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Chap. 3 - Les empreintes de l’invisible
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Habitant des Royaumes
Chambre 2
2 gemmes
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Tamasin avait pressé le pas. Il n'était qu'à moitié rassurant que leur groupe ne soit pas poursuivi et elle s'attendait à tomber tôt ou tard dans un piège. Caldrim s'avérait par ailleurs être tout aussi mystérieux dans ses propos que Taric. La lancière restait concentrée, scrutant sans cesse les environs. Puis, elle finit par se détendre un peu à mesure qu'ils progressaient et elle se mit à réfléchir à la suite.
¤ Que faire à présent ? Le chemin du retour s'annonce long et imprévisible, surtout si nous devons escorter un homme épuisé... ¤
La voie la plus sage était sans doute de regagner la ville pour y apporter l'asphodèle et tenter de soigner le prêtre empoisonné. C'était leur mission initiale et elle tenait à s'en acquitter dans les meilleurs délais. Mais que faire de Caldrim Vaelor ? Il pourrait sans doute bénéficier de soins, lui aussi, mais le ramener en ville les ralentirait et n'était-ce pas ce qu'attendaient justement ses mystérieux poursuivants ? Elle murmura à ses compagnons, en veillant à ne pas être entendue de l'érudit :
- Je pense que nous devrions reprendre le chemin du retour et ramener au plus vite l'asphodèle au temple. Mais, si Caldrim Vaelor ne peut suivre notre rythme, il faudra peut-être nous séparer. Je ne sais pas s'il existe un endroit sûr où il pourrait trouver refuge pour se reposer... et être soigné, s'il est possible de le faire...
La lancière se tourna ensuite vers Caldrim Vaelor et lui posa les trois questions qui lui brûlaient les lèvres :
- Maître Vaelor, qui sont et que sont ceux qui s'en sont pris à vous ? Comment les repousser s'ils venaient à s'attaquer à nous ? Et qu'est-ce que ce parchemin qui est si précieux à leurs yeux ? Si vous voulez qu'on vous aide efficacement, il faut nous en dire plus !
La guerrière espérait que le maître se montrerait plus coopératif que Taric.

Rapide comme le vent, majestueuse comme la forêt, dévorante comme la flamme, inébranlable comme la montagne...
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Habitant des Royaumes
Aucune chambre
Aucune gemme
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eule à posséder une monture, et d’une taille modeste, Méroflède ne put vraiment foncer aussi vite qu’il était possible. Elle sentait l’urgence d’apporter la fleur à Hautelune, mais elle n’envisageait pas vraiment de laisser sur place le reste du groupe, d’autant qu’il fallait encore protéger Caldrim Vaelor… Pour le moment, il fallait s’éloigner au plus vite du lieu. Même si les dépouillés ne les poursuivaient pas dans l’immédiat, qui pouvait leur certifier qu’ils ne changeraient pas d’avis ?
Les questions de Tamasin, même si elles étaient importantes, ne troublèrent pas plus que cela l’insouciance de la halfeline, qui acquiesça surtout au fait de rentrer au plus vite. « Je pourrais éventuellement aller seule à Hautelune pour apporter l’asphodèle pourpre. Mais il me faudrait peut-être une preuve indiquant que c’est vous qui m’envoyez : autrement, je pourrais sembler suspecte. » Évaluant rapidement le poids de Vaelor, elle envisagea de le prendre avec elle. « S’il faut vous mettre à l’abri au plus vite, je peux vous emmener aussi. Mais… je crois que plus vous aurez de protecteurs, mieux cela serait. » Méroflède se tenait prête à éperonner son poney pour partir au galop avec la plante si c’était nécessaire.

Frondeuse halfeline et son poney Topinambour
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Habitant des Royaumes
Chambre 9
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A bonne distance de la maudite clairière où poussait l'Asphodèle pourpre, le petit groupe fit une brève halte pour reprendre haleine. Autour d'eux, la forêt bruissait à nouveau de cette vie invisible et incessante qui l'anime, un signe qui rassura Randal. Il déposa son barda et, lentement, fit rouler ses épaules puis sa nuque pour les délasser. Sa jambe ne le faisait plus souffrir, ou du moins pas encore - la douleur pouvait reparaître une fois son muscle froid.
Dans leur fuite effrénée, l'Ilmate avait à peine eu le temps de réfléchir à la situation. A qui appartenait la voix étrangement séduisante qui s'était élevée de la faille ? Et pourquoi avoir laissé filer Caldrim et son précieux butin aussi aisément ? Tamasin, qui avait repris son souffle plus vite que les autres, rappela l'urgence de livrer son remède au prêtre qui se mourrait au Temple des Feuilles. Elle ne semblait pas faire confiance au vieil érudit, que ce fût pour tenir le rythme ou, plus généralement, pour leur révéler toute la vérité.- Je connais un lieu où maître Vaelor pourra trouver un asile et des soins, répondit-il à la lancière, sans enthousiasme. C'est un endroit discret, dont j'aime espérer que notre ennemi ignore l'existence... Le prêtre paraissait choisir scrupuleusement ses mots, comme pour contourner d'invisibles obstacles. Il était manifestement embarrassé. Si on l'une de ses compagnes l'interrogeait discrètement à ce sujet après leur halte, elle apprendrait qu'il redoutait moins d'étendre le danger au Sanctuaire des Larmes Patientes, que de révéler leur destination aux deux érudits. Il soupçonnait de lointaines et mystérieuses connexions entre les ravisseurs et leur proie, semblables à celle qui liait Neh'kura et la pauvre créature qu'il présumait avoir été Orwen.- Je pourrai nous y guider demain. Pour l'heure, Méroflède et l'une d'entre vous devraient s'empresser de rejoindre le Temple avec l'Asphodèle. Déjà il remettait la main sur la lanière de son sac : il fallait profiter de tout ce qui leur restait de jour pour s'éloigner le plus loin possible. Le vieil homme était fébrile, mais il pourrait marcher avec l'aide de son jeune disciple.
Chemin faisant, Randal tenterait d'interroger Caldrim au sujet des Dépouillés et de leurs intentions. Il tenterait tout particulièrement d'en apprendre plus sur les liens entre son enlèvement et le pillage du Temple, ainsi que sur la place de Neh'kura dans cette affaire.Le lendemain, après une nuit bercée de craintes et lourde de courbatures, Randal s'isola quelques instants pour rendre hommage à Ilmater. Tourné vers la lumière naissante, il posa devant lui le symbole du Dieu Martyr, s'agenouilla puis inclina la tête.- Ô toi qui Endure, je te rends grâce pour les vies que ta miséricorde a préservées cette nuit. Donne-moi ce jour la force de porter ce qui doit l'être, le pouvoir de secourir ceux qui souffrent et le courage de ne pas détourner les yeux devant leur détresse. Il demeura un temps silencieux, les yeux fermés, puis reprit.- Préserve mon cœur de la colère et mon esprit du doute. Accorde-moi de discerner le mal lorsqu'il se cache derrière la peur, la faiblesse ou l'ignorance, afin que je ne condamne pas l'innocent et n'abandonne pas celui qui peut encore être sauvé. Se courbant vers la terre, il embrassa pieusement le symbole du Dieu Brisé, avant d'ajouter ces quelques mots de clôture :- Que ta bonté éclaire mon jugement et que mes mains servent ta compassion. Avant de reprendre la route, l'Ilmate soumit Caldrim Vaelor à un deux examens. D'une part il s'enquit de sa santé et de sa forme physique, s'assurant qu'il était suffisamment hydraté et qu'il s'était correctement nourri. D'autre part, il invoqua la puissance divine pour vérifier si le Mal ne le souillait en aucune manière.
Il fut soulagé de ne déceler aucune aura maléfique chez le vieillard, mais n'en était pas rassuré pour autant. L'érudit était marqué, d'une empreinte qu'il n'aurait su exactement décrire mais qui lui évoquait ces traces résiduelles dont leur avait parlé avec tant de réticence Taric. Était-ce là la laisse par laquelle son ravisseur retenait sa proie, aussi lointaine qu'elle fût ?

Détection du poison (0) ; Détection de la magie (0) ; Lumière (0) ; Assistance divine (0) ; Bénédiction (1) ; Détection du mal (1) ; Regain d'assurance (1) ; Soins légers (1)
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Conteur des étoiles
Chambre 3
Aucune gemme
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Le lendemain, après une nuit bercée de craintes et lourde de courbatures, Randal s'isola quelques instants pour rendre hommage à Ilmater. Tourné vers la lumière naissante, il posa devant lui le symbole du Dieu Martyr, s'agenouilla puis inclina la tête.
Le jour se levait à peine sur la Corne Sanglante. Entre les arbres, la lumière demeurait pâle, presque grise, et les dernières brumes de la nuit s'accrochaient encore aux racines et aux troncs. Le camp portait les marques de la veille : herbes écrasées, terre retournée, traces du combat et, un peu plus loin, la fissure béante qui avait donné accès aux profondeurs. Rien ne semblait pourtant avoir bougé durant la nuit. Aucun bruit n'était venu des bois. Pas même le cri d'un animal.
Lorsque Randal revint auprès de Caldrim, celui-ci était toujours là.
L'ancien érudit avait passé la nuit dans un sommeil agité. Son visage paraissait encore plus creusé à la lumière du matin et ses vêtements ne faisaient plus que tenir sur un corps amaigri. Pourtant, lorsqu'il ouvrit les yeux, son regard demeura parfaitement lucide. Il accepta sans résistance qu'on lui apporte de l'eau et quelque nourriture. Il mangea lentement, par petites quantités, comme quelqu'un qui avait dû réapprendre à se nourrir.
À première vue, rien ne semblait indiquer qu'il fût malade au sens ordinaire du terme. Il était épuisé, déshydraté, affaibli par une longue captivité et portait plusieurs blessures anciennes dont certaines n'avaient été que sommairement soignées.
Puis vint le moment où Randal chercha autre chose.
La perception divine ne révéla pas à Caldrim cette aura mauvaise, nette et reconnaissable, qui aurait désigné une créature maléfique ou une corruption directement attachée à son âme. Rien de tel. Caldrim demeurait… Caldrim.
Mais quelque chose était là malgré tout.
Ce n'était pas une présence. Plutôt une trace.
Une impression ténue, presque impossible à saisir, qui semblait demeurer à la périphérie de son être comme une marque laissée par quelque chose qui aurait été trop longtemps en contact avec lui. Elle ne paraissait pas provenir de Caldrim lui-même.
Caldrim remarqua le regard de Randal.
- Vous avez trouvé quelque chose.
Ce n'était pas une question. Il baissa les yeux vers ses propres mains.
- Je ne sais pas ce que c'est. Ou plutôt… je sais ce que cela pourrait être. Mais je ne suis pas certain de vouloir vous l'expliquer ici.
Pendant ce temps, les autres commençaient à préparer le départ. L'Asphodèle Pourpre fut vérifiée avec précaution. La fleur n'avait pas souffert du transport et conservait cette étrange teinte rouge sombre qui semblait presque noire sous la faible lumière du matin.
La question de la route se posa naturellement.
Le Sanctuaire des Larmes Patientes constituait une étape raisonnable pour Caldrim. Mais l'idée avancée la veille restait également séduisante : Méroflède pouvait gagner rapidement Hautelune avec l'Asphodèle, accompagnée éventuellement d'un seul membre du groupe, tandis que les autres prendraient le temps nécessaire pour escorter Caldrim.
Caldrim écouta cette possibilité sans intervenir. Puis son regard se posa sur la fleur. Il pâlit légèrement.
- Ne faites pas cela. Si vous avez l'intention de séparer la fleur de moi… ne le faites pas. Pourquoi ?
Caldrim hésita.
- Parce que je ne sais pas exactement ce qu'ils ont fait. Mais je sais que l'Asphodèle n'est pas seulement une plante médicinale.
Son regard se fixa sur les pétales.
- Là-dessous, elle a poussé au milieu d'une empreinte. C'est probablement pour cette raison qu'ils la recherchaient déjà avant même que vous arriviez. Et si ceux qui m'ont retenu savent que vous l'avez trouvée… ils chercheront à la récupérer.
Taric, jusque-là silencieux, releva brusquement la tête.
- Comment savez-vous qu'ils la recherchent ?
Caldrim tourna lentement les yeux vers lui.
- Parce qu'ils m'ont posé la même question.
Cette réponse suffit à faire retomber le silence. Un instant plus tard, quelque chose changea. L'Asphodèle, tenue à quelques pas de Caldrim, sembla perdre son éclat. Ses pétales se contractèrent légèrement, comme sous l'effet d'un froid soudain. Puis une fine poussière rougeâtre se détacha de l'une des feuilles et tomba sur le sol. Caldrim se leva péniblement.
- Remettez-la près de moi.
Si quelqu'un rapprochait alors la fleur de l'érudit, le phénomène cesserait presque aussitôt. Les pétales reprendraient leur forme et la couleur sombre de la plante retrouverait son intensité. Caldrim fixa longuement la fleur.
- Voilà pourquoi je vous le déconseille.
Mais ce ne fut pas cette étrange réaction qui acheva de rendre la séparation impossible. Un bruit venait de la forêt. Pas un cri. Pas un déplacement furtif.
Un son bref, sec. Puis un second. Quelque part entre les arbres, une branche venait de se rompre. Méroflède, ou quiconque surveillait les environs, pouvait apercevoir une silhouette immobile entre deux troncs.
Elle ne bougeait pas. Elle regardait simplement le camp. Puis elle disparut. Presque aussitôt, très loin derrière elle, une autre silhouette apparut entre les arbres.
Puis une troisième. Pas assez proches pour attaquer. Pas assez nombreuses pour être certaines. Mais suffisamment visibles pour qu'une chose devienne évidente : elles n'étaient pas là par hasard.
Caldrim regarda la forêt, puis les membres du groupe.
- Ils savent que je suis avec vous.
Il désigna ensuite l'Asphodèle.
- Et maintenant, ils savent que vous l'avez trouvée.
Un silence pesant s'installa.
- Si vous vous séparez, vous leur donnerez simplement deux cibles au lieu d'une.
Cette fois, Taric ne protesta pas. Et, quelque part dans les bois, un nouveau craquement se fit entendre. Plus proche.

Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
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