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> Troubles en Akanal
  écrit le : Jeudi 23 Octobre 2014 à 17h34 par Andralucard
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Troubles en Akanal




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user posted imagee Chessenta est un ensemble de cités-États considéré comme une seule nation par le reste de Faerûn mais qui sont en réalité tout sauf uni. Occupant un plateau, les frontières orientale, australe et occidentale du Chessanta sont délimitées par des montagnes escarpées et des hautes terres accidentées. Au sud de la mer d'Akana, en réalité un immense lac, se trouve l'une des terres cultivables les plus riches de tout Faerûn, Akanal. Région convoitée, de nombreuses guerres s'y sont déroulées pour s'en disputer la propriété. Mais voilà bien plus de vingt ans qu'aucun conflit n'a bouleversé le quotidien des Akanaliens. Les six villes-États en présence ont réussi à maintenir l'une des paix les plus longues du pays notamment grâce au pacifisme exacerbé naît de la dernière guerre qui fut l'une des plus terribles et ne laissa que des perdants. Malheureusement cette paix semble aujourd'hui dangereusement fragilisée. Mais avant d'en comprendre les raisons, intéressons-nous aux diverses forces en présence.


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Renial (16 800 habitants) Théocratie : Ville portuaire, elle tire sa richesse du commerce réalisé via la mer d'Akana. Dirigée par le culte de Waukeen, elle fait partie des cités les plus pacifistes depuis la dernière guerre. Alliance avec Surkanal et Prestine.


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Surkanal, dit la "forteresse noire" (18 200 habitants) Démocratie : Ennemie héréditaire de Yelter, elle a été la plus durement touché par la dernière guerre. C'est sans doute ici que le pacifisme est le plus présent. Autrefois principale puissance militaire de la région, son armée est aujourd'hui en déclin bien qu'elle jouisse toujours de sa réputation d'antan. Alliance avec Renial et Prestine.


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Yelter (21 600 habitants) Royauté : Dirigée depuis cinq ans par Irer Gresidur, succédant à son père. Le nouveau roi, trop jeune pour avoir connu la guerre, n'a eu de cesse de renforcer et moderniser son armée et a récemment démontré ses volontés expansionnistes. Pacte de non-agression avec Durkan.


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Farnal (12 500 habitants) Démocratie : Ville la plus récente, elle fut créée sur des terres ayant jadis appartenu à Yelter. Le roi de cette dernière utilisa ce prétexte pour l'annexer.


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Prestine (14 300 habitants) Oligarchie : Gouvernée par un conseil des familles de nobles, elle fait partie des villes les plus prospères de la région. Alliance : Renial et Surkanal.


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Durkan (20 700 habitants) Démocratie : Régenté par un sénat où règne la corruption, c'est une ennemie de longue date de Yelter. La signature du pacte de non-agression avec cette dernière a créé la surprise dans toute la région.



user posted imagen 1340 débuta en Akanal l'une des plus terribles guerres de la région. La Guerre de Sept Ans. Durant sept longues années les protagonistes laissèrent libre cours à toute leur haine et leur barbarie. Il y eut un nombre impressionnant de victimes dont de nombreux civils. Il ne s'agissait plus simplement de vaincre son ennemi et d'inféoder sa population mais de purement et simplement l’éradiquer à jamais. Tous voulaient mettre un point final aux rancunes sempiternelles entre les cités. Les combattants partirent fiers, la tête haute, heureux de s'en aller vaincre pour toujours cette enquiquineuse ville voisine qui était un repaire de voleurs et d'hommes de mal. Ils ne l'avaient jamais vu, mais savaient qu'on y trouvait le mal incarné. La victoire serait rapide contre cet infâme ennemi et la paix régnerait pour toujours par la suite.
Il n'en fut rien. Année après année, alors que les morts se comptaient par dizaines de milliers, aucun vainqueur ne semblait émerger. Agacées par la guerre, les populations lâchèrent leur gouvernement et souverain protecteur. Des révoltes éclatèrent et furent traitées avec plus ou moins de sévérité selon les cités. Mais la guerre continua encore, jusqu'au point où soutenir l'effort de guerre se révéla simplement impossible. Un armistice fut signé et les combats cessèrent. Les guerriers n'étaient alors plus que motivés par l'énergie du désespoir, l'envie de gloire et de hauts faits d'armes ayant depuis longtemps disparu de leur cœur. Las et fatigué, chacun rentra chez soi.

La paix, douce et bienveillante, s'installa en Akanal. Les rancœurs, encore existante, furent étouffées par un pacifisme exacerbé. Plus personne ne voulait d'un tel conflit, du moins pour un temps. Au fond des cœurs, la haine de l'ennemi - le véritable responsable de toutes les atrocités vécut – restait fermement encrée. Défiance et alliances perdurèrent.

En 1368, à la mort du vieux souverain, Irer Gresidur, dit le Protecteur, succéda à son père sur le trône de Yelter. Son prédécesseur fut longuement critiqué pour son pacifisme excessif : la paix était voulue, mais une armée fortement réduite ne l'était pas, surtout face à la puissance militaire reconstituée des voisins. Désireux de restaurer la gloire et la puissance d'antan de Yelter, Irer fut acclamé par le peuple qui voyait en lui le véritable seigneur protecteur dont il avait besoin. Petit à petit le nouveau roi parvint à ses objectifs : réforme de l'armée, service militaire obligatoire... Il réussit même plusieurs coups d'éclat diplomatique, récupérant d'anciens territoires perdus. Mais le plus brillant, et le plus tragique selon un autre point de vue, fut celui de Farnal en 1372.

Jeune démocratie alliée à Renial et Surkanal, Farnal fut bâti sur un territoire ayant longuement appartenu à Yelter. Irer Gresidur en réclama l'annexion. La ville en question refusa catégoriquement toute annexion et prépara sa défense malgré ses faibles moyens et en appela à ses amis. Mais le Protecteur fit pression sur les deux grandes puissances qu'étaient Renial et Surkanal, menaçant d'une guerre générale dans la région. Voulant à tout prix protéger la paix, et allant jusqu'à se convaincre de la légitimité des prétentions de Grésidur, Renial et Surkanal acceptèrent l'inacceptable et signèrent un accord faisant de la ville sous leur protection la propriété de Yelter.

Aujourd'hui, les revendications de Grésidur se portent sur un territoire de Prestine, elle aussi alliée de Renial et Surkanal. Mais ces dernières ont l'air d'avoir réalisé l'erreur de Farnal et l'inévitabilité d'un conflit contre Yelter. Pour s'assurer un rapport de force favorable face à la cité-État rivale maintenant plus puissante, des négociations furent entamées avec Durkan pour la faire entrer dans l'alliance et obtenir son aide. Mais de long mois s'écoulèrent sans qu'aucun accord ne soit passé, notamment en raison du refus de Prestine, craignant autant, voire davantage, l'aide de Durkan (avec laquelle elle partage un lourd contentieux) que l'attaque de Yelter. Une autre raison provient des tractations secrètes entre Durkan et Yelter qui dû faire une proposition plus intéressante au vu du pacte de non-agression signé entre les deux villes. Celui-ci prit tout le monde à contre-pied, pensant qu'aucun accord ne serait jamais possible entre les sénateurs de Durkan et Grésidur.



*****



Date : 5 Mirtul 1373
Lieu : Yelter, Chessenta.
Temps : Clair
Moment : 19h30



Micheletto :

user posted imageoilà deux jours que Micheletto était arrivé à Yelter, achevant son long voyage le ramenant vers son Chessanta natal. Il n'y eut aucun incident majeur à déclarer mais le trajet n'en fut pas moins éreintant. Le demi-orque profita du confort de l'une des principales tavernes de la ville pour son repos ainsi que des quelques agréments que pouvait fournir une cité de cette taille. Les quelques fois où il sortit de l'auberge pour déambuler dans les rues, il put remarquer, à sa grande satisfaction, que les demi-orques semblaient ici bénéficier d'un meilleur statut qu'en de nombreux lieux de Faerûn. Ils paraissaient même particulièrement appréciés pour leur force, en témoignait une escouade de demi-orques organisée en troupe de choc paradant devant la population. Seconde chose que Micheletto remarqua : les nombreux défilés militaire depuis son arrivée, pourtant récente. À chaque fois il ne s'agissait que d'un nombre réduit d'hommes, le gros des forces étant certainement en activité sur le territoire contrôler par Yelter, mais à chaque fois la foule était en liesse devant ses soldats arborant fièrement l'étendard représentant un glaive transperçant un crâne sur fond jaune.

Alors qu'il finissait un repas que l'on pourrait qualifier de plus que convenable dans la salle principale de l'établissement où il logeait, le métis commença à songer à son avenir proche. Il allait devoir mettre un terme à son oisiveté et se trouver une activité un tant soit peu lucrative. C'est à ce moment précis, comme pour répondre à ses interrogations sur son futur, qu'un Héraut fit son entrée. Montant sur un banc afin que tous puissent le voir, il déroula un parchemin qu'il lut à haute voix, s'adressant à tous les cœurs en quête d'aventures, cœurs qui ne manquaient pas dans la présente pièce.

- Oyez, oyez braves aventuriers. Le sieur Yoren Alder, conseiller du Roi Grésidur, sollicite quiconque ayant des dispositions pour remplir une mission de la plus haute importance pour la cité contre rétribution. Les intéressés devront se présenter au château demain à l'aube. Merci de votre écoute.

Redescendant de son promontoire, l'annonciateur enroula son parchemin et s'en alla vers la prochaine taverne. À côté de Micheletto, l'annonce avait suscité l'attention de plusieurs personnes et des discussions s'engageait déjà à propos de l'objet de la mission. Le demi-orque ne se fit cependant aucune illusion : tous ne serait pas pris et il risquait d'y avoir de la concurrence pour récupérer les sonnantes et trébuchantes.


Grunt

user posted imagevachi sur l'un des tabourets du comptoir de la taverne, Grunt faisait dos à la salle. Il avait écouté le Héraut sans même se tourner vers lui, effort futile et fatiguant, mais l'annonce, loin d'être tombé dans l'oreille d'un sourd, attisa son attention. La rétribution promise ne lui ferait pas de mal, loin de là, toutefois cela ressemblait grandement à un travail bien que rien ne fût précisé quant à sa teneur. Mais visiblement de nombreux aventuriers allaient répondre présent et le demi-orque aurait une belle occasion de rafler la récompense en laissant aux autres le soin d'accomplir les tâches trop éprouvantes pour lui.
Il restait cependant un dernier problème de taille : pour en savoir plus sur la-dite mission, il lui fallait se rendre au château de Yelter et à une heure fort matinale qui plus est. Cette perspective ne le réjouissait guère, mais le jeu en valait peut-être la chandelle.



 
 
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écrit le : Lundi 03 Novembre 2014 à 02h28 par Grunt Gro-Gabarr
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Depuis son départ précipité de Purskul, Grunt cheminait au gré du vent, se laissant porter par les évènements. Sans qu'il y prête réellement attention, ses pas l'avaient mené loin d'Amn, à travers maintes cités, telles l'amère Zazesspur, la tumultueuse Corbentre, ou l'éblouissante Velprintalar.

Son chemin avait été ponctué de rencontres plus ou moins enrichissantes, comme celle de cette fin d'après-midi de Mirtul. Entre deux hameaux, le demi-orque était arrivé à la hauteur d'un équipage solitaire arrêté au bord de la route. Un humain à l'allure soignée se grattait le crâne en observant avec un dépit manifeste sa charrette bancale. Grunt avait constaté que l'une des roues de celle-ci gisait dans une ornière à côté du véhicule, chargé au-delà du raisonnable de tonneaux qui semblaient fort prometteurs.
Quand l'homme s'était aperçu de la présence du demi-orque, il avait sursauté en émettant un hoquet effrayé. Après quelques instants d'hésitation, réalisant qu'il n'aurait sûrement aucune autre aide avant des heures, il s'était décidé à demander timidement au massif nouveau venu s'il consentirait, pour quelques pièces, à le tirer de ce mauvais pas.
L'appât du gain avait instantanément fait saliver notre roublard, qui avait flairé plus loin que la récompense promise et que la suée nécessaire. Ainsi, après avoir monnayé ses services et réparé la roue, la méfiance du marchand endormie par son soulagement, Grunt avait dégainé une dague et s'était approché de lui en prenant son air le plus orquesque, silhouette menaçante se découpant à contre-jour sur la toile du crépuscule embrasé :


- On a marchandé pour l'chariot. Et maint'nant, dis-moi... A combien t'estimes ta vie ?

En voyant une telle brute apparemment prête à le réduire en bouillie sur cette route déserte, le commerçant avait rapidement décidé de ne pas miser sa précieuse vie sur la crédibilité du demi-Orque.
C'est ainsi que le malandrin avait repris sa route avec un sourire satisfait et un mal aux cheveux en vue, car plus lourd d'un tonneau du meilleur vin de Kara-Tur et d'espèces sonnantes et trébuchantes. Le sourire de Tymora et le coup de pouce de Mask...

Pour le moment, Grunt avançait poussivement sur le chemin reliant deux villages quelconques de cette quelconque région, en ressassant de sombres considérations. Ces derniers jours, le pigeon s'était fait rare ; par conséquent, sa bourse criait famine. Son maigre pécule fondait à vue d’œil ; il était temps de voir plus grand que le détroussage de voyageurs, qui commençait à demander trop d'efforts pour le peu de bénéfices qu'il rapportait. Mâchonnant un brin d'herbe, il donna un coup de pied dans un caillou, en repensant, morose, à la vie facile qu'il avait dû quitter pour ce vagabondage erratique et éreintant.
Les lumières de la prochaine ville émergèrent au-dessus de l'horizon. Il pénétra finalement dans Yelter, qu'il trouva à son grand dam fortement militarisée. Après quelques détours dans les ruelles de la cité, il avisa au loin une enseigne qui se balançait doucement dans la brise. Quelques instants plus tard, il pénétrait en soupirant dans une énième taverne, jaugeant la populace qui l'emplissait.
Il venait de se laisser tomber sur l'un des tabourets inconfortables du bar, quand ses oreilles furent mises à mal par les braiements d'une espèce de barde ou de troubadour mal embouché, pour ce qu'il en savait. Il lâcha un grognement agacé, mais se redressa brusquement lorsque son attention fut attirée par un mot de la diatribe :


- Blablabla, blabla, rétribution. Blablabla... château demain à l'aube...

C'était là plus d'informations qu'il n'en fallait pour attiser la convoitise du roublard. Une mission ordonnée par le château... Cela ne pouvait qu'être synonyme d'une paye rubis sur l'ongle. Et une tâche pour ce type de commanditaire requérant souvent plus d'un volontaire, il était à peu près certain qu'il pourrait se reposer sur d'autres pour la mener à bien, avant d'encaisser l'or. Il espérait seulement qu'elle ne demanderait ni trop de temps, ni trop d'énergie, mais cette fugitive interrogation fut rapidement balayée par la perspective du pactole qu'il entrevoyait.
Qualifier Grunt d'enthousiaste aurait été abusif, car c'était un état d'esprit qui mobilisait trop de ressources. Mais tout observateur attentif aurait pu voir son œil briller fugacement et ses lèvres s'étirer légèrement en un rictus torve à souhait. C'était l'occasion qu'il espérait...


¤On dirait qu'la Dame d'la Chance m'a pas oublié, final'ment ! Bon, c'pas tout ça, assez rêvassé !¤

Il chercha le tavernier du regard, en anticipant le plaisir qu'il aurait d'ici peu - car, confiant envers sa bonne fortune, il ne doutait pas un instant d'être recruté - à plonger la main dans sa bourse bien garnie pour égrener les pièces entre ses doigts. Quand il eut obtenu l'attention du tenancier, il le héla d'un geste.

- B'soir, j'ai b'soin d'une chambre pour la nuit et d'quoi m'caler la panse jusqu'à d'main. Mais pas d'lard, hein !

Il digérait très mal le lard. Une fois son estomac satisfait, il monterait directement profiter d'un repos réparateur. Les bienfaits de sa sieste de l'après-midi s'étaient déjà dissipés, et se lever à l'aube constituait une gageure qui mobiliserait toute sa volonté.



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écrit le : Mardi 18 Novembre 2014 à 16h15 par Sandor
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Cela faisait bientôt deux jours ; deux jours que Micheletto était arrivé à Yelter et surtout, deux jours qu'il se laissait aller à l'oisiveté la plus complète. Aujourd'hui encore, il ne s'était pas levé avant une heure, juste à temps pour se commander un copieux déjeuner qu'il dégusta au bar, pour mieux entendre les bavardages qui allaient bon train dans cette auberge pour routiers désargentés. Toutes les conversations, d'où qu'elles partent, revenaient invariablement au même sujet : la guerre qui se profilait. Et à ce sujet là les opinions ne divergeaient plus que quant à son éminence et à son résultat. On se serait cru à la veille d'un combat à la grande arène de Reth. Chacun y allait de son pronostique avec des explications plus fumeuses les unes que les autres. Le caractère principalement étranger de la clientèle autorisait des prises de positions assez diverses pour permettre quelques belles engueulades que le demi-orque prit plaisir à suivre. Dieu que cette ambiance braillarde et débonnaire tranchait avec l'atmosphère générale qui régnait en ville. Là, plus question de faire de pronostique. Les hommes étaient pour la plus part enfouraillés jusqu'aux oreilles et n'attendaient qu'un prétexte pour étrenner leurs nouvelles armes. Les quelques mines farouches que Micheletto avait eu l'occasion de croiser en entrant en ville l'avaient dissuader d'en faire la visite. Il ne connaissaient que trop bien ces ambiances d'avant guerre. Les gens étaient comme des fauves, affamés avant d'être lâchés dans l'arène. Dans ce genre de moment tout étranger de passage était un espion en puissance, aussi mieux valait-il éviter de prendre le risque de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Son repas terminé il remonta donc dans sa chambre jusqu'à l'heure du dîner. Là encore les spéculations allaient bon train, mais cette fois-ci elles tournèrent davantage autour de l'intervention que venait de faire le héraut du roi. Toujours attablé au bar, le jeune prêtre n'en avait pas loupé une miette, lançant même au dessus du brouhaha qui commençait à monter :

- .renrecnoc ritnes es tiarruop niatup enu emêm ,aç emmoc tid euq ecraP ? xuevab el sicérp sulp ertê sap tuep lI

En vérité si l'appel d'offre tombait à pique, il forçait le demi-orque à se replonger dans sa situation présente, ce qu'il cherchait justement à tout prix à éviter depuis son arrivée à Yelter. En un instant le souvenir de ses récents déboires lui revint et son humeur gaillarde laissa la place à une sombre mélancolie.

- .yksihw ,noçraG

Il regarda un instant le liquide ambré qui se présentait à lui, avant de le porter à ses lèvres. Cette fois-ci il s'était mis dans une sacré merde. Une du genre dont on a peine à soutenir la vue. Penser à autre chose, voilà tout ce qu'il lui restait à faire. Il chercha du regard une distraction, un petit bol d'oxygène qui retarderait encore un peu le moment où il devrait se retrouver seul face à lui même. D'un coup il s'avisa que son voisin de tabouret était un demi-orque. Ça laissait de quoi broder.

-
.graisnaorora-gr à ragrgrwa, -d orum'sum'of oriwa, mwa, J .arum'j as aj ,orniwa, mum'h oraC



 
 
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écrit le : Mercredi 19 Novembre 2014 à 21h50 par Grunt Gro-Gabarr
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Grunt leva un sourcil vaguement surpris quand son voisin râleur lui adressa la parole en Orque.

*Tiens ? Un congénère ?*

Pendant quelques instants, il faillit l'ignorer, fatigué d'avance à l'idée de devoir soutenir une conversation avec un interlocuteur aussi vif. Avec un grognement exagéré, histoire de bien souligner l'effort immense qu'il fournissait, il pivota pour faire face au nouveau venu.

Ses yeux s'étaient imperceptiblement agrandis à la vue du demi-Orque : son allure trahissait davantage le versant humain de son ascendance que son côté Orque. En connaisseur, il accorda une attention particulière à l'aspect capillaire de son vis-à-vis : une courte chevelure sombre, qu'il semblait ne pas particulièrement entretenir. Pour Grunt, les cheveux étaient le reflet de l'âme, leur apparence traduisant les qualités de leur porteur. Lui-même - et c'était son unique entorse à son inénarrable fainéantise - prenait grand soin de ses longues dreads. Elles constituaient à la fois un couvre-chef qui le protégeait du froid et un fourreau discret, et il se trouvait particulièrement astucieux d'avoir pensé à ces usages. Ainsi, à ses yeux, quelqu'un qui prenait soin de ses cheveux était plus estimable qu'un individu qui les négligeait. En constatant que celui qui se tenait à ses côtés semblait faire partie de la seconde catégorie, le roublard émit un reniflement et porta son regard sur le visage du demi-orque.

Du fait de sa nature, Grunt n'était que peu aguerri aux discussions de piliers de comptoir ne visant pas à dépouiller quiconque. Cependant, il avait foi en Tymora, qui n'avait sûrement pas mis cet individu sur sa route sans qu'il y ait un quelconque profit à en tirer.
Sa machine cérébrale mit donc quelques instants à se remettre en branle, puis, les mots trouvant enfin le chemin de son gosier, il lâcha négligemment :


- ...égrc wa, gr à ro-gr-d wa, -y-um'q snwa, s ,fowb oriwa, M .ahcum'rc wa, gr-d rum'osum'wa, ranrum'os ,wa, ç snamiwa, -Z

Après avoir, comme à son habitude, massacré involontairement une expression courante, il réalisa à retardement que le nouveau venu était peut-être, justement, le pigeon qu'il attendait. Il avait l'air intéressé par l'offre du barde hurlant, mais il ne semblait pas réellement commode, bien qu'il n'atteignît pas le gabarit hors-normes du roublard. S'ils devaient être recrutés tous les deux, à voir son allure patibulaire, il ne serait sous doute pas facile à intimider... Peut-être que, pour une fois, Grunt devrait faire preuve de subtilité et s'accaparer discrètement le butin avant de filer en douce, au lieu de grogner et menacer pour arriver à ses fins. Se composant l'air peu intéressé de celui qui parle de la pluie et du beau temps, il poursuivit.

- ? um'wa, asâhc um'wa, amêm dnwa, um'q rasnaorérp-s oraspmoc um's ,orrogrwa,



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Grunt Gro-Gabarr, la Feignasse d'Amn (aka "3G" ou "Gro")
 
 
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écrit le : Dimanche 23 Novembre 2014 à 17h10 par Andralucard
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Date : 5 Mirtul 1373
Lieu : Yelter, Chessenta.
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Tous :

user posted imagelors que la conversation s'engageait entre les deux métisses un serveur déposa une assiette fumante devant Grunt. Au centre de celle-ci trônait une cuisse de poulet de belle taille, accompagnée de petits pois, le tout assaisonné d'un doux piment. L'homme indiqua aussi au demi-orque le numéro de sa chambre, la 10, située au premier étage de l'établissement. Micheletto, son verre de whisky en main, nota qu'il s'agissait de la chambre juste en face de la sienne. Une fois les consommations payées, le serveur parti s'occuper d'autre client.

Derrière eux, les conversations autour de l'appel du héraut continuaient toujours mais le ton semblait monter entre deux individus. Le premier, un grand lascar aux cheveux hirsutes se défendait de pouvoir accomplir la mission annoncée face au accusation du second qui le reléguait à son statut de paysan.


- Je suis parfaitement capable d’accomplir cette mission pour ma cité ! Et je...

- Bla bla bla, tu ne sais même pas en quoi elle consiste gros blaireau. Tu penses pouvoir faire quoi ? Oui tu es massif et je ne doute pas de ta force, mais cela ne fait pas de toi un combattant accompli capable de remplir une tâche de la plus haute importance. L'aventure c'est pas fait pour les guignols dans ton genre. Va t'occuper de ton blé !

- Hum ! Je suis parfaitement apte à me battre s'il le faut. Et je manie souvent la faux dans mon champ !

Son interlocuteur eut un petit rire moqueur. Il était beaucoup plus petit, très mince et avec une musculature sec.

- Je manie aussi souvent la faux tu sais ? Mais moi c'est pas du blé que je coupe... Il eut un nouveau petit rire, mélangé à un sourire sadique. Maintenant dégage ou tu va mal finir le cul terreux.

À ces derniers mots le sang du paysan ne fit qu'un tour. Il se leva et expédia son poing dans le visage de l'homme en face de lui par-dessus la table. Ce dernier, surpris par le coup, ne put l'esquiver et tomba à la renverse avec sa chaise. Il se releva néanmoins en une fraction de seconde et, essuyant le sang qui coulait de son nez à l'aide de son poignet, invectiva son adversaire :

- Toi tu viens de signer ton arrêt de mort !



 
 
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écrit le : Lundi 15 Décembre 2014 à 11h27 par Andralucard
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Date : 5 Mirtul 1373
Lieu : Yelter, Chessenta.
Temps : Clair
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Tous :

Cliquez ici pour dérouler le parchemin...

user posted imageifficile de refuser une offre qui n'a pas encore été faite, répondit Micheletto à son congénère demi-orque.

Lorsque la bagarre éclata derrière eux, le prêtre vu là une belle occasion de se débarrasser de la concurrence. Il finit d'un trait son verre de whisky et commença à proférer quelques paroles ésotériques tout en remuant d'une bien étrange façon ses mains. Très vite, une épaisse brume s'éleva autour de lui et commença à remplir la salle de la taverne. Le nuage n'ayant pas encore achevé sa phase de croissance, le demi-orque reprit son verre qu'il lança en direction des deux belligérants. Il ne put voir s'il avait atteint sa cible, le brouillard étant arrivé à son apogée, mais put l'entendre : un fracas de verre suivit d'un cri de douleur.

Dans toute la pièce ont entendu des réactions de stupeur provoquées par le sort de Micheletto et parmi elles, des bruits de coups et de douleur.
Le métisse s’avança vers la zone de conflit, mais dut s'y rendre à une allure modérée : sa brume était particulièrement épaisse et de nombreux obstacles se trouvaient sur sa route. Tabourets, chaises, tables, clients étonnés...

Bientôt des cris retentir :


- Stop ! Stop !

- Arrêtes !

- C'est bon il a son compte !

Le nuage finissant de se dissiper, toutes les personnes présentes purent voir la scène. Celui qui avait reçu le premier coup tenait d'une main le col du second, agenouillé face à lui, et de sa seconde main, le frapper encore et encore au visage. Il finit par s'arrêter et lâcha son adversaire qui s'écroula sur le sol, inconscient.

- Tocard ! Je vous laisse, je me lève tôt demain.

Laissant derrière lui une salle où régnait un silence de mort, il prit la direction de l'escalier montant aux chambres et disparu de la vue de tous.
Dans la salle, la bagarre générale escomptée par Micheletto n'avait pas pris. Chacun commença à reprendre doucement le cours normal de ses activités, tandis que deux, trois personnes aidaient l'homme gisant au sol à se relever. Le brouillard semblait avoir eu l'effet inverse de celui voulu, semant l'étonnement et la confusion, et empêchant d'autres belligérants de se joindre au combat plutôt que de jeter de l'huile sur le feu.



 
 
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écrit le : Lundi 15 Décembre 2014 à 18h55 par Grunt Gro-Gabarr
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Une fois que le serveur lui eût amené son repas et fourni les informations concernant sa chambre, Grunt pêcha dans sa bourse la somme demandée et régla son dû, puis rangea cette dernière sous sa chemise. Avec un grognement satisfait, il saisit la belle cuisse de poulet dans son assiette et entreprit de la déchiqueter méthodiquement, projetant autour de lui quelques gouttes de jus. La réponse sibylline de son interlocuteur le laissa perplexe, mais il ne se fatigua pas à lui demander d'éclaircissement : il verrait bien.

Tout en ripaillant, il tendit l'oreille, sans se retourner, vers la dispute qui semblait s'amorcer quelque part derrière eux.


*Quoi, encore ?!*

Il détestait être dérangé en plein repas, aussi fronça-t-il les sourcils en espérant que ces deux cheveux sur la soupe la ferment rapidement. Manifestement, un guerrier s'amusait à provoquer un bouseux en remettant ses compétences en cause... Ce genre d'altercation n'intéressaient pas le demi-Orque, qui continua à mordre à belles dents dans la volaille savoureuse.

Lorsqu'il perçut le son du premier coup, il consentit néanmoins à décoller légèrement une fesse pour pivoter sur son tabouret, afin de voir qui aurait le dessus. Une bagarre, voilà qui était déjà plus palpitant que des argumentations stériles. Et initiée par le cul-terreux, en plus ! Grunt, un peu plus intéressé, alla jusqu'à reposer la cuisse de poulet dans son assiette, à tâtons car il ne voulait pas manquer la réaction de l'autre en détournant les yeux. Il essuya les battoirs qui lui servaient de mains sur ses épaisses cuisses gainées de cuir en émettant un bruit de gorge rauque qui se voulait un rire : la fierté du provocateur venait d'en prendre un coup (c'était le cas de le dire) !

Mais voilà que l'interlocuteur de Grunt se lançait dans l'action... En commençant à effectuer des gestes bizarres accompagnés de paroles tout aussi louches. Apparemment, il venait de faire apparaître une sorte de nuage de brouillard qui s'épaississait autour de lui...


*C'quoi 'core, c'te connerie... Un mago, manquait plus qu'ça !*

Le demi-Orque, haussant un sourcil étonné, voulut observer son congénère, mais il n'y voyait déjà plus rien. Il y eut un bruit de verre brisé, puis des cris et autres sons divers et variés, dont ceux, à nouveau, de coups. Dépité de ne pouvoir constater de visu les dégâts, le roublard prit son mal en patience et s'adossa au comptoir qu'il sentait contre ses reins, écoutant la douce mélodie du chaos, si suave à ses oreilles. Enfin, un petit chaos, mais tout de même appréciable.

Quand enfin le brouillard se dissipa, le fauteur de troubles était en train de s'acharner sur le paysan. Il laissa finalement tomber sa victime inconsciente avant de prendre tranquillement congé de l'assistance en émoi pour gagner sa chambre. L'autre demi-Orque était manifestement en route vers le point névralgique de l’échauffourée, car il n'était plus sur son tabouret, mais au beau milieu de la salle. S'il avait voulu couper court à la rixe, il avait bien joué ses cartes. Mais s'il avait souhaité se joindre à la bagarre... Dommage pour lui. Déçu par la brièveté et l'absence de visibilité du "combat", Grunt, se désintéressant de la scène, se détourna pour terminer tranquillement son repas.



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Grunt Gro-Gabarr, la Feignasse d'Amn (aka "3G" ou "Gro")
 
 
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écrit le : Mercredi 17 Décembre 2014 à 13h37 par Andralucard
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Date : 6 Mirtul 1373
Lieu : Yelter, Chessenta. Devant le chateau.
Temps : Frais
Moment : Aube



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user posted imageprès cette altercation ayant rapidement tourné court, le reste de la soirée se déroula sans anicroche, or mis peut-être le regard noir du serveur posé sur Micheletto. La corrélation entre l'absence de son verre et des débris situés un peu plus loin n'avait pas dû être bien difficile à établir.
L'heure venue chacun gagna sa chambre, prêt à se lever tôt le lendemain.

Après un rapide petit-déjeuner, les deux demi-orques se rendirent chacun de leur côté au château de Yelter pour finalement se retrouver ensemble devant lui. Ce situant sur une petite colline surplombant le reste de la ville, il n'avait été point difficile de le trouver pour les deux métisses. Mais avant de pouvoir y pénétrer, il fallait franchir l'enceinte menant à la haute cour et un seul passage le permettait. Il s'agissait d'une grande porte équipée d'un pont-levis. La première était ouverte et le second abaissé, permettant le passage de la douve.

Une file de personnes constituée devant le seuil de la porte attendait devant un petit bureau, derrière lequel un homme semblait écouter les prétendants à la mission. Il y avait visiblement un triage parmi eux et beaucoup se trouvaient éconduit, obligé de retourner en arrière. Ce fut au tour d'une femme, un bambin dans les bras, de se présenter devant le garde assis derrière le bureau.

- Dégage.

- Mais, je peux aider, je peux tout faire, je...

- J'ai dit dégage !

Là-dessus, l'homme fit un petit geste de la main et un autre soldat vint à lui et raccompagna la femme doucement mais fermement de l'autre côté du pont-levis. À la suite de la mère vint un mendiant, puis deux paysans. Tous trois refoulé. Parmi la douzaine de personnes devant Grunt et Micheletto, aucune ne fut prise. Il y avait pourtant, au milieu des fermiers et des gueux, des postulants un peu plus qualifiés, apte à partir à l'aventure. Mais ils furent tout de même congédiés.

Lorsque ce fut enfin le tour des demi-orques, qui arriva plus rapidement que la longueur de la file ne le laissait supposer, le visage bourru du responsable du triage eut l'air de s’illuminer. C'est avec un sourire qu'il les accueillit :


- Ah, enfin des candidats dignes d'intérêt ! Alors dites-moi, mes gaillards, pourquoi devrais-je vous prendre ? Quelles sont vos aptitudes ?



 
 
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écrit le : Dimanche 21 Décembre 2014 à 01h56 par Grunt Gro-Gabarr
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Quand il eût fait un sort au contenu de son assiette, Grunt ne s'attarda pas dans la salle, qui avait retrouvé son ambiance d'origine. Il était grand temps d'aller tranquillement digérer ce copieux repas et de prendre des forces : il aurait besoin de toute son énergie pour affronter le jour suivant. Saluant d'un grognement son congénère, qu'il trouvait bien silencieux, il descendit avec effort de son tabouret et gagna à pas lourds la chambre qui lui était réservée.

Sa nuit fut calme et sans rêve, comme presque toujours, et, après une toilette sommaire et une rectification de sa coiffure, le malandrin descendit la volée de marches, avala un léger repas et poussa la porte de la taverne, soupirant à l'idée du chemin qui l'attendait. Sa première expiration dans l'air frais de l'aurore s'échappa en volutes pâles d'entre ses crocs jaunis.


*Grmblmbl... N'a pas idée d'se l'ver aussi tôt...*

Maussade, il s'engagea sur la route pentue qui menait au château en surplomb ; se lever à l'aube avait le don de le mettre dans une humeur massacrante. Quand il parvint à destination, il constata sans surprise la présence du demi-orque rencontré la veille et lui adressa le même grognement qu'alors en venant se ranger dans la file à ses côtés. Patientant sur le pont-levis, la quinzaine de candidats constituait un échantillon hétéroclite, assez représentatif des bas-fonds la ville en contrebas et de la cambrousse environnante. Grunt, toujours taciturne, observait la scène d'un œil éteint, blasé par l'attente anticipée et par l'assortiment pathétique des bouseux dont seul un faible poucentage pouvait se prétendre mercenaire de manière crédible. Il faillit même lâcher un ricanement quand la mère de famille se fit recaler d'office, mais estima qu'il s'agissait d'une déperdition d'énergie inutile.

*Une bonne femme et son minot ? T'espérais quoi, pauv'cruche... ? Tu peux tout faire, aha... Ouaip, du genre récurer les latrines et torcher ton mioche... Et ces gueux... Bah, la concurrence est pas bien rude... Quel ramassis d'merdaille...*

Le grisâtre exhala une nouvelle bouffée de vapeur désabusée, et sur ces pensées peu charitables, après que tous les concurrents eurent été éconduits sans cérémonie, ce fut au tour des deux métisses de s'avancer. La motivation du responsable et la perspective de devoir produire une longue série de mots fatiguèrent d'avance le roublard, qui fourragea paresseusement dans ses cheveux en piétinant. Mais la récompense promise lui revint à l'esprit, aussi se résolut-il à prendre la parole, et, sans se soucier de laisser la priorité à Micheletto, exposa-t-il sur un ton morne :

- Bah, quand on voit les bras cassés qu'z'avez r'calés, j'crois qu'z'avez pas trop l'choix... Comme v'voyez, chuis balèze, et j'ai pas trop d'problèmes pour m'faire entendre. J'réagis vite, j'ai pas mon pareil pour m'sortir d'la mouise, et Tymora m'a à la bonne. Chais passer inaperçu - ouais, même avec ma gueule - et j'peux voir pas mal quand 'fait sombre.

Il évita évidemment de mentionner ses affinités avec Mask. Puis il tapota les deux dagues coup-de-poing qu'il portait sur les flancs.

- Ah, et j'me démerde pas trop mal avec ces bébés, non plus.

Au terme de son laïus, Grunt croisa les bras et attendit le verdict, ou l'argumentaire de son congénère.



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Grunt Gro-Gabarr, la Feignasse d'Amn (aka "3G" ou "Gro")
 
 
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écrit le : Mardi 06 Janvier 2015 à 16h29 par Sandor
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u fur et à mesure qu'il approchait de sa destination, Micheletto sentait le vent se faire plus en plus pressent. Ce qui n'avait d'abord été qu'une fine caresse rafraichissante s'était à présent mué en morsures glaciales qui descendaient en rafale la colline qui menait au château de Yelter, pliant les arbres et soulevant des nuages de poussières. L'esprit veillant sur la battisse semblait prendre un zèle tout particulier à décourager les arrivants du jour. S'il pouvait lire les âmes, il devait surement voir que certains de ces volontaires pouvaient aussi bien se révéler de précieux supports que des dangers mortels. Pourtant, si c'est bien à ce genre d'individus qu'appartenait le jeune prêtre, il n'était pas homme à se laisser impressionner par quelques funestes augures, quand bien même fut-il capable de les lire. Tout juste se contenta-t-il de rabattre sa capuche et de forcer l'allure.

¤ C'est ton maitre qui m'a invité à la bergerie aujourd'hui, alors ferme là clébard de merde ¤

Il parcouru ainsi, sans plus penser, la distance qui le séparait du pont levis. Son regard vide et les grincements métalliques de son armure, lui donnaient des airs d'automate. Une heure après son réveil, son esprit continuait à s'accrocher avec entêtement à la torpeur que venait de quitter son corps. Qu'ils étaient bons ces moments où le sommeil venait le prendre. Non pas qu'il eut besoin de repos, en fait il n'avait rien fait de fatigant depuis qu'il était entré à Yelter, mais simplement parce que ces instants d'inconscience étaient bien les seuls où rien ne venait assombrir le fil de ses pensées. Mais déjà la vue de quelques habitués de la taverne venait troubler cet état délicieux. Les souvenir de la veille lui revinrent ; la bagarre, la fumée, l'échec de sa manœuvre et ce drôle de demi-orque, maniéré comme une femme. Ce dernier venait d'ailleurs de le rejoindre dans la queue. Le prêtre lui rendit son salut d'un hochement de tête et ce fut tout. Son futur collègue ne semblait pas spécialement disposé à desserrer les dents et dans l'immédiat cela lui convenait parfaitement. Il aurait été en effet dommage de louper les explications baveuses de tous ces traines savates qui s'étaient levé de bonheur pour babiller leurs conneries devant l'examinateur. Que leur impudence l'amusait. On était loin de la morgue du nord, ici la moindre réunion publique, le moindre appel d'offre terminait en émeutes ou en farce grotesque dont on ne pouvait se prémunir qu'en les organisant au petit matin.

¤ C'est le Chessenta... ¤ Pensa Micheletto avec un soupir de plaisir.

Enfin, leur tour arriva. A peine l'examinateur eut-il posé le regard sur eux que déjà l'affaire semblait entendue, ce qui n'empêcha pourtant pas l'autre demi-orque de faire sonner sa gueulante. C'est que sous ses faux aires d'indifférent, il devait bien y tenir à cette place. Il se vendait comme une putain soir de pluie. Le prêtre qui avait d'abord pensé faire un petit discours dans le genre de celui de son camarade, se ravisa donc.

- .sniom ne elueug ednarg al siam lierap tuot iauO



 
 
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