témoin, et cette position un peu trop centrale le mettait mal à l'aise. Il sentait pourtant qu'il voulait s'impliquer, qu'il devait s'impliquer même.


- Par où commencer, laissa-t'il échapper tout haut en réponse à l'une des questions. Le pêcheur a été condamné, l'or avec lequel son silence a été acheté lui ayant été confisqué il s'est retrouvé incapable de payer l'amende qui lui a été infligée. La milice n'en a pas tiré grand chose, si tant est qu'elle l'ait vraiment interrogé. Quoiqu'il en soit il est emprisonné le temps de temps de payer sa dette, forcé à travailler. Il regarda tour à tour le gnome et le demi-elfe avant de reprendre avec un enthousiasme bien moindre que celui de ces derniers. Vous accompagner, pourquoi pas, mais je doute que le vieillard ait grand chose à nous apprendre si tant est qu'on soit autorisé à le voir ou qu'il accepte de nous parler. Avec du recul et vos informations je pense qu'il était juste au mauvais endroit au mauvais moment et que sa cupidité l'a poussé à saisir une bien triste opportunité. Se souvenant des yeux du pêcheur il ajouta avec précipitation : Puis il avait peur, très peur. Les travaux forcés doivent finalement lui convenir.

La conversation et les conjectures reprirent de plus belles, un plan se dessinerait bientôt peut-être. Calem répondit alors à Else, la prêtresse avait évoqué une autre piste, celle de la mère de Solatha.

- La mère de la petite, pauvre femme, elle semblait hanter les quais ces derniers jours. Le jeune homme scrutait les docks qui lui faisaient face, cherchant même au delà de l'eau, sur l'autre rive. Mathil ou... Kath'... Kathryl peut-être, désolé, j'ai souvent du mal avec les noms. Elle s'est presque aussitôt enfermée dans le deuil, on lui a semblerait-il conseillé de nourrir aucun espoir. Savoir que sa fille a été vue vivante éclairera sa journée ! Elle habite sur l'autre rive, elle ne devrait pas être bien difficile à trouver, conclut-il.


 
 
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écrit le : Jeudi 16 Avril 2026 à 15h00 par La Goualeuse
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1373, Kythorn – première décade, cinquième jour
Cormyr - Ville de Wheloune
Bac de transbordement (rive est de la ville).


La conversation se prolongea jusqu'à l'heure du déjeuner, tant il y avait à dire et à démêler. On s'interrompait souvent, le temps de laisser passer un inconnu aux oreilles peut-être trop curieuses, et l'on parlait à voix basse - surtout lorsqu'il était question de la milice, dont l'attitude troublante éveillait désormais plus que de simples doutes.

Autour d'un repas frugal, les compagnons réfléchirent aux suites à donner à leurs investigations. S'attaquer de front à la garde semblait prématuré ; mieux valait, pour l'heure, suivre des pistes plus discrètes. Leur attention se porta naturellement vers les deux mères, non plus seulement comme témoins, mais comme victimes à part entière. Restait à comprendre de quoi...

La décision fut prise sans qu'il soit besoin de longs discours : ils poursuivraient séparément leurs investigations, les uns au chevet de Bremma Ormantrel, les autres auprès de Kathyl.

Calem empocha le sou d'une demi-journée de travail. Tout, chez son employeur, trahissait une irritation contenue ; mais il respectait trop l'autorité morale qu'incarnait Else pour la laisser éclater.



Else et Orienas

Manoir Ormantrel – faubourg de la ville.


En approchant du manoir, Else et Orienas ne purent manquer de remarquer les volets désormais ouverts - contraste saisissant avec la demeure close et silencieuse de la veille.

Hélas, ce renouveau n'était qu'en surface. Bremma Ormantrel n'était pas encore rendue à la vie... loin de là. Ses propres fenêtres demeuraient obstinément closes. La pauvre femme avait tant souffert qu'il lui faudrait sans doute des semaines, peut-être même des mois, pour se relever.

Tystarn, venu leur ouvrir, se montra d'abord loquace. Sa maîtresse n'avait pas quitté le lit depuis son malaise et restait d'une extrême faiblesse. Elle avait réclamé Joran dès qu'elle avait retrouvé le sens : leurs retrouvailles, confia-t-il, leur avaient arraché des larmes, à lui comme à Arelle, tant ce spectacle faisait plaisir à voir. Et pourtant... cette fête avait eu comme un arrière-goût de tristesse. Les mains tremblantes de Dame Ormantrel s'étaient tendues vers son fils comme vers un étranger, avec une sorte de gêne, ou de crainte. Sa voix, faible, éraillée, avait laissé échapper des paroles confuses, sombres, qui les avaient tous glacés : "Es-tu un rêve ou un cauchemar ?" avait-elle par exemple murmuré. Puis elle avait parlé de "délivrance", dit qu'ils étaient "enfin réunis dans la mort"... Le petit maître en avait sangloté.

La milice s'était présentée dans la matinée. Holveth Marstor, le capitaine, s'était déplacé en personne. On avait installé Dame Ormantrel dans un fauteuil pour l'entretien, auquel assistait son amie Dame Draelor, précisa Tystarn (tel était le nom de Selanna, comprirent-ils). La rencontre avait été des plus brèves, mais éprouvante : une dizaine de minutes tout au plus, au terme desquelles la convalescente s'était trouvée épuisée. Elle n'avait rien mangé depuis, alors même qu'elle semblait enfin avoir retrouvé un peu d'appétit. Selanna lui avait fait la lecture, comme à son habitude, avant de veiller sur son sommeil. Elle se reposait à présent, sans doute pour plusieurs heures. Arelle dormait aussi, comme elle en avait l'habitude chaque après-midi.

Le vieil homme allait en dire davantage lorsque Joran déboula dans le hall, tout sourire, pour se jeter dans les jambes d'Orienas.


L'enfant
- Orienas ! Mon bon ami !

Il leva la tête vers Else, ses grands yeux brillant d'une joie enfantine. A son cou pendait une chevalière, en argent ou en or blanc, passé dans un simple lacet de cuir - un bijou d'adulte.

- Dame Else ! Vous m'apportez du pain tout chaud ?

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Les joues plus roses et les cheveux soigneusement peignés, Joran a désormais plus fière allure. Il porte un bliaud de soie bleue, au col et aux manches finement brodés de fil blanc.



Astérious et Calem

Chez Kathyl, mère de Solatha – les docks (rive est).


Cornichon, sans doute frustré par l'immobilité de la matinée, accueillit le départ d'un aboiement enthousiaste. Il tournait autour d'Astérious et de leur nouveau compagnon avec une agitation fébrile, incapable de tenir en place.

Les deux hommes n'eurent guère le temps de faire plus ample connaissance : Kathyl, leur apprit-on, habitait tout près. Aux abords des quais, ateliers et entrepôts s'alignaient contre une rangée d'habitations sommaires, tournées dos au fleuve. Ceux qui vivaient là comptaient parmi les plus modestes de Wheloune, du moins avant que les réfugiés d'Arabel ne viennent couvrir de leurs abris de fortune la rive occidentale. Ces demeures, faites de planches épaisses et mal ajustées, tenaient davantage de la cabane que de la maison.

La porte qu'on leur désigna se trouvait presque aux confins du quartier, là où la ville s'effilochait peu à peu. Le panneau de bois, mal joint, semblait aussi fragile que la femme que Calem avait quittée quelques jours plus tôt. Il trembla dangereusement sous ses coups.

Il fallut insister, puis attendre.

Enfin, la porte s'entrouvrit sur le profil livide de Kathyl. Ses cernes, profonds et violacés, trahissaient de longues heures sans sommeil.


- Que... souffla-t-elle, interloquée, en reconnaissant Calem.



Trêve de jacasseries !
 
 
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PM
écrit le : Mardi 21 Avril 2026 à 18h31 par Else
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Else fut heureuse de voir que le manoir avait retrouvé un peu de vie et de chaleur. Elle fut également ravie de l’accueil de Tystarn, qui devait visiblement les considérer comme des personnes de confiance puisqu’il se montra très bavard avec eux. Elle écouta avec concentration ce qu’il leur disait afin de ne rien oublier. Elle ne laissa pas paraître sa stupéfaction quand il évoqua les paroles sombres qu’avaient prononcé Dame Ormentrel, mais ne put s’empêcher de jeter un regard à Orienas.

- Merci Tystarn pour toutes ces informations. Dame Draelor est-elle présente actuellement ? Vient-elle souvent ? J’aurais aimé m’entretenir avec elle.

Lorsque Joran arriva en courant, son attention se porta immédiatement sur le petit garçon :

- Joran ! Je vois que tu as retenu l’essentiel, dit-elle en riant. Je n’ai malheureusement pas de pain pour toi, il faudra que tu viennes me voir au Hall des Récoltes ! Elle lui passa la main dans les cheveux, je suis bien heureuse de te voir Joran. Qu’est-ce que c’est que cet anneau que tu as autour du coup ? Peux-tu nous le montrer ?

Else et Orienas papotèrent quelques temps avec Joran, puis Else se tourna vers Tystarn et lui jeta un regard bienveillant.

- L’état de dame Ormentrel reste inquiétant… Savez-vous qui est son médecin ? Ou qui lui a prescrit toutes ses potions ? De plus, pensez-vous qu’il serait possible que nous nous entretenions avec elle ? Nous pouvons patienter un peu le temps qu’elle se réveille, ou revenir ce soir. Comme vous vous en doutez, cette affaire soulève de nombreuses questions encore sans réponses. Nous vous promettons de ne pas être trop direct ou trop exigeants avec elle, nous la ménagerons, mais il nous semble important de lui parler.

- En attendant, si cela vous convient je peux vous assister dans vos travaux de la journée, j’en ai fait trop peu ces derniers jours, et cela commence à me manquer.

Tout en l’assistant, elle continua à lui poser des questions, d’abord sur sa vie à lui, puis sur la famille Ormentrel, et enfin sur le drame qui s’était produit. Elle espérait qu’ainsi, il se livre à elle plus facilement.



Quand l’après-midi fut bien entamée et que dame Ormentrel se réveilla, Else se rendit à son chevet.


- Bonjour Dame Ormentrel. J’espère que notre entrevue sera moins brève que la précédente, dit-elle en souriant, essayant de détendre l’atmosphère. Comment vous sentez vous aujourd’hui ? Je me demandais qui s’occupait de votre état de santé. Est-ce dame Draelor ? Ou avez-vous vu un médecin ?

Elle laissait à Bremma le temps de répondre aux questions à son rythme. Elle en profitait pour regarder discrètement autour d’elle. Elle se souvenait des diverses fioles et bouteilles en verre qui restaient près d’elle. Elle voulait savoir ce qu’elles contenaient. Elle cherchait également le livre que lui lisait Selanna.

- J’ai cru comprendre que le capitaine de la garde était venu vous voir ce matin. Que vous a-t-on dit ?

Quand son récit fut terminé, elle déclara :


- Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Si vous le voulez bien, j’aimerais effectuer une prière, en l’honneur de Chaunthéa, avec vous.

Elle lui prit la main, maigre, fragile et froide. Elle ferma les yeux, toucha son épi avec son autre main, et invoqua le pouvoir de sa déesse, lui pria de lui faire voir le mal autour d’elle.



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écrit le : Mercredi 22 Avril 2026 à 20h25 par Orienas
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L’apparence du manoir Ormantrel et l’accueil chaleureux de Tystarn mirent du baume au cœur d’Orienas. Ce regain d’espoir fu cependant rapidement douché par le récit de celui-ci. On ne pouvait évidemment pas s’attendre à ce que Dame Ormantrel ai retrouvé le gout de la vie et son énergie en si peu de temps, mais on devinait derrière les phrases prononcées l’inquiétude du vieil homme devant l’apathie persistante de sa maitresse.
Le cœur du demi-elfe se serra à l’évocation mots de Dame Ormantrel lors des retrouvailles avec son fils. Son regard croisa celui d’Else en un échange muet. Elle aussi avait relevé le retour de ces aphorismes morbides. Comment donc se faisait-il que la mère et le fils qui avaient pourtant été séparés se retrouvent à partager ces sombres phrases ? Peut-être que Selanna pourrait leur apprendre si cela datait d’avant la disparition de l’enfant.

Tout comme le discours du domestique, les réflexions d’Orienas furent interrompues par l’arrivée bruyante de Joran. Laissant de côté ses pensées, il serra avec émotion le garçon dans ses bras. Le reposant au sol, il reprit avec malice le ton soutenu du jeune garçon :
« Sire Joran, comme je suis content de vous voir en si bonne forme. Que vous êtes élégant ! Vous avez fière allure ! »
Tout comme la prêtresse, il avait remarqué la bague que l’enfant portait en pendentif - probablement la chevalière de son père qu’on avait dû lui remettre pour fêter son retour. Il choisit toutefois de ne pas surenchérir sur ses questions pour ne pas attirer exagérément l’attention sur le bijou.

Après qu’Else ait proposé son aide à Tystarn en attendant que Dame Ormantrel soit reposée et en état de les recevoir, il se tourna à nouveau vers l’enfant.

- Pendant qu’Else accompagne Tystarn, me ferais-tu visiter le domaine de ta famille ?

En suivant Joran d’abord dans le bâtiment puis dans les jardins qui entouraient le manoir, Orienas tenta d’entremêler des questions sur ce qu’il voyait d’interrogations plus personnelles sur la vie de l’enfant avant sa disparition et depuis son retour, tentant de se faire une idée de l’atmosphère qui régnait dans cette demeure.


En revenant dans la maison en compagnie de son jeune guide, il retrouva dans le hall Else et Arelle qui après sa sieste s’était occupé de sa maitresse et venait les informer qu’elle était désormais prête à les recevoir.

- Ma bonne Arelle, pour ménager Dame Ormantrel, peut-être est-il plus sage qu’Else rencontre seule votre maitresse, une compagnie trop nombreuse risque de la fatiguer inutilement. Pendant ce temps, si vous le voulez bien j’aimerais discutez un peu avec vous.

Prenant pour prétexte la nécessité d’économiser les maigres réserves d’énergie de Dame Ormantrel, Orienas cherchait surtout à offrir à Else l’occasion de s’entretenir avec elle en tête-à-tête, sans la présence de sa domestique.

Lorsqu’Else eu rejoint Dame Bremma, il accompagna la domestique dans son office pour l’entreprendre sur les événement qui avaient entouré la disparition de Joran.
Comme il l’avait fait précédemment avec Joran, il commença sans la brusquer par lui faire parler de la vie du manoir avant l’enlèvement du garçon, tentant au passage de mieux cerner la place qu’occupait Selanna dans la vie de Dame Ormantrel. Ce n’est qu’une fois la discussion bien lancée, il s’aventura sur le terrain plus sensible de l’enlèvement.


- Revenons un moment à la nuit ou Joran a disparu. Que pensez-vous qu’il ai pu se passer pour que ses ravisseurs aient réussi à s’introduire au cœur du manoir familial et à repartir avec l’enfant assez discrètement pour que personne ne se rende compte de rien ?

Quand son récit fut terminé, il orienta la conversation vers les sombres paroles que la mère et le fils avaient tous deux prononcés.

- Votre époux nous a raconté les mots étranges de Dame Ormantrel lors de ses retrouvailles avec son enfant. Joran lui-même à utiliser des phrases similaires peu de temps après que nous l’ayons rencontré, avant que nous ne l’ayons ramené ici. Cette coïncidence nous intrigue beaucoup, est-ce que vous les aviez déjà entendu parler ainsi avant cette nuit tragique ? D’où pensez-vous qu’elles puissent leur venir ?



 
 
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écrit le : Vendredi 24 Avril 2026 à 08h52 par Asterious
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Astérious observa la silhouette brisée qui se tenait dans l’embrasure de la porte. La douleur de cette femme était différente de celle de Dame Ormantrel, mais tout aussi profonde… plus brute, plus nue, comme une plaie laissée à l’air libre. Ici, pas de manoir pour contenir le chagrin, pas de serviteurs pour amortir la chute. Juste une mère, seule, face à l’absence. Il sentit en lui cette colère sourde remonter, semblable à une racine qui fissure lentement la pierre. Combien d’enfants encore ? Combien de vies déracinées pour nourrir quelle ombre ? Ce n’était plus un simple enlèvement. C’était un mal organisé, réfléchi, presque rituel. Mais il se contint. La tempête devait attendre. Face à cette femme, il fallait être terre, pas tonnerre. Il posa une main apaisante sur le flanc de Cornichon pour calmer son agitation, puis s’avança légèrement, sans brusquerie, laissant à Calem la première place mais rendant sa présence visible, stable.

- Dame, nous ne sommes pas venus troubler votre repos sans raison.

Sa voix était plus douce qu’à l’ordinaire, mais grave, enracinée.

Nous cherchons la vérité sur ce qui est arrivé à votre enfant.

Il marqua une courte pause, plongeant son regard dans celui de Kathyl, sans dureté, mais sans détour.

Nous avons des raisons de croire que tout n’est pas tel qu’on vous l’a fait croire.

Il inspira lentement, comme pour contenir ce qu’il savait déjà… et ce qu’il craignait.

Nous ne vous promettons pas de réponses faciles. Mais nous refusons de détourner les yeux.

Il jeta un regard à Calem, lui laissant le soin de raviver le lien, puis ajouta :

Permettez-nous de vous poser quelques questions. Tout ce que vous avez vu, entendu, même ce qui vous semble insignifiant peut nous aider. S'il vous plaît racontez nous ce que vous avez vu et ressenti.

Puis, plus bas, presque comme une évidence murmurée :

Aucun enfant ne disparaît sans laisser de trace… pas pour ceux qui savent regarder.

Astérious resta immobile, ancré, prêt à écouter. Mais au fond de lui, la certitude grandissait : ce qu’ils allaient entendre ici pourrait bien changer la nature même de leur combat.



Niveau 0:
- Soins superficiels: Rend 1 pv à la cible.
- Illumination: Éblouit la cible (–1 aux jets d’attaque).
- Assistance divine: +1 à un jet d’attaque, jet de sauvegarde ou test de compétence.

Niveau1:
-Flammes: 1d6 points de dégâts, +1/niveau, contact ou lancer.
-Morsure magique: Une arme naturelle du sujet gagne +1 aux jets d’attaque et de dégâts.


"Les racines comme conductrices de résonance du vivant..."
 
 
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écrit le : Samedi 25 Avril 2026 à 11h01 par Calem
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Pensif, Calem se laissa porter par les événements et son compagnon étrangement entreprenant. Les équipes s'étaient formées rapidement et s'il faisait sens qu'il soit de celle qui aille à la rencontre de Kathyl cette perspective ne l'enchantait guère. La sensation de malaise, d'impuissance même, qui l'avait peu à peu dévorer au cours de leur dernière conversation s'installa à nouveau plus ils s'approchaient de leur but. Le jeune homme, calme en apparence, nageait en eaux troubles. Ses doutes se ressentirent peut-être dans les coups d'abord hésitants qu'il donna à la porte, puis se dissipèrent peu à peu à mesure qu'il insistait, rassuré par la simplicité de ce geste du quotidien ou le contact froid du bois. Lorsque la jeune mère ouvrit enfin, d'apparence plus léthargique et livide que jamais, le jeune homme resta aussi interloqué qu'elle et ne fut pas mécontent qu'elle se charge de balbutier.

- Bonjour Kathyl, pouvons-nous entrer ? Se reprit-il en avançant d'un pas conquérant. Une fois à l'intérieur de la très modeste demeure, il inspecta rapidement la pièce. Leur hôte, gênée peut-être, sembla comme flotter dans la pénombre pour ouvrir le volet de la seule fenêtre, à moins qu'il ne s'agissait plutôt de fuir leur inévitable présence. Le taudis resta pourtant désespérément sombre. Le gnome lui restait silencieux et Calem se rappela alors sa mission. Désolés de nous imposer ainsi, mais nous avons à vous parler. Le clergé de Chauntéa prend sérieusement la disparition de votre enfant et a diligenté une enquête. Je vous présente Astérious qui...

Calem hésita puis s'interrompit. Il n'avait pas pris soin de discuter avec le druide de comment il souhaitait aborder les choses. Fort heureusement ce dernier, peu décontenancé en apparence du moins, poursuivit avec calme et douceur. Le jeune homme le laissa volontiers mener l'interrogatoire, évitant de trop fixer Kathyl et ponctuant les paroles du gnome de quelques hochements de tête. Les mots du druide étaient au moins aussi mystiques que les réponses que lui avaient apportées la mère désespérée avec laquelle il avait tenté d'échanger en vain la dernière fois. Ils ne s'étaient pas compris et... il ne comprenait pas non plus ou son compagnon voulait en venir. Peut-être qu'eux arriveraient à se comprendre pensa-t'il, doutant cependant que la jeune femme épuisée qui leur faisait face se montre très loquace.

Mal à l'aise pendant certains silences Calem inspectait du regard la pièce. Bien qu'épurée de tout confort cette dernière offrirait peut-être quelques indices sur le quotidien trouble de son occupante, à commencer par la présence de tiers ou toutes traces de visites récentes.


 
 
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