| |
|
Chap. 3 - Les empreintes de l’invisible
|
|
Habitant des Royaumes
Chambre 2
2 gemmes
|
| |
| |

Tamasin avait pressé le pas. Il n'était qu'à moitié rassurant que leur groupe ne soit pas poursuivi et elle s'attendait à tomber tôt ou tard dans un piège. Caldrim s'avérait par ailleurs être tout aussi mystérieux dans ses propos que Taric. La lancière restait concentrée, scrutant sans cesse les environs. Puis, elle finit par se détendre un peu à mesure qu'ils progressaient et elle se mit à réfléchir à la suite.
¤ Que faire à présent ? Le chemin du retour s'annonce long et imprévisible, surtout si nous devons escorter un homme épuisé... ¤
La voie la plus sage était sans doute de regagner la ville pour y apporter l'asphodèle et tenter de soigner le prêtre empoisonné. C'était leur mission initiale et elle tenait à s'en acquitter dans les meilleurs délais. Mais que faire de Caldrim Vaelor ? Il pourrait sans doute bénéficier de soins, lui aussi, mais le ramener en ville les ralentirait et n'était-ce pas ce qu'attendaient justement ses mystérieux poursuivants ? Elle murmura à ses compagnons, en veillant à ne pas être entendue de l'érudit :
- Je pense que nous devrions reprendre le chemin du retour et ramener au plus vite l'asphodèle au temple. Mais, si Caldrim Vaelor ne peut suivre notre rythme, il faudra peut-être nous séparer. Je ne sais pas s'il existe un endroit sûr où il pourrait trouver refuge pour se reposer... et être soigné, s'il est possible de le faire...
La lancière se tourna ensuite vers Caldrim Vaelor et lui posa les trois questions qui lui brûlaient les lèvres :
- Maître Vaelor, qui sont et que sont ceux qui s'en sont pris à vous ? Comment les repousser s'ils venaient à s'attaquer à nous ? Et qu'est-ce que ce parchemin qui est si précieux à leurs yeux ? Si vous voulez qu'on vous aide efficacement, il faut nous en dire plus !
La guerrière espérait que le maître se montrerait plus coopératif que Taric.

Rapide comme le vent, majestueuse comme la forêt, dévorante comme la flamme, inébranlable comme la montagne...
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Habitant des Royaumes
Aucune chambre
Aucune gemme
|
| |
| |

eule à posséder une monture, et d’une taille modeste, Méroflède ne put vraiment foncer aussi vite qu’il était possible. Elle sentait l’urgence d’apporter la fleur à Hautelune, mais elle n’envisageait pas vraiment de laisser sur place le reste du groupe, d’autant qu’il fallait encore protéger Caldrim Vaelor… Pour le moment, il fallait s’éloigner au plus vite du lieu. Même si les dépouillés ne les poursuivaient pas dans l’immédiat, qui pouvait leur certifier qu’ils ne changeraient pas d’avis ?
Les questions de Tamasin, même si elles étaient importantes, ne troublèrent pas plus que cela l’insouciance de la halfeline, qui acquiesça surtout au fait de rentrer au plus vite. « Je pourrais éventuellement aller seule à Hautelune pour apporter l’asphodèle pourpre. Mais il me faudrait peut-être une preuve indiquant que c’est vous qui m’envoyez : autrement, je pourrais sembler suspecte. » Évaluant rapidement le poids de Vaelor, elle envisagea de le prendre avec elle. « S’il faut vous mettre à l’abri au plus vite, je peux vous emmener aussi. Mais… je crois que plus vous aurez de protecteurs, mieux cela serait. » Méroflède se tenait prête à éperonner son poney pour partir au galop avec la plante si c’était nécessaire.

Frondeuse halfeline et son poney Topinambour
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Habitant des Royaumes
Chambre 9
Aucune gemme
|
| |
| |

A bonne distance de la maudite clairière où poussait l'Asphodèle pourpre, le petit groupe fit une brève halte pour reprendre haleine. Autour d'eux, la forêt bruissait à nouveau de cette vie invisible et incessante qui l'anime, un signe qui rassura Randal. Il déposa son barda et, lentement, fit rouler ses épaules puis sa nuque pour les délasser. Sa jambe ne le faisait plus souffrir, ou du moins pas encore - la douleur pouvait reparaître une fois son muscle froid.
Dans leur fuite effrénée, l'Ilmate avait à peine eu le temps de réfléchir à la situation. A qui appartenait la voix étrangement séduisante qui s'était élevée de la faille ? Et pourquoi avoir laissé filer Caldrim et son précieux butin aussi aisément ? Tamasin, qui avait repris son souffle plus vite que les autres, rappela l'urgence de livrer son remède au prêtre qui se mourrait au Temple des Feuilles. Elle ne semblait pas faire confiance au vieil érudit, que ce fût pour tenir le rythme ou, plus généralement, pour leur révéler toute la vérité.- Je connais un lieu où maître Vaelor pourra trouver un asile et des soins, répondit-il à la lancière, sans enthousiasme. C'est un endroit discret, dont j'aime espérer que notre ennemi ignore l'existence... Le prêtre paraissait choisir scrupuleusement ses mots, comme pour contourner d'invisibles obstacles. Il était manifestement embarrassé. Si on l'une de ses compagnes l'interrogeait discrètement à ce sujet après leur halte, elle apprendrait qu'il redoutait moins d'étendre le danger au Sanctuaire des Larmes Patientes, que de révéler leur destination aux deux érudits. Il soupçonnait de lointaines et mystérieuses connexions entre les ravisseurs et leur proie, semblables à celle qui liait Neh'kura et la pauvre créature qu'il présumait avoir été Orwen.- Je pourrai nous y guider demain. Pour l'heure, Méroflède et l'une d'entre vous devraient s'empresser de rejoindre le Temple avec l'Asphodèle. Déjà il remettait la main sur la lanière de son sac : il fallait profiter de tout ce qui leur restait de jour pour s'éloigner le plus loin possible. Le vieil homme était fébrile, mais il pourrait marcher avec l'aide de son jeune disciple.
Chemin faisant, Randal tenterait d'interroger Caldrim au sujet des Dépouillés et de leurs intentions. Il tenterait tout particulièrement d'en apprendre plus sur les liens entre son enlèvement et le pillage du Temple, ainsi que sur la place de Neh'kura dans cette affaire.Le lendemain, après une nuit bercée de craintes et lourde de courbatures, Randal s'isola quelques instants pour rendre hommage à Ilmater. Tourné vers la lumière naissante, il posa devant lui le symbole du Dieu Martyr, s'agenouilla puis inclina la tête.- Ô toi qui Endure, je te rends grâce pour les vies que ta miséricorde a préservées cette nuit. Donne-moi ce jour la force de porter ce qui doit l'être, le pouvoir de secourir ceux qui souffrent et le courage de ne pas détourner les yeux devant leur détresse. Il demeura un temps silencieux, les yeux fermés, puis reprit.- Préserve mon cœur de la colère et mon esprit du doute. Accorde-moi de discerner le mal lorsqu'il se cache derrière la peur, la faiblesse ou l'ignorance, afin que je ne condamne pas l'innocent et n'abandonne pas celui qui peut encore être sauvé. Se courbant vers la terre, il embrassa pieusement le symbole du Dieu Brisé, avant d'ajouter ces quelques mots de clôture :- Que ta bonté éclaire mon jugement et que mes mains servent ta compassion. Avant de reprendre la route, l'Ilmate soumit Caldrim Vaelor à un deux examens. D'une part il s'enquit de sa santé et de sa forme physique, s'assurant qu'il était suffisamment hydraté et qu'il s'était correctement nourri. D'autre part, il invoqua la puissance divine pour vérifier si le Mal ne le souillait en aucune manière.
Il fut soulagé de ne déceler aucune aura maléfique chez le vieillard, mais n'en était pas rassuré pour autant. L'érudit était marqué, d'une empreinte qu'il n'aurait su exactement décrire mais qui lui évoquait ces traces résiduelles dont leur avait parlé avec tant de réticence Taric. Était-ce là la laisse par laquelle son ravisseur retenait sa proie, aussi lointaine qu'elle fût ?

Détection du poison (0) ; Détection de la magie (0) ; Lumière (0) ; Assistance divine (0) ; Bénédiction (1) ; Détection du mal (1) ; Regain d'assurance (1) ; Soins légers (1)
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Conteur des étoiles
Chambre 3
Aucune gemme
|
| |
| |

Le lendemain, après une nuit bercée de craintes et lourde de courbatures, Randal s'isola quelques instants pour rendre hommage à Ilmater. Tourné vers la lumière naissante, il posa devant lui le symbole du Dieu Martyr, s'agenouilla puis inclina la tête.
Le jour se levait à peine sur la Corne Sanglante. Entre les arbres, la lumière demeurait pâle, presque grise, et les dernières brumes de la nuit s'accrochaient encore aux racines et aux troncs. Le camp portait les marques de la veille : herbes écrasées, terre retournée, traces du combat et, un peu plus loin, la fissure béante qui avait donné accès aux profondeurs. Rien ne semblait pourtant avoir bougé durant la nuit. Aucun bruit n'était venu des bois. Pas même le cri d'un animal.
Lorsque Randal revint auprès de Caldrim, celui-ci était toujours là.
L'ancien érudit avait passé la nuit dans un sommeil agité. Son visage paraissait encore plus creusé à la lumière du matin et ses vêtements ne faisaient plus que tenir sur un corps amaigri. Pourtant, lorsqu'il ouvrit les yeux, son regard demeura parfaitement lucide. Il accepta sans résistance qu'on lui apporte de l'eau et quelque nourriture. Il mangea lentement, par petites quantités, comme quelqu'un qui avait dû réapprendre à se nourrir.
À première vue, rien ne semblait indiquer qu'il fût malade au sens ordinaire du terme. Il était épuisé, déshydraté, affaibli par une longue captivité et portait plusieurs blessures anciennes dont certaines n'avaient été que sommairement soignées.
Puis vint le moment où Randal chercha autre chose.
La perception divine ne révéla pas à Caldrim cette aura mauvaise, nette et reconnaissable, qui aurait désigné une créature maléfique ou une corruption directement attachée à son âme. Rien de tel. Caldrim demeurait… Caldrim.
Mais quelque chose était là malgré tout.
Ce n'était pas une présence. Plutôt une trace.
Une impression ténue, presque impossible à saisir, qui semblait demeurer à la périphérie de son être comme une marque laissée par quelque chose qui aurait été trop longtemps en contact avec lui. Elle ne paraissait pas provenir de Caldrim lui-même.
Caldrim remarqua le regard de Randal.
- Vous avez trouvé quelque chose.
Ce n'était pas une question. Il baissa les yeux vers ses propres mains.
- Je ne sais pas ce que c'est. Ou plutôt… je sais ce que cela pourrait être. Mais je ne suis pas certain de vouloir vous l'expliquer ici.
Pendant ce temps, les autres commençaient à préparer le départ. L'Asphodèle Pourpre fut vérifiée avec précaution. La fleur n'avait pas souffert du transport et conservait cette étrange teinte rouge sombre qui semblait presque noire sous la faible lumière du matin.
La question de la route se posa naturellement.
Le Sanctuaire des Larmes Patientes constituait une étape raisonnable pour Caldrim. Mais l'idée avancée la veille restait également séduisante : Méroflède pouvait gagner rapidement Hautelune avec l'Asphodèle, accompagnée éventuellement d'un seul membre du groupe, tandis que les autres prendraient le temps nécessaire pour escorter Caldrim.
Caldrim écouta cette possibilité sans intervenir. Puis son regard se posa sur la fleur. Il pâlit légèrement.
- Ne faites pas cela. Si vous avez l'intention de séparer la fleur de moi… ne le faites pas. Pourquoi ?
Caldrim hésita.
- Parce que je ne sais pas exactement ce qu'ils ont fait. Mais je sais que l'Asphodèle n'est pas seulement une plante médicinale.
Son regard se fixa sur les pétales.
- Là-dessous, elle a poussé au milieu d'une empreinte. C'est probablement pour cette raison qu'ils la recherchaient déjà avant même que vous arriviez. Et si ceux qui m'ont retenu savent que vous l'avez trouvée… ils chercheront à la récupérer.
Taric, jusque-là silencieux, releva brusquement la tête.
- Comment savez-vous qu'ils la recherchent ?
Caldrim tourna lentement les yeux vers lui.
- Parce qu'ils m'ont posé la même question.
Cette réponse suffit à faire retomber le silence. Un instant plus tard, quelque chose changea. L'Asphodèle, tenue à quelques pas de Caldrim, sembla perdre son éclat. Ses pétales se contractèrent légèrement, comme sous l'effet d'un froid soudain. Puis une fine poussière rougeâtre se détacha de l'une des feuilles et tomba sur le sol. Caldrim se leva péniblement.
- Remettez-la près de moi.
Si quelqu'un rapprochait alors la fleur de l'érudit, le phénomène cesserait presque aussitôt. Les pétales reprendraient leur forme et la couleur sombre de la plante retrouverait son intensité. Caldrim fixa longuement la fleur.
- Voilà pourquoi je vous le déconseille.
Mais ce ne fut pas cette étrange réaction qui acheva de rendre la séparation impossible. Un bruit venait de la forêt. Pas un cri. Pas un déplacement furtif.
Un son bref, sec. Puis un second. Quelque part entre les arbres, une branche venait de se rompre. Méroflède, ou quiconque surveillait les environs, pouvait apercevoir une silhouette immobile entre deux troncs.
Elle ne bougeait pas. Elle regardait simplement le camp. Puis elle disparut. Presque aussitôt, très loin derrière elle, une autre silhouette apparut entre les arbres.
Puis une troisième. Pas assez proches pour attaquer. Pas assez nombreuses pour être certaines. Mais suffisamment visibles pour qu'une chose devienne évidente : elles n'étaient pas là par hasard.
Caldrim regarda la forêt, puis les membres du groupe.
- Ils savent que je suis avec vous.
Il désigna ensuite l'Asphodèle.
- Et maintenant, ils savent que vous l'avez trouvée.
Un silence pesant s'installa.
- Si vous vous séparez, vous leur donnerez simplement deux cibles au lieu d'une.
Cette fois, Taric ne protesta pas. Et, quelque part dans les bois, un nouveau craquement se fit entendre. Plus proche.

Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Habitant des Royaumes
Chambre 9
Aucune gemme
|
| |
| |

Les confidences de Caldrim à propos des Dépouillés permirent au prêtre d'y voir un peu plus clair, sans pour autant tout expliquer. La secte semblait entretenir un lien finalement lointain avec Moandre, comme avec Neh'Kura, ce qui le rassura quelque peu. Il restait néanmoins bien des zones d'ombre dans cette dangereuse affaire, qu'il se promit d'éclaircir plus tard, une fois qu'ils seraient en un lieu plus sûr.
Sa consultation terminée, Randal demeura silencieux quelques instants, les yeux fixés sur le vieil homme. La détection divine n'avait rien révélé qui pût faire de l'érudit un ennemi. C'était peu, mais déjà beaucoup... Il demeurait cependant un danger pour eux tous.
- Le Mal ne s'est pas emparé de vous, maître Vaelor, répondit-il comme on communique d'ordinaire à un patient un diagnostic. Mais vous n'êtes pas indemne pour autant...
La réaction de l'asphodèle pourpre, alors qu'ils débattaient de la conduite à tenir, lui laissa une impression plus inquiétante encore que les paroles de l'érudit. Le prêtre, dont le visage s'était assombri, n'aimait guère ce qui semblait lier la plante au vieillard, et moins encore l'idée que ce lien puisse servir à les retrouver - où qu'ils aillent. Un nouveau dilemme se présentait à sa conscience, mise à rude épreuve depuis leur départ du Temple des Feuilles. Il entraîna ses compagnonnes à l'écart, le temps de concerter leur décision.
- L'Oghmite empoisonné est peut-être déjà mort, chuchota-t-il, le cœur alourdi par une amère lucidité. Faut-il risquer la sécurité du Temple pour une cause déjà perdue ?
Il tourna la tête vers un arbre, derrière lequel s'effaça aussitôt une silhouette vaguement humanoïde. La question devait être tranchée sans délai.
- Nous ont-ils retrouvés à cause de l'asphodèle, ou de Caldrim ? Et que cherchent-ils à récupérer : la feuille de parchemin ? leur prisonnier ? la plante ?

Détection du poison (0) ; Détection de la magie (0) ; Lumière (0) ; Assistance divine (0) ; Bénédiction (1) ; Détection du mal (1) ; Regain d'assurance (1) ; Soins légers (1)
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Habitant des Royaumes
Chambre 2
2 gemmes
|
| |
| |

Tamasin avait été rassurée de constater que Caldrim Vaelor semblait supporter le voyage et que son état ne se dégradait pas. Mais ces bonnes nouvelles furent immédiatement entachées de plus sombres constations. Contrairement à ce qu'ils avaient espéré, ils ne pourraient pas diviser l'expédition en deux, l'une gagnant au plus vite le temple, l'autre amenant le vieux sage vers un sanctuaire plus simple à défendre : le dépérissement de la plante lorsqu'on l'éloignait de Caldrim rendait la chose impossible. Et les silhouettes et les craquements constituaient autant de sinistres avertissements...
La lancière allait de secrets en demi-découvertes et de demi-découvertes en incertitudes. Plus que jamais, toutes ces histoires la dépassaient et elle ne comprenait pas qu'une telle magie puisse exister. Tout cela supplantait, et de loin, ce qu'elle avait vu et connu jusqu'à présent...
Elle avait docilement suivi Randal à l'écart. Le prêtre avait gagné en assurance et semblait avoir pris l'ascendant sur le reste de leur petite compagnie. Ce n'était pas pour déplaire à la guerrière qui le respectait et avait besoin, dans une certaine mesure, d'être guidée pour faire face aux événements. Elle tressaillit néanmoins en entendant sa proposition :
- Non... Ce "peut-être" est trop lourd de conséquences... Je ne laisserai pas un homme mourir alors que j'ai été engagée pour le sauver ! Ceux qui nous suivent n'ont sans doute pas besoin de nous pour trouver le chemin du temple et je ne doute pas que celui-ci ait renforcé ses défenses et sa garde, après l'attaque des drows...
La jeune femme se tut, avant d'ajouter :
- S'il y a bien un endroit où nous pourrons éventuellement trouver des réponses, c'est dans un temple d'Oghma. Et si nous ne parvenons pas à gagner Hautelune, non seulement le blessé ne sera jamais soigné, mais les autorités ne seront jamais informées de ce que nous avons appris... et de ce qui les menace...
Elle avait exprimé franchement son opinion. Restait à savoir si les autres allaient la suivre ou se rallier à celle de Randal.

Rapide comme le vent, majestueuse comme la forêt, dévorante comme la flamme, inébranlable comme la montagne...
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Habitant des Royaumes
Aucune chambre
Aucune gemme
|
| |
| |

out au long du trajet, c’est sur le qui-vive que Méroflède chemina avec les autres à travers les bois, ses sens de chasseuse aux aguets, mais sentant que, cette fois-ci, c’était eux le gibier potentiel. Le campement qu’ils établirent valait ce qu’il valait, mais il fallait bien s’arrêter à un moment. Pour tromper l’ennui, elle s’entraina à la fronde une partie de la soirée, avant de proposer à Tamasin des passes d’entrainement : l’une avec sa lance et l’autre avec un bâton glané près du campement.
Heureusement, malgré l’agitation de Caldrim, la nuit se passa sans heurt et au matin, Méroflède put s’occuper tranquillement de Topinambour pendant que les clercs priaient et que le rescapé finissait sa nuit. Après quoi, elle adressa elle aussi une petite prière : au seigneur de morts, comme à son habitude, mais aussi à Brandobaris, patron des voyageurs, et Grumbar, afin qu’il sût quelle corruption régnait sous le sol de cette région et qu’il prît des mesures à cet égard. Une fois la prière de Randal achevée, il examina magiquement Caldrim. La bonne nouvelle fut le résultat positif de cette inspection. La mauvaise fut qu’il y avait quand même quelque chose d’étrange… Et une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, elle fut effarée de voir la réaction de l’asphodèle à son éloignement de l’érudit. « Rapprochez-la ! » ne put-elle s’empêcher de crier en voyant la fleur se flétrir.
Elle laissa la discussion se poursuivre, intervenant discrètement lors d’une pause : « Je vous avais promis de vous aider avec l’asphodèle et votre empoisonné si vous pouviez m’aider à retrouver maitre Vaelor : nous l’avons retrouvé et je ferai mon possible pour rapporter l’asphodèle. Cependant… je me pose une question : si on éloigne l’asphodèle de vous, maitre Vaelor, elle dépérit. Mais si on l’utilise pour préparer un antidote, cela affectera-t-il ses vertus ? Et cela vous affectera-t-il ? » Alors qu’ils discutaient, elle vit les silhouettes se mettre à les entourer. Attaque ou surveillance ? Des dépouillés ou des brigands ? Elle observa comme elle put les nouveaux venus et fit signe à Caldrim et Taric de se mettre à l’abri. « Tamasin, soyez prête à agir, souffla-t-elle. Ioueseni, votre arc est à portée de main ? » De son côté, elle avait dénoué sa fronde et caressait déjà une lourde bille…

Frondeuse halfeline et son poney Topinambour
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Conteur des étoiles
Chambre 3
Aucune gemme
|
| |
| |

Le silence qui suivit les paroles de Tamasin ne dura guère. Quelque part dans les sous-bois, une branche craqua, puis une autre, à plusieurs dizaines de pas de la première. Le vent agitait doucement les feuillages, mais les silhouettes aperçues entre les troncs ne semblaient pas suivre son mouvement. Elles demeuraient à distance, suffisamment dissimulées pour rendre leur nombre incertain, mais assez visibles pour que leur présence ne puisse plus être ignorée.
Caldrim avait suivi les regards inquiets de ses compagnons. Lorsqu'il comprit ce qui retenait leur attention, son visage se ferma. Il posa une main tremblante sur son genou, comme pour maîtriser un frisson, puis se tourna vers Méroflède. La question de son ancienne garde du corps méritait une réponse, même si les circonstances ne s'y prêtaient guère.
- Je l'ignore, ma chère Méroflède. L'Asphodèle Pourpre possède des propriétés que les herboristes connaissent depuis longtemps, mais ce que nous avons observé ce matin n'appartient à aucun traité de botanique que j'aie consulté. Je ne saurais vous garantir que sa préparation sera sans conséquence pour ses vertus médicinales... ni pour moi.
Il observa la plante, dont les pétales avaient retrouvé leur apparence depuis qu'elle avait été rapprochée de lui.
- Ce n'est pas moi qui la nourris. Du moins, je ne le crois pas. Nous avons peut-être été marqués par une même chose, elle et moi. Une chose qui nous reconnaît, en quelque sorte, sans que je puisse vous expliquer comment. Mais ne renoncez pas à sauver cet homme sur la foi de mes suppositions. Tant que cette fleur conserve ses propriétés, elle représente encore un espoir.
Taric, qui s'était jusque-là montré silencieux, s'approcha suffisamment pour examiner l'Asphodèle sans la toucher. Son expression trahissait davantage de perplexité que de certitude.
- Une préparation alchimique pourrait peut-être préserver ses principes actifs, même si la fleur venait à dépérir. Mais je ne peux pas le garantir sans connaître la nature de cette altération. Et nous n'avons pas ici les instruments nécessaires pour le vérifier.
Il releva les yeux vers les arbres. Les craquements s'étaient interrompus, remplacés par un silence d'autant plus inquiétant que les oiseaux continuaient de chanter à quelque distance, au-delà du périmètre occupé par les inconnus.
L'une des silhouettes se déplaça entre deux troncs, sur la droite du campement. Une autre apparut brièvement en retrait, près du sentier emprunté la veille. Les mouvements étaient lents, calculés, sans précipitation. Il ne s'agissait manifestement pas de voyageurs surpris par une rencontre fortuite. Pourtant, aucune flèche ne fut décochée et nul cri de guerre ne vint troubler les bois.
Caldrim pâlit davantage.
- Ils ne devraient pas être ici...
L'érudit avait parlé presque malgré lui. Il chercha du regard les formes indistinctes qui se tenaient à la limite de sa vision.
- Je les ai vus procéder ainsi. Ils observent d'abord. Ils cherchent à savoir ce que leurs adversaires ont compris, ce qu'ils possèdent... et ce qu'ils sont prêts à abandonner. Mais je ne peux pas vous assurer que ce sont les mêmes hommes.
Un mouvement plus franc attira soudain l'attention vers un vieux hêtre, à une trentaine de pas. Un individu venait de quitter le couvert des arbres. Grand et mince, il portait un manteau gris sombre dont la capuche dissimulait partiellement les traits. Ses mains étaient découvertes et aucune arme n'y était visible. Une bande de tissu noir entourait son avant-bras gauche, sur laquelle se distinguait un petit objet pâle, peut-être un fragment d'os travaillé.
L'homme s'arrêta à bonne distance. Derrière lui, les autres silhouettes demeurèrent immobiles.
Sa voix s'éleva, calme et parfaitement intelligible.
- Maître Vaelor. Voilà une rencontre que nous espérions depuis plusieurs jours.
Caldrim se raidit. Il ne répondit pas immédiatement, mais l'inconnu sembla interpréter son silence comme une reconnaissance.
- Vous nous avez donné bien du mal. Et vous avez trouvé de nouveaux protecteurs, à ce que je vois.
Son regard parcourut le campement, s'attarda sur les armes visibles, puis sur Taric. Il ne manifesta aucune surprise particulière devant le jeune prêtre. En revanche, lorsqu'il aperçut l'Asphodèle Pourpre, son attitude changea imperceptiblement. Il inclina la tête, comme pour s'assurer de ce qu'il voyait, avant de reprendre d'une voix plus mesurée.
- Voilà qui est... inattendu.
Il garda quelques instants le silence. L'intérêt qu'il portait à la plante semblait sincère, mais il ne fit aucun geste pour s'en approcher.
- Nous ne sommes pas venus chercher une fleur, rassurez-vous. Et nous n'avons aucune raison de répandre davantage de sang, à condition que chacun conserve son bon sens.
Caldrim se redressa péniblement.
- Vous m'avez retenu prisonnier. Vous avez fait de moi un instrument pour vos expériences. Et maintenant, vous osez parler de bon sens ?
L'inconnu ne parut nullement offensé.
- Vous savez aussi bien que moi que vos recherches ne sont pas terminées, maître Vaelor. Vous avez vu certaines choses. Vous avez compris ce que d'autres auraient été incapables de reconnaître. Ce serait regrettable de laisser tout cela se perdre.
Son regard revint vers le groupe.
- Nous souhaitons simplement que maître Vaelor nous accompagne. Les autres pourront poursuivre leur route. Je ne doute pas que certains d'entre vous aient des obligations urgentes à Hautelune.
À ces mots, Taric détourna brièvement les yeux vers l'Asphodèle. Caldrim, lui, secoua lentement la tête.
- Ne les croyez pas. Ils ne savent pas davantage que moi ce qu'ils ont réveillé. Ils pensent encore pouvoir le maîtriser.
Pour la première fois, l'homme au manteau gris sembla perdre une parcelle de son calme. Son regard se durcit, mais sa réponse demeura courtoise.
- Vous confondez la prudence avec la peur, maître Vaelor. Ce qui demeure sous ces terres ne disparaîtra pas parce que vous refusez de le regarder.
Il fit un pas de côté, révélant derrière lui un étroit passage entre les arbres. Plus loin, une silhouette se déplaça à son tour, sans chercher à se dissimuler complètement. Les inconnus semblaient avoir pris position autour des principales issues du campement, sans toutefois resserrer leur cercle.
L'homme reprit, cette fois à l'adresse de tous.
- Je comprends votre méfiance. Vous ignorez qui nous sommes, et votre compagnon n'a certainement pas dressé de nous un portrait flatteur. Mais réfléchissez à ce que vous risquez en transportant cet homme jusqu'à Hautelune. Il porte avec lui quelque chose dont vous ne mesurez pas encore les conséquences.
Il marqua une pause, puis désigna Caldrim d'un mouvement du menton.
- Demandez-lui donc ce qui s'est produit la dernière fois qu'il a tenté de s'éloigner des profondeurs.
L'érudit ouvrit la bouche, mais aucun mot n'en sortit. Ses doigts se crispèrent sur le tissu de sa robe. L'inconnu observa cette réaction avec une satisfaction discrète, avant de reprendre.
- Je vous laisse quelques instants pour en discuter. Nous n'avons aucun intérêt à provoquer un affrontement inutile.
Il recula lentement jusqu'au vieux hêtre, sans disparaître entièrement derrière son tronc.
La forêt semblait avoir retrouvé son calme, mais cette tranquillité n'avait plus rien de rassurant. Les silhouettes demeuraient présentes, dispersées entre les arbres, et nul ne pouvait savoir combien d'autres se tenaient hors de vue.
Caldrim baissa les yeux vers ses mains tremblantes. Il paraissait soudain beaucoup plus vieux encore.
- Il y a une chose que je ne vous ai pas dite...
Il releva la tête vers ceux qui l'avaient arraché aux profondeurs.
- Lorsque je me suis échappé, ils n'ont pas immédiatement cherché à me poursuivre. Je croyais qu'ils avaient perdu ma trace. Mais maintenant...
Son regard se porta sur l'Asphodèle, puis vers les bois où attendait l'homme au manteau gris.
- Je commence à craindre qu'ils ne m'aient laissé partir pour voir où je les conduirais.
À quelques pas de là, une feuille morte se détacha d'une branche et descendit lentement vers le sol. Elle s'immobilisa un instant avant de toucher terre, comme retenue par un souffle invisible, puis acheva sa chute.
L'inconnu, depuis son arbre, observait toujours le campement.
Il attendait une réponse.

Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel MG : Tenavril, Haut Dracosire de l'Œil du Dragon
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Habitant des Royaumes
Aucune chambre
Aucune gemme
|
| |
| |

es réponses de maitre à propos de l’asphodèle Vaelor n’étaient pas très engageantes, mais il serait temps de s’y pencher une fois à Hautelune, avec des alchimistes chevronnés et un laboratoire efficace. Les nouveaux venus, manifestement des dépouillés, étaient, quant à eux, un danger plus immédiat. Pendant que leur porte-parole (leur chef ?) faisait son laïus, Méroflède fit glisser une bille dans sa fronde, afin d’être prête à toute éventualité, puis dénombra les dépouillés du mieux qu’elle le put, évaluant ensuite leur armement et leurs protections. Six personnes, pas trop lourdement armées... peut-être même moins qu’elle et ses compagnons. Le problème était que si six poursuivants étaient visibles, elle ne savait pas combien pouvaient être cachés, alors que les poursuivis n’étaient, eux, en tout et pour tout que six en état de se battre.
Une fois fini le discours, Méroflède se rapprocha de ses camarades, pour échanger discrètement avec eux, tout en surveillant leurs invités. « Fuir me semblant impossible, je ne vois que trois alternatives : résister, laisser maitre Vaelor les rejoindre de lui-même ou le livrer. Je me refuse à cette dernière option. Et s’il les rejoint... nous perdons probablement l’asphodèle. Ne reste que la résistance : c’est dangereux, mais j’y suis prête. Et vous ? « En plus du bavard, j’en compte cinq : deux armés d’épées, deux archers et un armé d’un bâton, peut-être un mage. S’il n’y avait qu’eux, nos forces seraient égales, mais rien ne prouve qu’il n’y a qu’eux. « S’il faut parler stratégie, votre arbalète sera peut-être un peu longue à préparer par surprise, Tamasin, mais je peux tirer sur cet archer et laisser l’autre à Ioueseni. À moins qu’il ne soit plus prudent que nous nous occupions de celui qui pourrait être un mage : qu’en pensez-vous ? Je me précipiterai ensuite, montée, sur un des archers ou le mage s’il est encore debout. » Tout en attendant l’avis de ses compagnons, elle se tenait prête à sauter sur Topinambour pour charger leurs adversaires.

Frondeuse halfeline et son poney Topinambour
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
Habitant des Royaumes
Chambre 2
2 gemmes
|
| |
| |

L'irruption de leurs poursuivants avait brusquement interrompu la discussion portant sur la question de leur destination. Tamasin se dit intérieurement que cela ne faisait que reporter un problème qui devrait être tranché ultérieurement. Pour l'heure, ils devaient faire face à de nouvelles priorités.
La lancière avait fermement saisit son arme et se tenait prête à s'interposer si les individus cagoulés faisaient mine de passer à l'attaque.
¤ Leurs propos se veulent rassurants et mesurés, mais ils sont empreints de menace... Je ne vois pas comment tout ceci pourrait se terminer autrement qu'en affrontement... ¤
Tamasin était prête à toute éventualité, dont le combat faisait partie. Après tout, n'était-elle pas là pour ça, pour se perfectionner dans la maîtrise de son art ? Elle prit mentalement note de toutes les précieuses informations que Méroflède venait de lui murmurer et répondit :
- Je suis prête à combattre avec ma lance... Je viserais le mage en priorité, ce sont souvent les adversaires les plus imprévisibles.
Un archer ou un arbalétrier décochaient leurs projectiles en direction de leur cible, là où le mage pouvait agir de manières très diverses. La guerrière s'en méfiait et méprisait la plupart du temps ce qu'elle considérait comme des artifices.
Laissant à ses compagnons le soin d'interroger Caldrime Vaelor, elle fit deux pas en avant et déclara au porte-parole de leurs poursuivants :
- Comment pourrions-nous vous remettre quelqu'un sans que nous sachions qui vous êtes et ce que vous comptez faire de lui ? Dites-nous en davantage !
Le ton était ferme, légèrement énervé. La lancière exigeait des réponses trop longtemps attendues.

Rapide comme le vent, majestueuse comme la forêt, dévorante comme la flamme, inébranlable comme la montagne...
|
|
|
| |
|
|
|
|
Suivre ce sujet
Pour recevoir une notification par e-mail lorsqu’une réponse est faite dans ce sujet et que vous n’êtes pas présent sur les forums.
S’abonner à ce forum
Pour recevoir une notification par e-mail lorsqu’un nouveau sujet est créé dans ce forum et que vous n’êtes pas connecté.
Télécharger / Imprimer ce sujet
Télécharger ce sujet dans différents formats ou afficher une version imprimable.
|
|
|