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> Chap. 3 - Les empreintes de l’invisible
  écrit le : Hier à 20h53 par Azur'ael
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Conteur des étoiles
Chambre 3
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_____ Les empreintes de l’invisible _______


Il n’y avait rien à voir.
Et pourtant, tout indiquait qu’ils n’étaient pas seuls.


Date :1373 C.V
Lieu : Cormanthor oriental, lisière rocheuse menant aux contreforts de la Corne Sanglante
Moment : Matin gris, peu après l’aube
Temps : Couvert, brume résiduelle, sol détrempé
Température : Fraîche

La grange fut laissée derrière eux sans cérémonie.

Le jour s’était levé sur une forêt lavée par l’orage, mais nullement apaisée. L’humidité saturait encore l’air, et chaque pas soulevait une odeur de terre noire, de mousse écrasée et de feuilles pourrissantes. La pluie avait cessé, mais ses effets demeuraient partout : racines glissantes, ornières pleines d’eau sombre, roches luisantes comme huilées.

Méroflède ouvrait la marche, attentive aux moindres irrégularités du sol. Les traces qu’elle suivait depuis quatre jours ne s’étaient pas dissipées. Bien au contraire : dans cette zone, la boue avait conservé les empreintes comme une mémoire obstinée. Des pas lourds, inégaux, parfois doublés d’un glissement — comme si quelque chose avait été traîné sur plusieurs longueurs. Par endroits, le sol portait aussi l’empreinte de foulées plus fines, presque humaines… mais mal proportionnées.

Taric marchait non loin derrière, visiblement tendu, le regard rivé tantôt sur le sol, tantôt sur la ligne des arbres. À plusieurs reprises, il s’arrêta, hésita, puis finit par parler — d’une voix basse, comme s’il craignait d’être entendu.


- Caldrim… ne s’intéressait pas aux créatures pour ce qu’elles étaient. Mais pour ce qu’elles laissaient derrière elles.

Il serra brièvement la petite capsule qu’il portait à la ceinture — un cylindre de métal terne, gravé de minuscules glyphes oghmites à peine visibles sous la boue séchée.

- Cette capsule contient une poudre stabilisante. Un mélange de sels bénis et de résine fossile. Elle sert à… figer des résidus. Des traces de magie ancienne, ou d’influences extraplanaires trop diffuses pour être perçues autrement. Caldrim m’en avait parlé avant son départ. Il craignait que certaines manifestations ne puissent plus être vues… seulement déduites.

Il désigna du menton une zone où la végétation semblait anormalement clairsemée.

- Regardez ici. La mousse est morte, mais pas brûlée. Et les insectes l’évitent. Ce n’est pas une corruption active. C’est… un passage. Quelque chose est passé, et la forêt ne s’en est pas encore remise.

Plus loin, alors que la pente devenait plus marquée et que la roche affleurait sous la terre, Taric reprit, répondant cette fois plus directement aux interrogations de Randal :

- Caldrim consultait des textes très anciens à Hautelune. Des fragments, souvent censurés ou relégués en annexe. Des récits parlant d’entités liées à Moandre, oui… mais pas seulement. Il cherchait à comprendre comment certaines volontés pouvaient survivre à leur propre destruction. Comment une chose “morte” pouvait encore influencer le monde, non par présence, mais par empreinte.

Il marqua une pause.

- Cela lui a valu des inimitiés. Le prêtre d’Oghma renvoyé du temple ? Il faisait partie de ceux avec qui Caldrim échangeait. Officieusement. Trop de questions. Trop peu de dévotion, selon certains.

Un silence pesa quelques instants sur le groupe, seulement troublé par le clapotis d’un filet d’eau entre les pierres.

- Quant aux Dépouillés… , je ne crois pas qu’ils servent Moandre par foi. Je pense qu’ils exploitent ce qu’il a laissé. Des lieux. Des restes. Des résonances. Ce sont des récupérateurs. Des parasites de catastrophes anciennes.

Au détour d’un éboulis, la rivière apparut enfin, étroite mais rapide, bordée de fougères géantes et d’arbres aux racines noueuses. L’air y était plus frais, chargé d’une odeur métallique et résineuse.

Taric s’arrêta net.


- L’Asphodèle Pourpre pousse près de l’eau, là où la roche affleure et où la forêt devient silencieuse, dit-il. Pas loin maintenant. Une demi-heure, peut-être moins.

Il se tourna vers les autres, le visage pâle mais déterminé.



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Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel
MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
 
 
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écrit le : Aujourd’hui à 20h31 par Méroflède Boisdhiver
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éroflède laissa filer les sarcasmes d’Iouseni et Rhaugilath : après tout, elle-même avait eu du mal à comprendre que, lors de l’attaque de son village, le paladin de Kelemvor qui avait organisé la défense, organisât une cérémonie pour le repos de l’âme des assaillants, aussi bien les morts-vivants dominés que les goules et nécromanciens… Elle se contenta donc d’adresser silencieusement ses prières au seigneur des morts en prenant la route.

 Le trajet se déroula malgré l’atmosphère de défiance entourant la halfeline, qui suivait tant bien que mal les traces.

 « Nous ne sommes pas partis à la suite des ravisseurs de Vaelor, mais… quelque chose nous dit que nous sommes quand même plus ou moins sur leur piste », fit-elle remarquer au bout d’un moment.

 Les détails et considérations magiques de Taric lui échappèrent un peu, mais en entendant parler de Moandre, elle fronça le nez et ne put s’empêcher de lancer, le plus sérieusement du monde :

 « Si Moandre a à voir avec ça, alors ça pue ! »
 Si quelqu’un l’avait observé, il aurait pu remarquer un léger sourire, mêlé d’appréhension : on pouvait être fier de son trait d’esprit, tout en étant conscient de la gravité de la situation…

 Quand, enfin, ils arrivèrent près de l’endroit où poussait l’asphodèle pourpre, Méroflède examina les environs.

 « Elle ressemble à quoi, votre fleur ? Pourpre ou alors c’est comme la mésange bleue, qui est surtout jaune ? Combien de fleurs par tige ? Combien de pétales ? En corolle ou en cloche ? »
 Les informations obtenues, elle se montra attentive à toute la flore, afin de repérer l’antidote recherché, tout en soufflant quelques mots à son poney, en son encolure : »



Frondeuse halfeline et son poney Topinambour
 
 
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