Quel est votre nom, voyageur ?
Eléasis (VIII) 1373, 2ᵉ chevauchée
   

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> Chapitre 2 : Courants contraires
écrit le : Samedi 25 Avril 2026 à 21h25 par La Goualeuse
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Else et Orienas

Tystarn confirma la présence de Selanna à Else. Celle-ci rendait visite à son amie tous les jours, plusieurs heures. Les premiers temps, après le drame, il lui était même arrivé de coucher au manoir.

Les compliments qu'on adressa à Joran eurent tôt fait de chasser sa déception de ne pas croquer dans l'une des délicieuses
Tresses de Chauntéa. Bombant le torse, il minauda quelques instants dans ses beaux habits avant de saisir la chevalière pour mieux l'exhiber à leur vue.

Joran
- Ce n'est pas un anneau, corrigea-t-il d'un ton presque sentencieux, c'est une chevalière. La chevalière de mon père, même. Et là, poursuivit-il en désignant de son petit doigt l'imposant chaton gravé de la bague, c'est le blason de notre famille : le O et le L. Ormantrel !

Il rit, avant de se rembrunir.

- Les méchantes personnes... Elles me l'avaient volé.

Il plaqua la chevalière contre sa poitrine, la main bien à plat, l'œil brillant. Bien des émotions semblèrent le traverser, tandis qu'il restait muet, le regard un peu vague.

- Mais elles l'avaient rapportée ici, à maman.

Ses yeux allèrent subrepticement vers Tystarn, puis vers Else et enfin Orienas. Il ajouta, d'une voix plus hésitante :

- C'est un souvenir... alors... c'était pour se souvenir de moi, aussi. Pour maman...

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Les joues plus roses et les cheveux soigneusement peignés, Joran a désormais plus fière allure. Il porte un bliaud de soie bleue, au col et aux manches finement brodés de fil blanc.


Le vieil homme tentait en vain de dissimuler son embarras, il était de ces gens trop entiers pour savoir feindre. Aussi la visite du domaine réclamée par Orienas offrit une parfaite diversion. Le garçonnet le saisit par la main et l'entraîna vers les escaliers, enthousiaste à l'idée de lui montrer sa chambre.


Else

Le domestique, seul avec Else, semblait encore troublé. Il tirait sur l'extrémité de ses manches, la tête baissée, comme pris en faute.

- Le petit... commença-t-il en bredouillant. Il est malin, savez. Mais à cet âge, on comprend pas tout. Et heureusement, heureusement...

Il jeta un coup d'œil en haut des escaliers, pour s'assurer que Joran n’était plus là, puis reprit à voix basse.

- Les vêtements étaient pleins de sang, qu'ont dit les gardes. Le corps... méconnaissable. Alors ils ont rendu la bague, voyez. Il regarda alors la jeune femme droit dans les yeux. C'est comme ça qu'ils ont reconnu le petit. C'est comme ça qu'on était sûr, quoi.

Après avoir essuyé ses yeux d'un revers de poignet, il inspira profondément. Sous le regard bienveillant de la prêtresse, il se reprit. Il l'invita d'un geste à la suivre à l'extérieur.

- J'ai pas eu le temps de vous dire, dame Else. Holveth Marstor, il est allé voir dans le caveau, bien sûr. On est descendus tous les deux, j'ai fait comme si de rien... Messire Asterious, j'avais promis. J'ai rien dit, savez ! Mais je sais pas jouer la comédie alors... Les gardes ont remporté le cercueil. C'est mieux comme ça.

Le vieil homme avait contourné le manoir, pour montrer à Else un édifice sobre à l'arrière de la propriété : un porche de pierre gravé du blason des Ormantrel - un O et un L délicatement entrelacés. Le blason était désormais familier.

Il accepta volontiers l'aide qu'elle lui proposa. Il avait requis l'aide de Joran pour l'aider à fendre des bûches ; elle ramasserait les petits morceaux à sa place. La tâche était peu propice à une conversation suivie, mais elle parvint tout de même à obtenir des informations entre deux coups de hache.

Dame Draelor s'y entendait en médecine, bien mieux qu'Arelle qui croyait être savante dans ce domaine alors qu'elle ne savait que des recettes de bonnes femmes. Elle avait su l'apaiser, lui rendre le sommeil, mais pas l'appétit. Elle avait sauvé Dame Ormantrel de la mort, car on pouvait bel et bien mourir de chagrin.
"La peine ne se guérit pas, répétait-elle souvent pour les encourager à la patience, le seul remède, c'est le temps. Elle avait elle-même connu beaucoup de douleurs, mais Tystarn ne pouvait en dire plus à ce propos. C'était à Arelle que Selanna s'était confiée. Du reste, il supposait qu'elle pourrait s'entretenir avec la convalescente une fois qu'elle aurait fini de se reposer.

La vie du vieux domestique était des plus ordinaires, très routinière. Quant à celle de la famille, il se montrait peu loquace pour en parler. La disparition du maître de maison, qu'il semblait aimer comme un fils, était une blessure encore vive. Les Ormantrel avaient connu un bonheur véritable après la naissance de Joran, mais celui-ci avait été de bien trop courte durée. Quant à la nuit du drame, il était encore moins disert : toute la maisonnée avait dormi comme à l'ordinaire ; à leur réveil l'enfant avait disparu. La culpabilité perçait dans sa voix, il était évident qu'il s'en voulait.



Lorsque Else entra dans la chambre de Dame Ormantrel, celle-ci était encore alitée, dans l'exacte posture où elle l'avait rencontrée la première fois. L'odeur de cabinet d'apothicaire était beaucoup moins forte, presque discrète même. Elle avait légèrement incliné la tête pour saluer la prêtresse. Ses lèvres avaient bougé, lui sembla-t-il, mais le bruit de ses pas et l'agitation d'Arelle avaient suffi à couvrir le son de sa faible voix.

La vieille servante, qui entrouvrait les volets pour faire entrer un peu de jour, venait de déposer une bouilloire encore fumante sur la desserte près de laquelle se tenait Selanna. Cette dernière, vêtue non moins élégamment que la fois précédente et dans les mêmes teintes, se retourna et sourit à Else. Elle fouillait distraitement dans un sachet de toile.


Selanna
- Dame Else, vous tombez bien. J'étais justement en train de préparer une infusion pour Bremma.

Elle déposa quelques feuilles au fond d'un mortier, avant de renouer les cordelettes. Sans voir toute la desserte, Else remarqua qu'elle était moins chargée qu'auparavant - les fioles, surtout, s'étaient raréfiées.

- Bremma s'est réveillée avec une envie fruits, mais en cette saison... Heureusement, Arelle a solution à tout.

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Cette femme d'une trentaine d'années est d'une beauté sombre et renversante. Sa voix, comme chacun de ses gestes, semblent comme ralentis par une douce langueur.


La vieille servante rit de bon cœur, puis s'empressa d'aller chercher la collation réclamée par sa maîtresse.


Orienas

Tandis qu'il grimpait les escaliers, Joran expliqua à Orienas qu'il ne fallait pas faire de bruit à l'étage, car sa mère était encore bien malade. Aussi présenta-t-il ses deux poupées de chiffon (Grumm et Gramm) à voix basse, de la même manière qu'il passa en revue ses figurines de bois (pour la plupart des animaux, mais il y avait également quelques soldats) et qu'il commenta l'imposant tableau surplombant son lit.

Joran
- C'est mon père, là. Il était très fort. Et maman. Il marqua une pause. Elle sourit... Au milieu, le bébé c'est moi. On était tous les trois, avant. Mais c'était avant... Il faut oublier. Tout oublier. Ce qui a été ne reviendra plus...

Ces derniers mots tombèrent d'une voix mécanique, comme une récitation. Le garçonnet releva les yeux vers Orienas : une vague inquiétude s'y lisait.

- C'est vrai ?

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Les joues plus roses et les cheveux soigneusement peignés, Joran a désormais plus fière allure. Il porte un bliaud de soie bleue, au col et aux manches finement brodés de fil blanc.


Du reste, ce qu'il crut comprendre de la vie au manoir avant l'enlèvement lui sembla peu réjouissant. Joran, avec ses mots d'enfant, décrivait Bremma Ormantrel comme une mère douce et aimante, mais terriblement triste. Elle lui apprenait à lire et à écrire, veillait à l'instruire comme il se devait pour un jeune aristocrate. Mais à l'évidence, Tystarn et Arelle s'occupait beaucoup de lui.

Le garçonnet se montrait réticent à parler de ses retrouvailles avec sa mère. Il avait assuré qu'elle était "très contente" de le retrouver, mais le demi-elfe perçut bien qu'il en était peu convaincu. Le presser sur ce sujet sensible risquait de lui arracher des larmes, qu'il voyait déjà poindre. L'inquiétude dominait : sa mère était malade, il le voyait bien, mais quelque chose avait changé. Elle ne semblait plus triste "comme avant".



Arelle se montra tout à fait disposée à la conversation après avoir accompli son devoir auprès de sa maîtresse, dont elle se réjouissait qu'elle eut réclamé une collation. Ce fut délestée d'un pot de cerises au sirop et légèrement essoufflée qu'elle le retrouva dans la cuisine.

La vieille domestique était de nature revêche, et plutôt méfiante. L'interroger s'avérait bien moins facile et plaisant qu'interroger cette bonne pâte de Tystarn...

Tout avait pourtant bien commencé. Arelle se replongeait avec gourmandise dans les belles années, où elle servait deux jeunes amoureux puis deux jeunes parents. Elle ne tarissait pas d'éloges sur Selanna qui, à l'entendre, avait sauvé sa maîtresse. Après le décès de Sire Ormantrel, Bremma avait beaucoup souffert dans son deuil et l'avait surmonté à grand peine, si on pouvait dire qu'elle l'eut vraiment surmonté. Elle ne quittait plus ses murs, ne répondait à aucune invitation. Les visites des familiers s'étaient alors peu à peu espacées, pour finalement devenir exceptionnelles, puis cesser. Mais les dieux, cet hiver, avaient mis sur son chemin une autre âme blessée qui elle avait réussi à guérir : Selanna. En l'espace de quelques mois, elle était devenue une amie intime, indéfectible. Et de conclure : "Sans elle, m'est avis qu'on l'aurait perdue".

La conversation avait pris un tour tout autre à l'évocation de la nuit du drame. La servante, se sentant aussitôt mise en cause, était rapidement devenue vindicative : tous dormaient, certes, mais la porte était barrée comme toutes les autres nuits et personne, pas même Dame Ormantrel, avait entendu le moindre bruit. Lorsque Orienas avait battu en retraite et changé de sujet, pour ensuite évoquer les sombres paroles de la mère et du fils, la vieille n'avait pas décoléré : "Oh ! monsieur n'a donc plus que des questions qui blessent ! Sa langue est comme un méchant couteau !". Il eut beau tenté de l'apaiser, elle était piquée. Il réussit néanmoins à apprendre que Bremma, au plus bas de son premier deuil, avait tenu des discours très défaitistes, au point d'évoquer le suicide. Mais de ces tristes jours, Arelle ne voulait plus parler.



Calem et Astérious

Kathyl n'opposa aucune résistance lorsque Calem, poussant le panneau de bois, entra chez elle. Elle referma derrière Astérious sans un mot, sans même les regarder. Puis, d'un pas lent, elle alla jusqu'à la fenêtre, tira le rideau épais et ajusta le volet pour laisser filtrer un peu de jour.

La lumière révéla une pièce étroite, plus profonde que large, au sol de terre battue. L'air y était lourd, chargé d'une odeur tiède et animale ; celle des lieux trop longtemps clos. Calem y retrouva les relents des dortoirs surpeuplés au petit matin. Il s'y mêlait néanmoins quelque chose de plus âcre, presque rance, qui évoquait au druide un mauvais encens.

Les murs de pierre nue, froids et poudreux, n'étaient décorés que de quelques bouquets de fleurs séchées, suspendus çà et là puis oubliés. Dans un angle, une paillasse grossière disparaissait sous un entassement de couvertures. À l'opposé, une commode basse supportait quelques babioles : une poupée de chiffon, une toupie de bois blanc, des morceaux d'écorce et des cailloux soigneusement alignés - un trésor dérisoire comme en rapportaient tant d'enfants de leurs excursions. Près de la fenêtre, un foyer sommaire creusé à même la terre, entouré de quelques ustensiles noircis, tenait lieu de cuisine. Les braises étaient noires et froides. Une table bancale, sur laquelle traînaient un bol, des restes à peine entamés et un pichet d'eau, entourée de trois tabourets inégaux, complétaient l'ensemble.

Kathyl resta debout, dos à la lumière. Elle ne les invita pas à s'asseoir. Lorsque Calem évoqua l'enquête du Temple, rien ne passa sur son visage : ni surprise, ni espoir, ni même curiosité. Elle tourna à peine la tête vers Astérious quand il prit la parole pour lui donner d'autres motifs d'espoir. Mais les mots qu'il lui adressa glissèrent eux aussi sur elle, sans trouver plus de prise.


- Il est vain d'espérer, souffla-t-elle enfin, d'une voix basse, terriblement lasse.

Sa main monta à sa bouche, comme pour contenir un sanglot ou un cri. Calem nota que le ruban noir enserrait toujours son poignet. Elle releva alors les yeux vers le druide : il n'y restait plus rien, sinon une résignation sans fond.


- Ce qui est pris est perdu, lâcha-t-elle, impassible. Il ne reste que la douleur.

Lancers...



Trêve de jacasseries !
 
 
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PM
écrit le : Mardi 28 Avril 2026 à 14h48 par Asterious
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Les paroles de Kathyl tombèrent dans la pièce comme une pluie froide sur de la cendre. Astérious sentit le poids de cette résignation, lourde comme une terre détrempée où plus rien ne pousse. Il connaissait cela : quand la douleur devient tanière et qu’on finit par y vivre recroquevillé. Ces mots firent naître chez Astérious une colère sourde. Non contre elle. Contre ceux qui avaient réussi à étouffer jusqu’à l’instinct d’une mère. Mais tant qu’un souffle demeure, rien n’est totalement perdu. La forêt repousse même après l’incendie. Il fallait lui rappeler cela, sans brutalité.

Le gnome s’avança d’un pas mesuré. Il ne cherchait ni à dominer l’espace ni à l’envahir, seulement à se rendre présent. Sa voix se fit grave, patiente, semblable au vent dans les branches.

- Dame Kathy, la douleur parle souvent comme si elle détenait toute vérité. Elle murmure que tout est fini, que rien ne reviendra, qu’il faut se coucher et attendre. Mais la douleur ment parfois. Elle vous serre la gorge, elle vous brouille l’esprit, elle vous murmure de rester là, immobile à attendre la fin.

Son regard se posa sur les modestes trésors d’enfant alignés sur la commode, puis revint vers elle.

- Il vous faut retrouver, quelque part en vous, une braise qui n’est pas encore morte. Une lumière assez forte pour dissiper la brume que le chagrin a posée sur votre esprit.

Il marqua un silence, et s'exprima avec plus d'intensité, plus vivants:

- Vous êtes une mère. Et une mère blessée porte encore les crocs de la louve, même lorsqu’elle croit ne plus avoir de forces. Elle traverse la nuit s’il le faut pour retrouver ce qu’on lui a volé.

Ses yeux se firent plus perçants et sa propre colère vibrait dans ses paroles, tenues en laisse avec effort.

- Alors prenez cette rage, Dame Kathyl. Ne la laissez pas vous ronger couchée dans l’ombre. Tenez-vous debout avec elle. Donnez-lui des yeux. Donnez-lui une direction. Qui rôdait autour de vous ? Qui, ce jour-là, n’aurait pas dû être là ? Avez-vous entendu parler d’autres disparitions, d’autres enfants manquants, d’histoires étranges dans le quartier ou sur les quais ?

Astérious posa une main sur sa propre poitrine.

- Revenez à ce jour-là. Même si cela fait mal. Les odeurs, les voix, les visages, les gestes inhabituels… tout compte.

Puis, plus bas, avec une sincérité rugueuse :

- Le courage n’est pas de ne pas trembler. Le courage, c’est parler malgré les tremblements.

Il resta immobile, laissant à Kathyl l’espace de répondre.



Niveau 0:
- Soins superficiels: Rend 1 pv à la cible.
- Illumination: Éblouit la cible (–1 aux jets d’attaque).
- Assistance divine: +1 à un jet d’attaque, jet de sauvegarde ou test de compétence.

Niveau1:
-Flammes: 1d6 points de dégâts, +1/niveau, contact ou lancer.
-Morsure magique: Une arme naturelle du sujet gagne +1 aux jets d’attaque et de dégâts.


"Les racines comme conductrices de résonance du vivant..."
 
 
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PMEmail Poster
écrit le : Mardi 05 Mai 2026 à 20h50 par Else
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Quand Tystarn lui raconta, avec une certaine gêne, ce qu'il s'était passé dans le caveau, Else rassura le vieil homme, et lui posa une main sur le bras.
- Je suis sûre que vous avez agi au mieux Tystarn. Je me permets de parler au nom d'Asterious pour vous remercier. En effet, il est plus sage d'avoir évacué le cercueil, afin de commencer à laisser cette histoire derrière vous et la famile Ormentrel. Je comprends mieux comment désormais la suite logique qui fait que nous en sommes venus à penser que le petit Joran avait rejoint la Grande Mère. Ces informations sont précieuses, merci de me les avoir partagées.

Elle lui sourit, elle était touchée par cet homme à la dévotion sans faille pour cette famille. Pendant leur travail, elle écouta son récit avec un intérêt sincère, tout en ramassant les morceaux de bois coupés, et en les empilant en petit tas. Ce temps d'exercice la revigora, lui permit de se reconnecter à elle, à son corps et à sa déesse.



Lorsque cette tâche fut achevée, on vint les prévenir que Dame Ormentrel était réveillée. Elle se passa de l'eau sur le visage et sur la nuque, rattacha les mèches de cheveux qui s'étaient échappés de sa tresse, et épousseta sa tunique pleine de poussière et de bout de bois afin de se rendre un peu plus présentable. Elle fut déçue de voir dame Draelor présente, elle espérait parler avec dame Ormentrel en tête en tête, mais elle n'en laissa rien paraître - du moins, l'espérait-elle.

- Dame Selanna, bonjour ! Je suis ravie de vous revoir.

Else s'approcha de la table afin d'essayer d'apercevoir les feuilles qu'elle était en train de broyer.

- Dame Ormentrel a bien de la chance d'être si bien accompagnée, par ses domestiques et par vous-même.

Elle lui sourit, puis dit à voix basse :


- Je sais que cela demande de l'énergie de veiller sur les malades, même s'il s'agit de personnes qui nous sont chères. Si vous le voulez bien, j'aurais aimé m'entretenir avec dame Ormentrel et prier avec elle. Mon ami Orienas est en bas, je suis sûre qu'il serait ravi de retrouver votre compagnie, et cela vous permettra de prendre une pause. N'ayez crainte, j'ai l'habitude de veiller sur les personnes en état fragile, je saurai la ménager.

Elles discutèrent encore un petit moment, puis quand Dame Selanna la laissa dans la chambre, elle s'approcha du lit de dame Ormentrel et lui demanda comment elle se sentait. Elle voyait bien qu'un peu de vie revenait chez elle, mais son état était encore très alarmant.

- Dame Draelor est une grande aide pour vous, n’est-ce pas ? Depuis combien de temps vous connaisse-vous ? Comment vous êtes-vous rencontrées ?

Lorsqu’elle eut achevé son récit, elle lui demanda :


- On m’a dit que vous aviez vu la garde ce matin. Ont-ils des pistes sur ce qu’il s’est passé ?

Else voyait bien que Bremma était fatiguée et que lui poser trop de questions ne serait pas bénéfique, et ne ferait que l’épuiser davantage. Elle conclut alors
:

- Je vous remercie de m’avoir accordé du temps. J’aimerai, si cela ne vous dérange pas, faire une sorte de rituel afin de vous aider, à travers le pouvoir Chauntéa, à y voir un peu plus clair. Cela ne vous dérange pas ?

Elle ferma les yeux afin de se concentrer et invoqua le pouvoir de sa déesse.



Niveau 0 :
- Création d’eau : jusqu’à 8L
- Assistance divine : bonus +1 (attaque, JdS, test de compétence) – toucher, 1 action
- Lumière : rayon de 6m

Niveau 1 :
- Soins légers : + 1d8+1 de PV
- Détection du mal

Sort de domaine : Sanctuaire
 
 
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PMEmail Poster
écrit le : Vendredi 08 Mai 2026 à 08h30 par Calem
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Kathyl par sa réponse aussi courte que désespérée avait jeté un froid glacial dans la pièce déjà bien inhospitalière. L'ambiance était pesante, la jeune femme déjà brisée semblait pouvoir s'effondrer à tout moment et seul son immense chagrin la maintenait apparemment encore debout. Si Calem avait craint le mutisme résigné de la mère endeuillée il n'avait pas suspecté le caractère aussi loquace du gnome qu'il écouta avec attention. Ses mots étaient justes, l'intention était louable, mais ces derniers étaient probablement bien trop nombreux et devaient raisonner en Kathyl comme une lointaine litanie. L'avait-elle entendu ? Avait-elle seulement la force de l'écouter ? Elle qui semblait à peine tenir debout et être éveillée...

Le jeune homme laisse la place au silence et aux réponses de Kathyl, puis se redressa, mal à l'aise. Il était habitué aux grands espaces, aux vents des quais poussés par le fleuve et au soleil. La pénombre de cette demeure étriquée avait quelque chose d’oppressant, sans compter l'objet de leur mission. Peu bavard, franc et direct quand il se devait de l'être, Calem était un piètre interrogateur et plaignait quelque part Kathyl. Aussi décida-t'il d'opter pour une approche moins détournée, ils avaient de nouvelles informations et la principale intéressée était en droit de les entendre.


- Connaissez-vous Dame Ormantrel ? Demanda-t'il alors sans hésitations. Il attendit un court instant une réponse ou une quelconque réaction à l'évocation de ce nom, puis poursuivit. Son jeune fils disparu a été retrouvé vivant il y a quelques jours par Orienas et ses compagnons. Il marqua un silence. Le petit leur a parlé de Solatha, elle était retenue captive tout comme lui avant qu'il ne parvienne à s'enfuir.

Calem n'en dit pas plus, scrutant le visage de Kathyl à l'affut du moindre signe ou d'une émotion vis à vis de ces révélations.


 
 
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écrit le : Samedi 09 Mai 2026 à 17h48 par Orienas
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La gorge d'Orienas se serra eu récit Joran. Dans la douleur de son deuil, Dame Ormantrel semblait avoir choisi de renoncer au monde et à l'espoir, entrainant dans son choix son fils qui avait pourtant toute la vie devant lui. Face à la question de l'enfant, il ne put se retenir.

- Non Joran, ce n'est pas tout à fait vrai. On ne peut pas changer ce qui s’est produit c'est exact, mais rien ne nous impose d'oublier le passé.
On dit que les gens qu'on a aimé continent à vivre dans nos cœurs quand on pense à eux et qu'une personne ne disparait complètement que lorsqu'on arrête de prononcer son nom.
Mon père à moi n'est pas un noble guerrier, c'est un barde et il a passé la plus grande partie de sa vie à raconter l'histoire de ceux qui ont vécus avant nous. Je suis certain que l'histoire de ton père mérite aussi d'être racontée.
Même s'il n'est plus là aujourd'hui, je pense que sa mémoire peut vous aider toi et ta mère à trouver de la force pour continuer à vivre

A peine ces paroles prononcées, il sut qu'il était allé trop loin. Ce cri du cœur qu'il lui avait échappé risquait de créer un conflit entre l'enfant et sa mère. S'accroupissant pour amener son visage au niveau de celui du garçon, il ajouta :
- Mais tu sais comme c'est triste de perdre quelqu'un qu'on aime et comme ça peut faire mal de repenser à lui. Ta mère a besoin de temps et de courage pour réussir à surmonter cette douleur. Je crois que si tu es patient et que tu lui montre comme tu l'aimes tu peux l'aider à retrouver le gout de la vie.

Après avoir brièvement serré l’enfant dans ces bras, il détourna la conversation vers des sujets plus léger et encouragea Joran à poursuivre la visite.


La conversation avec Arelle avait bien commencé. Son récit confirma au demi-elfe le bonheur passé qui avait animé ce foyer puis la douleur et l’apathie dans laquelle la disparition de Sire Ormantrel avait plongé toute la famille. Elle lui apprit aussi que l’arrivée de Selanna ne datait que de quelques mois et seuls sa présence et ses soins semblaient avoir empêché sa maitresse de sombrer définitivement.
En revanche, dès qu’il tenta d’évoquer les évènements plus récents, la vielle femme se braqua et il ne put en tirer d’informations précises malgré ses efforts pour l’apaiser.

Abandonnant ce terrain sensible, il essaya dans une ultime tentative de rétablir un peu de complicité avec la domestique de ramener la conversation vers dame Draelor qu’elle semblait tenir en si haute estime.


- Croyez-moi ma bonne Arelle, aucune mauvaise intention ne se cache derrière mes questions. Je cherche simplement à mieux comprendre ce qui s’est passé, mais laissons là ces sujets qui vous déplaisent.
Vous me parliez tout à l’heure du rôle providentiel de Dame Selanna depuis cet hiver. Je ne vous cache pas qu’elle m’a fait forte impression à moi aussi. Pourriez-vous m’en dire un peu plus à son sujet – sans bien sur trahir les confessions qu’elle vous aurait faites ? Comment Dame Ormantrel et elle se sont-elles rencontrées ?


 
 
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écrit le : Dimanche 10 Mai 2026 à 20h55 par La Goualeuse
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Calem et Asterious

Kathyl triturait pensivement le lacet à son poignet alors qu'Astérious, d'une parole vibrante d'éloquence, tentait de lui insuffler un peu de sa propre rage de vivre. Il était toutefois difficile de mesurer l'écho que trouvaient ses exhortations en cette pauvre femme. Le regard bas, immobile malgré les paroles du druide, elle n'avait laissé échapper aucune réaction.

- J'é-tais, rétorqua-t-elle alors après un silence, détachant distinctement les deux syllabes, une mère.

Elle leva la tête. La résignation avait fait place à une vive douleur dans ses yeux baignés de larmes, qu'elle luttait pour contenir. Elle renifla avant d'ajouter :

- Je ne le suis plus. Il ne faut plus l'être. Il faut oublier... ce jour-là. Il faut l'oublier. Son regard alla furtivement vers les trophées de l'enfant, pour aussitôt s'en détourner. Ce qui est pris est perdu.

Cette même formule, d'une concision doctrinaire, avait été répétée avec plus de force comme pour mieux les en convaincre. Elle s'essuya les yeux d'un revers de poignet empressé, presque vindicatif.

Ce fut le moment que Calem, optant pour une approche plus frontale, choisit pour frapper. Si Kathyl avait simplement hoché la tête négativement lorsqu'il avait évoqué Bremma Ormantrel, c'était tout son corps qui avait tangué à l'annonce de la survie de Solatha. Prise d'un vertige, elle avait reculé à pas lents, cherchant l'appui du mur de ses bras tendus en arrière.

Astérious peinait à lire par-delà le malaise qui défigurait les traits du visage de la malheureuse. Le coup porté par cette révélation l'avait comme étourdie, ébranlée même. Elle murmurait des paroles incompréhensibles à voix basse - sur un ton plaintif à fendre l'âme - ses yeux allant aux quatre coins de la pièce. On eût dit ceux d'une folle. Calem, peut-être parce qu'il commençait à la connaître, comprit qu'une lutte s'était engagée en elle entre la vérité qu'il venait de lui annoncer et les paroles dont elle avait bercé sa peine depuis le drame. A la voir se tordre les mains et sangloter, il était difficile de dire laquelle était la plus douloureuse.

Lorsqu'elle s'apaisa enfin un peu, son premier élan fut de demander à Calem :


- Où ?



Orienas

Orienas avait rencontré, au cours de ses voyages, des gens bien plus revêches qu’Arelle et s'était sorti de conversations autrement plus périlleuses. Le beau parleur ramena bientôt la discussion sur un terrain plus neutre, puis, une fois les tensions apaisées, repartit en quête d'informations.

Arelle était en train de lui expliquer que dame Draelor, nouvellement arrivée à Wheloune, avait naturellement cherché à rencontrer des gens de son âge et de sa qualité lorsqu'il entendit des bruits de pas au bout du couloir. Le bruit mat sur le parquet était trop raffiné pour être celui de bottes, trop lourd pour correspondre à Joran, trop sûr pour précéder la venue d'Else qui ne connaissait pas le manoir. Cette démarche souple et assurée ne pouvait appartenir qu'à Selanna...

Il lui restait quelques secondes tout au plus avant que la belle et mystérieuse jeune femme n'entre dans la cuisine.


Selanna
- Votre indiscrétion m'étonne, Orienas, lança-t-elle d'une voix sévère en entrant dans la pièce. Et, pour tout dire, ajouta-t-elle en laissant glisser son regard vers la vieille servante, elle me déçoit.

Arelle baissa aussitôt la tête, honteuse. Dans toutes les maisons, les domestiques avaient la langue bien pendue - surtout lorsqu'il s'agissait de leurs maîtres. Nul ne l'ignorait. Mais la règle tacite voulait que ces bavardages, que chacun feignait d'ignorer, ne parviennent jamais jusqu'aux oreilles des intéressés.

Selanna porta une main à sa gorge dans un geste presque théâtral, puis inspira lentement.


- Je suis là, désormais : vous pouvez étancher votre curiosité à la source.

Elle répondit sans mauvaise humeur aux questions concernant Bremma, qui se portait mieux mais demeurait extrêmement fébrile. Elle craignait que son long jeûne n'entraîne des complications et recommanda à Arelle d'alléger le bouillon du soir. Lorsqu'Orienas l'interrogea sur son propre passé, elle se montra en revanche beaucoup plus évasive :

- Mon ancienne vie est aussi extravagante que les ballades des bardes... et plus triste que la plupart des romances par lesquelles ils nous arrachent des larmes. Mais cette chanson-là est terminée, cher indiscret... Un léger sourire effleura ses lèvres. Et j'en écris une autre ici.

Il faudrait insister pour espérer en apprendre davantage. Pour le reste, elle confirma ce qu'Arelle lui avait déjà raconté. Selanna était arrivée à Wheloune au cœur de l'hiver. Ayant entendu parler de la triste destinée de la veuve Ormantrel et touchée par son histoire, elle avait souhaité se rapprocher d'elle et l'accompagner dans son interminable deuil. Ses visites étaient rapidement devenues quotidiennes ; elles s'étaient encore prolongées après la disparition de Joran.

- Je considère Bremma comme ma sœur, conclut-elle d'un ton calme, mais sans appel. Elle et moi avons bu au même sein : celui du malheur.

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Cette femme d'une trentaine d'années est d'une beauté sombre et renversante. Sa voix, comme chacun de ses gestes, semblent comme ralentis par une douce langueur.





Else

Selanna, si elle remarqua le léger dépit d'Else, n'en laissa rien paraître. Elle concassa distraitement les feuilles et les baies à l'aide du pilon, tout en suivant la prêtresse du regard. Pour autant qu'elle put en juger, le mélange déposé au fond du mortier n'avait rien d'inhabituel : des feuilles de menthe et des fleurs de camomille, recommandées pour la digestion, côtoyaient quelques baies de sureau et d'autres plantes qu'elle n'aurait su nommer.

Après avoir jeté un regard vers le lit, comme pour y chercher l'assentiment silencieux de son amie à une demande qu'elle n'avait pourtant pas entendue, elle acquiesça d'un léger signe de tête. Elle annonça qu'elle les laisserait à leur prière après avoir partagé la collation, soucieuse d'encourager Bremma à manger, ne serait-ce qu'une cerise.

On rapprocha les fauteuils du lit, puis on ajusta les oreillers derrière la convalescente afin de mieux l'asseoir. Les gestes de Bremma, encore d'une grande faiblesse, demeuraient hésitants. Selanna avait pris soin de ne remplir sa tasse qu'à moitié et avait elle-même dénoyauté les trois cerises au sirop que la malade avala - délaissant les sablés, la crème et le miel qu'avait apportés l'opiniâtre Arelle. Après les présentations, la conversation s'en tint à des sujets anodins : la bonne mine retrouvée de Joran, le printemps, la vie d'Else au Hall des Récoltes... Leur protégée parlait peu et écoutait davantage encore. Son attention semblait parfois vaciller, comme si soutenir trop longtemps la conversation lui demandait un effort pénible.

Une fois Selanna partie, Else se sentit plus libre d'interroger dame Ormantrel. Elle comprit rapidement que l'état de la pauvre femme ne permettrait pas une longue conversation et qu'il lui faudrait, du moins pour aujourd'hui, se contenter de réponses brèves.


Bremma Ormantrel
- Selanna corrigea-t-elle en souriant faiblement. Je souhaite à tous de rencontrer un tel ange. Ma vie ne tenait qu'à un fil... C'est elle qui le tressait. Chaque jour.

Un léger flottement laissa deviner qu'elle avait perdu le compte exact des jours, peut-être même celui des semaines.

- Je... Nous nous connaissons depuis l'hiver, reprit-elle, les saisons offrant un repère plus stable à défaut d'être précis. Elle est venue à moi, touchée par le récit de mon malheur. Elle leva les yeux vers Else, comme pour s'assurer qu'elle comprenait ce que ce mot recouvrait pudiquement. Comme moi, elle a souffert. Nous avions besoin d'une amie, l'une et l'autre. Louée soit la Déesse, nous nous sommes trouvées.

Bremma fit alors un geste vers sa tasse. Elle avait moins besoin de boire que d'un répit. Il y avait dans sa voix quelque chose d'usé, oscillant entre fragilité et épuisement. Nul besoin d'être fine psychologue pour comprendre qu'elle s'efforçait de tenir son rôle d'hôtesse, mais que maintenir cette façade aimable lui coûtait énormément. Son visage s'assombrit à la mention de la garde.

- Sire Marstor est un homme bon. Il... On a évité certains sujets... trop douloureux. Elle ferma les yeux un instant, inspira puis expira lentement. Deux miliciens veillent à notre porte, la nuit. Il... veut interroger Joran... Mais c'est trop tôt, n'est-ce pas ?

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Cette femme n'est plus que l'ombre d'elle-même. D'une pâleur extrême, elle a le visage creux et les traits épouvantablement tirés. Tout semble lui coûter : la moindre parole, le plus petit geste, et même jusqu'à sa respiration.


La châtelaine accepta sans difficulté le rituel que lui proposa l'adoratrice de Chauntéa. Elle semblait à bout de forces, chaque phrase semblait plus pénible que la précédente.

Brandissant d'une main le symbole de la Grande Mère, la prêtresse, debout face au lit, entonna d'une voix vibrante de ferveur la prière qui lui permettrait de déceler toute trace du Mal, qu'elle fût encore active ou réduite à un simple vestige. De sa main libre, elle traça dans les airs un symbole complexe, tandis que les contours dorés du focaliseur divin se mirent peu à peu à luire..

L'effet fut immédiat : un froid brutal lui traversa les os aussitôt qu'apparurent les résidus d'une puissance maléfique. Celle-ci, diffuse, se manifestait partout où elle orientait le divin étendard de sa Déesse. A mesure qu'elle se concentrait pour mieux discerner cette présence, une sensation de nausée lui monta à la gorge, lui donnant l'impression que l'air, devenu chaud et moite, se raréfiait. L'aura était d'une puissante terrifiante - d'un tout autre calibre que les modestes pouvoirs dont Chauntéa l'avait gratifiée.

Faisait-il plus sombre, ou sa vue se troublait-elle ? Il lui sembla entendre, comme venue de très loin, la voix pâteuse de dame Ormantrel. Devait-elle poursuivre... ou rompre immédiatement le sortilège ?


Lancers...



Trêve de jacasseries !
 
 
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PM

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