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> Chapitre 1 : Le Dorthkhel Svirrik
écrit le : Mardi 06 Janvier 2026 à 21h14 par Wrenn Sagredash
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Hypnotisé par la rythmique de Myree et mû par une adrénaline sourde provenant de ses deux derniers coups au but, Wrenn encocha une troisième flèche, et d’un geste maintenant devenu machinal, il tira sur la corde de son arc. Celle-ci n’atteignit cependant jamais le bout de son nez. Dans un craquement sinistre, interrompant le rythme presque tribal qui emplissait jusque là l’air de la caverne, le bâton de Myree venait de s’enfoncer dans le crâne de la créature séculaire. En un instant, tout redevint … normal ?

Le cri de joie de Lilci finit de ramener Wrenn à la réalité. Du coin de l’œil, alors qu’il rangeait soigneusement son arc, il aperçu Glimble bouger, et reprendre ses habitudes de scribe. Son attention se porta alors sur Myree, mais Lilci fut plus rapide que lui. Il attrapa au vol la torche qu’elle lui tendit, manquant de se brûler, et contempla, horrifié, les plaies sur le bras de son amie.

¤ On n’a jamais entendu parler de gens qui n’étaient pas revenu vivant du Dorthkhel Svirrik, pas vrai ? ¤

Cette phrase, qu’il avait prononcé un peu plus tôt dans le tunnel, résonna dans sa tête, alors que son regard se portait sur les restes de la créature. Cette chose ne les aurai pas épargné, en témoigne le bras de Myree. Ils allaient devoir redoubler de prudence. Des choses qui n’ont rien à voir avec l’épreuve préparée par la doyenne du village se terrent dans ces tunnels, il en avait maintenant la certitude. Son instinct en pénétrant dans cette grotte ne l’avait pas trompé, les années passée à affûter ses sens de chasseur semblaient payer. Cette simple pensée sembla le rassurer un peu. Perdu dans ses pensées, il se tenait maintenant seul au milieu de la grotte. Glimble et Lilci s’afféraient devant une fresque usée par le temps. Alors qu’il leur rapportait la torche, il se désintéressa de la gravure murale et chercha Myree du regard.

Il ne tarda pas à repérer la petite barde, blottie dans un recoin de la grotte. Il s’approcha doucement et s’assit non loin d’elle. Il cherchait du regard les yeux de Myree, qui semblaient perdus au-delà des murs de cette pièce. Plusieurs fois, il avait ôté la vie d'un animal, lors d'une partie de chasse. Mais ôter la vie pour se défendre contre un adversaire dont l'objectif est le même que vous ?Que pouvait bien ressentir Myree en ce moment ?

D’un ton doux et posé, qui ne se voulait ni faussement flatteur ou réconfortant, il entreprit de rompre le silence.
- Eh, ça va ? Tu as été incroyable tout à l’heure, avec ton bâton. Ce rythme que tu as frappé au sol, cette sensation de clarté qu’il me procurait ! J’avais l’impression de voir le monde avec des nouveaux yeux, c’était incroyable… Cette chose était vraiment de mauvaise humeur, on l’a sûrement réveillé pendant sa sieste… Comment va ton bras ?




Wrenn "Perce-Feuille" "Pieds-Légers" Sagredash

- Pas d'inquiétude, tout va bien se passer ...
 
 
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écrit le : Mercredi 07 Janvier 2026 à 18h16 par Myree Dinglestone
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Le regard de Myree oscilla à peine à l'arrivée de Wrenn. Son mutisme traduisant sans mot ni geste cette même tension qui insufflait cette main serrée autour de son ancienne blessure. La prise de parole du trappeur ne changea pas la donne, la Barde conservant cet air stoïque, ne laissant que quelques mouvements d'yeux très discrets traduire ses réactions.

Un léger silence flotta dans l'air après la question de Wrenn portant sur l'état de son bras. Puis la jeune Gnome prit la parole, d'une voix enrouée, au volume bas, s'accompagnant d'une œillade acerbe.


- Tu n'as pas besoin de faire semblant, c'est bon. Tu as gagné. Tu avais raison, et j'avais tort. C'était stupide de ma part de me jeter dans la gueule du loup.

Constatant dans les yeux de son compère l'absence de cette malice égocentrique dont elle l'accusait, Myree troqua son masque d'aigreur pour celui de l'embarras. Son menton coula amèrement vers le bas, avant qu'elle n'ajoute, d'un ton moins vindicatif :

- J'étais tellement persuadée que la solution était là. Je n'avais aucun doute sur le fait de détenir la vérité. Et pourtant...

Son bras vint rapprocher davantage sa théière contre son cœur, telle une peluche apportant réconfort entre les mains d'un enfant. Quelque chose de bien plus profond qu'un simple caprice semblait paralyser la Gnome en cet instant. Un bouleversement. C'est alors qu'elle entama sans crier gare une longue confession, de cette voix basse teintée de vulnérabilité :

- Tu vas sans doute me trouver prétentieuse, mais... Quand on s'est lancé dans cette aventure, j'étais persuadée que je m'en sortirais les doigts dans le nez. "L'épreuve du rire", hein... !

Un mince ricanement coula. Nulle joie ou hilarité n'y transpirait. Seulement une profonde amertume teintée de sarcasme.

- Mais il faut croire que je me suis plantée sur toute la ligne. Ironiquement, c'est celui d'entre nous qui est le moins sensible au rire qui s'en sort le plus comme un poisson dans l'eau.

Le regard pivoté vers le fond de la caverne, la Barde observait la Taupe pressant ses notes sur son carnet sans échapper au moindre détail délivré par la mystérieuse fresque que la lumière de Lilci éclairait. Un court rictus orna les lèvres de Myree, avant qu'elle ne reporte son attention vers le trappeur.

- Sans parler de toi. Ça fait plus d'une prouesse à ton palmarès, après toutes ces épreuves. Au final, j'étais loin de me douter que dans le lot, je jouerais le rôle du boulet écervelé, se mettant toute seule en danger.

La Gnome sembla se douter de la prochaine remarque du Trappeur :

- Je sais, je sais... J'ai fait des trucs, moi aussi. Je suis pas une cause perdue non plus. enchaîna-t-elle, avant de marquer une pause, ses yeux grenats s'immobilisant sur les restes de la créature, puis d'ajouter, d'une voix s'affaissant dans un tremblement : Mais ça, par contre... C'était... C'était...

La gnome se recroquevilla davantage, ses mots se perdant dans une honte et une peur encore vivace. Elle conclut, d'un murmure cachant cet accablement qu'elle tentait vainement de dissimuler :

- Je partais pourtant avec toutes les chances de mon côté, moi, la descendante du "Prince Railleur" ! Hmf... Il faut croire que j'étais simplement trop présomptueuse de croire que je pouvais prétendre marcher sur ses pas. Il était une légende. Et moi... Je n'en suis qu'un simulacre.

Ses sourcils s'affaissèrent avec tristesse sur le manche de Marteau Piolet reposant à ses pieds, dont l'embout de métal, entaché par des restes de pourriture arrachés au monstre filamenteux, demeurait coupé de sa traditionnelle tête de Piolet.


 
 
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écrit le : Dimanche 11 Janvier 2026 à 20h33 par Wrenn Sagredash
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Wrenn resta un instant silencieux à regarder Myree, qui semblait à ce moment être l'incarnation même de la tristesse. Ça ne lui ressemblait pas. En fait, il avait beau fouiller dans sa mémoire, depuis qu'elle était arrivée à Boisgrévier, il ne l'avait jamais vu comme ça.

- Je comprends ce que tu ressens. On fait tous des erreurs, moi le premier. Dans la première salle j'étais convaincu qu'il fallait trouver une signification cachée dans ces contrepèteries. J'ai été d'abord bien incapable de les repérer, et puis il suffisait de les énoncer, comme tu l'as fait. Tu le dis-toi même : tu es tout sauf une cause perdue. J'aurai été incapable d'aligner une flèche correctement sans la clairvoyance apportée par ta musique, lorsque cette chose a cherché à nous immobiliser.

Wrenn marqua une pause, cherchant les mots justes. Il ne supportait simplement pas voir Myree dans cet état, c'était trop... brutal, trop différent de ce qu'elle est, de ce qu'elle incarne au quotidien.

- Je suis convaincu, comme je vous l'ai dit, que cette caverne n'a rien à voir avec le Dorthkhel Svirrik. Nous aurions pu passer sans voir la porte. Et les anciens ne nous auraient jamais envoyer nous battre contre des créatures pareilles sans au moins nous prévenir.

¤ Du moins, je l'espère ... ¤ Ajouta-t-il pour lui-même.

Wrenn ramena ses genoux contre son menton et fit le tour de ses jambes avec ses bras. Les lueurs de la torche de Lilci projetaient des ombres fugaces sur le visage de la petite barde, et des reflets grenat fusaient de son regard lorsqu'il errait sans but sur les murs de la grotte. Finalement Myree était bien plus mystérieuse qu'elle n'y paraissait.

- Même si je n'en sais rien, j'imagine que ton grand-père serait fier de toi. Je trouve ça très dur de savoir si on est à la hauteur. A la hauteur de quoi, en fait ? Pour moi, la hauteur, c'est celle de maître Hersemain, c'est ce qui se rapproche le plus d'un père, probablement, pour moi. Tout ce que je fais, à la guilde, c'est dans l'espoir d'avoir un clin d'œil de sa part, un regard approbateur, ou, soyons fou, un compliment. Est-ce que c'est si important au final ? Je ne sais plus trop. C'est peut-être ça aussi devenir adulte ? Arrêter d'exister pour les autres, ou à travers des souvenirs, et réaliser pleinement qui ont est, et pourquoi on est là.

Wrenn se déplia souplement et se mis sur ses pieds. Il épousseta sa tunique, puis tendit résolument une main vers son amie.

- Et moi, je suis là pour mes amis. Je crois. Non, j’en suis certain. C'est avec vous que je suis bien, c'est avec vous que j'ai envie d'avancer. C'est ensemble qu'on sortira de cette caverne, en rattrapant les gaffes des uns, et en veillant sur les autres. On rigolera bien dans quelques jours en racontant comment tu as essayé de faire danser un tas de champignon décharné. Tu viens ? On devrait aller voir nos deux passionnés d'histoire, avant qu'ils ne fusionnent avec la fresque à force de la contempler. Qui sait, il y a peut-être des bonnes blagues à apprendre sur ces vieux dessins !

Un clin d'œil et un sourire des plus bienveillant accompagnaient cette dernière phrase. Sa main resterait tendue, aussi longtemps qu'il le faudrait.



Wrenn "Perce-Feuille" "Pieds-Légers" Sagredash

- Pas d'inquiétude, tout va bien se passer ...
 
 
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écrit le : Lundi 12 Janvier 2026 à 22h08 par Glimble Nopelstallen
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limble s'affairait autour de la fresque. Il allait et venait, à la lumière de la torche. Prenant des notes de ci, de là.
Il était tellement focalisé sur sa tâche qu'il n'avait pas réalisé la conversation entre les deux amis en arrière plan.

Il avait dessiné des croquis à différentes échelles. Un croquis général, sommaire, à distance. Puis, au fil des choses intéressantes qu'il voyait, il avait esquissé des scènes plus précises, voire détaillé certaines parties vraisemblablement minuscules. Pour ce faire, l'Aveugle n'avait de cesse d'effleurer les reliefs, de passer ses petits doigts de gnomes sur les impacts du ciseau ou du burin de ci, de là. Parfois, il poussait même des sons étranges, semblant chercher l'écho de sa voix sur la pierre. Souvent, on pouvait le voir s'entretenir avec Sérotine, qu'il semblait missionner de l'aider de la même façon (et certainement avec plus d'efficacité).

Après un moment probablement très long pour un observateur extérieur, il prit un peu de recul. Il regarda ses notes puis la fresque successivement, et commença à parler tout haut. Il n'était pas vraiment très clair s'il se parlait à voix haute, s'il parlait à Lilci ou s'il s'adressait à Wrenn et Myree qui approchaient à cet instant.


- Par les rouflaquettes de Baervan, comme c'est étrange ! Je n'ai jamais rien lu de tel, dans tout Boisgrévier. Cette fresque m'a l'air si ancienne ! Je ne reconnais pas l'histoire qu'elle évoque. Est-ce notre Clan ? Est-ce plus vieux encore ? Ou... ailleurs ? En Féérie ?

La Taupe se tut un moment, pensif.

¤ Ou bien... Serait-ce un pan de notre histoire qui aurait été... ommis, plus qu'oublié ? Aurait-il été tu aux générations suivantes ? ¤

Il finit par sortir de son silence.


- Quoi qu'il en soit, cette très ancienne fresque nous cache encore quelques secrets. Ses yeux brillaient alors qu'il prononçait ces mots.
Venez, ne restez pas les bras ballants. Prenez quelques racines et morceaux de mycélium, nous devons ôter la poussière et la mousse très précautionneusement -Il insista sur ces mots- pour pouvoir lire ces inscriptions, ici.

Puis, comme si ses camarades n'attendaient que cela, il prît Wrenn par le bras, puis lui désigna un ensemble d'inscriptions à nettoyer, lui montrant l'exemple sur la manière de faire pour préserver au mieux le relief des inscriptions ciselées. A son tour, il attrapa le poignet de Myree et fît de même à un autre endroit de la fresque. Il entreprit d'en nettoyer la dernière partie, après avoir remercié Lilci de continuer de gérer la lumière.



○• Glimble Otto Nebel Jonk Nopelstallen •○
Pouvoirs :Son imaginaire (11), •Prestidigitation, •Lumières dansantes, •Communication avec les animaux fouisseurs
Sorts (DD) : n0 •Hébêtement (16), ○Détection de la magie, •Noir | n1 •Couleurs dansantes (17), •Armure de mage
 
 
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écrit le : Samedi 24 Janvier 2026 à 17h53 par Myree Dinglestone
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Lorsque Wrenn évoqua plus en détail les talents de Myree déployés au sein de ces cavernes, la Gnome n'arborait plus cette posture défensive comme au début de leur échange. Désormais, les joues de l'intéressée rosissaient légèrement, face aux compliments du Trappeur. Cependant, lorsque ce dernier commença à lui confier les attentes et ambitions qu'il portait à l'égard de son maître Hersemain, les yeux grenats de la Barde s'extrayèrent enfin du vide. Son corps recroquevillé s'ouvrit progressivement, tandis que ses bras s'arrachaient peu à peu de sa théière. Ce tourbillon de ruminations, qui avait jusqu'alors accaparé ses pensées, s'étiola pour laisser place à un regard dirigée vers son interlocuteur, d'une profondeur encore inédite à ce jour. Jamais n'avait-elle scruté son camarade avec autant d'intensité qu'en cet instant, détaillant chacun de ses traits avec une minutie particulière : la crispation de cette mâchoire quasiment imberbe ; ces bras ciselés crispés autour de cette silhouette habituellement si souple ; le plissement de ses fins sourcils, soutenant ces yeux d'émeraude aux creux desquels brillait sans malice ni tromperie chacune des émotions confuses du Gnome.

Il ne faisait plus aucune doute que Wrenn ne faisait pas la causette simplement pour la sortir de sa torpeur. Il semblait lui aussi affecté personnellement par ce rite. Face à cette constatation, Myree ne sut quoi dire ou penser. Habituellement, ses réflexions auraient fusées à l'élaboration d'un plan exploitant ces failles révélées chez son camarade, pour concocter une farce destinée à lui donner une bonne leçon de vie. Mais en cet instant, quelle leçon pouvait-elle délivrer - elle, la responsable de tout ce fiasco - à ce Gnome s'étant tenu à ses côtés dans ce combat périlleux, puis venu veiller à son bien-être, avant de lui révéler courageusement ses doutes ? De plus, les paroles du Trappeur résonnaient en elle avec autant d'ampleur que les percussions qu'elle avait elle-même arrachée à la terre au cœur de l'affrontement...

Dès lors, nulle autre envie n'habita le coeur de Myree que celle de soulager son ami de ses préoccupations. Mais elle ne sut comment y parvenir. D'autant que ses derniers mots eurent un effet de retour à l'envoyeur particulièrement impromptu. "C'est peut-être ça aussi devenir adulte ? Arrêter d'exister pour les autres, ou à travers des souvenirs, et réaliser pleinement qui ont est, et pourquoi on est là."

A peine avait-elle eu le temps de conscientiser cette interrogation que le Trappeur s'était redressé avec une assurance jaillie d'elle ne savait où, avant de tendre sa main vers elle. Les mots encourageant qu'il énonça à son attention la prirent de court. Si bien que, sans même réfléchir, ses doigts se dressèrent pour cueillir les siens. La Barde se laissa relever, puis guider en direction du reste du groupe. Nul sourire ni apaisement n'étaient encore à l'ordre du jour : il était bien trop tôt pour cela. Mais au moins avait-elle retrouvée la force de poursuivre ce périple. A moins que cette force ne soit pas la sienne, mais celle de ce jeune Trappeur menant la marche devant elle ? Passant devant la dépouille du monstre, son regard peina à se détacher de ces formes en décomposition étendues sur le sol. Mais cette paralysie finit par s'évanouir à son tour : la silhouette de Wrenn demeurait figure de proue, la menant vers ce phare qu'incarnait la lumière de Lilci au bout de cette grotte.

Myree écouta sans commentaire les explications que leur réserva l'érudit du groupe à propos de la mystérieuse fresque. Puis, reproduisant machinalement les gestes présentés par la Taupe, la Gnome en profita pour zieuter la scène représentée sur cette façade. En observant la dépiction de Garl Brilledor, une pensée limpide et immédiate s'imposa à elle :


¤ On dirait Grand-Père. ¤

Décidément, malgré son absence, son aïeux brillait en chaque lieu constituant ce rite de passage. Le poids de ce souvenir alourdit un peu plus son bras fraîchement guéri. Puis les récentes paroles de Wrenn tournèrent de nouveau en boucle dans sa tête : "C'est peut-être ça aussi devenir adulte ? Arrêter d'exister pour les autres, ou à travers des souvenirs, et réaliser pleinement qui ont est, et pourquoi on est là." Ces mots ne cessaient de la tourmenter. Que signifiaient-ils ? Pourquoi serait-ce si mal de laisser des souvenirs nous porter ? A l'image d'une pierre précieuse brillant au creux d'un bijoux, elle avait été façonnée avec le plus grand soin par toutes ces leçons, ces aventures et ces voyages passés en compagnie de cette figure, lui ayant servi de modèle pendant la majorité de sa vie. Jusqu'à ce jour, sa seule ambition s'était arrêtée sur la perspective de prendre la relève de son ancêtre, le Prince du Rire. Mais... visiblement, elle n'était pas ce grenat sans faille qu'elle était convaincue d'incarner. Peut-être lui manquait-il effectivement sa propre étincelle. Cette réalisation personnelle, cette spécificité lui permettant de se distinguer.

Mais que cela pouvait-il être ? La Barde songea longuement à ce rite, à chacune des étapes qu'elle avait franchie. En chacune d'entre elle plânait l'ombre de Grand-Père Tête-de-Pioche. Du discours d'ouverture à l'énigme des contrepèteries, en passant par la révélation de la paroi enchantée du sylvestre, et bien sûr cette rencontre avec ce cercle Féérique. Nulle initiative n'avait été portée sans songer à ce qu'aurait fait ce vieux Héros dans ses propres histoires. Nulle initiative... sauf une. Cet instant précis, face au monstre fongique, où un chant, éraillé par la toux, entaché par la peur, mais surtout né de sa colère, avait portée sa voix à l'encontre de cette entité. Aucune réflexion, aucune pensée liée à son Grand-Père : seulement une impulsion, une improvisation... un coup de chance ? D'après Wrenn, il s'agissait sans doute là de son plus grand exploit, à l'entendre décrire à quel point cette mélodie avait été capable de canaliser sa pensée. Mais quelle leçon en tirer ? En quoi cette mélodie, portée par une rage impulsive et un désespoir affligeant, était un indice sur sa propre voie ? Etait-ce... vraiment qui elle était, au fond d'elle ?

Non... Non, c'était inenvisageable. Zieutant de nouveau la figure de Garl Brilledor, ses préceptes énoncés par son grand-père lui revinrent aussitôt mémoire, et lui rappelant tout l'enjeu du Dorthkhel Svirrik : dans le rire résidait la sagesse. Non pas dans la colère, non pas dans l'impulsibité, non pas dans tous ces sentiments négatifs qu'il fallait condamner. De telles explosions émotives n'avaient pas leur place en ces instants. Serrant la mâchoire, la Barde secoua la tête, cherchant à chasser ses pensées, et focalisant son attention sur son travail. Voilà au moins une chose pour lequel Myree n'avait pas de doute : ses capacités à pouvoir travailler la surface de la roche.


 
 
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écrit le : Dimanche 25 Janvier 2026 à 11h55 par La Goualeuse
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Pendant que Glimble immortalisait le moindre détail de leur trouvaille sur son carnet, assortissant son croquis de nombreuses réflexions griffonnées à la hâte, Lilci se recueillait silencieusement devant l'image chatoyante de Garl Brilledor. Le murmure de ses prières répondait discrètement à la rumeur plus lointaine des voix de Wrenn et de Myree, qui conversaient à l'écart. Puis, le cœur gonflé d'une foi revivifiée, elle déposa son sac à terre pour en retirer deux torches et un briquet.

- On dirait qu'on est là pour un moment, s'amusa-t-elle en observant la Taupe gratouiller le bas de la fresque. Mon sort prendra bientôt fin, je m'occupe de la lumière.

Le dieu Farceur resplendissait d'autant mieux à la lueur malicieuse des flammes nouvellement allumées. En revanche, l'être qui lui faisait face paraissait d'autant plus fuyant et insaisissable, ses contours semblant se dérober dès que l'on tentait de les fixer.

- Ce... cette créature n’est pas un gnome... fit remarquer la prêtresse en pointant du doigt la silhouette indécise. Il ne me dit rien... et vous ?

C'était sans compter Glimble, qui détourna aussitôt l'attention de ses compagnons par une nouvelle trouvaille. Un bandeau de runes, gravé en bande basse, courait sous la fresque. L’inscription, partiellement recouverte de poussière, de petites concrétions minérales et de mousses desséchées, demeurait encore illisible. Aussi s'empressa-t-il de mettre tout le monde à contribution pour dégager les caractères d'ancien gnomique.

Sous les gestes précautionneux des gnomes, une liste de noms familiers se fit peu à peu jour :




Aucun des compagnons n'avait jamais entendu parler du Cercle des Rieurs... Autant qu'ils s'en souviennent, le nom "Fendterre" ne leur évoquait rien non plus : il sonnait étrangement étranger au clan, qui comptait pourtant peu de familles et dont les innombrables surnoms conservaient d'ordinaire la longue mémoire des lignées.

Si le Père de tous les Gnomes semblait les couver d'un regard bienveillant, son vis-à-vis arborait une expression tout autre : ironique aux yeux de Wrenn, insolente à ceux de Myree, connivente à l'œil unique de Glimble.



Trêve de jacasseries !
 
 
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