Quel est votre nom, voyageur ?
Flammerige (VII) 1373, 3ᵉ chevauchée
   

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> Chapitre II : Le pavé de l'ours
  écrit le : Jeudi 28 Juillet 2022 à 15h54 par La Goualeuse
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27 Mirtul 1373, Année des Dragons Renégats
Puits de Béorunna, Nord des Marches d'Argent
Bois froid


Ceux que l'Aigle avait choisis se retrouvèrent à la sortie du village où Vanetir, l'air revêche, et Haleena, la face contrite, attendaient déjà. Peut-être l'abattement de la jeune mère trouvait-il pour cause l'absence du petit paquet qui lors de leur rencontre gazouillait innocemment dans son dos, emmailloté dans des couvertures. Il aurait été peu sage de se risquer à l'aventure avec un nouveau-né, chacun pouvait en convenir.

Le vieux manchot n'était pas au rendez-vous, mais il avait confié à sa protégée une besace de cuir qu'elle tendit à Daphnis, conformément à sa demande. D'un rapide coup d'œil, le damoiseau dénombra trois petits pots de terre cuite renfermant une pommade cireuse et jaunâtre, ainsi que des bandes de linge propre. On se répartit des provisions pour plusieurs jours : essentiellement de la viande séchée, des galettes de pain plates et ternes, du fromage à pâte dure ; un peu de gruau et une jatte de lait.

En cette fin de matinée, le temps était plutôt clément. La température avoisinait les dix degrés et, si l'air était chargé d'humidité, au moins il ne pleuvait plus. Skelli prit la tête du groupe, marchant de front avec Vanetir. Faute d'une destination précise, on se rendrait au nord du Bois froid, direction apparemment désignée par Kotka. La partie méridionale de la forêt abritait de nombreuses essences caduques, contrairement à ses confins nordiques et vallonnés dont le vert bien plus sombre laissait deviner une écrasante majorité de pins et d'épicéas. Chênes et érables aux feuilles d'un vert encore tendre en ce début de printemps étaient les plus nombreux, mais Phénix reconnut de rares bouleaux et quelques saules céruléens. Par endroits, le plus souvent à proximité de petites rivières, une brume diffuse parait les sous-bois d'une couverture duveteuse et trouble.

Leur guide avait le pas particulièrement rapide et sûr ; à vrai dire, elle semblait absolument indifférente aux difficultés du terrain. Maintes fois elle dut ralentir le rythme, la foulée courte du nain et celles pénibles des citadins l'exigeant. Aussi longtemps qu'ils restèrent proches du Puits de Béorunna, pour ainsi dire en terrain conquis, la rôdeuse admit une relative insouciance dans les rangs : les bavardages étaient tolérés, la vigilance demeurant somme toute relative. Les prédateurs, expliqua Vanetir par le truchement de Khelrod qui traduisait pour les autres l'illuskan, évitaient cette partie des bois dans la mesure où la redoutable tribu du Tigre rouge s'y installait chaque année pour la saison froide. Ces nomades étaient repartis depuis peu en direction du nord-ouest, ayant coutume de passer le printemps et l'hiver au Boisdruar. Aussi ne craignaient-ils rien à traverser ce territoire ennemi.

Au bout de quelques heures, une discrétion de bon aloi fut exigée. Imperceptiblement, le terrain se modifiait, décrivant une légère pente ascendante. La forêt était plus dense, plus sombre aussi, les feuillus cédant timidement place aux arbres et arbustes épineux. Précédant la nuit, le brouillard se levait et l'air rafraichissait sensiblement. Skelli élut une clairière jonchée d'aiguilles et de pommes de pins pour établir le camp avant que la nuit ne tombe : cette fois-ci, et cette fois-ci seulement, ils pourraient faire un feu. Cela deviendrait trop risqué par la suite. Sous le regard probablement médusé des voyageurs les plus citadins, la colosse sortit de son barda des morceaux de bois soigneusement débités : le voute sombre, expliqua-t-elle brièvement avec le renfort de Vanetir, ne produisait presque pas de fumée en se consumant.



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écrit le : Vendredi 29 Juillet 2022 à 07h36 par Jafert
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Haleena avait l’habitude des longues marches et cette randonnée à proximité du Puit n’avait rien pour la déranger ou la fatiguer. La barbare était malgré tout silencieuse, toutes ses pensées aller à sa petite fille laisser entre les mains de la famille de Vanetir.
¤ Espérons que l’on résolve cette enquête rapidement qu’on puisse revenir au village au plus vite. ¤

Lorsque le cas de la tribu des Tigres rouges fut abordé, Haleena prêta l’oreille avec attention. Elle n’avait jamais eu à faire a ces Uthgards perfides mais leur réputation les précédait. Une certaine excitation s’emparait d’elle, c’était un mélange curieux de crainte et de curiosité lié à leur légendaire cruauté. Mais son visage restait impassible aux yeux des autres membres du groupe.

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Au moment de monter un bivouac, Haleena ne se laissa pas prié pour mettre la main à la patte, ramener du bois sèche et du lichen séché qui prouver se révéler comestible. Elle en ingurgita une petite pincée, cela ne représentait qu’une quantité infime d’énergie. Si le gout n’était pas trop désagréable, la texture était extrêmement rêche en bouche. Alors qu’un compagnon assistait à cet apéritif forestier, la barbare généreuse proposa le reste de sa récolte au groupe :
- Vous vouloir ?

Skelli fit une grimace désapprobatrice. Voyant Haleena mâchouiller son lichen sans réaction, Skelli rajouta :
- Pas ça ! En donnant un coup de pied dans le fagot de conifère accumulé par Haleena. Voute sombre plus discret.


L’instant d’après Haleena se construisait un matelas de branche de sapin, charitablement elle laissait les places près du feu aux citadins. A première vu les aiguilles d’épicéa étaient piquante mais elles avaient aussi cette particularité d’être moelleuses pour le dos sans pour autant se gorger d’eau du sol comme la mousse et les feuilles. La rondache était posée sur sa hachette, elle servait à Haleena d’oreiller pour cette nuit. Elle étala sa couverture portant toujours l'odeur de la hutte de l'ébervigé ce qui révéla la tenture dérobée. Honteuse, elle enroula la toile sur elle même et la cacha.

Elle proposa de prendre le dernier tour de garde car elle avait l’habitude de se réveiller tôt. Elle savait aussi que le petit matin était le moment le plus froid de la nuit et il était dur de rester endormi à ce moment là, mais elle n'aborda pas ce point.

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Enfin le moment du repas arrivait, Haleena mangea avec bon cœur, les barbares Uthgards n’étaient pas difficile sur ce qu’ils mangeaient. Elle utilisait le pain pour pelleter le gruau de son assiette en bois.


- Bon pain ! Très malin le trou dedans, Uthgards intelligents. Vous savoir pourquoi trou ?
Un silence passa, les deux Lions Noirs firent semblant de regarder ailleurs même si Vanetir se retint de faire une réflexion. Les visiteurs du sud avaient déjà du mal à la comprendre à cause de son accent prononcé.
- Avec trou tu transporte beaucoup et personne peut voler.

- Et surtout, c’est moyen empêcher rongeurs d’atteindre ! Ajoutait Venetir excédé par l’approximation d’Haleena. En effet si les Poneys Céléstes cuisaient aussi les pains de cette manière, leur vie nomade les dispensait du problème des rongeurs.



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écrit le : Vendredi 29 Juillet 2022 à 09h21 par Atanathar Alcharyn
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¤ Enfin!¤Se dit Phénix, en effet la compagnie s'était enfin mis en route à la recherche du druide Yusam ou de tout indice ou trace de ce dernier.

Le début de la journée se passa de manière assez décontractée, étant encore fort proche du village, il n'y avait pas grand chose à craindre mais au fur et à mesure qu'ils avançaient la discrétion fut de mise. Phénix se souvenait encore de son épisode dramatique avec Kalam avant d'arriver au Puits de Béorunna et resta donc bien sur ses gardes et vigilant à son environnement.

A l'instar de leur guide barbare, Phénix aurait bien accéléré le pas mais cela n'était malheureusement pas possible et donc durent-ils aligner leur rythme sur le plus lent de la bande, cela fit penser Phénix à un expression que son père affectionnait "Une chaîne n'est jamais aussi forte que le plus faible de ses maillons", cela en allait de même avec la progression du groupe, on ne pouvait difficilement laisser les plus lents derrières.

Quand il en avait l'occasion, Phénix observait Skelli dans le but d'en apprendre d'elle, elle connait l'endroit et donc le peu qu'il pourrait apprendre serait certainement utile à l'avenir et puis comme disait son père, on n'en apprend jamais assez, surtout quand il s'agit de survivre dans un environnement hostile. Aussi quand il rencontrait quelque chose qu'il ne connaissait pas, Phénix n'hésitait pas à demander à Skelli ce que s'était lors des quelques pauses qu'ils s'accordèrent en cours de route.

En fin de journée, chacun prépara son bivouac pour la nuit. Phénix s'était proposé de prendre n'importe quel tour de garde. Depuis le temps qu'il voyageait il avait déjà du s'adapter à ce régime de garde et de nuit entrecoupée. Il prépara donc sa paillasse et se prépara pour la nuit.



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écrit le : Vendredi 29 Juillet 2022 à 21h15 par Ahuizotl
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Daphnis n'avait pas été étonné que Regmond l'encourage à suivre le groupe : le nain, comme lui, était quelqu'un de pragmatique qui voyait les implications positives et potentiellement négatives de la situation. Le jeune élu divin avait salué son interlocuteur en lui disant de ne pas l'attendre s'il n'était pas revenu à temps. La situation ne l'enchantait pas, mais il remettait son sort entre les mains de Tymora et espérait que la déesse lui permettrait de faire ses preuves.

Une fois équipé, il avait rejoint, puis suivi le groupe. Ne connaissant pas le pays, il se fiait à l'expérience de Skelli et, bien que dans une moindre mesure, à celle de Vanetir et d'Haleena. Il scrutait régulièrement les alentours, en quête du moindre indice, mais la tâche s'avérait aussi ennuyeuse qu'incertaine.


¤ Difficile de chercher quelque chose sans savoir ce dont il s'agit… Quel genre de trace ou d'indice Yusam aurait-il bien pu laisser derrière lui ? Si au moins Kotka avait pu nous fournir un petit indice supplémentaire... ¤

Les regrets ne servaient cependant à rien et son naturel optimiste reprit rapidement le dessus. A mesure qu'ils s'éloignaient du Puits, Daphnis se concentra davantage : outre les indices, il fallait désormais être attentif aux différentes menaces. Il avait gardé son arbalète et son épée à portée de main, prêt à en faire usage si la situation l'exigeait. Mais ils n'avaient finalement pas croisé la route des redoutables Tigres rouges.

D'habitude bavard, le jeune homme était resté étrangement silencieux, du fait qu'il cheminait dans une contrée inconnue, avec des inconnus, et qu'il songeait aux implications de sa mission.

Leur longue marche s'achevait en même temps que la journée. Daphnis n'en était pas mécontent : bien qu'habitué à parcourir de longues distances, le terrain qu'ils avaient affronté était particulièrement difficile et il avait mal aux jambes. Il aida ses compagnons à installer le campement, usant de ses connaissances de caravanier et prenant en considération les remarques de celles qui connaissaient mieux le pays que lui. Il se confectionna un oreiller sommaire avec son sac de voyage et plaça sa couverture près du feu, de manière à être confortablement installé.

Il avait partagé le repas de ses compagnons, sans grande appréciation quant à la qualité du souper. Mais il avait déjà dû se passer de nourriture et savait qu'un mauvais repas valait mieux qu'un ventre vide. Il avait écouté avec intérêt Haleena et Vanetir leur parler de la cuisine locale et des astuces développées par les Uthgards. Il n'avait pu s'empêcher de sourire de bon coeur en écoutant leurs explications.

Il se risqua à quelques questions sans rapport avec le sujet précédemment évoqué :


- Vous avez parlé des Tigres rouges, rôdent-ils souvent par ici ? Nous attaqueraient-ils à vue ? Et risquons-nous de croiser d'autres personnes dans cette direction ? Y a-t-il quelqu'un qui aurait pu croiser Yusam ?

Ce disant, il réchauffa ses mains auprès du feu. La nuit risquait d'être longue et froide, mais il s'était néanmoins proposé pour réaliser le premier ou le dernier tour de garde. Il espérait que le reste de la nuit se passerait bien et qu'il ne souffrirait pas à nouveau de songes aussi étranges que lors de la précédente.



" Laisse Dame Tymora guider tes pas !"

Autres PJ : Metzli Arnesen, Sahadeva
Autres PNJ : Ahuizotl, Circé, Galahad de Montléri, Reïlo Blanche Flamme
 
 
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écrit le : Mardi 02 Août 2022 à 11h44 par Godrick Dolric
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Impatient de partir à la recherche du druide, Kalam laissa le village Uthgard derrière lui, sans regret. Il avait encore cette désagréable impression d’avoir été épié. Mais ce qui l’énervait le plus, était qu’il n’avait aucune idée de l’auteur de ce méfait. Il avait observé les membres du village, jeté un œil dans les arbres et buissons aux alentours, mais rien. Cela le rendait nerveux et il fut ravi de quitter le village.
Néanmoins il ne s’attendait pas à une marche aussi difficile et compliquée. Habitué à déambuler dans les rues des grandes villes et surtout dans les petites ruelles sombres, il eut du mal à s’habituer aux chemins tortueux de la forêt. Des racines par-ci, des branches par-là, des épines qui viennent s’enfoncer dans ses bras, son cou, ses chevilles.
Il arrivait à suivre la cadence des deux membres de la Tribu, mais à quel prix ? Il ne cessa de maugréer lorsque son pied se prenait dans les énormes racines des arbres centenaires et manquait de le faire trébucher. Il souffla à plusieurs reprises en direction du rôdeur qui lui envoyait les branches feuillues dans la figure, sans s’en rendre compte.
Sur le chemin, il se rappela également qu’ils avaient omis, Phénix et lui, de prévenir le temple de Heaume du retard de la caravane.


¤ Tant pis pour eux, qu’ils se débrouillent tout seuls. C’est pas mon problème.

Lorsqu’il s’adapta peu à peu à son environnement, Kalam prit le temps d’observer les lieux. Il chercha des traces de prédateurs, il contempla les troncs d’arbres comportant des griffes et demanda de quel animal il s’agissait.

Lorsqu’enfin la journée commençait à prendre fin, il s’arrêta, exténué. Il ne se fit pas prier pour s’assoir et enleva directement ses chaussures pour faire respirer ses pieds endoloris. Il ne donna pas son aide pour monter le camp, mais à la place, il fit le tour de la clairière jonchée d’aiguilles et de pomme de pin pour s’assurer qu’aucun prédateur ne les guettait.


¤ Comment on va faire pour dormir là-dessus ?

Soulagé de voir Skelli allumer un feu, Kalam s’empressa de se rapprocher pour se réchauffer. Il mangea en écoutant les différentes discussions mais ne prit part à aucune d’entre elles. Lorsque vint le moment d’aller se coucher, il ajouta à la suite de Daphnis :

- Peu importe pour moi, je peux prendre le premier ou le deuxième tour de garde. Si tu prends le premier, réveille-moi.

En prenant l’un des deux premiers tours de garde, le roublard espérait pouvoir profiter des dernières lueurs du jour et surtout du peu de chaleur que qui resterait dans le feu.


 
 
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écrit le : Vendredi 05 Août 2022 à 11h36 par La Goualeuse
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Les aventuriers partagèrent un repas fade mais nourrissant au coin du feu, découvrant que le bois sombre avait pour autre vertu de produire une très forte chaleur en se consumant. De considérations alimentaires la conversation dériva sur la tribu des Tigres rouges, Skelli profitant de ce moment de répit pour répondre à Daphnis. Au terme de divers tâtonnements et de nombreuses reformulations, ils apprirent qu'il était très peu probable qu'ils croisent le chemin de cette tribu puisqu'elle avait migré au nord-ouest, dans le Boisdruar où elle séjournerait jusqu'à la fin de l'été. Et c'était une véritable chance, car même si les guerriers à griffes de pierre ne les auraient pas attaqués à vue, ils leur auraient à coup sûr chercher querelle : la présence d'étrangers dans le Bois froid, terre ancestrale et sacrée, aurait été d'autant plus mal vue qu'elle était rare, et donc suspecte. Il n'aurait pas été étonnant que tout se règle avec un défi martial, ou une rançon... Pour le reste, il était peu probable de croiser parmi les arbres qui que se soit susceptible de les renseigner sur Yusam. Si le sud du Bois, relativement sûr, abritait quelques Uthgardts solitaires en rupture de ban, sa partie la plus sauvage était généralement évitée ; la rôdeuse ne s'appesantit pas sur ce point, évidemment. On racontait pourtant que des elfes y vivaient, mais elle n'en avait jamais vu et pensait qu'il s'agissait d'une légende.

Le feu faiblissant, tous purent ressentir les premières morsures du froid qui, insidieusement, s'était abattu sur eux. A l'instar d'Haleena, les deux barbares avaient tenté d'isoler leur couchage du sol en le tapissant d'un épais amas d'aiguilles de pin et de petits branchages. Elles firent un peu d'exercice physique, pas assez violent pour transpirer néanmoins, avant de se glisser sous leurs épaisses couvertures de fourrure. En dépit de leur environnement hostile, le sommeil saisit promptement les voyageurs fourbus.


28 Mirtul 1373, Année des Dragons Renégats
Puits de Béorunna, Nord des Marches d'Argent
Bois froid


Tymora veillait-elle sur son enfant béni ou étaient-ils plus prosaïquement encore trop proches du Puits de Béorunna pour faire de mauvaises rencontres ? Les campeurs ne furent pas attaqués pendant la nuit. Néanmoins ils n'avaient pas goûté à un repos aussi réparateur que de coutume, découvrant au plus profond de leurs membres, et jusqu'à leurs os pour ceux dont la constitution était frêle, que la forêt abritait un ennemi invisible : le froid. Les quelques heures qui précédaient l'aube avaient été les plus redoutables, ses griffes glacées s'étant abattues sur eux aussi douloureusement que les crocs d'un fauve auraient transpercé leur couverture et mordu leurs chairs.

Daphnis, de garde, souffrit sans doute moins que les autres, luttant contre les assauts du climat à grand renfort de pas et de flexions. Alors que les premiers rayons du soleil perçaient timidement la sombre canopée, le jeune homme aperçut distinctement, perché sous la cime d'un gigantesque pin, un rapace dont la silhouette lui était familière : un grand hibou les couvait de ses yeux d'ambre, son plumage blanc moucheté de noir reflétant subitement la lumière du jour. Débusqué, il disparut dans un battement d'ailes bien plus leste qu'on l'aurait attendu de la part d'un si gros volatile. Il avait semblé au caravanier qu'un éclat de fureur avait traversé le regard de l'oiseau alors qu'il s'envolait.

Après avoir avalé quelques vivres, ils levèrent le camp. A mesure qu'ils cheminaient vers le nord, le terrain continuait à se métamorphoser, devenant de plus en plus vallonné et uniforme, la part de feuillus s'amenuisant pour finalement disparaître. Imperceptiblement, ils avaient pris de l'altitude et l'air était un peu plus froid que la veille ; l'ennemi invisible n'était pas près de les laisser en paix... Au creux des vallons les plus ombragés, ou à l'ombre de grands rochers, il ne devint pas rare de découvrir de petites congères ou des névés, vestiges d'un hiver qui après tout n'était pas si lointain.

Phénix, qui observait attentivement Skelli pour apprendre d'elle, remarqua à sa grande stupéfaction que la facilité avec laquelle elle se mouvait ne devait pas seulement à son expérience du terrain mais aussi à ses bottes. L'hypothèse lui avait d'abord paru franchement saugrenue, après qu'il lui eut semblé voir le pied de la rôdeuse ne pas s'enfoncer dans une épaisse flaque de boue, mais comme le survoler. Un examen plus attentif lui permit de constater que jamais le pas de l'Uthgardte ne faisait rouler les pierres, glissait sur le sol détrempé ou butait contre une racine. Cela était d'autant plus étonnant qu'elle posait très rarement les yeux sur le sol, comme si elle faisait confiance à ses pieds pour trouver le chemin le plus sûr. La randonnée fut l'occasion d'une petite leçon d'herboristerie, à la faveur d'une heureuse trouvaille : non loin d'une des innombrables résurgences printanières où ils remplirent leurs outres, Skelli avait découvert quelques arbustes à l'aspect de globe dont le feuillage jaune-vert irrégulier était parsemé de fruits blancs qu'elle s'empressa de cueillir. Traduire le nom du végétal s'avéra impossible, aussi Khelrod n'eut d'autre choix que d'opter pour un mot à mot sans doute moins poétique que l'original : "arbre à pouces". Chacun put comprendre sans mal d'où l'arbuste tirait son nom, ses baies blanchâtres et charnues ayant non seulement la forme, mais aussi la taille d'un pouce humain. Leur guide, avare de mots, mordit dans l'une d'elle pour signifier qu'elles étaient comestibles ; quiconque l'imiterait goûterait un fruit à la texture agréable, mais fort peu goûteuse.

La matinée s'était passée sans heurts, même si bien souvent il leur avait semblé apercevoir des ombres se mouvoir à travers les arbres ou avoir entendu le bruit d'une course. Par bonheur il ne pleuvait pas ; l'air était déjà suffisamment humide sans cela... La désagréable sensation d'être une proie s'insinuait dans leur esprit méfiant, les faisant se crisper à la moindre alerte. La menace surgit sans s'annoncer : devant eux émergea soudain du couvert des robustes troncs des conifères la silhouette menaçante de quatre loups, qui disparurent aussitôt derrière d'autres résineux pour réapparaître un peu plus près encore. L'attaque était imminente. Skelli s'était saisie de la plus grande de ses haches, imitée par Vanetir qui avait opté pour une hachette de lancer. Derrière les barbares, postées en première ligne, Haleena et les étrangers avaient encore quelques secondes pour se préparer.


hrp.gif Phénix, bon connaisseur de la forêt et de ses prédateurs, sait que les loups chassent en meute : lorsqu'ils attaquent, quelques-uns viennent de front, mais c'est seulement pour fermer la route. Le plus à craindre vient de l'autre côté...
Je tire l'initiative dans mon prochain message. Vous avez suffisamment de temps de préparation pour échanger quelques mots, vous placer, tirer vos armes.


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écrit le : Samedi 06 Août 2022 à 08h23 par Atanathar Alcharyn
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Après une nuit froide mais cependant calme et sans surprise Phénix se leva, à l'instar de ses compagnons, et fit quelques exercices afin de se réchauffer quelque peu et de refaire circuler son sang dans tous ses membres.

Sans savoir pourquoi, Phénix eu une pensée pour Shaundakul et lui adressa une prière silencieuse de remerciement. Après tout, n'avait-il pas pu parcourir une bonne partie de Féérune et découvrir des terres qui lui étaient totalement inconnues jusque-là. Phénix était en train de réaliser son rêve et plus que probablement sous la protection de ce dieu.

Après un petit déjeuner frugal, les compagnons reprirent leur progression vers le nord à la recherche de Yusam.

Observant Skelli, Phénix constata que celle-ci avait le pied sûr, très sûr même car elle ne donnait pas l'impression de regarder là où elle marchait.


¤Aurait-elle des bottes magiques?¤Se demanda notre grand rôdeur. Cette question en apporta une autre.

¤Les Uthgardts n'ont-ils pas peur de la magie et ne s'en méfient-ils pas?¤ C'est ce que Phénix essayait de se rappeler de toutes les discussions qu'il avait eu avant d'arriver au Puits de Béorunna. Mais peut-être que cette tribu, de par sa sédentarisation et son ouverture au monde, était différente des autres.

Laissant ses réflexions de coté, il écoutait Skelli leur en apprendre sur la région et, entre autres, sur la flore, comme pour ce petit arbre aux fruits certes insipides mais à la texture agréable. Phénix avait imité leur guide sans hésitation, avide d'en apprendre et de connaître de nouvelles choses. Le jeune rôdeur cueillit plusieurs fruits et tendit sa récolte dans sa main ouverte vers ses compagnons pour donner l'opportunité, à ceux qui le voulait, de goûter cette nouveauté.

Mais cet interlude éducative fut de courte durée et ils furent vite rappelé à la dure réalité de la nature sauvage qu'ils traversaient. En effet, la journée à moitié entamée, ils durent se rendre compte qu'ils étaient pistés par une meute de loup. Meute probablement affamée au sortir de l'hiver et qui voyait dans ce groupe une opportunité de se refaire quelques réserves. Lorsque quelques loups bloquèrent le passage devant eux, Phénix n'hésita pas un instant et pris son arc et l'arma d'une flèche en criant à ses compagnons tout en se tournant vers l'arrière pour ne pas être pris à revers :


- Vite, en cercle, l'attaque va probablement venir d'un autre coté.

Balayant les environs du regard, Phénix était aux aguets et prêt à décocher sa flèche sur le premier loup qui leur sauterait dessus.



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écrit le : Lundi 08 Août 2022 à 09h58 par Jafert
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Haleena pensait ¤ Ils vont venir de derr… ¤ alors que Phénix exprimait à haute voix sa pensée.

¤ Heureusement qu’Elvira est en sécurité au village, cette fois ça va barder! ¤ Conclu elle au souvenir de son face à face avec les loups de l’avant veille. La barbare avait un instinct de protection altruiste et c’est tout naturellement qu’elle dégaina son bouclier et sa hachette pour se placer derrière Daphnis. Derrière l’élu divin correspondait à se mettre en opposition par rapport à une attaque de l’arrière.

Une bourrasque de vent soufflait dans les cheveux d’Haleena. Son pouls avait augmenté de manière significative et on pouvait presque observait les battements de son cœurs sur ses tempes, elle ne ressentait plus le froid ambiant. La barbare serrait fort les poignets sur le bois taillé de son arme et de son bouclier.


Haleena rentre en rage résiliente.



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écrit le : Mardi 09 Août 2022 à 15h30 par Godrick Dolric
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Frigorifié sous son épaisse couverture de fourrure, Kalam eut du mal à retrouver le sommeil une fois qu’il ouvrit les yeux, quelques heures avant le levé du soleil. Il se hissa de son lit de fortune lorsqu’il entendit les battements d’ailes d’un oiseau qui s’envolait sous les yeux de Daphnis.
Peu avare en paroles, il fit quelques exercices d’assouplissement pour se réchauffer et également pour apaiser ses muscles endoloris.
Ayant observé, la veille, les barbares tapisser d’aiguilles de pin et branchages le dessous de leur couchage, le roublard se promit de faire la même chose, si cela pouvait lui faire gagner quelques degrés et surtout lui amener un léger confort en plus.
L’estomac rempli, il se mit en marche en suivant le rôdeur. Il tenta de rester dans son ombre afin de se protéger du froid qui se faisait davantage sentir que la veille.
Lorsque les quatre loups firent leur irruption, le natif d’Eauprofonde resta bouche bée, ne sachant que faire. Heureusement Phénix le tira de sa torpeur en leur intimant l’ordre de se mettre en cercle. Peu enclin d’habitude à suivre les ordres qu’on lui donnait, le roublard savait néanmoins écouter les instructions lorsque sa vie en dépendait. Il ne se fit pas prier. Il sortit son arc, se plaça dans le cercle et se tint prêt à tirer sur la première créature qui jaillirait près de lui.
Parviendrait-il à résister à l’envie de se cacher derrière ses compagnons en se plaçant au centre du cercle si le danger se faisait trop insistant ? Il était encore trop tôt pour répondre. Néanmoins le roublard ne pouvait pas nier que cette éventualité existait.


Cliquez ici pour dérouler le parchemin...


 
 
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écrit le : Jeudi 11 Août 2022 à 17h36 par La Goualeuse
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hrp.gif Je jouerai Daphnis et Khelrod jusqu'à leur retour de vacances. J'ai essayé de modifier une carte de combat avec paint, le résultat était abominable... Il va donc falloir vous fier à ma description.

Alors que les Uthgardtes du Lion noir achevaient de prendre position à l'avant, s'écartant de quelques pieds l'une de l'autre pour opposer un rempart plus efficace à l'ennemi, Haleena et Khelrod firent volte-face pour protéger leurs arrières, conformément à l'avertissement de l'enfant du Grand Val. Avec une vivacité surprenante, le nain s'était saisi de sa hache de guerre et de son écu, qu'il frappa l'un contre l'autre en invoquant la force de Moradin. Un furtif coup d'œil vers Haleena, à sa droite, ne fut pas pour le rassurer : bien que son bouclier fût levé, la barbare semblait comme absente, le regard perdu dans le vague. Pour de parfaits inconnus, le ballet des combattants avait commencé dans une rare harmonie : telles les pièces d'un puzzle fait et défait cent fois, Phénix et Kalam se postèrent en vis-à-vis, protégeant les flancs de l'escouade. Au centre, l'élu de Tymora avait brandi une élégante épée avant de psalmodier une ode à sa Dame, sa lame décrivant de sinueuses arabesques dans les airs. Lorsque son cantique prit fin, tous purent sentir la caresse tiède d'un invisible voile se déposer sur eux. La Chance leur sourirait !

Et ils en auraient cruellement besoin ! Des frondaisons les plus épaisses surgit le reste de la meute, pas moins de sept loups filant à toute allure vers leurs proies. Peu habitué à affronter pareille menace, ou peut-être un peu nerveux, l'Aquafondien manqua sa cible, tout comme Vanetir dont la hachette se perdit dans un buisson. L'homme des bois, sans doute plus aguerri, garda son sang froid et parvint à ficher une flèche dans l'épaule émaciée d'un des loups, lui arrachant un glapissement aigu.

Les babines retroussées sur leurs crocs acérés, les chasseurs avalèrent les quelques mètres qui les séparaient de leur gibier en grondant d'excitation. Pourtant prêts à l'assaut, tous furent surpris par la vivacité des carnassiers dont les premiers s'élançaient pour mordre tandis que d'autres, à l'écart, contournaient Khelrod et Haleena.


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