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> Chap. 3 - Les empreintes de l’invisible
écrit le : Mardi 07 Juillet 2026 à 22h54 par Azur'ael
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Taric resta silencieux face aux accusations de Randal. Pendant quelques secondes, seul le grondement sourd venant des profondeurs répondit au prêtre d’Ilmater. Le jeune archiviste baissa les yeux vers l’Asphodèle Pourpre que Méroflède tenait encore entre ses mains, puis vers l’escalier nouvellement révélé. Lorsqu’il reprit la parole, sa voix avait perdu l’assurance calme qu’il affichait depuis leur départ.

- Parce que je ne savais pas quoi vous dire.

Il releva lentement les yeux vers Randal.

- Et parce que certaines choses que l’on ignore sont parfois moins dangereuses que celles que l’on comprend trop vite. »

Il serra son bâton contre lui.

- La première fois que je suis venu ici, il y a plusieurs mois, il n’y avait aucune entrée. Pas d’escalier. Pas de fissure. Seulement une zone où les plantes poussaient de manière anormale. C’est précisément ce qui avait attiré l’attention de Caldrim.

Un silence passa.

- Il pensait que certains lieux gardaient une mémoire. Pas des souvenirs comme les nôtres… quelque chose de plus profond. Une empreinte laissée par ce qui avait existé avant.

Le regard de Taric se posa sur les racines noircies.

- Je pensais qu’il avait tort.

Un nouveau bruit résonna dans les profondeurs. Un pas. Puis un autre. Plus proche. Taric tourna brusquement la tête vers l’escalier.

- Mais maintenant… je ne suis plus certain de rien.

La tension dans sa voix était inhabituelle. Ce n’était plus celle d’un homme qui cachait un secret. C’était celle d’un homme qui venait de réaliser que son secret était plus grand que lui. À la question de Méroflède, il hésita. Ses yeux se posèrent sur la fleur.

- L’Asphodèle est nécessaire pour sauver le prêtre. Nous devons la ramener à Hautelune.

Puis il regarda la faille.

- Mais si cette voix était réellement celle de Caldrim… alors il est peut-être vivant. Ou quelque chose conserve encore une partie de lui. Et je crains que nous n’ayons pas beaucoup de temps pour choisir.

Un mouvement apparut enfin dans l’escalier. Une silhouette descendait lentement.
Pas une créature. Pas encore. Une forme humaine. Boitant. Sa respiration était difficile. Une main s’accrochait à la paroi tandis que l’autre tenait un objet contre son torse : un morceau de parchemin.

Puis la silhouette s’arrêta à la limite de la lumière. Une voix faible monta des profondeurs.


- Taric…

Le jeune prêtre se figea. Car il reconnut cette voix.

- Non…

La silhouette releva légèrement la tête.

- Tu aurais dû me laisser là-dessous.

La lumière révéla enfin son visage. Ou plutôt ce qu’il en restait. Un homme amaigri, couvert de poussière et de blessures anciennes. Mais reconnaissable.
Méroflède n’eut aucun doute. Même après tout ce temps et même dans cet état.

C’était lui.

Caldrim Vaelor.



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Mes PJs : Azur'ael, la gardienne des mystères ; Shalan le chevalier de la Seldarine ; Kuan Shen-li, l'archer spirituel
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écrit le : Mercredi 08 Juillet 2026 à 18h06 par Méroflède Boisdhiver
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out en surveillant l’entrée du gouffre, prête à tirer, la halfeline écoutait la discussion qui lui semblait s’éterniser… non qu’elle fût incapable de tout saisir, mais surtout parce qu’ils avaient une occasion d’avoir de l’action et qu’elle voulait passer à la suite : l’adrénaline de la lutte contre le ver géant n’était pas encore totalement diluée dans ses veines. Elle se força à se calmer un peu pour prêter plus d’attention à ce qui se disait, tant la situation semblait importante.
 Les théories de Caldrim Vaelor sur la mémoire des lieux la laissaient un peu perplexe, notamment du fait qu’elles étaient distillées goutte à goutte : d’abord par Vaelor lui-même qui ne lui avait pas paru très enclin à discuter de manière posée et détendues, puis par Taric, qui ne voulait manifestement pas cracher le morceau trop vite.

 ¤ Gardien du savoir ou gardien des secrets ? ¤ Elle ne se rappelait plus comment les prêtres d’Oghma étaient appelés, mais ce n’était pas vraiment la question pour le moment.

 Alors qu’elle s’apprêtait à dire que si l’asphodèle était nécessaire, autant y aller au plus vite, le bruit qui venait de la faille se fit plus concret avec l’apparition d’une silhouette.

 « Maitre Vaelor ! Vous tombez à pic ! Enfin… »
 Elle mima une chute brutal d’un pic, puis la montée des marches qu’avait dû faire l’érudit.
 « Bref ! vous me comprenez ! Je vous explique rapidement la chose : un de vos collègues à Hautelune a besoin de cette plante, c’est une question de vie ou de mort. Nous hésitions à descendre vous chercher ou à repartir au plus vite… La question me semble réglée : revenez parmi nous et allons-y ! »

 Elle fourra l’asphodèle dans les mains de Taric, qui ne semblait pas pressé de la prendre, s’approcha de Vaelor, toujours ses gardes, et lui tendit la main pour l’aider à sortir.
 « Ah ! et bien évidemment, je suis disposée à négocier à la baisse mon paiement pour vous escorter, au vu de votre enlèvement. »


    hrp.gif Malgré le « Une silhouette descendait lentement. », je me suis permis de penser qu’elle montait lentement depuis les profondeurs. Si j’ai vraiment rien compris à la situation, je peux modifier.



Frondeuse halfeline et son poney Topinambour
 
 
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écrit le : Dimanche 12 Juillet 2026 à 21h17 par Ahuizotl
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A force d'hésiter, le choix s'était finalement imposé à eux et, contre toute attente Caldrim Vaelor avait son apparition. Comme avait-il survécu et de quelle manière avait-il été affecté par son enlèvement et son "séjour souterrain", Tamasin n'en avait pas la moindre idée.

L'érudit semblait sain et sauf, quoiqu'en mauvais étant. La lancière aurait dû s'en réjouir mais les sinistres paroles de l'érudit, couplées à celle de Taric et à l'étrangeté de la scène, l'incitaient à la prudence.

Elle murmura à Raugilath et à Taric :


- Il serait utile de voir s'il est toujours en pleine possession de lui... et si sa nature n'a pas été affectée par tout ça...

La magie n'était pas son domaine, elle ne le savait que trop bien. Laissant le soin aux autres de mener plus loin l'examen des événements, elle se contenta d'appuyer les propos de Méroflède :

- Enchantée de vous rencontrer et de vous savoir en vie, Maître Vaelor. Si vous êtes capable de voyager, je pense en effet que nous ne devrions pas nous attarder ici. Reprenons la route, soignons le blessé et faisons rapport aux autorités de ce que nous avons appris. Hautlune est visiblement sous le coup d'une menace insoupçonnée...



Rapide comme le vent, majestueuse comme la forêt, dévorante comme la flamme, inébranlable comme la montagne...
 
 
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écrit le : Mardi 21 Juillet 2026 à 15h18 par La Goualeuse
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Les yeux fouillant les ténèbres dans lesquelles se perdaient les escaliers, Randal écoutait les tardifs aveux du jeune archiviste. En dépit de l'enrobage proverbial dont il avait habillé ses paroles, son explication sonna bien creuse aux oreilles du prêtre.

- Tes supérieurs jugeront de ton comportement, si nous réchappons du piège où tes réticences nous ont menés, rétorqua-t-il avec une sévérité peu coutumière, sans tourner la tête. Préfère la vérité, toujours, au mensonge et au silence.

Il arracha quelques secondes son regard du gouffre, comme pour prendre à témoin Tamasin et Iouseni, ou les rallier à une boussole morale dont elles s'étaient écartées.

- Tu aimes les maximes. En voici une : un danger connu est moins périlleux qu'un danger qu'on ignore.

Quelques secondes plus tard, une silhouette se découpa parmi les ombres, en contrebas. Vaguement humanoïde, elle avait non seulement la voix, mais aussi la figure de Caldrim Vaelor - comme l'attestèrent, du moins, les réactions de Taric et de Méroflède. Mais était-ce vraiment l'érudit ? Les sinistres paroles de l'archiviste permettaient d'en douter, comme les mots étranges et non moins sombres du rescapé.

*Tu aurais dû me laisser là-dessous... Pourquoi ? Un avertissement ? La corruption ? Trop tard, a dit l'autre voix. Trop tard pour quoi ?*

L'image d'Orwen lui revint en mémoire, rapidement chassée par celles des innombrables et effroyables créatures qui s'étaient massées devant la grange.

- Ne le touchez pas, s'empressa-t-il de dire, en s'écartant lui-même de l'être décharné qu'avaient livré, un peu trop facilement et rapidement à son goût, les entrailles de la terre.

L'observant attentivement, il tenta de déceler la moindre trace d'une contamination ou d'une altération, ce site étant indubitablement marqué par l'une de ces "empreintes" anciennes - vestige de Moandre ou non - qu'étudiait Caldrim et que convoitaient les Dépouillés : une tâche suspecte, une racine mouvante, une lueur au fond de l'œil... Hélas il n'avait pas prié Ilmater, ce matin, de lui offrir le don d'entrevoir le Mal par-delà les apparences. Un tel pouvoir lui aurait permis de trancher une question dont le vieil homme ignorait peut-être lui-même la réponse.


- Une menace insoupçonnée, Tamasin a sûrement plus raison qu'elle ne le pense...

Il se tourna vers Caldrim Vaelor, ou du moins vers celui qui en avait toutes les apparences :

- Vous... son cœur d'Ilmate se serrant, sa voix se fit plus douce. Comment vous sentez-vous ? Pardonnez ma prudence... mais ce lieu est profondément corrompu. Nous ignorons encore cela peut faire aux vivants. Sa voix se fit plus ferme. Qui vous a libéré, et pourquoi ? Pourquoi est-il "trop tard" ?



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écrit le : Samedi 25 Juillet 2026 à 07h37 par Azur'ael
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Caldrim demeura quelques instants immobile, comme s'il découvrait de nouveau la lumière du jour. Son visage était émacié, sa barbe couverte de poussière grise, et ses vêtements, autrefois ceux d'un érudit respecté des Feuilles de la Connaissance, n'étaient plus que des lambeaux imprégnés de terre noire. Lorsqu'il leva les yeux vers Méroflède, une lueur de reconnaissance y passa furtivement.

- Vous êtes venue...J'espérais que vous renonceriez.

Il saisit la main que lui tendait la halfeline, mais son geste demeura étonnamment hésitant, comme si ses muscles avaient oublié jusqu'au simple effort de se hisser sur la dernière marche. Taric s'avança aussitôt pour le soutenir. À peine leurs regards se croisèrent-ils que le jeune archiviste pâlit.

- Maître...

Caldrim posa une main tremblante sur son épaule.

- Tu n'aurais jamais dû revenir ici, Taric.

Son regard parcourut ensuite chacun des aventuriers. Il s'attarda un instant sur Randal, dont la méfiance ne lui avait manifestement pas échappé, avant de répondre d'une voix lasse :

- Vous avez raison d'être prudent. Je me pose moi-même la même question depuis des jours... suis-je seulement encore celui que j'étais ? »

Il baissa lentement les yeux vers ses propres mains.

- Ils ne m'ont pas retenu prisonnier. Ils m'ont laissé observer. C'était bien pire. Les Dépouillés ne servent pas Moandre. Ils se servent de ce qu'il a laissé derrière lui. Ils cherchent les empreintes... ils les réveillent...

Il s'interrompit brutalement. Son visage venait de se figer. Ses yeux étaient désormais tournés vers la faille. Le murmure était à peine audible.

- Non...Ils savent que je suis remonté.

À peine ces mots furent-ils prononcés qu'un grondement parcourut les profondeurs. Cette fois, il ne ressemblait ni au déplacement du ver ni à l'effondrement de la roche. C'était un bruit régulier. Des pas nombreux et lents. Comme si plusieurs personnes gravissaient simultanément l'escalier. Taric serra instinctivement l'Asphodèle contre lui. Caldrim, lui, recula d'un pas.
Pour la première fois depuis son apparition, une véritable peur se lisait dans ses yeux.


- Partez.

Sa voix claqua, bien différente de son ton hésitant de quelques instants auparavant.

- Si vous restez ici, ils vous verront.

Il leva lentement une main vers l'obscurité.

- Et une fois qu'ils vous auront vus... ils ne cesseront jamais de vous chercher.

Au fond de la faille, une faible lueur verdâtre venait d'apparaître. Puis une deuxième. Puis une troisième. Comme des lanternes que l'on remontait lentement depuis les entrailles de la montagne.




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écrit le : Dimanche 26 Juillet 2026 à 14h37 par Phineas
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La mulane observait de loin. Combien de contes mythologiques racontaient les tromperies de Seth ? Combien de fois le dieu chacal avait il trompé son frère, trop bienveillant, jusqu'à provoquer sa mort et rependre ses entrailles ? Combien, avant qu'Isis et Thoth ne décide de contrecarrer ses plans ?

Devant elle se trouvait deux amis de l'émacié, un qui a juré de l'escorté. Et parmi les deux premiers, deux servent un culte prêt à tout pour sauvegarder les vivants. Et rien n'attire plus les preux que les faibles qui ont décidé de mourir.

Ioueseni fixait l'homme, et alors que son regard croisait celui de l'ancienne esclave, elle leva son arc et le mis en joue.


- Ce genre de rhétorique est un bon moyen de pousser une ouaille du Martyr à vous sauver, Caldrim Vaelor. . Cesser de parler en énigmes, par Thot. Ces dépouillés menacent les voyageurs et la ville, d'une façon ou d'une autre. Et je peine a croire qu'il n'y est aucun lien entre le fait que des créatures des souterrains aient blessés notre prêtres, et que nous finissions par vous retrouver dans ce trou.

Elle fixait le savant derrière sa flèche.

- Même si à l'heure actuelle, je ne vois pas de lien entre Moandre et les drows. A part la capacité du mal à s'allier au moment qui nous est le moins opportun. J'ai très peu d'intérêt pour votre vie, que vous semblez croire déjà terminé. Alors le mieux que vous puissiez faire, c'est de nous confier tout ce que vous pensez savoir.


 
 
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écrit le : Lundi 27 Juillet 2026 à 13h24 par Ahuizotl
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Tamasin hésitait, indécise.

Une part d'elle désirait se mesurer aux dépouillés, les faire reculer, les faire payer et enfin tirer au clair toute cette affaire. N'était-ce pas en quête de défis et d'affrontements qu'elle avait pris la route en vue de perfectionner son art de la lance ?

Mais une voix intérieure l'incitait à rebrousser chemin. Caldrim était inquiétant et, s'il était l'érudit qu'on lui avait décrit, ses menaces étaient à prendre au sérieux. Ils avaient accompli leur mission et il ne servirait à rien qu'ils meurent ici, sans que personne n'ait pu prendre connaissance de ce qu'ils avaient découvert.

Puis la vision de la créature qu'ils avaient aperçue chez Orwen lui revint à l'esprit, triste pantin, simulacre d'être humain... La guerrière n'avait aucune intention de connaître un sort pareil.

Ioueseni et Randal semblaient avides de réponses, au point de faire fi de tout danger. Ce n'était pas son cas. Tamasin ne se sentait pas à la hauteur. La poursuite des drows et la paralysie dont elle avait souffert avaient constitué une bonne leçon.

Fermement, elle déclara :


- Assez de questions, nous n'avons plus le temps. Rebroussons chemin tant que nous le pouvons, et en bon ordre... Et si "ça" nous suit, nous ferons face sur un terrain plus favorable.

La lancière s'éloigna lentement des lieux et chercha du regard un couvert dans lequel ils pourraient se réfugier ou un élément de relief qui pourrait constituer une bonne position pour se défendre.



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écrit le : Mardi 28 Juillet 2026 à 10h24 par Méroflède Boisdhiver
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éroflède haussa les sourcils en entendant Caldrim Vaelor dire qu’il espérait qu’elle ne viendrait pas…
 ¤ Je me suis engagée à le protéger, pas à le laisser tomber à la première difficulté venue… ¤
 Puis, en y réfléchissant un peu plus, elle se dit qu’il pensait à elle, pour la protéger. Une louable intention, donc.

 Elle allait le remercier pour sa sollicitude, mais il poursuivit ses mises en garde, voire ses reproches envers la témérité de ses visiteurs. Et c’est alors qu’Ioueseni le menaça de son arc.

 — Hé ! là !
 Méroflède tira sur les rênes de son poney pour se reculer prudemment. Nul besoin de se mettre sur la trajectoire de la flèche. D’ailleurs, elle aussi se demandait s’il était vraiment de faire possible à cet homme : lui-même ne savait même pas s’il était toujours qui il fut !

 Entre la menace représentée par les dépouillés, qu’elle avait pu voir à l’œuvre, les craintes légitimes de ses compagnons de route, l’érudit de Hautelune à sauver et le fait que Vaelor ne semblait pas vouloir poursuivre la discussion… la halfeline se rangea à l’avis fermement énoncé de Tamasin.

 — Nous avons la fleur, nous avons retrouvé le disparu… vous avez raison : rebroussons chemin avant de bêtement y laisser des plumes.
 Elle s’adressa ensuite à vois basse à Vaelor :
 — Avant que nous partions, souhaitez-vous être libéré de ce monde et des tourments que vous semblez endurer… ici, fit-elle en désignant la faille. Nous pouvons faire ça vite et proprement. L’archère est prête à vous tirer dessus : un geste de votre part et vos soucis s’envoleront… je pourrai ensuite m’arranger pour rendre votre corps sans intérêt pour des nécromanciens.

 Tuer de sang-froid ne lui plaisait pas, mais elle voyait sa proposition comme un acte de charité.



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écrit le : Hier à 13h45 par La Goualeuse
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Randal n'avait pas entendu les quelques mots qu'avait chuchotés Méroflède à Caldrim Vaelor, et c'était sûrement pour le mieux.

Toujours aussi partagé à propos de l'érudit, il aurait appuyé la mise au clair exigée par Iouseni si Tamasin, qui déjà joignait le geste à la parole, n'avait souligné l'urgence de fuir.


- Plus tard, maugréa-t-il à l'égard de l'archère, abaissant sa main dans un geste d'apaisement. Les réponses seront inutiles si nous mourons ici. Il faut partir.

Le grondement qui s'éleva de la faille, bientôt suivi par le lointain écho d'innombrables bruits de pas, ne pouvait que le conforter dans cette décision. Le savant semblait trop affaibli pour fuir à pied, mais le robuste poney de la mercenaire halfeline pourrait remédier à cette difficulté. Fallait-il cependant prendre le risque d'emmener avec eux la proie des Dépouillés ? Même le feuillet qu'il tenait lui paraissait suspect. Après tout ce qu'ils venaient de voir, qui pouvait dire si un simple morceau de parchemin n'était pas lui aussi porteur de l'une de ces empreintes dont parlaient Taric et son mentor...

*Ils ne cesseront jamais de vous chercher.*

L'avertissement que Caldrim venait de leur donner sonnait, entre peur et résignation, comme la reconnaissance de sa propre condamnation. Il se savait perdu : ces bourreaux le pourchasseraient jusque derrière les remparts d'Hautelune, peut-être jusqu'au cœur du Temple des Feuilles. Mais ces créatures de malheur n'avaient-elles pas vu Méroflède elle aussi, lors du rapt de son protégé ? Il y avait de la brume, avait-elle dit...

*Comment savoir ?*

L'Ilmate, rangeant ses armes pour être plus à son aise, tourna les talons et s'élança à la suite de la jeune lancière.

- Taric, aidez votre maître à monter sur le poney, cria-t-il en s'éloignant. Quant à vous, Méroflède, prenez l'asphodèle et hâtez-vous jusqu'à Hautelune. Ne nous attendez pas, nous vous rejoindrons dès que nous le pourrons.



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